LES PREMIERS TEMPS DE I.A PRKSIDBNGE Ô
encore la portée en la feisant afficher dans les casernes comme peur y augmenter les sympathies dont le Prince jouissait dans l'armée.
• Celle lettre était ainsi conçue :
f Paria, 8 rosi 1819.
•I Mon cher général, ■ La nouvelle télégraphique qui annonce la résistance imprévue que vous avez rencontrée sous les mura de Rome m'a vivement peiné. J'espérais, vous le savez, que les habitants de Home ouvrant les yeux à l'évidence recevraient avec empressement une armée qui venait accomplir chez eux une mission bienveillante et désintéressée. 11 en a été autrement, nos soldats ont été reçus en ennemis. Noire honneur militaire engagé, je ne souffrirai pas qu'il reçoive une atteinte; les renforts ne vous manqueront pas. Dites à vos 'soldats que j'apprécie leur bravoure, que je partage leurs peines, et qu'ils pourront toujours compter sur mon appui et sur ma reconnaissanco. ( Louis-Napoléon. *
Une semblable lettre et l'usage qu'en avait fait la commandant en chef de l'armée de Paris ne pouvaient manquer de souleva des orages au sein de l'Atsemblée. De ces orages, comme de chacun de ceux qui se produisirent dans de semblables condi- Uons, il était résulté la diminution du prestige de l'Assemblée et un accroissement d'importance pour le -Prince et pour le général Changarnier, qui sem-
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' blaient unis pour braver sod autorité expirante. Aussi les dernières séances de la Constituante avaienl-ellea pris un caractère de vif^nte bostitité. Le Président de la République était outragé par la Montagne. M. Ledru-RoUin demandait sa mise en accusation ; il montrait l'Empire menaçant et dénonçait la conjuration de Louis-Napoléon et du général Changamicr pour faire un coup d'Ëtat. Les sociétés secrètes se tenaient prêtes à agir à la voix des députés montagnards *, on annonçait tout haut qu'il fallait prendre, les armes à la main, la revanche du scrutin du 10 décembre.
Le 12 mai, à ta suite d'un vote de l'Assemblée dans la question romaine, M. Léon Faucher, ministre de l'intérieur, résumait les périls qui menaçaient le pays dans une dépêche ainsi conçue :
I Après une discussion très animée sur les aH'aires d'Italie, l'Assemblée nationale a repoussé, à la majorité de 329 voix contre S9â, la proposition faite par M. Jules Favre, de déclarer que le ministère avait perdu la confiance du pays. Ce vote consolide la paix publique : les agitateurs n'attendaient qu'un vote hostile au ministère pour courir aux barricades et pour renouveler les journées de juin. Paris est tranquille.
■ Ont voté contre l'ordre du jour et contre le Gouvernement... (Suivaient tes noms des représentants qui avaienlvotéc<»itre l'ordre du jour.) >
C'étaient déjà les dangers de 185S qui apparaissaioit.
Cette révélation avait ému profondément l'Àssem-
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