LES PLANS DE COUP D'ÉTAT
Premiers entretiens à Saint-Cloud entre le Prince, ]e ministre de la ^erre et moi. — Le Coup d'État éventusMement résolu. — Quelles parts faites au ministère de la guerre et k Lk Préfecture de police. — Les plans de M. Cartier. — Quel jugement ils méritent. — La garde nationale. — Comment on doit apprécier cette ioetitation, — Le plen que je propose.— I«s mesures préventives. — Quelles néceaaîtésles imposent. — Plan définitivement arrêté en vue d'un Coup d'État possible.
Le Prince avait exigé, du général de Saint Arnaud et de moi, le silence absolu sur ses conQdences ; il avait poussé la précision de ses recommandations jusqu'à nous demander qu'aucune conversation n'eût lieu entre nous sur ce sujet. Le Président craignait-il qu'une oreille indiscrète et invisible pût, contre notre volonté, surprendre quelques mots. d'un entretien ; ou voulait-il simplement qu'aucun projet ne pût se mûrir en dehors de lui pour réserver, à nos réunions ultérieures, la primeur de la discussion?
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Voulait-il éviter que ce concert possible s'établissant eutre ses deux auxiliaires, il eût ainsi plus de difficulté à leur faire adopter ses projets? Toujours eet-il que sa recommandation de rester dans un mutisme absolu était si péremptoire que nous nous fîmes une loi d'y rester fidèles. Plusieurs fois, nous nous étions rencontrés durant cette période de la formation du cabinet, et nous avions soigneusement .écarté de nos entretiens tout ce qui pouvait conduire à une allusion aux conQdences du Prince. Ce n'était pas notre secret, il était naturel de respecter, jusqu'à l'exagération même, la volonté de celui qui nous l'avait confié. Un soir que nous avions dîné à Saint-. Cloud.et que le Prince avait eu avec chacun de nous, sûr les futurs événements un entretien particulier, nous revenions à Paris dans la môme voiture, le général de Saint Arnaud et moi. Nous avions naturellement l'esprit tout occupé du grave sujet que nous venions d'examiner avec le Prince, et la tentation d'un échange d'idées, de quelque allusion au moins, eût été pardonnable. Nous restâmes fidèles à notre consigne. En nous séparant, toutefois, nous échangeâmes une sympathique poignée de main qui n'était pas celle d'un jour ordinaire ; mais paa un mot n'accompagnait ce témoignage de cordialité ; ce fut là notre seule et tacite confidence.
A quelques jours de là, et peu après la congtitulion du cabinet du 26 octobre, le Prince, jugeant que l'heure de l'action pouvait être prochaine, nous^réunit, le ministre de la guerre et moi, et , cette fois, non seulement pour nous délier de notre promesse de
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