L.i REVUE DE SATORV
prit Irouve-tril, au contact du monde, certains stimulants qui aident à la pensée et entr'ouvrent souvent des horizons nouveaux. Un mot fait jaillir une idée ; une contradiction fait évanouir une erreur; le travail qu'on poursuit incessamment, au milieu même de ceux qui semblent vous en distraire, trouve, dans les échanges intellectuels, les plus précieux bénéfices. Mais quand l'homme prétend participer à la direction politique de l'État, quand il est assez haut placé pour que son conseil, sa parole, son action exercent, sur les destinées du pays, une influence prépondérante, qu'il l'accepte ou qu'il la prenne, une telle mission impose des devoirs difTérenls, une existence plus active. Le recueillement ne suffit plus ; les lumières individuelles ne sont qu'un élément imparfait. La science du passé elle-même, ce flambeau de la politique de tous les âges, ne devient une aide utile qu'à l'expresse condition de faire, des enseignements qu'elle donne, une application judicieuse et mûrement réfléchie. Les leçons de l'histoire, selon qu'on les interprête, peuvent être aussi bien un secours qu'un danger. Les rapprochements éclairent, les imitations trop exclusives deviennent souvent un périlleux écueil. Pour recueillir d'une provision intellectuelle tous les profits qu'on peut en attendre, il faut mêler l'étude du présent aux enseignements de ce passé et chercher ses inspirations, ses guides, sa régie de conduite dans l'examen altentif de l'opinion publique, dans une juste appréciation du mouvement des esprits. Autant la fréquentation de tous aide à la découverte du vrai, autant la concentration de la
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m MÉMOIRES SUR !■£ SECOND EMPIRE
vie dans une même almosphère engendre fatalement les partis pris et l'obstination.
Ces chefs de partis, ces théoriciens des régimes déchus ne respiraient que ^l'air vicié de l'encemte de la Chambre; ils ne pouvaient ainsi fortiQer leur esprit pour le mettre à la hauteur des exigences des temps. Le Prince, au contraire, dans ses pérégrinations à travers la France, respirait, à pleins poumons, cet air vivifiant de nos campagnes; il y puisait sa force et y confirmait ses croyances; il allait ainsi chercher la vérité dans ses plus sûres origines, sans attendre qu'on vienne lui en offrir les reflets dénaturés. Et c'est pour ces causes, c'est pour ces différences dans les conditions de la vie politique que l'erreur était à la Chambre et la vérité avec le Prince I
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