DÉCRET
< Le Président de l'Assemblée nationale,
< Vu l'article 32 de la Constitution, ainsi conçu : ■ L'Assemblée détermine le lieu de ses séances,
elle fixe l'importance des Forces militaires établies pour la sûreté et elle en dispose.
« Vu l'article 112 du décret réglementaire de l'Assemblée nationale, ainsi conçu :
t Le Président est chai^ de veiller à la sûreté intérieure et extérieure de l'Assemblée nationale.
n,g,t,7.dt,'G00glc
■ A cet effet, il exerce au nom de' l'Assemblée le droit confié au pouvoir législatir, par l'arlicle 32 de la Constitution, de fixer l'importance des forces militaires établies pour sa sûreté, et d'en disposer.
( Ordonne à M de prendre immédiatement le
commandement de toutes les forces, tant de l'ar-
KÉE que de la GARDB NATIONALE STATIONNEES DANS
LA pREuiÈRE DIVISION MiUTAiRE poup garantir la sûreté de l'Assemblée nationale.
« Fait au palais da l'Assemblée nationale, le. . . ■
Voici le second décret :
< Décret.
• Le Président de l'Asseinblée nationale, etc. ;
< Vu rarliole 32 de la Constitution;
< Vu l'article 112 du décret réglementaire, etc. ;
« Ordonne à tout général , à tout commandant de corps ou détachement, tant de l'armée que de la garde nationale, stationnées dans la première division militaire, d'obéir aux ordres du général... chargé de garantir la sûreté de l'Assemblée nationale...
• Fait au palais de l' Assemblée nationale, le. . . °
L'extrême gravité de ces deux documents authentiques est telle qu'ils pourraient se passer de tout commentaire. Disons seulement qu'après avoir lu ces deux projets de décrets, on conviendra que nous restions dans les termes de la plus stricte exactitude en afûrmani, lorsque nous parlions de la séance du 17 novembre et des mesures prises par nos soins,
n,g,t,7.dt,'G00glc
848 MÉMOIRES SUn LK SECOND EHPIRE
que nous étions en droit de nous préparer à prévenir une agression imminente.
n ne viendra à l'esprit de personne, parmi nos adversaires eux-mêmes, de nier que le nom laissé ea blanr, dans le décret trouvé chez M. Baze, était celui du général Ctiangarnier. Or, en ordonnant au général Changarnier c de ruENDRE immédiatement le commandement DE TOUTES LES FORCES, TANT DE l'aRMÉE QL'E DE LA CARDE NATIONALE, STATIONNÉES DANS LA PREUIÈRB
DIVISION MILITAIRE, pouT garantir la sûreté de l'Assemblée nationale, > on arrivait à retirer absolument au Cher de l'État et au ministre de la guerre toute autorité sur l'armée de Paris. II ne leur restait pas, dans la capitale, un seulsoldal sous leurs ordres. La force militaire et le pouvoir avec elle étaient' légalement livrés au général Changarnier, et il pouvait ainsi mettre à exécution, sans résistance, ce fameux ■projet qu'il exposait, comme nous l'avons dit, i M. Odilon Barrot : il pouvait mettre le Président de la République à Vincennes.
- I^s arrestations de MM. les généraux de Lamoricière et Bedeau, celle du colonel Charras donnèrent lieu à des incidents ana](^es à ceux dont nous avons parlé à propos de M. Baze. Mômes résistances stériles, mêmes menaces, mcmes efforts pour haraaguer la troupe dans le trajet de leur domicile à Mazas, méroe indifférence des ofllcîers et soldats, et fmalement même ponctualité de la part des commîasaires dans l'exécution de leurs ordres.
Le général Cavaignac observait plus de résen'O dans l'expression de son irritation. Il reslnt digne et
n,g,t,7.dt,'G00glc
LES ARRESTATIONS 3i9
fie bornait à s'enquérir des autres mesures qu'il supposait être prises vis-à-vis de ses collègues de la Chambre. Il était édifié en arrivaut à Mazas.
Quant à M. Thiers, ce fut une scène étrange que son arrestation. Réveillé par l'entrée du commissaire Hubault aîné dans sa chambre à coucher, M. Thiers était pris d'abord d'une véritable terreur en apprenant ^'on venait l'arrêter. Ses paroles étaient incohérentes. I II ne voulait pas moarir ; il n'était pas un criminel; il ne conspirait pas ; il resterait désormais étranger à la politique ; il allaifc se retirer à l'étranger. 1 Tout cela était dit etdéveloppé avec volubilité, fiansque M. Hubault eût pu placer une parole. Mais quand cette première agitation fut tombée, quand le oominissaire eut persuadé à M. Thiers que sa vie ne courait aucun danger, le naturel revint, et l'illuslre orateur, s'asseyant sur son lit se mit àpérorer comme s'il eût été simple spectateur de ce qui se passait. Aux insistances de se lever et de se vêtir , il répondait, au contraire, par an procédé singulièrement négligé dont il eût été plus digne de s'abstenir. Puis, toujours non vêtu, il se dirigeait vers uo meuble où il disait ajler prendre une paire de pistolets^ « ^ je vous brûlais In cervelle », dit alors M. Thiers au commissaire, « savez-voui que je suis armé et 'que je serais très excusable de vous traiter comme un malfaiteur. > M. Hubault n'eut aucune peine a calmer l'humeur belliqueuse de son interlocuteur; il lui sufQl de lui laisser voir qu'il était armé lui-même, «t il ne fut plus question de pistolets.
Mais, insensiblement, M. Thiers avait repris con-
n,g,t,7.dt,'G00glc
3o0 UEHOIRES SUR LE SECOnD BHPinE
fiance, et il se livrait alors à une série de plaisanteries qui étaient en telle discordance avec la situation, qu'elles trahissaient son effort pour dissimuler l'éfat réel de son esprit. Cette scène pénible dura plus d'un quart d'heure; elle menaçait de se prolonger; M. Thiers s'eiTorçait visiblement de gagner du temps. Quellepouvait être son eBpérance?M. Hubault exigea enfin qu'il s'habillftt et quelques instants après il prenait place, avec le commissaire, dans la voiture qui l'attendait à la porte de son hôtel.
L'attitude de M. Thiers changea subitement alors. Ses premières terreurs reparurent. < Vous allez me fusiller, i disait-iL « Je vois bien qu'on me mène à la mort. • Puis, encore une fois rassuré sur sa vie, il cherchait à savoir s'il était seul arrêté; il tentait d'obtenir, par la promesse de considérables libéralités, la permission de s'évader. À Mazas, M. Thiers tomba dans un xwmplet accablement; ses forces l'avaient abandonné. On eut pour lui les soins les plus
L'arrestation des autres représentants s'opérait sans incidents dignes d'être signalés, MM. Roger du Nord etNadaud se montraient résignés. M. Lagrange, qui était rentré chez lui le matin même dans an état complet d'ivresse, se livrait aux plus violentes imprécations. M. Cholat, anéanti d'abord par la peur d'être fusillé, retrouvait un instant de courage factice en absorbant une effrayante quantité d'absinthe. MM. Miot, Valentin, Baune ne faisaient aucune résistance, et, parmi les démagogues qui n'appartenaient pas à l'Assemblée, habitués pour la
n,g,t,7.dt,'G00glc
LES ARHESTÀTIOHS 3&1
plupart aux visites de la police, on ne rencontraitt non plus, aucune difficulté sérieuse dans l'exécution des mandats (1).
Faut-il ajouter à oea récits sérieux une plaisante anecdote? Le sort des représentants arrêtés n'était pas, parut-il, si triste qu'il ne fit envie.
Dans la matinée du 2 décembre, je recevais la visite d'une fort aimable femme dont le mari, avocat célèbre et montagnard par occasion, n'avait pas été arrêté. C'est contre cette omission que venait protester M"<* G. « Je suis au désespoir, me ditelle ; ma maison est envahie par les plus sinistre^ figures. Une nuée de bandits demande à mon mari de se mettre à la tète de la résistance, de provoquer une émeute ; il leur prêche encore k patience ; mais il sera forcé de céder à leurs obsessions ; ils le mèneront aux barricades et le feront tuer. 11 n'y a qu'un moyen pour moi de retrouver un peu de tranquillité, de sauver les jours de mon mari, et ce moyen, vous seul en disposez, monsieur le Préfet. > Et comme je sembiais m'interrogerpour savoir à quel genre de service M°" C. voulait faire appel, elle ajoutfdl : « Oh! c'est
(1) On comprend, sans que nous ayons besoin d'inaieter à cet égard, que tous les délaile que noue donnons, sur les arrestations, sont extraits des rapports '[ui nous ont été adressés par MM. les commissaires de police et par MM. les orSciers de paix au moment même où ile venaient de mettre 1 exécution les ordres qu'ils avaient reçus de la Préfecture de police. Si nous n'avons point donné ces documents euxmêmes dont nous avions pris copie, c'est que quelques-uns de leurs passages eussent pu éveiller les susceptibilitôs des intéressés.
n,g,t,7.dt,'G00glc
352 BÉUOIRES SUR LE SECOND BHPIKE
bien simpio, monsieur le Préfet, faites-le arrêter. Je sais que vous ne lui ferez aucun mal, et ses abominables amis ne pourront au moins aller le chercher à Mazas. > Mais le montagnard paciilque n'avait rien fait encore, à cette heure, pour motiver les rigueurs iagénieusement rêvées par M"* G. dans un excèS' de dévouement conjugal. Je ne voulus point recourir au moyen héroïque qui m'était demandé. Je promis seulement à ma visiteuse de faire surveiller de près son mari. Je lui tins parole, et je pus constater, ce dont je n'avais jamais douté, que les discours les plus menaçants n'étaient souvent qu'une dette payée â de trop exigeants amis, et qu'au jour du danger on laissait la besogne épineuse aux niais et aux écervelés du parti, à ceux dont le métier est de se faire tuer pour le plus grand profit de quelques ambitieux. Notre avocat républicain resta dans les saines et traditionnelles doctrines de l'aristocratie révolutionnaire. Il s'enveloppa dans sa dignité de chkt de parti, donna force conseils, ne recula devant aucune extrémité... dans ses paroles... s'épuisa plus encore qu'à la tribune en protestations d'amour pour la liberté, pour le peuple, pour la démocratie ; mais il viat un moment ou son ardeur de langage mit en émoi les agents chargés de le surveiller. Quelle ne fut pas ma surprise en recevant un rapport qui m'annonçait l'arrestation du fougueux montagnard! Mes agents l'avaient-ils pris au sérieux, ou, plus heureuse près de mes subordonnés qu'elle ne l'avait été prés de moi, M"" C. avait-elle enfin obtenu d'eux qu'ils se prêtassent â ses prudentes soUicitudes ? Elle put dormir
n,g,t,7i.dt,G00glc
LBS AltRBSTATiOHS 353
en paix; elle vit enfin se réaliser la faveur qu'elle sollicitait : bod mari était sous les verroux !
Quelles furent, à Mazas, l'attitude et la situation des hôtes illustres que ses mur:3 devaitiiil momenlanément abriter? Quelles rigueurs ou quels égards leur furent réservés? Quelle foi doit-on ajouter à tous les récits fantaisistes dont les pnnaphlétaîres radicaux et démagogues se sont faits les éditeurs? Nous ne voulons point répondre nous-méme. II ne nous convient môme pas de reproduire ici les témoignages courtois de MM. Changarnier et Cavaignac, remerciant le préfet de police des égards exceptionnels dont ils avaient été l'objet, des adoucissements apportés à leur courte captivité ; laissons parler l'un des deux commissaires extraordinaires auxquels nous avions conOé la délicate mission de nous représenter à Mazas (i). Ce rapport écrit à Mazas même le 2 décembre, offre un intérêt d'actualité; nous le donnons au complet. Aucun récit ne saurait pi'évatoir contre ce document qui, dans la pensée de son auteur, n'était nullement destiné â la publicité.
Le rapport était ainsi conçu :
> Mazas, 2 décejnbie.
( Il était cinq Ireures et demie du matin quand le colonel Thiérion et moi sortions de la Préfecture de police pour nous rendre à Mazas.
(1) Nous n'avons parlé que du colonel Tiiiërion, parce que laiBeul.eaeCfot, élaït investi d'une mission orOcielle. Par excès de précaution, nous lui avions ailjoint un homme du meilleur monde, qui devait, lui aussi, veiller à ce que rien ne fût épargné pour adoucir la captivité de nos adversaires poliliques.
n,g,t,7.dt,'G00glc
85i uiuoiRBs SUR lk second supiai
I Le colonel devait résister jusqu'à la dernière extrémité à toute tentative de délivrance; je devaia veiller aux dispositions administratives et surtout à ce que les personnes attendues fussent traitées avec les plus grands égards.
< La prison de Mazas est située sur le boulevard de ce nom. Une grande porte, à grille épaisse, placée un peu en retrait des deux pavillons qui l'encadrent à droite et à gauche, en forme l'entrée principale. Dans l'épaisseur du pavillon de gauche est un guichet par lequel a lieu tout le va-et-vient ordinaire *• la prison. La grande porte ne s'ouvre que pour les voitures.
1 Ces entrées donnent sur la grande cour qui précède la prison proprement dite. Au fond de cette cour est un perron de plusieurs marches qui donne accès au grand guichet par lequel on pénètre dans la prison. Les premières pièces en sont occupées par les services administratifs et judiciaires.
• Arrivé à Mazas, le colonel présenta à l'oHicier du poste qui en gardait l'entrée l'ordre de service émané du Préfet de police, puis nous traversâmes la première cour et nous montâmes à l'appartement du directeur. Celui-ci était couché. Nous l'attendîmes dans la salle A manger ; il se hâta et parut bienlàt à demi vêtu. Le colonel lui remit une lettre du préfet de police. Le directeur la lut : c Messieurs, je suis à vos ordres,! dit-il, et il alla achever rigidement de se vêtir. On descendit dans son cabinet qui était voisin du greffe. Le colonel se dirigea vers le poste militaire. Je demeurai avec te directeur pour veiller aux
n,g,t,7.dt,'G00glc
dispositions intérieures que nécessitaient les arrestations nombreuses qui s'opéraient a l'heure même. Des recommandations d'agir avec les plus grands ^ards furent faites à tout le personnel.
( Ces dispositions prises, le colonel et moi nous nous r^oignimes dans le greffe. Il était six heures. Les arrestations devaient être faites de six heures à six heures et demie da matin. Eu égard aux distances, les premières personnes arrêtées devaient paraître k Mazas, vers sept heures.
' -< A sept heures moins cinq minutes, un bruit de voiture se fit entendre du boulevard. Bientôt la porte du petit guichet de gauche s'ouvrit et donna passage au colonel Charras et aux agents qui l'accompagnaient. Le colonel portait, sur son visage, les traces d'une vive agitation intérieure. Sa démarche était nerveuse et son attitude irritée. Il monta rapidement les marches du grand perron et entra dans le greffe.
I A peine le colonel Cbarras avait-il disparu dans l'intérieur que la grande porte de la prison B'ou\Tit. Deux fiacres, escortés d'un piquet à cheval, entrèrent bruyamment dans la cour et vinrent se ranger au pied du grand perron. La première voiture fut ouverte, le général de Lamoricière en descendit. Il était accompagné d'un commissaire de police et d'un officier de la police municipale. Dans la seconde voiture étaient des agents.
a Le général était en habits civils; il paraissait très abattu. Il gravit lourdement les marches du perron. On le reçut respectueusement, tête découverte. Quand le général sortit du greffe pour se rendre à la
n,g,t,7.dt,'G00glc
chambre qui lai était destinée, il demanda qu'on lui fit venir, de sa bibliothèque, les cinq derniers volumes de la Révolution française de Thîeps : on s' empressa de satisfaire à son désir.
« Cependant les amvées se multipliaient et le greffe s'encombrait. À chacune des tables qu'occupaient les employés se présentait, à son tour, un général, un député ou un personnage politique important que sa destinée y amenait. Il donnait son nom, son âge, son grade, son titre; on en prenait note; puis on le conduisait à l'intérieur.
< Ceux dont l'arrestation avait été accompagnée de saisie de pièces étaient amenés dans le cabinet da directeur. Le député Miot y vint, on avait saisi chez lui un monceau de papiers. Son irritation était violente, il se répandait en paroles menaçantes. II fui difficile de le calmer.
« D'autres gardaient une attitude plus paisible. Le député Vatenlin subissait son sort avec une sorte d'ostentation flegmatique. 11 avait conserve sur sa tête son grand chapeau mou à larges bords ; il portait une cravate longue de couleur bleue sur laquelle se rabattait le col de sa chemise, ce qui joutait encore à son air juvénile. Il lisait tranquillement son journal pendant qu'on rédigeait son procès-verbal d'écrou.
■ D'un bout à l'autre du grelTe, on se reconnaissait on échangeait des sourires amers et on s'envoyait, des signes et des paroles. MM. Changarnîer et Cavaignac s'y rencontrèrent. « Comme il nous traite! < dit de loin le général Cbangamier au général Ca- ■ vaignac, it a bien tort, car en mai prochain il au-
n,g,t,7.dt,'G00glc
LES UIReSTl.TIONS 3S7
« ratt été certainement réélu... mais maintenant... > c Puis le général Chaiigârnier demanda à écrire à sa sœar. Ce billet se résume ainsi : c Rassure-toi ; je Buis l'objet des plus grands égards. M. de Maupas me traite en galant homme. >
« Vers huit heures et demie, les arrestations étaient terminées.
c Le bruit et le mouvement du matin font place au calme ordinaire de Mazas. Aucune tentative d'évasion n'a eu lieu. Aucun essai n'est venu encore de l'extérieur pour délivrer les prisonniers. On remarque seulement aux abords de la porte principale quelques groupes de curieux que les agents font circuler. Nos mesures sont prises pour résister énergiquement au besoin à toute attaque.
i Le Commissaire extraordinaire dclégué, i X
Nos instructions avaient été ponctuellement exécutées. Aucune précaution n'avait été négligée pour mettre nos illustres captifs à l'abri d'un coup de main et toutes les mesures avaient été soigneusement prises pour adoucir, à leur égard, dans la mesure du possible, les rigueurs commandées par la gravité des circonstances.
Le fait le plus important et le plus décisif de ce quî.s'est appelé < le Deux- Décembre > était accompli. Le complot du général Changarnier était anéanti par 80O arrestation et par celle de ses plus notables complices. Le soulèvement démagogique était également paralysé dans son action; ses oi^oisateurs essentiels
S58 uÉHOinES SUR lk secoud upire
étaient à Mazas ; les comparses seuls restaient en liberté, et nous pourrons juger bientôt, par ce qu'a pu entreprendre encore l'émeute privée de ses cbeb, de ce qu'elle eût pu faire s'ils eussent été à sa tête pour recruter les masses révolutionnaire et les mener au combat.
n,g,t,7.dt,'G00glc