‹ Mémoires sur le comté de Neuchâtel en SuisseChapitre 7 sur 32 · ENTBE MM. 1»^ BERNE ET LA VJLLE DE NEUCHATEL · texte numérisé non relu

ENTBE MM. 1»^ BERNE ET LA VJLLE DE NEUCHATEL

Nous l'avoyer, petit et grand conseil et boui^^is de la ville de Berne , savoir faisons à tous par ces présentes lettres qu'aujourd'hui par devant nous Gomparus sont aucuns, pour et au nom des honorables et sages nos chers et féaux bourgeois les quatre ministràux , conseil et toute la communauté de la ville de Neuchâtel , lesquels nous ont fait ostention de la lettre de boui^oisie dressée entr'eux et nous par cidevant pour bien de paix, et fait apparaîb^ là dessus quelque défeut que apparaissait en partie par vieillesse au sceau d'icelle lettre, nous priant que pour autant que cejourd'huï avons renouvelé et reconfirmé la dite boui^oisie , nous voulussions amender icelle difficulté et leur bailler un bon vidimus d'icelle lettre de bourgeoisie , dont la date est du vendredi avant la St. George, l'an de grâce i4o6; et la teneur d'icelle boui^eoisie contient de mot à autre comme s'ensuit : Au nom de Dieu amen ! Il advient aucunes fois que les hommes mettent en oubli les choses de grande conséquence, si elles ne sont fidèlement réduites par écrit. A cet effet, nous l'avoyer et conseil de toute la communauté de la ville de Berne , au diocèse de la ville de Lausanne ,

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savoir faisons à tous ceux qui ces présentes lettres verront et orront , que par mûre délibération eue pour la singulière amitié et &veur que nous avons envers les sages , les bourgeois deNeuchâtel, du même diocèse de Lausanne, avons iceus bourgeois tant forains qae ceux dedans et à eux appartenant , reçu et par ces dites présentes recevons nos perpétuels bourgeois ,, fermement et sous toute clame due et nécessaire en tel endroit, soit de droit ou de fait , leur promettant par notre bonne foi , en vertu des dites présentes , de les secourir, défendreet maintenir fidèlement à rencontre de tous perturbateurs et invadeurs, qui lacberaient àb les perturberoutre droit et justice, soient iceux séculiers ou ecclésiastiques , y employant fidèlement et de ^t nos corps et biens , voire toutes nos forces ou seulement telle puissance dont serons par iceux requis, leur prêtant fidèlement aide et faveur, évitant leur dommage et avançant leurs honneurs et profits selon notre pouvoir, accordant aux dits de Neuchàtel et h tous ceux qui leur appartiennent, passage par notre dite ville et par nos terres , seigneuries et pays, leur ayant et tenant iceux comme passages ouverts,. toutef<ns sans aucunement (aire dommage , offense ni dégât à nous ni aux nâtres de Berne, toutes et quantes fois que serons requis d'eux sur toutes les choses susdites, sans contredit ni exceptions quelconques , comme nos autres bourgeois , sans &aude ni barrât. Ce nonobstant , nous réservons avant toutes choses le St. Empire romain et nos bien-aimés bourgeois et confédérés de Friboui^ et de Soleure, et tous autres quelconques auxquek sommes aucunement astreints et obligés par alliance, obligation et serment, par telle convenance aussi que les dits de Ffeucbâtel sont tenus de nous bailler fidèlement aide et secours , et à tous nos successeurs contre toutes et ehacunes personnes temporelles et spirituelles selon leur pouvoir, voire avec toute leur puissance

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AU avec telle qu'ils seront requis dâ dooS', empêchant et évitant notre dommage comme nos autres bourgeois , tout dol et fraude y entièrement exclus , réservant toutefois par eux , signamment en cet endroit , tous les droits en quoi ils sont tenus et redevables au très-illustre et puissant seigneur M. ConrarddeFribourg, comte et seigneur de Neucbàtel , ou à ses hoirs et successems , au contenu de leurs anciens privilèges , antiques usances , cooune toutes et singulières ces choses plus amplement sont contenues es lettres sur ce Êdtes , et ^ nous baillées par les dits bourgeois de Neucbâtel. Item a été pourparlé et arrêté entre nouslesdïts seigneurs de Serne et nos bourgeois du dit Neucbâtel, que pour toutes demandes ou différens quelconques qui pourront dorénavant s'élever entre nous les dites parties , nous nous devtMis assembler et convenir, quand l'une des dites parties en sera requise de l'autre , c' esta savoir au village de Wallperswyll , lequel nous avons mutuellement choisi poiu" lieu de marche et d'assemblée. Et en cas qu'alors les causes , pétitions et controverses n'y puissent être terminées par voie d'amitié, adonc l'acteur devra éUreunmoyennenr, c'est à savoir un du conseil de la ville où le rée est résident : alors icelle ville devra inunédialement contraindre ce médiateur, qui n'aura juré avant la date des dites présentes d'entreprendre telle ebai^ de superarbitre , qu'il se charge de le iaire. Mais si l'aflàire ou la demande et différent étaient mus d'une ville en-général ou de quelques bourgeois en particulier, à rencontre de l'autre ville aussi en général , abrs la ville qui sera actrice entre nous et les bourgeois d'icelle ville , peut et doit prendre et élire un superarbitre du conseil des villes deFribourç, deSoleureetdeBienne, de laquelle il plaira, et adonc devrons-nous les dites deux villes prier affectueusement et dili^nment celle ville , en laquée icelui superart>itre qui n'aura &it sermept de ne se charger du tait,

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commfrdessus est dît, entt)epreiu)e lâchai^. Ledit superarbitre étant ainsi constitué , alors il devra assigner aux dites dçux parties une journée, au Heu de la dite marche, si tant n'était qu'il plût changer et transfl^rer le dit lieu de marche en un autre lieu, parle conseatement des parties. Ce &it, les dites ambes parties devront alors ordonner et adjoindre avec le dit superarlàtre deux honorables personnes ou arbitres, lesqueb superarbitre et arbitres seront tenus de^ jurer qu'ib déôderont et définiront la cause eu laquelle . ils sont élus , sc^n droit et au plus près de leur consdence , sans délai queUxHique , skion qu^ils puissent mener à fin et assoupr icelle cause par voie d'amitié , par le su et conseatement des dites deux parties : et le cas advenant que les dits athitrestassenttabîes, alors ils seront tenus de présenter leurs prononciations et.sentences au dit superarbitre quinze jours après que les parties leur auront entièrement baillé d'un câté et d'autre leurs demandes et réponses, et un mois après que la prononciation et sentence des dits itrbitres aura été au superarbitre donnée , icelui sera tenu de bailler définitivement sa sentence par écrit et dûment scellée aux dites ambes parties, et commequ'il soit alors connu etjugépar les dits superarbitre et arbitres, ou par la plus grande d'iceuK , les dites deux parties le devront observer et le tenir pour ferme et agréable. Si le cas advenait que le dit superarbitre ou quelqu'un des arbitres passât de ce monde à l'autre, ou devint inutile par quelque inconvénient, avant l'expédition de la cause, alors les dites parties en peuvent et doivent choisir et substituer un auQ% ou autres eo leur place , un mob après , lesquels s'obligent et astreignent ne plus ne moins que les premiers. Si devront aussi les dites deux parties satisfaire réellement au dit superarbitre , et une chacune partie à ses arbitres , les coûts et dépens par eux soutenus et à soutenir pendant la dite cause, et devra

ttÙSH une chacune panie induÎFe et engager les siens qu'ils satisfassent et obéissait à la prononciation et sentence rendue par iceux comme dessus, et qu'ils paient les frais et missions à leurs juges touchant les dites dettes. Le créditeur prendra ea cause son débiieor en la ville où il est ré- . sidant et par devant son juge wdinaire ; adoEic y sera incontinent administrée briève justice ordinaire & l' acteur et an créditeur ; mais quant aux dettes ne» reconnues , ntdle des dites parties ne pourra ni ne devra gager ni ne barra* l'autre en icelle ville ni dehors en quelque lieu- que ce soit , fors que pour dettes reconnues et dettes dont il y a lettres signées. Item nous les dites ambes parties de Berne et de BTeucbâtel ni les nôtres ne nous devrons inquiéter par justice étrange ou en conr d'église les uns les autres pour quelque cause intervenant sinon pour usures manifestes et mariages. Item seront tenus nos dits bourgeois de Neuchàlel de payer et réellement expédier par un chacun an sur le jour de la St. André apâtre , deux mars , de bon argent à nous ou à notre boursierpoureten notre nom, pour leur bourgeoisie , sans aucun contredit , jouxte la teneur des dites lettres à nous par etix baillées.

Item a été arrêté qu'une chacune des dites parties paiera et expédiera l'ancien et accoutumé péage, comme il en a été de coutume jusques à présent.

Et si quelqu'un des nôtres de nous les dites parties commettait homicide d'hui en avant en l'une des dites villes, icelui personnage peut et doit être proclamé comme homiùde en cette ville ou s^gneurie oii il aura fait l'homicide , et néanmoins ne sera portant fictif de l'autre ville et seigneurie en laquelle il n'aura point fait de violence.

Il a été aussi dit clairement et arrêté qu'en cas que le dit seigneur Conrard de Fribooiç, ses hoirs ou Successeurs

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par ci-après fissent qudque demande au difTà^nt contre les dits de IVeuchâtel en général ^ ou enxles ditsde Neuchâtel contre lui , ses hoirs et successeurs , alors icelles parties nous devront mettre devant icelles demandes et controverses desquelles serons tenus en connaître , et ce que adonques sera ordonné et connu paruous, les dites parties le devront tenir, garder et avoir pour agréable: maîssi aucune d'iceltes parties différait d'obéir et satisfaire à la sentence baillée'par nous les dits de Berne, adonc sommes tenus et obligés de maintenir à notre pouvoir sur icelle notre, connaissance la partie obédiente contre la désobéissante. Item voulons et avons expressément arrêté , que nulle de nous les dites ambes parties ne doit être pour quelque cause que ce soit, gagée, adjoumée ni barrée ou détenue pour cause de Fautre partie.

Et finalement il a été dit et conclu , que nous les dits de Berne devons et stHomes tenus de renouveler par notre serment mutuellement et par ensemble , dorénavant perpétuellement notre dite bourgeoisie , touj ours de six ans en six ans continuellement suivant , assavoir le jour de fête Sainte- Trinité , au lieu de notre ville de Berne , avec toute notre communauté, en présence des députés ambassadeurs des dits de Neucbàtel , quand nous en serons requis d'eux. £t en cas qu'icelle renouvellation ou requête ne se fît pendant les dits six ans , ce nonobstant icelle bourgeoisie doit demeurer en sa force et vigueur.

Et afin que toutes et singulières les choses dessus i£tes , ainsi qu'elles y sont clairement arUculées , puissent être tenues pour agréables , fermement, inviolablement aecompfies réellement et de fait, à perpétuité et si long-temps que les dites deux villes de Berne et de Neuch&lel seront et pourront être , nous les dits de Berne nous obligeons , nous et nos perpétuels successeurs , par noire susdit serment etc. , etc. ; nous les dits avgyers , conseil et communauté de U

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ville de Bei^ic avons mis notre sceaaà cea<lites préseotes lettres, qui furent feites et données à netre viHe de Berne le 6"*jour devant la fête StGe»^, l'an de grâce i4o6('*').

Ij'bn ne peut mieux illustrer les foits des Neucliàtelois dans tout le cours de la ^erre de Bourgt^e , ni donner à ce sujet quelque chose de plus intéressant , que le texte même de la chronique du chapitre de Neuchàlel , d'après les extraits qui en restent ; le voici mot à mot.

« A grandes chevauchées venoit le duc Charles avecqiM » rooult gens d'armes de pied et de cheval , espandanl la » terreur au loing par son ost innumérable ; là estoient cîi»n quante mill voir plus , hommes de guerre de touttes lan- » gués et contrées, force cannons et aultres engins de no- » velle facture , pavillons et accouslremenls tQuts reluisants » d'or, et grande bande de valets, marchands, et filles de » joyeux amour. » Semblable moultitude bruyoit de loing , et bailloil epevantement es contins. De tout quoy bien advisés les seigneurs des ligues tost ordonnèrent deux cent hommes d'armes et cent de Solleure , à ceHe fin reconforter

f*) On > rapporté l'acte oi-dessua en )od entier, parce qu'il peut servir à ei(pliqueT dirers détails de notre Iiisloire.

La plus ancienne alliance avec Berne date de i3o7;elle fntcoDcIue par le comte Rollin. Lea comtes de Neuclillel firent plut tord de pareils uailés avec Sirieure , Fnbourg et I^ucemt.

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la TÎUede Neufchàtel et tenir dedans. CevAx de la Bonneville, Biel, Cerlîer et Landeron aniTcs en haste furent ordonnés & la garde de la tour Bayard , où faisoit beau voir accourre pareillement touts les hommes forts et gens de bien de la comté, aussi ceux de M. de Valengin. Les archers de Rhetelin et aultres pays de nostre sire de vers le Ehin , partie se logèrent au-chastel de Theile et en la ville -de Landeron , partie furent meis et embusqués à la roche de S. Sulpy et en celle de la Clusseta. Bonne garde ainsi faicte et ordonnée apparaît Tavant bataille des Bourguignons , cuidant descendre par la Tour Bayard, et criantaux nostres de retrayer la chaîne et bailler passage , sinon touts pendus seroient. Â telle semonce ne fut respondu que à grands coups d'arcquebuzaides -, tant et si bien furent frottés les plus curieux et hardis Boui^îgnons, que touts virèrent doz. Le comte Rodolf , bien que il eut prins demeure en la ville de Berne , allait et venait , se trouvant cy et là où besmng estoit, et ne faillit d' apparoir , incontinent après la novelle que la Tour Bayard estoit assaillie , ayant avecque luy les archers du Rbeutehn qui tenoient le pont de Theile et Landeron : arrivés dedans la ville la nuict , les dicts archers forains prestèrent serment, tout ainsi que ja avaient faict les aultres , de se comporter fidèlement envers messieurs des ligues ; et furent conduits et l(^és à Boudry et Rochefort. Sur ce le grand duc Charles voyant le passaige de la Tour Baywd clos aux siens, chemina sur Jouxgne,et posason est devant Grandson ; là où parvanitude et superbie fit monstre de ses puissances et richesses si grandes que pareilles ne furent oncques par deçà. Les seigneurs des ligues et alUances avolent octe cent des leurs dedans ta chëtive Grandson , enjoint à iceux de la tenir et défendre à oultrance , à quoy ne faillirent. Assatdts un dessus l'autre, tours et mi^aîlles jà dejûecées ne peuvent

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abastre le courage des assaillis; aïns se ment-ib comme lions de jour de nuict dessus les assaillans , espérant après Dieu enlapromple assistance des ligues. De vray trois cent de Berne , aussi des nostres bien cent , bourgeeis et aultres du lac, résolvant porter ayde aussi provisionnement aux frères de Grandsou , paragsandilèrent force battaus à Neufcbastel; et partement ordonné pour l'heure ("j vespres^ touts se ébattoient d'entrer, nul ne voulait estre le dernier. Mais possible ne fiit de tendre mains ne nourriture aux pauvres assaillis ja retrayés dedans le cbastel ; et les nostres ne treuvant que brandons et fumée en la ville et Bourguignons mill et mill deçà delà en bonne garde , si furent contraints de revenir gémissants. Le duc Cbarie désireux de passer oullre, se courrouxe, jurant en sa coustume par St. George, si incontinente tradition ne se faîct, pendus seront ces -vilains ; ceulx du dedans respondent, que portes ne portettes appertes ne seront sans exprès voloir de messieurs des alliances. Le Boui^^gnon oyant ce , requiert de paix les assaillis par Iraitreuse kintize , leur promestant vies et bagues saulves : ceulx cy décruii plus de moitié par tant d'assaults et bateries, nuls réconforts ne aparaissanls , et la nouriture non loing de déiàillir, baillent créance à la foy et parole du Boui^ignon, et viennent en toute simplesse devers luy , qui par borribte méchanceté faict pendre ces gens de bien , aimant mieulx conquester par abjecte 'trumperie que selon Dieu et raison. Le susdict duc ayant ainsi parachevé sa besongne de Grandson par perfides instruments sans nidle vergongne, résolvit d'invadir Neufchastel et faire rage en la comté , par vindication des bons traitements, grandes amitiés et bourgeoisies de nostre sire comte Rodolf envers messieurs des ligues et alUances : toutes lesquelles particubères cboses ont été récitées à plusieurs -de nous du chapitre de Nostre-Ifeme par le comte Philippe

sostre-taDt cher seigneur Ëls, compaignon d'armes du duc de Boui^ogoe et tesmoïng bon^ maii^ présent à touc ce que dessus. Du premier coup tomba le chaslel de Valmarcus par surprinse is mains du Bourgui^ou ; de quoi promptement advisé le comte !Rodolf manda ies archers de Rheutelin et partie des uostres pour garder Ponlareuse^ touts les aultres de la comté furent meis dedans Boudry et tout le tong d'Âreuse à la rive de ça, pareillement ceulx de Valengin et Landeron : ne &ult ohmestre sept fpxisses haleaulées de gens de hien venants de VuUy, Cerlier et Bonneville , auxquels dicis bons eniànis arrives devant Neufchastet furent foicts régals par les bourgeois ; et incontinent deux chevaliers des ligues ensemble des notables conseillers de la ville et aultres firent conduicte des dictes baroques droict à l'abbaye de Bevaix ; partie se logèrent là , partie à Chaste]ard{*)CortailloudetPortareuse. Sureesentrêiâictes les alliances cuidanls pcnrter ayde et débvrance aux leurs de Grandson , arrivent à Neufebastel à grands saults avecque chants d'allégresse et fourmidable suite (seize mill disait l'un , vingt mill disait l'aultre) touts hommes de martials corpsages disants peur et pourtant [Jaisir à vc»r. Incontinent informés par nos gens de la déléalté et cruauté du duc et misérable condition des braves de Grandson ( icelle novelle allant de bouche en bouche dn premi»* au dernier) les dicts messieurs des ligues témoingnerent courroux si furieux, que dire ne se peut , reniant jurant tous (chevilierset aultres) que vengés seroient leurs frères par sang et vie sans nul repis ; ne voulurent pas ainsi perdre temps a se nourrir ne délasser en la ville, ains du même pied ïJlèrent se loger en Auvernié, Corcelle, Cormondrêche, Bosle, Colombier, Boudry, CortaiUoudz, Bevaix, et heugx voisins, aydés et fesloyés tant et tant en la comté ; C) Ancien cUtean mire Beraix « le Uc.

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suivit la J>aadière de la ville avecque ceulx-4à des bourçeois restés (les plus dispos estant jà sur l'Areuse et Boudry, là où se adjoingnirent). Et le jour après assavoir le second jour de mars veille des brandons, se parassemblèrent en belliqueuse ordonnance messieurs des ligues avant soleil en la jJaine entre Boudry et Bevaix, resolvant de courre sus au. Bourguignon, sans jUus attendre les banditwes de Zuiàc et gem de cheval tani et noa encore venus à N«ufdtastel. S'ajultre part et en la mesme heure le dqc Charie advan^t à grand bruit de trompes et clairons. Ceulx de Suitz , Tboun et aultres (desquels ne peut on fiidlement se mmentevoir le nom) gaignent cheniin par dessus Valmarcos. Les bandièrea de SoUeure, Berne, Lucenie, Fribourg, celle de iTveufchastel comportant trois cent bourgeois et plus , aussi celle de Landeron et les hommes royés de M. de Valengin drent droicl le Plan : ceulx de Sibetal , Underwai, Morat, Biel et aultres tiennent l'uberre jusques à la rive du lac. Tost apparoissent devant les batailles des ligues les gens d'armes boui^fu^nons superiïement accoustrés ; là se treuve le duc avec ses ^us amés cheval^rs : tost font charge, tost sont frottés et déjettés dessus les chartreux de la Lance. En ajwès ce coup , les ligues descovrant toute la formilliere des Bourguigncns jH-oche Concise , font planter en teire piques et bandières , et par ctHnmun accord à ge- Doubt requièrent fabveur du Dieu fort. Le duc voyant ce jeux, jiu^ disant : (( Par St.-Geoi^es ces canailles crient marcy. Gensdes canons, feux sur ces vilains, w Touttes et l^es paroles ne lui servent de rien : les ligues comme gresle se ruent dessus les siens taillant depiesçanl deçà delà touls oes beaux galantâ; tant et si bien sont déconfits en vaulx deroutte ces pauvres Bourguignons, que sembient ils filmée épandue par vent de lùze. En ycelle mémorable journée mesàeurs des alliances ayant prias pour cris de gueire

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Grandson Grandson , par souveDaDce des leurs là pendus iraitreusement , ne doibt on s'ébahir de leur grande ire et fôcberie en voyant tant de vaillants compaignons cordés aux crenaux tout à l'entour du chastel : si furent ils incontinent décordés et portés en triumphel honneur un à un et couchés en terre avecque piques et armures bourguignonnes soubs chaicun d'iceubi ; puisèsmesmes crenaux et iycols furent appendus des Bourguignons non vivants, ains ja occis es champs de la bataille. Le buUn treuvé en l'ost ne peut estre écrit ne raconté-, un duiicun en eut son soul,-de quoy plusieurs se sont faicts commodes; touttesfois s'éjouissoient ils mieux en icelle bonne feste à treuver dagues et fers de piques que bailais et or loingtain (et de vray poroient tomer à petit prouÊt voir à mal fortune touttes ycelles préciosités conquestées et non encore cognues es ligues , grandes mauvaisetés là proviendroient quand siaiplesse serait déjeltée par argent). Touttes lesquelles dépouilles furent par après desparties en la ville de Piideux entre les bandieres de la bataille : semblablement fat feict partaige des ustencilles de guerre et marques de victoire ; desquelles choses ceulx de Neufchastel gaignerent par espécial un beau pavillon (en iceluy se treavoit de l'or et de la pourpre plus que ne se vid oncques en toulte la comté) en oultre deux gros canons, une belle bandière du Savoyard , une dicte de ceulx de Flandres , deux bosselles de pouldre , et force piques pertuisaioes couleuvrines et aultres engins; le tout posé et monsti'é eu signe de publicque allégresse durant trois jours en la ville proche la rive du lac; et statué &it, que par singulière souvenance d'icelle journée et fortune , les bordes seroient hors mises par cbascim an à parey jour : en mesme souvenance et mémoration furent aussi appointés les frères de l'arbaleste. Or pour reparler plus oultre des &icts et dicts des seigneurs des ligues

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en après tellespronesses, si ordonnèrent la bandière de Keufchastel ensemble ceulx de Sibetal , Vangueo et Landeron le jour après les brandoDS pour assaillir le chastel de Valmarcus , dedans lequel estoient maints Bourguignons voir aucuns chevaliers du ccwiseti estroit du duc. Pareillement le sire comte Hodolf (demouré cois en la ville de Boudry avec bonne bande des siens & celle fin de bailler aydeet réconfort rîere l'Areuse aux ligues, si mal fortune leur estoit advenue en la besongne de Grandson) mett hors aussy les compaignons de Boodry ensemble les Rheutelins à mesme fin decourre sur Valmarcus. Grandement ébahis et empeschés furent les dicts beaux dievaliers dedans lecbastel, là où ne aouloyent faire aultre que joyeux banquets -, et auroient tost été prins comme rats , si de fortune le fabvre pour cent florins ne les avait meit hors en la nuict par la portette en bas la coh^ , pois par travers bois et mmées oonduict devers Pontarly : pendant icelleescbaippéeavMent les dicts chevaliers par feintize laissé courre par déduis le chastel les chevaulx, qui firent beaux jeux tout le temps, si qiienos gens coidoient à toutte heure ouir la bande sortir pour feire vaillantes sallies. Finalement au petit piquant du jour ceulx du Landeron les touts premiers avecque morillons, escales et autres engins saultèrent par travers tours et crenaux dedans le susdit chastel , criant Grandson Grandson, mort, tue , sortes paiUards A^TaAuaTv^onA , pour ce quelànulya, horsmeisla vielle gysante ducastellan ensembfe un ^en serviteur chenulx et vingt et deux cbevaulx et palleiroix en bel accoustrement. Tant et si grande fâcherie tesmoingnèrent les assaillants (ne treuvant là que vielx re liquaz en j^ce de Boui^uignons escha^q>és), que ceulx de Landeron pour se bailler aise et contentement firent tost brandons du dict chastel , et là ne laissèrent que cendres sur fnerres. Délassement et repos prins quatre jours durant

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es champ de ta bataille et paix baillée aux trépassés desdeux paris , messieurs des alliances reloroèrent eu leurs maisons que deçà que delà avecque grand bruict de guerre un chaicun fort joyeux; de ce quoy votdut estre oyant et voyant nostre sire comte , si s'advança avecque grande comp^nie [HX)che la porte des dames ens^nlde plusieurs du <^pitre desquebje Haguesde Pierre altarien(^); et de plus loing que le dict seigneur RodcJfvid la bandière de la ville es poings du banderet Vamoud, se printà rire d'aise, esbastantses mains , et criant paroles d'afEections au dit àeur banderet : norsçamoncompèrelebienrevenusoyez, nd'avanlageforce amitiés aux aultres compaigncms ; desqueb neuf seulem^it (que Dieu absolve) trépassèrent par dé^ en bon somme. Le duc de Bourgogne cuidant raccoustrer son aâàire , remeit sus gens de guerre et moultitoude plus grande que lors de son prinstain ost devant Grandson. & vindrent devers lia à Losanne Lombards Bourguignons Savoyards ceulx de Flandres voir deax mil! chevaliers el haults féotîers. Or devant partem^it ( par complost de assaillir Morat et molester en ^)rès les ligues en leurs maisons ) le dict duc Charte ordonna ocie mill Boui^mgnons et Savoyards soubs auctorité du seigneur comte de Romont , pour faire sacs et [âllages es pays des alliances k l'entourAtorat, et mestre empeschemeas que ycelle ville ne pût estre avitaillée. Le dict comte de Romont cbevaulcbe devers Estavayer et tout le long du lac, se loge en Coudrefin, passe du matiii la Brooye au pontenaige de sça el en celuy de Vully, faisant desseing de butiner et brûler Âinet et aultres lieugx voisins de Morat devers bize. Les seigneurs de Berne tenoient par là près six-cent des leurs , lesquels crièrent Grandson Grandson de long de la^e , et tost par touts moustiers sonnèrent cloches et cam]»nelles. Jà esioit brait depuis deux C) Hug:ues de Pierre #tail le chanoine Iiisloriographe du chapitre.

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jpurs en loulte la comte, que les Boui^uignons derechef apparaissoient, eltantetâ grosbraodonsavoitfoictpardelà le seignrair de Romont , que bonne garde fut logée au chastel du pont de Tbeyle aussy en l'abbaye de S. Jeban quatre cent, non comprius les boui^eois de la ville et les francs archersdeM.deValensin. Ceulxd'Ainesetlieugxproches notoirement femmes et filles voyant le Savoyard qui pourchassoit le beslail, et advançoit toutlefois petitement ne cogoMssant ne peu ne prou la voye en tels marets , courrent sus avecque piques fourdies creullions et aultres engins de mesnage : tost accourent oeuk d'Ari)erç Landeron Cressier semblablement les compaignons du pont de Tbeyie et S. Jehan voir ceulx au labeur es champs et vignes tout le long jusques en la viHe de Neufdiasid , délibérant gaigner promirtement le maix et pontenaige de la Sauge à celle fin retrayer du savoyard le bestail prins es pasquiers d'Aines : mais le prédict seigneur de Romont grandement empesché, voir enfondré dedans iceulx marets (là oii ses chevaliers et gens d'armes eSloietitde pied, coniraincts ay^nt esté de laisser chevank et valets en Coudrefin et dessus le mont) rudement assailli sans liewg ne loysir de rang^ sa bataille elvoyantdesçidelàvenir de loing gens etbandières contre les siens, avait muédesseingetrepassé la Brouye, mais non si hastement que les dernières siennes bandes ne iuissent frottées au doz et aulcuns jettes en l'eau oti bibèrent leur soûl. Et cuidoient les Allemands d'Aines et lieugx alentour, que possible n'estoit bailler cbassement plus oultre , seulement faisoit on force mousquetaides de riveà rive :levaillanct banderet de Landeron voyant ce , dict aux siens : le jeu des allemans rien ne vault , en la rive de là sont les paillards eschaipés de Valmarcus , fault les assaillir au col ; et leur monstrant certains bestaih épévantés qui passoient plus devers le bas en l'eau du lac , se meit à crier : enfans

— 9S0 — de bien, apperte est notre traite, ycdui bestailest signe d'assistance h nous baillé par S. Martin, faisons boa ddjvoir; Si tost dict tost fcict, louts courrent vers l'endroit et passaiee aux vaches : là le banderet de Landeron se meit dedans l'eau le premier, tenant banlte sa bandière criant de plus fort ; devers moy , enfens de bien de la comié , devers moy : bravement le suivent «outs les nostres. Le Savoyard ébahi par telle hardie entreprinse se retire un petit devers le mont -. de quoy profictant ceulx de Berne et les Allemans, retrayent le pontenaige et les baroques, et comme bons compaigoons qu'ils sont , saullent touts en l'aultre rive. Lors le seigneur de Romont ayant raccoustré et rangé sa bataille , torne gentillement fece feùsantchai^ etrudes saillies sur ceulx de Landeron , qui les jJus advan<%s et proches se treuvent ^ et tant grande et serrée estoit sa bataille^ que les AUemans ne les nostres ne povoient tenir longtemps la rive delà, et contraincts allaient estre de repasser l'eau et se doloir-, mais de fortune surviennent S grands saults quatre fortes bandières , Bonneville Cetiier et lieugx de par \k. Grandement reconfortée par ycelle bonne assistance touts par ensemUe font ligue de courre sus et assaillir le Savoyard (tant fourmidable soit sa bataille) ; puis en après invocation comme juste, se ruent droict dessus, ceubc de Landeron les premiers , frottant et despeschant par doz et ventre ^ pendant quoy ceulx de Moral et Vully non attendus desceodent le mont, et tumhent par Pegrain dessus l'eschine des dicts pau\Tes Savoyards et Bourguignons; et d'aultre part abordent devers la Sage cinq (arts batteaux de Neufchastel -, dedans aulcuns dcMnseb et amez-du comte Bodolf avec hommes d'armes ensemble force bourgeois et notables, et par espécial M. de CkJbmbicr lieugtenant en la comté ordonné par nostre ^re à celle &n lui bailler prompte et asseurée information de la cbevance ou mal fortune ap-

pointée par tout ce train et fracas. Â l'enrontre d'yceulx subits réconforts que sembloient tumbés du ciel , ne lut possible au dict seigueur de Romont tenir champs 'pLas oultre , et cuidantse revitailler dedans la ville de Coudrefin et Ueugx clos d'alentour, se retira en ycelle. Tost fut faict cfaassement si rude et proche onps à corps , que ceulx de Laoderoa puis touts les aultres se treuvèrent là dedans que dessus que dessoubs; par ainsi advint derechef déconfiture en la dicte ville de Coudrefin et lieugx proches, là 011 ceolx des batteaus et aultres lard venus jovèrent aussy des pcHngs un petit; et aurait esté la tuerie L»en auttrement ordonnée , si la nuict choyant n'avoit baillé au Savoyard ayde à se saulver devers Estavayer. Si s'tai retomerent-ils touts en leurs maisons les Âllemans et les noslres, fortjoyeux d'avoir meis à finicelle bonne aâàire. Par voyes et chemins furent grandement loangés et nourris ceulx de Landeron , et sortaient pour tes recepvoir jeunes et vielx , petits enfans et leurs mères : de vray oeuUlà monstrèrent en îcelle journée vaillance non humaine, et par tout Ueugx récitée ; et fault dire que la bandière de Landeron soûlait besongner en semblable manière et non aultrement : en témoignage de quoi et par publicq et singulier honneur, notre sire comte aj^la le jour après le banderet, aussi les notables de Landeron, et devant touts fut fait et armé chevallier le dict Bellenost dessous le grand huis de t'églîse de notre dame. Telle malfortune ainsy advenue de prime (ace au seigneur de Romont , estait vraye admtmition du ciel mandée au duc de BourgOQ^e à celle fin de muer complost et laisser en paix les ligues et alliances ; mais si cbrestienne pensée ne povait se loger en sa teste, ains ordonna-t-il prompte despartie de Losanne ; et semblait son entendement non si appert que devant la besongnede Grandson, et que Dieu voloissoit, par semblable

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grand exemple, bailler signe aux puissants et plus redoutés princes, et leur remoostrer que les superbes ne sont que fbts devant sa &ce , partant les délaisse , et tosl perdent-ils honneur et chevance. Or donc le neuvième jour de juing , le sus dict duc Charie se logea à l'entour Morat : douze mille des siens ordonnés par te seigneur de Homont, tenaient devers bize , et quarante mill (aulcuns disent cinquante -nùr fdus), tenaient les aultres parts, màcbillants comme garibels('')loutIe pays. Leduc faictdîreàceulx deMdratdese rendre, et ne reçoit que desdain du brave chevalier Adrian de Boubenberg , qui dedans l«iait avecque douze c«it bons compaignons de Berne et de Frybou^ , respondomt le dkt chevallier, que )e déloyal devant Grandson Bance u'amuit devant Morat. Incontinent iait ra^ une ferm^lière de canons du Bourguignon , et par sept jours de batteries cnidant avoir figeasse bastant et appert passaige aux siens , ordonne le duc Charie un furieux assanlt , et là perdent vie sept cent Bourguignons sans nul profîct. Messieurs des alliances diligentaient de parassembler leurs gens, à celle fin ne faillir à ceulx de Morat, ainsi et comme misérablement estoit advenu aux assaillis de Grandson : touts que de^ que delà arrivent es environs de Guemine, là où de bon cœur et grande ailégresee courrent aussy les nostres grandement requis par ceulx de Berne et Solleure , la bandiere du seigneur comte Rodolphe, c<Hiduite par Jacques de Qeron , celle de la ville par le banderet Vamoud , celle de M. de Valengin par le bastard d'Àrberg, et celle de Landeronparsonvaillantbanderet, comportant lesdictes quatre bandières mill, voir un peu plus, de la comté. Le seigneur duc de Lorraine , que gronde haine et vindication portoit au duc Charie, ayant ouy ce que les lignes délibéraient faire, et s'éjouissant d'être tesmoing, chavauchade jour, de (') GaiiMi, nrbecs ou Lèches, scarabées desli-ucteurs de la ïigne.

Btût avecque cinq cent des siens, nobles fêotiars et gens de cheral : si vint tout à point ; jà rangeât on les batailles , et comportoit Tost des ligues bien quarante mill, tant gens de piques et couleuvnDes , que de dieral. Et le vingt et deuzième jour de juing à l'aube (après prosternation et invocation à genoux reclamant divine assistance), MessieiKs des ligues descendent de Guemine en de^ parts, une court dessus le seigneur de Romont et du premier coup le déloge , tant et si bien le déchasse , que semblaient-ils ces pauvres Bourguignons bestail épévanté par le loup : l'aultre bataille des Ugues (icelle e^ait la plus grosse et nos gens dedans), marche droit de vers l'ost du duc de Boui^;ogne , là où se tFOuvent touts ses plus vaillants chevamers féotiers et gens d'armes bien gardés tout alentour par le charnus, fortes hayges bardées de gros pals et cent et cent canons faisant rage et batterie de ça de là : tels fiMinnidables empescbe— mens ne peuvent rendre froids Messieurs des ligues : ains les bandières de Berne et de Fribotirg criant Grandson , Grandson, sautentles premières partraverscanms, hayges, pais et charrois , en t^e manière que l'huis est incontinent appert aux aaltres. Â ce coup cuident certaines grandes et 8upei4>es bandes combastre et faire chaudes cbai^^ : mais les ligues se ruent dessus , criant de plus fort Grandson , Grandson , taillant, despèchant touts ces reluisants chevalliers sans bailler marcy ni rémission à nul. Ceulx de Morat en la même heure foitf entière et rude sailUe conduicts par le vaillant Boubenberg : si advint tuerie non pareille, et ne voyait-on que Bourguignons despêcfaés et gysants par touts lieugK à l'entour, non comprins tant et tant jettes, voir estoufés par chassement dedans le lac. Le malfortuné Cbarle se saulva quasi seul tout d'une boutée , sans virer fece jusques en St. Claude : tant et si grande (ut la déconfiture des siens en itlec jtNir, que semblait-il à Messieurs des Ugues

n'avtnr lait es champs de Grandson'-^e petits jeux d'en- ^ts : trépassèrent pour le fin moins douze cent chevali^setliaultsféotiersduducdeBourgongne, enseœblebien dix mille aultres geas de pied et de cheval (aulcuns disent quinze voir vingt mill, si &ut-il se contenter de dix mill) certes ce semble estre bas tante icelle légende, voîrjk trop lamentable en la chrestienté. Petite fut la perte des ligues : cent et trente laissèrent vie «i l'assault des pals et canons : d'aultre part les couleuviinades et bateries férirent de loing deux cent et octanle quasi (outs de Berne et Friboui^ ; des Dostres seulement le bastard d'Ârberg et deux hommes d'armes de M. de Valengin; toutes ftws retreuvèrent-ils santé par après, fors un que trépassa. Â l'endroîct du butin les alliances ne gaignèrent préciosités si grandes que devant Grandson, la où ainsi que jà été dict, furent conquestées vaissatles d'or et d'ai^nt , balais etparemens les plus beaux de la chrestienté, bagues et richesses infinies ; par ainsi doibt-on tacilement croire que semblable pompe ne povoit pour si peu de temps estre jà restaurée : en place de quoy Messieurs des ligues treuvèrent deux mill cotulîsaines et joyeuses domzelles , et délibérant que telle marchandise ne bailleroit grand profict aux leurs , si laissèrent-ils courre à la garde les dictes cavalles. Mais des canons, engins de loutles manières et non cognues par deçà , piques , couleuvrines , beaux accoustremens de pied et de cheval, armures de chevalliers de touts pays et langues , un chacun en ramassa son soûl ; tellement que sembtoient nos gens revenir du marché. Parespécial,rapportèrent-ibvingt et quatre belles armures, pots et panaches de chevalliers , baillées par Messieurs des alliances aux ministrals et conseillers de Keufchastel . A ceulx de Berne et de Frihourg , fiirent octroyés quasi tous les canons ; et certes les avoient-ils bien gaîgnés. Obmis ne doit estre le beau faict d'armes de nos Montaignons, et vault illec

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à remeDtevoir aussi bien que les aultres : deux jours aprèjs la feste de ta nativité de nostre dame , passèrent le Doux MX cent (aulciins disent octe cent), Boui^uignons, desseignaot feire sacs et paillaiges es Breoetz, Locle et lieugs proches, aossy es inaix et cemilsleloog desChaux ; de quoy încoDliDentadTerti Jehan Droz, bon et sage notable cc»dpaignon, alla promptemeot sonner la cloche au mouatier du Creux , disant à touts hommes forts de courre aux armes et se parrassembler en certain Heug dedans les bois : semr blablement furent tost advertis par messagers les gens de bien de long et de large , délibérant le dict Droz pour plus assuré profiet de laisser commode voye aux dicts Boui^ignons à celle fin les assaillir, alors que débandés seroient par esbastement et pilliaiges : si dict , si feict : les Bourgui- ^ons cuidant regaigner le ponteoaige et retomer en leur pays , pance pleine et butin dessus l'escbine , nos Montaignons leur saultent rudement au corps que des^ que delà avecque piques, pertuîsaines aussy couleavrines , sans octroyer bague ne vie : tant et tant furent dépeschés, moult aussy déjettés dedans le Douxe : touttes fois aulcuns nagèrent et gaignèrent la rive d^ ; aulçuns aussi se saulvant contre mont la rivière , treuvèrent deux battaux et passés qu'ils furent ces pauvres Bourguignons fouicient-Us à fane, et cuide foulent encore. Far ainsy nos gens reprindrent tout bestail et butin , mesmement vingt et deux hommes notables vielx et cbenuls , que les dicts Bourguignons menaient par delà : et fiit prinse et gaignée & toujours leur bandière , et icelle plantée par gratitude en l'église du Seigneur-, de qnel faict et prouesse fut fort parié es pays des ligues , et loanges baillées aux dicts Montaîgnons comme juste. »

(*) Becherchei sur l'ind'igénat helvétique de la principal^ dt Tfciichâlfl, par J. E. Boyve-

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