LA PROPOSITION DES QUESTEURS
voyaient le succès, et le succès devait tout absoudre. Si leurs paroles encore protestaient contre leurs secrètes intentions, leur bulletin de vote trabissait leurs desseins. Pouvait-il, en elTet, se produire une révélation plus significative de leurs projets, de leur ooDspiration, de leur volonté d'agir ? Qui pourra nier Pu'en votant la proposition des questeurs, en usant de leur influence pour la faire accepter par leurs adhérents, les deux généraux voyaient, en elle, non point ce gage de paixel de tranquillité qu'ils faisaient luire aux yeux de quelques crédules, mais bien cette arme de guerre à l'aide de laquelle ils comptaient renverser le Prince-Président?
C'est encore ici le lieu de dire à ceux que nos affirmations blessent : reportez-vous à l'accablante déposition de l'un de nos plus violents adversaires, de l'un de vos cheis préférés-, relisez M. Odilon Barrot et vous serez forcés de reconnaître qu'à ces deux dates c'était la même pensée qui inspirait le même bomme. Ce quo n'avait osé entreprendre le général Changarnier en 1850, il était résolu à le faire le 17 novembre, et cette fameuse signature qu'il n'avait pu obtenir de M. Dupin, président de l'Assemblés, il comptait, cette fois, la lui faire imposer par la Chambre. « Le Président à Vincennes », tel était, en 1850, le but avoué du général; tel était son espoir en 1851.
On peut dire que c'est dans ces termes violents et
décisifs que s'était posée la question devant l'As-
semblée. Autant il faut louer ici les sages des anciens
partis moniu^iques, qui refusaient de s'engager,
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•^QH MÉUOIHES SUR LE SECOND EXPIRE
par leur vote, dans les voies séditieuses où cherehaient à les entraîner tes ardents de leur parti, autant il faut regretter de voii' ces derniers s'associer à une guerre sans merci contre le Chef de l'État.
Nous respectons profondément les convictions politiques sincères et les fidélités dynastiques. Nous trouvons justes et honorables les efforts d'un parti pour ramener, sur le trône, celui qui personnifie ses croyances et sa cause, sous la réserve, toutefois, du moment choisi et des moyens employés.
Le moment, il s'était oiïert après la révolution de 1848 pour les trois partis monarchiques. La France était dans l'anarcliie. On peut dire qu'elle n'avait pas de gouvernement ; le champ était libre, l'arène était ouverte. Chaque parti pouvait s'adresser à la nation et lui demander la restauration de son Prince. C'était bien à cette époque de 1848 qu'il fallait agir, si on pouvait agir. C'était â cette date qu'il fallait, sous une forme quelconque, poser la candidature au trône du chef de sa maison. Ne pas le faire, c'était tacitement abdiquer. Faire plus, concourir à l'élévation d'un autre prétendant que le sien, c'était, quelques réserves qu'on pût faire ou qu'on pût trouver dans la Constitution, c'était abdiquer ouvertement ; c'est bien ce qu'on avait fait. On avait avant tout, au 10 -décembre, cherché le ealut du pays, et te pays avait montré l'homme qui le personnifiait à celte heure. Les anciens partis avaient contribué à l'élever et à en faire le Chef de l'Ëtat. Cet homme, ce Prince, il répondait chaque jour
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