‹ Mémoires sur le comté de Neuchâtel en SuisseChapitre 19 sur 32 · HUITIÈME COMTE · texte numérisé non relu

HUITIÈME COMTE

Conformément à l'ordrede succession réglé l'an i2i3 par Rodolphe lU, Ulrich d'Arberg, oncle généreux et régent si justement louange , succède à son neveu Berthold I".

Du même pas, et sans en être requis^ il jure avec solennité aux bourgeois assemblés en la collégiale, la conservation des franchises dont il avait été le sage

(*) Baillods.

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institateiir, et confirme pareillement l'acte par lequel le comte Berlhold avait octroyé aux bourgeois le ^oit de recourir, en cas de besoin, aux iranchises de la ville de Besançon. Célébration des sermens récipro-i ques; cris et larmes d'allégresse par tous les assistans; et après que le prévôt du chapitre a prononcé ces mots: Domine salvumfac Ulricum, ces paroles sont aussitôt répétées par toute l'assemblée avec tels redoublemens de cris, que le sensible Ulricb en a le cœur étreint et verse de douces larmes.

(ïa4i*)- Hartmann, comtedeKybourg, soUiciteUl' richà se joindre à lui pour faire laguerre aux Bernois. Ulrich refuse d'y prendre part.

Ensuite du partage fait en ia55, Ulrich devenu seigneur de Valangin avait été plusieurs fois visiter cette seigneurie, ordonnant des défrichemens à ses frais es lieux de bon fond , et cherchant par tous moyens à la peupler et faire fleurir, Mémement en l'année i aSy il avait accordé diverses franchises aux habitans de la Bonneville, lieu principal du Val-de-Ruz. Devenu comtede Neuchâtel, il ne cesse de visiter ses terres et domaines de long et de large , en vrai père et seigneup-, bien qu'il soit déjà dans un âge avancé.

( 1 242). En l'année 1 242 y venant de parcourir son pays d'Arberg, Nidau, Bienne, Erguel, il entre au Yal-de-Ruz, et s'arrête à la Bonneville, à celle fin d'aUer visiter que deçà que delà les montagnes noires, comme on les appelait. Etonné de trouver depuis la Bonnevillejusques aux limites de la comté de si grandes terres couvertes de bois, sans autres habitans que des

C) B«iUods.

— lOtt —

ours et des loups, il médite le beau dessein de feire défricher certains bons lieux dont il a soin de désigner le pourtour , et d'y.attirer des familles en les favorisant pr de bons ahergemens. En la même année , il va pareillement parcourir lie Vaux-Travers et les montagnes jusques aux confins, ordonnant et méditant le semblable qu'en la seigneurie de Valangin . Toutes lesquelles particulières choses sont ainsi racontées par le chanoine Jacques Baillods qui ies lira du vieux missel où Bazile de Biùtio}-, pour lors prévôt du chapitre, avait miis eu écrit les faits et dits d'Ulrich , tant en sa régence que lorsqu'il devint comte de Neuchâtel. Certes, il y avait plaisir à décrire ta vie d'un si excellent prince. '

(r244*)' Toutefois, et selon coutume, le sage Ulrich rV en vieillissant devint faible de tête. Hermann, son petit fils, le captive à tel point qu'il ne peutlui reinser l'administration du bailliage héréditaire de Bienne, bien que le dit Hermann n'ait guères plus de 20 ans, et que son père Berthold , fils aine du comte Ulrich, ne voie qu'avec déplaisir cette aveugle complaisance du vieillard. Il en résulte des suites fôcheuses; car Hermann, jeune et sans expérience, caressé et mignonne par Luthold, évèque de Bàle, et oubliant qu'il n'est là que de par et au nom du comte de Neuchàtel, son aïeul, à qui seul appartient le bailliage héréditaire de Bienne, se laisse enjôler voire ensorceler si bien que , peu de temps avant la mort d'Ulrich iV, il cède et remet au prélat, en l'année 1247, le tout bien secrètement , certains droits si subtilement exprimés que 1«

(*) Baillods el Horj-.

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cauteleux LuthoU ne manque par après d'en faire bon profit, comme on le verra en son lieu (1247).

(i 24s*)' Grande et juste affliction à Neuchâtel et en toute la comté à l'ouïe du trépas du bon seigneur comte Ulrich ÏV. Il laisse quatre fils et cinq filles. Par son testament déposé es mains de Bazile de Blonay, prévôt du chapitre de Notre-Dame, itdisposecommesuit : 1" Berthold, son fils aîné, est comte de Neuchâtel et baîllif héréditaire de Bienne. 2' Ulrich, second fils, a pour sa part *Vrberg et la seigneurie de Valangîn. 5° Eberhard, troisième fils, est comte de Nidau, de Ffenis et de Cerlier, avec moitié de la commande et avocatie de l'abbaye de St. -Jean et montagne de Diesse. 4° Henri, son cadet, chanoine de Bâie, et dans la suite évéque, reçoit 600 livres lausannoises argent comptant, plus l'autre moitié et avocatie ci-dessus, laquelle moitié doit retourner au comte de Neuchâlel, vu que Henri est d'église ; pins quelques cens en argent et en vin dans le bailliage de Bienne. Les ânq filles, toutes mariées , avaient reçu en dot 600 livres lausannoises, à l'exception de Yolande, l'aînée, qui avait épousé Louis de Châlons, baron de Grandson, et qui, en place de 600 livres, eut en dot la partie du territoire des villages de Concise et de Provence, sur lequel territoire il y avait contestation entre le comte de Neuchâtel et le baron de Grandson , et par ce terminées. La seconde avait épousé le comte de Toggembourg; la troisième le baron de Regensberg; la quatrième Burckard , margrave de Baden-Hocbberg, et la cinquième Albert, baron deFalkensteïn. Enfin, dans

. (*) Baillods.

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sa disposition ultime , le comte Ulrich IV ordonne que les bourgeCHS de Neuchàtel soient maintenus en perpétaelle jouissance du droit de pâturage au Châblix (le grand marais) sans être plus outre contredits ni empêchés par les habitans d'alentour.

Remarques. On prend plaisir à considérer les mémcrables qualités du comte Ulrich IV, et c'est devoir de les célébrer. Pour les bien voir et juger, il faut se transporter en ces temps d'ignorance et de ténèbres au milieu desquels il manifesta l'étendue de son esprit et ses grands talens pour régenter. Il ne lui manqua certes que d'être roi ou empereur; il ne serait parlé que de lui dans l'histoire; mais il ne fut qu'un simple comte de Neuchàtel, partant ii n'en fut oncques fait mention. Son habileté se montra non seulement en sa qualité de conducteur d'un peuple, mais aussi par ses deux mariages par lesquels il restaura, voire accrut l'étendue première des domaines du chezaul; car, bien que le comté de Strasberg restât dehors, cette brèche fut bien compensée par l'acquisition du pays d'Asberg et de la baronnie du Vaux -Travers. Voilà pour son esprit. Au regard de son mérite mtH-al, objet moins éclatant pour les visières vulgaires, mais non moins, - voire plus estimable encore, il me semble qu'on ne peut observer sans être ému d'admiration, la bonté, désintéressement et générosité de ce brave et digne oncle tuteur qui ne cesse d'oublier ses propres avantages pour ne considérer que les avantages de son neveu et pupille, ne voulant pas même jouir de son apanage , quand bien y était père de tant d'enfans , voire échangeant de ses propres terres contre le Vaux-Travers , à celle fin d'ar-

rondir et d'accroUre la comté de son neveu. ProbaWè est-it qu'il attendait pour faire partage que son dit neveu eût consommé le mariage auquel il l'avait luimême invité et conduit, mais si misérablement empêché, ainsi qu'on l'a vu. Du moins est-il certain que le dit partage ne se fit, plusieurs années après, qu'àlasollicitation du neveu et à. son parfait contentement. Par ainsi le comte Ulrich IV est, à mon avis, grandement digne de mémoire, et mériterait d'être présenté pour modèle tant aux princes en général qu'aux tuteurs en particulier. Toutefois cette tant bonne tête, capablede bien mieux voir etagirqu'on ne le faisait de son temps, et qui semblait , par sa conduite envers son neveu, avoir senti les grands inconvéniens des partages, divisa de nouveau en trois parts les beaux domaines qu'il avait rassemblés avec tant de sagesse et de bonbeur. Si du moins il avait réservé la clause du retour à la branche ainée, le mal n'aurait été si grande Mais Ulrich disposa peu de temps avant sa . mort ; et fort vieux alors , peut-^êtrefit-il par faiblesse et caducité ce qu'il n'eût fait en la vigueur del'àge. Tant il est vrai que l'homme sage ne doit attendre ses vieux jours pour régler et conclure des affiiîres importantes.

Il est à propos de remarquer ici que les articles tirés du manuscrit ou cartulaîre de Bàle , lesquels m'ont été fournis par le bourgmaître Wettstein , indiquent- Hermann comme fils du comte Ulrich , et placent en l'année I aSy la prétendue reconnaissance de vassalité par Hermann envers l'évéque de Bâle; en quoi jevoisdeux erreurs manifestes, i" Cet Hermann était, non le fils, mais le petit fils d'Ulrich IV , étant Faîne des fils de

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— 10» — Berthold, fîlsainé du comte Ulrich. 3" Ce fut en 1 347 , et non en 1257, qu'Hermann s'avisa, contre tout droit et raison, de contracter arec le rusé prélat Luthotd, concernant choses qui ne lui appartenaient pas. Par quoi s'élevèrent dans la suite de sanglantes querelles qui firent sortir finalement des mains du. comte de Neuchâtel, et passer en celles de l'évêque, cette grande et belle seigneurie, laquelle comprenait les pays qu'embrassent aujourd'hui la mairie de fiienne, la châlelainie d'Erguel, en majeure part, et celle de la Neuv'eville.Enfiojilestàproposd'observerquediversde nos soi-disant historiens donnent au 3™' fils du comte Ulrich IV le nom de Rodolphe. Certain est-ilqu'll s'appelait Eberhard; mais étant mort tôt après son père , il eut pour successeur au comté de Nidau Rodolphe son fils; ce qui a pu causer l'erreur. Observons aussi que les noms d'Ulrich, Berthold, Rodolphe, ayant été communs à plusieurs des cadets du chezaul, ils s'intitulaient de Neuckâlel, comme juste, et mémement par fois se disaient comtes de Neuchâtel, pour dire qu'ils étaient du fJiezaol. Il ne faut pas s'étonner que certains écrivains, singulièrement nos compilateurs, aient confondu quelquefois les noms elles personnes; ce qui m'a déterminé à rechercher et coucher ici , par distances, la filiation des branches cadettes.

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BERTHOLD n,

IVEUVIÈHE COHTE.

(i248*)' Le premier soin du nouveau comte est de changer son écu, et de régler desarmoiries disUnctives entre lui et ses frères, les comtes d'Arberg et de Nidau, en la manière jà déduite en l'arant-jn'opos. Telle pauvre besogne n'annonce pas une tête de la trempQ de celle d'Ulrich IV, son tant illustre prédécesseur et père.

( 1 249**)' Les bourgeois demandent à Berthold le serment de conserver leurs franchises , conformément à l'octroi et à l'usage. Le comte temporise; les bourgeois attendent inutilement, s'inquiètent et s'adressent au chapitre comme juge mainteneur.'

Le prévôt, Guillaume de Cossonay, accompagné de plusieurs chanoines, fait une remontrance au comte qui adhère finalement. Les sermens réciproques sont solennisés.

Berthold mécontente et irrite son frère cadet Henri , chanoine de Bâle, en faisant difficulté de lui remettre sa part des biens paternels sous divers prétextes, A son exemple, Rodolphe, comte de Nidau, faitles mêmes dîfcultés à son dit frère , au regard de la moitié de la commande de l'abbaye de St.-Jean.

(*) Baillod» et Horj-. (**) Vieux HiueL

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Luthold, éréque de Bàle , prélat ambitieux et guerrier, entreprend de iàire valoir ses prétendus droàts sur le bailliage de Bienne (voyez ci-dessus l'ao 1247 et la remarque page io5). Au mémetems le dit évéque cajole Ulrich d'Arberg, seigneur de Valangin , auquel il promet une partie de l'Ërguel , s'il veut se reconnaître son vassal pour Vaiangin, se soustraire à la relevance du comte de Neuchàtel, et l'aider dans ses desseins sur Bienne. Uh-ich d'Arberg séduit par tels appas, écoute les propositions du prélat, au mépris de son devoir envers son seigneur et frère, le comte Berthold, lequel en étant informé, arme incontinent, marche à Valangin , fait rentrer son frère Ulrich dans le devoir , passe en Erguel , parcourt le bailliage de Bienne, chasse de partout les gens de l'évéque et revient à Neuchàtel. Incontinait l'évéque Luthold, en grande colère , et fortement excité par le mécontent chanoine Henri de Neuchàtel, se met à la tête de plusieurs mille des siens, envahit l'Erguel, pénètre subitement dans le Val-de-Ruz, et du même pas, descend nuitamment et par sm-prise met le feu à tout ce qui est en dehors des murs tant du chastel que de Neuhourg, en la nuit du 27 au 28 septembre, tandis qu'à la même heure certains nobles, entre lesquels S(nit nommés Jeèian de Porta, Benoit de Sochat et Pierre de Corgenay, lâchem«it pratiqués par le prélat, mettent le feu en deux endroits de Neubourg, et tentent le setnblabk en la ville haute es maisons de Diesse et de Clairon , proche la Maleporte, non sans succès. Les bourgeois, grandement irrités, murmurent sur les

(•) MS. de la collégiale.

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cendres de leurs maisons, et demandent que justice scrtt faite des traîtres. Pierre de Corgenay convaincu , est décapité.

■ (*) Berthoidne respirant que vengeance, etrésoln de porter le fer et le feu es pays de l'évêque brûleur, arme derechef, et, pour téussir plus sûrement en son dessein, il sollicite les comtes d'Arberg et de Nidau, ses frères, ain^qu'ËberharddeNeuchàtel, comtedeStrasberg, son cousin, de lui prêter main forte. Celui-ci promet bon secouTsj mais les deux premiers, bien que frères, mal disposés envers Berthold, refusent sous divers prétextes de lui bailler aide. De son côté , l'évêque se procure de puissans confédérés, tels que les comtes de Fribourg, de Montbéliard, de Férette et autres. Berthold marche à la tête de tous les siens par le Valde-Ruz, de là dans l'Erguel qu'il nettoie, visant d'aller droit à Bâie. En chemin, il apprend que le prélat rassemble grande troupe et puissans amis. Fuis au même temps arrive en grande hâte auprès de Berthold le chanoine de Bàle, Henri die Neuchâtelj son frère , lequel mal disposé de sa personne pour raisons susdites, et non moins rusé que l'évêque Luthold , représente au comte qu'il aura pour sûr du pire en son entreprise, vu les grandes forces cjue le prélat amène, pour quelle raison il accourt en bon frère à celle fin de moyennepaix, de quoi il se fait fort sous deux conditions: I" Que lui chanoine Henri aura, sa vie durant, la jouissance du bailliage héréditaire de Sienne, sous la relevance du comte de Neuchâtel, et réversible au dit comte ap-ès la mort du chanoine, vu qu'il est d'église;

' (') MS. de la collégiale.

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be qu'Eb^^iardt comte de Mîdau, le troisième des> jrères, &rai' enfin droit au dit chanoioe Henri de Id' moitié de Ict oomthande de Sti^Jean, conformément' «iiivDlonlés.d'mricbJV, lem* -père commun. Berthold' délaissé par -ses frere6,'noD encore joint par le comte de-Strasberg^ ctn'ayantbaade égale à cdlede Luthbtd prêta panaître, consent à l^accoromodonent, crainte de pis, mémement promrt decontraindre le comte de Ni-dauaui regard d&la^onimande deSt.-Jean. ■

Remarques, t" Selon le manuscrit de BÂle> le bailliage héréditaire deBienne, en cette occasion, fut cédé etabandcmnéentoute propriété au chanoine -Henri dé Neiichâtel. Au contraire, le oartulaire de notre icoUé^ gîale, au rapport de Jacques Baillods dont j'ai transcrit le récit,' indiquait positivement une simple jouissance et le dnût de retour réservé au comte de NeutMtel après la nKTt du chanoine jouissant, a" Quoiqu'il en soit, onvmt ici l'occurrence et vraie cause qui antenfi tout naturellement par après la perte que fit la jnaisop de Neuchâtel de cette grande et belle seigneurie. Car œ Henri de. NeufJiàtel étant devenu évéque de Bâle, lie manqua de profiter de diverses propices cir-<- (;<aiEtanee& pour annexera son siège Un si beau morceaa,' à quoi probîJïle .est-il i^u'il visa , alors de l'accord dont est question , et son moins probable t^u'en ce il fut secrètement d'accord^vec l'évéqoe Lnthokl; et certes le comte Beri^bld. n'était aussi finqu'eus. Aussi, quand- DO contre la |ituvre conduite du comte B«'thold arec cèUe.desoii graaid honwne de.père, Ulrich IV, on me doit s'étonner ni du peu d'aSèction de ses frères pour lui, ni de la grande et inestimable perte du bajtliftge

héréditurede Kenne. On ae peut concevoir un pareil démembrerait arriré presque sanscause, en un temps où les autres bvuvaïent toute fkcililé de fôrtiine, vu que, depuis la mort de l'empereur Frédéric 11 et durant le schisme aoarchiqtie de l'oupiFe, les grands seigneurs ,' tant séculiers qu'ecclésiastiques de la Saisse> s'arrogèrent toute autorité, secouèrent toute relevance et méconnurent te haut domaine de ranpire(i).

(i a5o*). Berthold jetle les fcœdwnens 'd'une abbaye de-hénédictins au Vaux-Travers, et la dote latgeqieat. On lui donna le nom de Prieuré Si^-^Pîerre. Son péri; Ulrich aurait su «rnserver Bienue, et n'aurait ni changé sonécu ni appauvri le revenu seigneurial au profit des moiuesi

Hommage rendu à Jean comte de Chatons par Berthold, pour le Vaux-Travers seulement.

Remarques. L'acte de cet hominage, rapporté en Substance ptu* le chanoine Baillôds, exprimait formelle^ ment que l'hommageétaitfait pour la boponniede Vaux- Travers. 3° Le comte Berthold déclarait qu'il prétait hommage au comte de Châlcois par devant tous auUres seigneurs, saufet réservé l'empereur. Oi verra ci-après^ en l'année ladS, pourquoi lés deux pnésentes remarque^ ûnt été faites, etla juste application quiâ'en suivra.

(laSi**). Lorsque l'évéque Luthold vint mettre ïe feu à NeuclWltel> lui en d^ors et ses complices «n dedans, année 1349, les filsduccHnteBerth61dIogeaient«i la maison des nobles de Clairon, proche la Malaport«, iuicûté d'utierre, laquelle maisonftit brûlée. Lecomtek

(i) Voy. U première partie, pag. 17.' (*) Vimx HiMeL O MS. dn Chapitw.

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fit rebâtir comme juste,, et comme ses dits fils entreprejuàent àe bâtir et se loger sur les ruines du monastère des bénédictins (chassés en 1 206), (c'était en partie lelieuoùestte château d'aujourd'hui^ il demanda aux bourgeois une aide à cette occasion. Ceux-ci répondirent qu'ils ne devaient point d'aide pour tel cas , mais toutefms qu'ils la paieraient de bon cœur, et mémement bâtiraient à leurs irais une belle daneure pour les seigneurs ses fils, si de son côté le o^nte rebâtissait à ses dépens la ville, si misérablanent brûlée par une guerre qui était son iàït et ncm le leur '. laquelle réponse, toute sensée, bien qu'un peu rustique, mit fin à la demande de payer une aide.

(i 354*)^ Berthold prend paru poul- Luthold, évéqne de B&le» mntre Rodolphe de Habsbourg. Certes, le judicieux chanoine Baillods a gf-andement raisMi décrier ici à la miséricorde, à la vue de cette tant mauvaise et maladroite politique du comte Berthold II, lequel aurjBtdâ bien plutôt sejoindre au comte de Habsbourg, et- chercher tous moyens d'afiaiblir ce voisin dangereux et turbulent , qui lui avait déjà fait tant de mal. Origine du ressentiment que Rodolphe de Habsbom-g conserva contre les comtes de Neuchâtel, et qu'il manifeste Inenrndanent,étantempereur,ànotrejeunecomte Rollin, l'an 1288, comme on le verra ci-après.

(i 359 **). Ligne formée enb^ un grand nombre de comtes et hauts barons de la Suisse, pour assaillir le eoane Pierre de Savoye, surnommé le petit Charlemagne, dont l'ambition et l'agrandissement par conquêtes met taientles voisins en 9ouci> Le comte Berthold,

n MS. du Chapitre. (") Baillod»,

ainsi tfae ses £rèreB , Iw ccnntes d' Arbra^ et de Nidau , et son cousin, le eoirite de Sti'&^>ergj tousde la maison de Neuchâlel, soot de kt llgtie> en compagaie de plusieurs autres. Les confédérés surpris et battus firoche le château de Qhillon , sauf le otnnte de StrasWg, epa n'avait encore joint, sont toosÊiitsprisoniiîerBetiademeat rançoDoés par Pierre de Savoie. Toutefois lecomte fierthold qui aivait épousé Nicole de SàiMtie, prodiè parente du redoutable Pierre ,00 est quitte par fortune pour la cession de la dotninance sur la seigneurie de

. Gcvgier. Hermanu, fib alné^u oorale Berthold Uy est grièvement blessé; dans le combat, et meurt lùk après. En cette journée, le comte de. Savoie acquiert le beau pays de Vaud< Le comte d'Aiitefg se ïeconnïùt' son fessai; les comtes de Gruyères et dfi Romont ta font autant. Lecomte de Nidau lui liàit hommage pour Le comté de Cerlier, et Louis de Chàlons pour la bdroDnie deGrandfion, etc. Origine des droits de bautÈsmgueurie> que la msàson de Saivoie ei^rça pendanl'pliiis de

' dens' siècles, en la majeure pwtîe de la Suisse romane d'aujourd'hui^

> (ia6o.)Mort du comte Berthold U. Par sa disposition dis do-iùère volmité, Rodoipbe^Xi&jAA.exsà'^m. £U restons, doit «uocédev à la comté. 11 donne an citdet Henri, aiKec.le^titPe de baronnie çt à char^ d'boœ-

^image, la terre ,gui forme matnteoaqt ta cbitelainie de

' rrbieUe,. il l^ue au chapitre 4e' Notre-Dame Ae, Net^dh&tél, à .chî^ige d'un service perpétuel , cfiFtains moriceU de Tignes et: bois'^ giaaot es lieux diu les Parcs , i^<îft jrT;et:.5a«r..jEar,la,,mêroe dévotion,, il. »e«t .que Rodolphe , son successeur> remette à L'^bb^ dp Fon-

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taint-André une part à la dizme de GoâraDe^ laissam. la^cpodlé au bon vouloir de son dit iUs.

MiiBtatyiies. £n comparant Iti pauvre conduite de Berâiidd U et de ses trois frères: avec la sage et tant? habile administration de leur illustre père , Ulrich IV,: OQ: est' tout ébabi qu'un; si bel exemple > ; lp9g - temps sous leurs yeux , n'ait pu les retenir d'aBer comme élourneaiix à travers champs. Qu'aurait dit et pensé ce bon père, vrai homma- (^t»t,'si tm'lokavait prophétisé qu'en moins de douze ans après sa mort, le second de séàftlâ*, seigiîeùr de Vabngin , voudrait se soustraire à'^arelevancè' du'comts de Neuchâtèl', pour se feire vas^ dé l'évèque de Bâle ; que le bailliage héréditaire de Bi^ne serait en cheitain de passer pour jamais èë' mains du même prélat; quelaconltéd'Arberg', odtede Cérlier, ainsi que' la seigneurie deGorgîer, d'un'seul coop inattendu, dévitendrâient Ôeft relevant de Savoie;' partant/qUe tes'grandi et beaux domaines qu'il avait su -81 bien rassemblêl-,' voire extendre et accroître , seraient bientôt les uns apauvris, détériorés, lés a^lt^es perdus, ou tout près de Féfire, par la folle condnitef de ses enfans? Qu'aurait-il pensé de la grande lihérahté de son fils aîné au regard deà gens d'église, singulièrement de ta fpndfttioi^ d'une ab(iaye de.njoioea blancs au Vaux-Travers, Iqi, qui dans l'acte des franchises,, avfùt tapt ^genaept stipulé qi»e le^hourgeoisippusrrpiept disposer de leurs biens à leijr gré, fors, en fticeur dfs moines blancs? Lesquelles reinarques , tirées presque mot pour mot du manuscrit de l'ancien chanoine Jacques Baillods, prouvent son droit sens et judicieux esprit; car, bien qu'il ei^t embrassé la réformation, on

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voit assez qu'il tenait encore à la robe, au regard del'ancîene prééminence du clergé , et qu'il rérérait grandement la mémoire de feu le chapitre de Notre-4)ame de Neuchàtel. Toutefois cette affecdon ne l'erapédiait de penser et de voir droitement.

11 convient de continuer de suivre la filiation des bran-: ches cadettes de la maison de Neuchfttel.

mFQK&'raL-IflIUVw

La première souche des comtes de Nidau s'étant éteinte en, la perso^ie die Louis de Neocbâtel, dont la, fille uniquie, Varenne , fiit mariée en toa^ à, Ulrich de Neucfaâtel premier comte d'Arberg* puis comte de Neadiàtel qualrième du nom,, celui-ci devint la souche d'une nouvelle et seconde génération de comtes de Nidau, ayant donné par son teslament, l'afinée 1.348^, Nidau, Fteni$ et Gerlier à sou troisième fits qui sijdt :

JEberkard, comte de IMidau ^Faenis etCprlier en i ^4^,. meurt en ia49-

Rodolphe soa fib,, lui succède Van 1^49^

IBDCHATEI,-l,THAlBeBO.

Ulrich n de Neuchâtel, comté dfeStrasba-g, succède à son père Othon; it vivait en i2i5.

Eberhard de Néuchâtei, comte de Strasberg, fils d'Ulrich H, vivait en 1249.

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inUCHATBI.-TAUJIGIII.

OuîllaumedeNeuchÂtel, seigneur de Valangiiij sui>cède à son père Renaiid» et meurt sans postérité l'an I a3a. Ëxtincttoo de la {tfemière souche des seigneurs de Valan^n , et retour de ce fief au comte de Neuchâtel.

On a ru plus haut , année 1 335 , qu'ensuite du partage entre le comte de Neuchâtel^ Berlhold 1", et son oncle et tuteur Ulrich comte d'Arberg, cdui-ci fut mis en possession delà seigneivie de Valangin , et forma la seconde branche des seigneurs du Vaux. On a vu également que cet Ulrich, devenu comte de Neuchâtel, donna par son testament , année 1 248», le comté d'Arberg et la seigneurie de Valangin à son fils puiué qui suit; d'où sortit la branche qui sera nommée dans la Suite Neuchàtel-Arberg.

Ulrich II, comte 4'Arberg et seigneur de Valangin l'an 1348,

On a vu ci-devant que le comte Rodolphe II, année II 64, donna un gros apanage à son fîls cadet Berthold; et j'ai déjà observé en passant, année lai i , que de ce Berthold allaieut sorlic quatre nouvelles branches cadettes de la maison de rteucbàtel , par les quatre fîls de ce Berthold, comme on va h voir.

KEVCBATEL-SOGHEFOKT.

■ P«r lê partage que le dit BerthoW de Neuchâtel fit de ton apanage' entre ses quatre fils, l'alnë Raoul ou Rodolphe eut àsa part la bardnnie de Rochefort, année 1225. Girardsonfilsluisuccèdel'an i262,étmeurtsaos

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— iflO -^ postérité l'an i a6 • : .pcU" là (vM^^^af^ii^ retourna au comte de Neuchâtel , ce que j'indique à l'avanpe pour n'y pas revenir." "

Ôthou second, fils du susdit Berthold> eut à^ part la seigneurie de Valmarcus en laaS. Picfre succéda à son père Oltion.', , ' '

...mrrCHAVSL OOBOIBB.':' ' -'

Berthold , troisième fils <du même Berthold de Pteurchâtel, eut à sa part la seigneurie de Gorgier en i335, et mourut l'an 1 25o, ne laissant qu'une fille qui suit :

Sybille, fille unique de Berthold seigneur de Gorgier, est mariée au seigneur d'Estavayer, en la maison duquel se transporta la seigneurie de Gorgier, àcharge de foi et hommage au comte de Neuchâtel. Ainsi, s'éteignit la branche de Neuchàtel-Gorgier.

Henri , quatrième fils de Berthold de Neuchâtel, eut à sa part la seigneurie dfe Colombier en i325> Umourut en I à63, laissant trois filS| Jacques qui eut Colombier, Reynaud qui eut Cormondréche, et Henri, chanoine de Neuchâtel, curé de St.-Slalse et commendataire du prieuré de Corcelles.

Il feut observer que ces quatre fils de Berthold de ■pTï^nqhftfd, qui fermèmnt lesquatrebraïu^fi&ciTdpSfus, .çppserYçrent chacun une.p>^t dç Bev^» dçflt.Jl^ se .disaient co -f- seignpwrs, conjointwaenj. ayec l'ahbé- qu .priewr àx^ lieu. , , . ^ , .. ■■:...■■.

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