‹ Mémoires sur le second empire (volume 2)Chapitre 11 sur 100 · LE MINISTÈRE DU 31 OCTOBRE ET LA LOI DU 31 MAI · texte numérisé non relu

LE MINISTÈRE DU 31 OCTOBRE ET LA LOI DU 31 MAI

Le minislèi'e du 31 octobre. — Quel accueil lui est fait. — Mission du nouveau cabinet. — Les fonctionnaires publics. — Leur rôle dans les dëpartemenls. — Éleclions parlielles du 10 mars 1850. — De Flotte, Vidal et Carnot. — EfTarement des chefs des anciens partis. — Les Burgraves à l'Elysée. — Les bésitaticns. — La loi du 31 mai.

Le changement soudain du ministère causa une immense surprise. Ce fut une véritable explosion que ce coup d'autorité. Plusieurs jours durant, le monde politique fut tout aux commentaires de cet événement. On lisait et relisait le message du Prince pour se pénétrer de ses intentions et pour y puiser une règle de conduite. Amis et loyaux adversaires étaient unanimes pour rendre hommage à l'élévation de son langage. Dans l'Assemblée, on regrettait, sur plusieurs bancs, le ministère Barrot ; il comptait des hommes de valeur qui avaient soutenu avec talent et courage des luttes orageuses; mais comme ils ne personniflaient d'une manière tranchée aucun des

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partis, ils n'étaient suivis dans leur retraite que de sympathies personnelles.

Le ministère nouveau était accueilli avec froideur. Dans les coutumes parlementaires en vigueur depuis trente ans, on n'était pas improvisé minisire; on gagnait son élévation par de longues et apparentes manifestations de mérites exceptionnels. Des discours remarqués, des rapports sur les grandes questions d'État, de fmances, d'administration, d'économie politique, désignaient au choix du chef du gouvernement les hommes qui pouvaient à la fois, et le mieux servir le pays et le plus sûrement rencontrer la faveur des Chambres. II se faisait ainsi comme une sorte de pépinière ministérielle. On s'apprenait aux aflaires ; on augmentait son importance ; on était prêt pour son rôle le Jour ou vous appelaient les événements. Chaque groupe avait ses hommes et, selon les évolutions de la politique, ils prenaient ou quittaient le pouvoir. Leur accession aux affaires était presque toujours indiquée d'une façon si précise, pour les principaux portefeuilles au moins, que l'opinion et la presse les nommaient, pour ainsi dire, avant que le Moniloar n'eilt parlé. Sous la monarchie de Juillet, le Hoi eut souvent k accepter plutôt qu'à choisir ses miuistrea.

La République n'avait qu'un instant suspendu ces coutumes. On était vite revenu aux anciennes traditions, et le ministère Barrot en était l'image. MM. Barrot, Dufaure, de Tocqueville. de Falloux, avaient toute la notoriété voulue pour arriver aux affaires. Malgré le mérite très réel des ministres

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