‹ Mémoires sur le second empire (volume 2)Chapitre 23 sur 100 · LA DISCUSSION SUR LA REVISION DE LA CONSTITUTIDN · texte numérisé non relu

LA DISCUSSION SUR LA REVISION DE LA CONSTITUTIDN

du S8 mai 1851 la demande de revision de la ConslitulioD pouvait être réfpilièrement déposée à la Chambre, anssi les pétitions qui depuis longtemps déjà arrivaient à l'Assemblée, y furent-elles adressées avec une nouvelle ardeur. Ce fut bientôt une véritable avalanche, et, quel que fût son sentiment, la Chambre se vit forcée d'obéir à cette pression du pays, et d'aborder cette discussion si grave d'où pouvait sortir ta solution pacifique, mais qui pouvait commander également les résolutions décisives.

Au seuil même de ce débat, le Prince crut qu'il ne pouvait moins faire que d'avertir la Chambre et le pays de l'attitude qu'il entendait prendre en face des décisions qui allaient intervenir. Le banquet de Bjjon allait lui offrir une tribune d'oiï partiraient ses Tégitimes remontrances pour les agressions et les injures des derniers mois écoulés, d'où sortirait encore un fier avertissement qui révélerait à la fois la confiance dans sa force et la fermeté dans ses résolutions. Le 1" juin 1851, répondant au toast du maire de Dijon, le Prince-Président disait :

< Je voudrais que ceux qui doutent de l'avenir m'eussent accompagné à travers les populations de l'Yonne et de la Côte-d'Or; ils se seraient rassurés en jugeant par eux-mêmes de la véritable disposition des esprits. Ils eussent vu queni les intrigues, ni les attaques, ni les discussions passionnées des partis ne sont en harmonie avec les sentiments et l'état du pays. La France ne vent ni le retour à l'ancien régime, quelle que soit la forme qui le déguise, ni l'essai d'utopies funestes et impraticables.

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C'est parce que je suis l'adversaire le plus Daturél de l'un et de l'autre, qu'elle a placé sa confiance en moi. S'il n'en était pas ainsi, comment expliquer cette touchante sympathie du peuple à mon égard, qui résiste à la polémique la plus dissolvante et m'absout de ses soufî'rances. >

C'était la réponse aux agissements des partis, aux menées ténébreuses de la Chanlt»«, aux tentatives infructueuses de fusion que poursuivaient les chefs de la majorité, aux injures de la tribune, aux ordres du jour agressifs, aux votes intentionnellement hostiles de l'Assemblée. Après cette part faite an passée le Prince allait faire celle de l'avenir, il joutait :

« Une nouvelle phase de notre ère politique com- ' mence. D'un bout de la France â l'autre, des pétitions se signent pour demander la révision dé la Constitution. J'attends avec confiance les manifestations du pays et les décisions de l'Assemblée qui ne seront inspirées que par la seule pensée du bien public.

< Depuis que je suis au pouvoir, j'ai prouvé com- .bien, en présence des grands intérêts de la société, je faisais abstraction de ce qui me touche. Les attaques les plus injustes et les plus violentes n'ont pu me faire sortir de mon calme. Quels que soient les devoirs que le pays m'impose, il me trouvera décidé A suivre sa volonté; et croyez-le bien, Messieurs, la France ne périra pas dans mes mains, •

De telles paroles n'avaient rien que de correct. Le Prince mettait bien le main sur la garde de son

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