‹ Mémoires sur le second empire (volume 2)Chapitre 61 sur 100 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

LA JOURNÉE DU i DÉCEMBRE

Les retards. — Dépêches télégraphiques du préfet de police. — L'armée de Paris sort de ses caseroes. — I^ mouvement convergent des divisions Carrelet et Levasseur. — Marche du général de Courtigis. — Tactique des insurgés sur la rive gauche. — Retraite des troupes de la Cité. — Attaque de la Préfecture de police. — Un incident à l'heure du combat. — Nouvelles dépêches télégraphiques du préfet de police. — Les fausses dépéchas de MM. Victor Hugo et Véron. — Les troupes rentrent dans leurs casernes. — Les nouvelles barricades. — Les conciliabules de la nuit et leur mot d'ordre. — Le conseil du ooloael Fleury. — l^a mission du général Rollin, — Apaisement et conlre-ordre.

Nous touchons en6n à l'heure où les fautes commises par l'autorité militaire devaient être vaillammeut réparées. Chefs et soldats allaient rivaliser de dévouement et de courage. L'armée de l'ordre allait écraser les bandes de l'anarchie.

Nous ne pouvons toutefois nous dispenser de montrer, une fois de plus, l'extrême difficulté que rencontrait l'autorité civile pour obtenir la mise en mouvement des troupes. Aux termes des deux lettres adressées par le général Magnan au préfet de police, lettres que nous avons citées dans l'un de nos précédents chapitres, les troupes devaient ôlre sur

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pied et occuper Leurs positions de combat à dix heures du matin.

A dix heures du malin, pas un régiment, pas un soldat n'avaient paru.

A onze heures, à midi même, nulle apparence de prise d'armes par la troupe.

A midi et demi, j'adressais la dépèche suivante :

c Préfet de police à Président de la République,

Ministre de la guerre, Minisire de Tintérieur et

Général Magnan,

• i décembre, midi 90 m.

. < Les barricades augmentent à vue d'œil, Tinsurrection n'avait point, depuis trois jours, pris autant de développement et d'importance qu'elle en a dans ce moment. Les insurgés sont maitres de la porte Saint-Denis, de la rue Greneta, du carré Saint- Martin et des points adjacents. Une barricade, sur le boulevard, atteint la hauteur du deuxième étage. L'heure de la répression a sonné. Il n'y a pas de troupes, ou ce qu'il y a est insuffisant.

* Je crois, à n'en pas douter, qu'un plan d'attaque contre la Préfecture de pohce sera mis cette nuit à exécution. C'est de ce ci^té que se dirigeront les efTorts de l'insurrection. Nous sommes prêts, solides et résolus (1).

t Les barricades gagnent du terrain, elles arrivent déjà jusqu'au quartier Montorgueil.

t de Maupas. »

(t) Dans son Histoire d'an Crime, M. Victor Hugo nous révéla le foadsque faisaient les insurgea sur cette attaque de la

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