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La révision de laCoostitutlon, la rééligibilité du président de laRépublique, l'appel au peuple, tel était le programme de Louis-Napoléon ; telles étaient expressément ses conditions de paix, colles que, dansles spleadides ovations qui le suivaient, il recevait mission de faire triompher. Il appartenait à la Chambre de tenir compte d'un pareil langage, d'accepter ces propositions réitérées, de comprendre la portée de l'insistance du pays. Si elle s'obstinait dans la résistance, si elle continuait à poursuivre le triomphe chimérique de restaurations impossibles, si de la résistance, elle passait à la menace, si elle préparait l'agression, elle savait quelles résolutions elle imposait au Prince. En relisant le discours de Lyon, elle pouvait savoir à l'avance quel sort lui était réservé. Entre le Prince et elle, la nation devait être appelée â prononcer.
En se séparant, le 11 août, la Chambre avait laissé derrière elle comme une déiinition vivante de ses dispositions à l'égard du Prince. Elle avait réuni dans la commission de permanence les individuahtés à la fois les plus importantes et les plus ombrageuses de l'Asaemblée.Le général Cbangarnier, le général Lamoriciére, le général de Lauriston, MM. Thiers, Berryer, de Lasteyrie, de Saint-Priest, le comte Beugnot, ChamboUe, faisaient partie de celte commission. Sa mission se devinait ; elle avait â surveiller attentivement les faits et gestes du Prince, et à convoquer l'Assemblée à la moindre apparence de danger. Le voyage de Louis-Napoléon, ses discours, les manifestations qui l'avaient partout accompagné.
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cette sorte d'acclamation anticipée d'un pouvoir plus durable, avaient causé à la commission les plus désagréables impressions. Mais que dire ? Que faire? Le Prince restait absolument correct dans son langage; il respectait la Constitution; l'interprétation qu'il en donnait n'avait rien de séditieux. Tout au plus pouvait-on lui reprocher de se montrer trop beau joueur, car on peut dire qu'il laissait voir à ses adversaires toutes les cartes de son jeu.
Un jour vint cependant oà les susceptibilités de la commission de permanence furent mises plus vivement en éveil. Il faut dire à quelle occasion, car, de l'incident qui émut la commission, date la rupture définitive entre le Prince et le général Changarnier. On comprend quelle influence un semblable choc devait exercer sur l'avenir.
Le Prince devait passer, le 10 octobre à Satory, la revue de quelques régiments. On avait bâti, à ce sujet, tout un échafaudage de suppositions. • C'était, disait-on, le jour de la solution ; les troupes devaient saluer Louis-Napoléon du titre d'Empereur, et ramener triomphalement le nouveau souverain aux Tuileries. » C'était faisable, à coup sûr, et si cette possibilité ne tentait nullement le Prince, elle causait à la commission de cruelles insomnies. Le jour venu, une partie des membres de la commission se rendaient à Satory, accompagnés d'un certain nombre de représentants désireux de soutenir ainsi, par leur présence, l'autorité morale de leurs collègues. C'était une superfétation de surveillance. La revue se passa comme les autres ; le Prince fut salué des cris de Vive
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Napoléon ! et Vive F Empereur l par l'armée et par une immense population, qui se pressait sur le plateau de Satory, attirée moins encore par le coup d'œil des manoeuvres militaires que par l'espérance d'assister à une grande transQguration politique.
Dans le déûlé, un contraste auquel on n'était point habitué avait cependant été remarqué entre Taltitude de la cavalerie et celle d'une partie de l'infanterie. La cavalerie avait acclamé le Prince-Président avec un redoublement d'enthousiasme ; plusieurs régiments d'infanterie avaient, au contraire, déûlé en observant un rigoureux silence. D'où pouvait venir celte différence, cette nouveauté? On savait que ces régiments restés silencieux étaient précisément ceux qui manifestaient pour le Prince les sympathies les plus vives. Y avait-il un mot d'ordre donné? D'où partait l'ordre? Le Prince voulut naturellemeat étdaircir ce mystère ; une enquête fut ouverte, mais elle ne fut pas de longue 'durée. On apprit immédiatement que le général Neumayer, X'aller ego du général Changamier, avait enjoint a plusieurs colonels de donner l'ordre à leur régimenl d'observer, lors du défilé, un silence absolu. Cet ordre avait été rigoureusement exécuté ; telle était la cause du silence des régiments d'iafanterie.
Le général Neumayer ne pouvait être, en celte circonstance, que l'interprète des volontés de son général en chef dont il était l'ami dévoué. C'était donc au général Changarnier que devait naturellement remonter la responsabilité de l'attitude des régiments silencieux.
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Mais pourquoi ce chAugement dans les procédés du général en chef de l'armée de Paris ? Â toutes les revues précédentes, et elles avaient été nombreuses, les troupes avaient, en sa présence môme, acclamé le Prînce-Présideat ; tous les régiments, sans aucune exception, avaient défilé aux cris de ViVe Napoléon et souvent aux cris de Vive FEmpereur. Ne devait-on pas croire que de semblables manifestations avaient au moins l'assentiment du commandant en chef de l'armée? Le doute n'était plus permis après la lecture des ordres du jour du général félicitant ses troupes, à chacune des revues importantes, du bon esprit dont elles avaient fait preuve. Le bon esprit dont il parlait, ce ne pouvait élre, et ce n'était, en effet, que le témoignage de dévouement hautement manifesté à Louis-Napoléon. De telles félicitations, dans la bouche du général Ghangarnier, n'étaient-elles pas l'approbation expresse des acclamations qui avaient salué le Prince-Président? N'étaient-elles pas en même temps un encouragement donné aux iroupes pour continuer à faire preuve du même * bon esprit • dans les revues ultérieures ? Où était la cause de ce brusque revirement de la part du général Ghangarnier? Nous le dirons bientôt; il nous le dira luimôme; les faits parleront et feront apparaître la vérité avec la plus éclatante lumière.
Mais si la revue de Salory avait trompé l'attente des populations qui s'y pressaient en foule; si elle avait donné un éclatant démenti aux journaux hostiles à l'Elysée qui avaient bruyamment annoncé le Goup d'État comme le couronnement certain de cette
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