LA JOURNÉE DU 4 DÊCBUBRB
employés en éveil. Chacun s'était, en toute hâte, armé de son mieux et se tenait prêt à se défendre jusque sur les marches des escaliers où s'étaient massés déjà quelques sergents de ville.
Ici se place un incident qui ne fut pas sans produire] une salutaire impression sur ceux qui en étaient les témoins. Un de mes employés avait reçu de nos agents et m'avait transmis à fréquentes reprises l'avis que l'ile de la Cité était environnée par les assaillants. Tout à coup, je le vois entrer, effaré, dans mon cabinet: * Il n'y a pas un instant à perdre, me dit-il, nous sommes enveloppés de toutes parts ; dans moins d'un quart d'heure, la Préfecture sera prise d'assaut; les troupes lui ayant été enlevées, elle est hors d'état de se défendre; vous serez massacrés. Je vous apporte le seul moyen de salut qui vous reste, ce sont les clés d'une porte par laquelle, en une pareille circonstance, l'un de vos prédécesseurs échappa à la mort. Faites d'abord partir M"° de Maupas avec son enfant, madame votre mère et votre jeune sœur; je vous donnerai un homme sûr pour les guider elles protéger. Quant à moi, je vous accompagnerai et vous pourrez atteindre une maison où vous et les vôtres serez en lieu sûr jusqu'à ce que le plus gros de l'orage soit passé. > ' C'était un bon mouvement à coup sur, qui avait dicté cette démarche ; mais dans les grands périls, un seul sentiment doit animer le cœur de l'homme, celui du devoir, et, dans le poste ou j'étais placé, le devoir, c'était la résistance à outrance. Je repoussai.
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