‹ Mémoires sur le système nerveux des mollusques acéphales lamellibranches ou bivalves ;Chapitre 4 sur 15 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Mes propres travaux de 4841 à 1844, février 1845 et 1846, et accessoirement ceux de 4852.

Je viens d’esquisser et de montrer l’état de la science au moment où J'ai entrepris de lui faire faire quelques progrès.

J'avais compris que, pour parvenir à avoir une idée Juste du système nerveux, il fallait l’étudier comparativement dans les principales familles de cette classe, et que l’on ne devait pas se borner à quelques observations particulières sénéralisées prématurément.

Les recherches sur le système nerveux, sur sa disposition générale, sur sa distribution; sur les renflements ganglionnaires qui en composent les parties centrales, et sur leurs proportions, sur le nombre, les proportions et le mode de distribution des filets qui en constituent les parties périphériques; ces recherches, dis-je, sont de la plus haute importance sous le rapport physiologique, pour juger de la prédominance de certaines fonctions, ou du moins pour mesurer, pour ainsi dire à l'œil, la quantité relative d'influence ner-

18 DU SYSTÈME NERVEUX veuse qu'exige l'exercice de ces fonctions, par la quantité de nerfs que ces parties recoivent et par leurs proportions.

Relativement à la Zoologie, l'arrangement du système nerveux dans tel ou tel animal détermine le type, au moins, et souvent la classe à laquelle il appartient. On peut même descendre dans les premières divisions des classes et trouver, dans certaines dispositions de ce système, de bons caractères des sous-classes, des ordres ou même des familles.

Nous le montrerons tout à l'heure pour les Mollusques acéphales lamellibranches.

Cette influence dominatrice du système nerveux sur toutes les parties de l'organisme auxquelles il donne la vie qui leur est propre, fera comprendre facilement combien son étude détaillée, approfondie, peut être utile sous le double rapport de la physiologie et de la zoologie. C'est cette idée qui m'a encouragé dans les pénibles recherches dans lesquelles j'ai persévéré, malgré la faiblesse de ma vue; mais, grâce au secours que J'ai trouvé dans les yeux et les mains babiles, sans parler de la science de MM. Maissiat et Robin, mes préparateurs au Collége de France jusqu’en 1845; puis de M. Focillon, qui a succédé à M, Maissiat dans les mêmes fonctions; et, en dernier lieu, de M. Gratiolet, l’un de mes préparateurs au Muséum d'histoire naturelle.

Les dessins nombreux, si utiles pour l'intelligence des descriptions, que j'ai eu soin d'ajouter à mon texte, sont dus à l’habile pinceau de MM. Lackerbauer et Focillon. Plusieurs autres sont de M. Gratiolet, qui joint, comme M. Focillon, à l'habileté de l’anatomiste, le talent bien précieux pour la science de dessinateur exact et éclairé.

J'avais ainsi étudié, sous le point de vue du système

DES MOLLUSQUES ACEPHALES. 19

nerveux, vingt et quelques espèces différentes, lors de ma première communication de 1844, appartenant à autant de genres ou de familles, de tous les ordres de la classe des ÆAcéphales lamellibranches. I] en est résulté vingt Monograplhies dont j'ai extrait un certain nombre de propositions distribuées dans les vingt-cinq paragraphes, qui ont été imprimés dans le compte rendu de la séance de l’Académie du 25 novembre 1844.

Dans la séance du 24 février 1845 j'en ajoutai un vingtsixième.

Parmi les propositions comprises dans ces vingt-six paragraphes, il en est surtout deux (les $$ XIT et X1ID) qui devaient être complétées ou rectifiées, ainsi que je l’expliquerai en détail, par le texte même de ces Monographies ou par les figures que j'y avais jointes.

Après ces préliminaires, je vais donner successivement les deux résumés du 25 novembre 1844, et des 3 mai et 26 juillet 1852, dans lesquels j'ai cherché à exposer brièvement l’état de la science au moment où je m’en suis occupé, et qui renferment plus particulièrement l'énoncé des résultats de mes recherches successives et de mes études.

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