‹ Mémoires sur le second empire (volume 2)Chapitre 31 sur 100 · LES PL.\NS DK CODP D'ÉTAT SOI · texte numérisé non relu

LES PL.\NS DK CODP D'ÉTAT SOI

silence l'un vis-à-vis de l'autre, mais encore pour conférer , tous trois ensemble, sur les mesures à combiner, sur un plan à arrêter. Le premier mot de cet entretien reste présent à ma mémoire comme s'il frappait aujourd'hui mon oreille : t Avez-vous causé de ce que je vous avais confié? > nous dit le Prince. Sur notre réponse négative, il nous remercia. < Le secret, ajouta-t-il, est la première condition du succès, je vois que tous deux vous savez garder le silence .■

Dans cette première conversation, tout fut ébauché ; mais ébauché seulement. Les points qui n'étaient pas à vrai dire en question, tant ils étaient hors de conteste, furent seuls arrêtés. Il fut reconnu que tout accord était impossible avec l'Assemblée, que, la situation actuelle ne pouvait se prolonger sans de réels périls, que l'appel au pays était le seul procédé possible pour sortir de l'impasse où on était enfermé, et qu'il fallait trouver le moyen de mettre le pays à même de trancher, par son verdict, les graves questions pendantes, celles que l'Assemblée se refusait à résoudre.

Le Prince nous avait initiés aux machinations de ses ennemis; il nous avait communiqué notamment certains rapports desquels il résultait clairement que plus d'une fois le général Changarnier, le vrai directeur de la conspiration ourdie contre l'Elysée, avait été sur le point de prendre l'offensive : le danger ■était imminent; il n'y avait pas un instant à perdre car la Chambre reprenait ses séances le 4 novembre et l'excitation était telle parmi les turbulents de la

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SOS HÉMOniEB SUR LE SECOND EMPIRE

majorité que l'on pouvait s'attendre aux résolutions les plus séditieuses. It fallait être prêt à se défendre, prêt à agir apontanétnent même, à la première reprise des menaces et des projets d'action des conspirateurs de la Chambre. Il fut convenu que le travail de préparation de ce qui devrait être fait ne se poursuivrait qu'entre le Prince, le ministre de la guerre et le préfet de police, et qu'aucun membre du conseil n'y serait associé. Au conseil étaient dévolus le soin des affaires courantes, les débats devant l'Assemblée; à nous, la préparation de l'action décisive et la détermination du jour le plus opportun pour agir. Il fut enfin convenu que nous devions nous livrer sans retard, pour en faire l'élément de notre première réunion, â l'étude attentive des moyens dont nous disposions et des conditions dans lesquelles nous avions à nous mouvoir.

Le général de Saint Arnaud devait, en vue d'une résistance armée ou d'une agression, régler l'emplacement de ses troupes, choisir, pour chaque position, le général, tes r^iments même les mieux appropriés aux incidents qui pouvaient se produire. C'était, en un mot, un plan de bataille raisonné qu'il s'agissait d'établir. Il fallait comprendre dans ce travail non seulement Paris, mais un rayon considérable de ses environs, Versailles, Saint-Germain et, plus exactement, toutes les forcés militaires qui se groupaient dans un périmètre de vingt-cinq lieues de la capitale.

L'expérience du passé nous avait appris qu'il convenait, au premier chef, de ne pas laisser, plus de quelques heures, les troupes dans la même position

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