LA NUIT DU 1" AU 2 DÉCEMBRE
Irace de ce qui se préparait par eux-mêmes. Leur chef, le chef de la police municipale, le moteur de toute la force de la police de Paris, l'agent principal d'exécution, celui-là môme ignorait absolument ce que devaient accomplir ses agents, qu'il avait mis sur pied. Il n'avait pas de raison pour se demander, ce jour-là plus qa'un des jours précédents où des ordres semblables avaient été donnés et exécutés, ce qu'en voulait faire le préfet.
Un moyen naturel m'avait permis d'arriver à cette dissimulation de nos projets. Rien n'est plus sûr pour dérober un fait isolé à l'observation la plus
coonaissance des évinements accomplis. Ces diverses réunions ne pouvaient pas être prévues la veille à minuit, et, ne pouvant pas deviner qu'il y aurait une réuaion rue Boursaut, je ne pouvais remettre, ia v^jV/s à minuit, à M. Claude, comme il le prétend, l'ordre suivant :
Cabinet du Préfet de police.
— Paria, 8 décembre 1861.
Réunion de représentants à disperser ou à arrêter au besoiu rue Boursaul, 12.
Le Préfet de police, de Maupas.
Oet orUrs a été remis â M. Claude, le 2 décembre de ueuf à dix heures du matin, en même temps que semblables ordres éUient donnés à huit commissaires de police pour dissiper les réunions des autres représentants.
Ainsi donc, nous ne saurions trop le répéter, tout est in- Tenlion dans ces divers récits du prétendu M. Claude,
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attentive elle-même que de lui enlever son caractère exceptionnel on le faisant disparaître dans une série de faits analogues. Les menées des partis me permetlaienl d'appliquer facilement cette doctrine. L'agitation démagogique n'était un secret pour personne. Les réfugiés de Londres, pour exciter leurs adeptes de Paris à recourir aux armes et à préparer ainsi leur retour, promettaient sans cesse leur arrivée comme signal d'un mouvement. Plusieurs fois déjà, j'avais laissé répandre parmi mes agents la nouvelle prématurée de cette invasion démagogique d'outre-mer, et j'avais, sur divers points de la capitale, mis en mouvement les mêmes groupes d'opérations que ceux dont j'avais à me servir le 2 décembre.
Le 1" décembre le bruit courait, à la Préfecture de police, que Ledru-RoUin, Caussidicre et autres devaient, cette nuit même, arriver à Paris. C'étiiit donc de leur côté que l'attention s'était portée, et l'on croyait, en voyant se renouveler des préparatifs déjà faits plusieurs fois h leur adresse, que cette fois encore, c'était d'eux qu'il s'agissait de se saisir.
La force civile de In Préfecture de police n'était pas la seule dont j'eusse à me préoccuper et à me servir. La garde municipale de Paris, tout en restant subordonnée au ministre de la guerre, était en effet placée sous les ordres du préfet de police ; c'était sa milice spéciale, milice de choix qui répondait toujours vaillamment à la conriance qu'elle inspirait. Je savais que son concours me serait assuré;
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