‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbresChapitre 10 sur 83 · J02 5' MI MOIRE. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

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niiers genres, et qui permettent d'établir dans celui-ci trois tribus naturelles très-distincies : c'est ce que je vais démontrer par autant d'exemples.

Premier exemple [a).

Phallusia sulcata , — nigra , • — arabica , — turcica.

L'enveloppe de ces quatre espèces est deuûcartilagineuse , arrosée par des ramifications Tcineuses et artérielles très-visibles. Ces petits vaisseaux proviennent d'un double tronc qui sort de la partie moyenne et postérieure du corps. Le^pharynx n'est pas situé précisément au fond du sac branchial, mais plus liaut^ vers son tiers ou son quart inférieur. Il conduit à un estomac horizontal et simple dans les trois premières espèces, mais vertical et garni de feuillets trcs-minces dans la Fhallusia turcica. L'intestin est peu glanduleux; il forme une anse pkis élevée que dans le genre précédent, et plus inclinée sur le rectum. L'ovaire ne s'est trouvé visible et rempli d'œufs que sur la première espèce, Ph, sulcata : sa masse principale est comprise entre le rectum et l'anse intestinale, dans laquelle

(a) planches n , ix et :i.

TiES ASCIDIES SIMPLES, Io3

son tube se plonge pour suivie le contour inférieur de l'inleslin jusqu'à l'anus.

Au premier aperçu , la Phallus ia turcica semble une espèce anomale dans celte tribu : son tissu branchial ne représente point un réseau dont les mailles seraient interceptées par des iils plus lins ; les vaisseaux longitudinaux y sont tous très-fins et très- égaux; mais les principaux d'entre eux n'en sont pas moins distingués des autres par la position des papilles; et il est certain que, dans la plupart des espèces, le diamètre apparent des vaisseaux est plus ou moins augmenté par les ligamens qui les fortifient , ligamens qui sont ici d'une transparence parfiite. A y bien regarder, cette anomalie est donc à peu près nulle; mais il s'en trouve une plus embarrassante dans la disposition des intestins. En effet, c'est une règle générale parmi les Ascidies, que la cavité branchiale occupe le côté gauche, et la cavité abdominale le côté droit du corps(<2). La Ph. turcicadéroge incontestablement à celte loi : son tube alimentaire est situé à gauche du sac branchial. Une autre règle est que l'intestin , après s'être éloigné du pylore, se recourbe en devant pour se rapprocher du bord supérieur de l'estomac avant de se porter à l'anus. Dans la

(a) Il ne faut pas oublier que la droite des Ascidiesrépond à la gauche des Bivalves.

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Phallusia turclca , l'intestin se courbe au contraire en arrière, et embrasse l'estomac pardessous avant de donner le rectum. Cette double singularilé, observée sur une seule espèce et sur un seul individu, m'ayaut paru suspecte, j'ai voulu rechercher si d'autres espèces ne présenteraient pasquelquefois des dérangemensanalogues. J'en ai, en effet, trouvé un dans la Cynthia Momus y qui est plus extraordinaire encore (a), et qu'il me paraît utile de noter ici. Le tube alimentaire était de même à gauche; mais, par une in terversion presque inexplicable, le pharynx avait quitté la base antérieure du sac branchial, et s'était placé à son sommet postérieur; l'intestin descendait jusqu'au fond de la tunique , se repliait en avant, et remontait parallèlement à lui-même pour se terni<iner vis-à-vis du pharynx ; de sorte que l'anus et le pharynx s'ouvraient également sous l'orifice branchial. Quant à l'orifice anal , il entrait dans les branchies, et leur procurait une seconde issue audehors. Cet individu avait des ovaires garnis d'œufs. II paraissait néanmoins supporter celte organisation mo-nstrueuse avec peine. Ses branchies , remplies de Crevettes , attestaient son état de faiblesse; et ce même état m'a paru décelé dans la Pli. turcica p;tr le grand nombre d'Entomostraccs (jui en peuj)]aient l'intérieur.

(a) Voyez planche vi^, lU;. i. j.

DKS ASCIDIES SIMPLTtS. lOj

Une troisième différence, mais assez légère, se remarque sur la tunique, dont les muscles longitudinaux sont courts et terminés brusquement dans la Pliallusie en question , tandis qu'ils se prolongent et s'épanouissent dans les trois autres.

Second exemple (a).

Phallusia monachus, — mamillata.

Quelque variée que soit l'organisation des div^ers groupes d'Ascidies que nous avons examinés, ils se ressemblent tous par la forme générale du corps et les proportions relatives de ses parties principales. Ce corps est toujours droit ; la cavité branchiale descend jusqu'au bout de la tunique ; l'intestin n'est point sensiblement dépassé par le fond de cette cavité, et lui-même il ne la dépasse point. Une conformation si constante jusqu'ici disparaîtra tout à coup ; bientôt nous ne trouverons que des Ascidies dont les intestins s'éloignent du sac branchial, et dont l'abdomen abandonne pour ainsi dire le thorax. Mais avant de suivre celte voie qu'elle ne doit plus quitter, la nature semble se détourner brusquement et faire quelques pas en sens inverse, Dos Ascidies de cette tribu n'ont pas seulement

(«) Iianclie s.

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le sac branchial de la longueur de l'abdomen ; il se prolonge au-delà en se recourbant en arrière , et semble forcer la tunique à se prêter à ce mouvement- il y force en quelque sorte l'abdomen lui-même, car Testomac est réellement relevé et replié sur l'anse de l'intestin.

L'enveloppe extérieure a la même consistance demi-cartilagineuse que nous lui avons vue dans la tribu précédente, et montre les mêmes ramifications vasculaires. Le corps qu'elle contient parvenu à son fond , se recourbe à droite et en arrière pour remonter vers son milieu ; elle se moule sur ce repli, et, pénétrant dans Tinter- ^ valle que les deux parties laissent entre elles , fl elle les maintient dans leur position respective. " C'est au-dessus de ce septum que l'enveloppe leçoit du corps son principal vaisseau. La tu- 1 nique a des trousseaux de fibres très,-divisés. Le sac branchial a, comme on le pense bien, beaucoup d'étendue ; il est allongé, et se j^ecourbe immédiatement au-dessous du pharynx : mais, comme l'entrée de la courbure est vaste, le pharynx ne laisse pas que d'être éloigné de la base de l'enveloppe 5 circonstance qui permet à l'estomac de se tenir au-dessous dans une ligne absolument verticale. Cet estomac, retourné sur l'intestin , a pris une situation inverse de celle ([u'il affecte communément, c'est-à-dire, que son bord antérieur et inférieur est devenu supérieur

DES ASCIDIES SIMPLES. lOJ

et postérieur. Quoi qu'il en soit, sa cavité est; relevée de gros plis qui convergent, comme à l'ordiuaire , du cardia au pylore • il est trèsglanduleux, ainsi que tout ^intestin, dont l'anse est disposée comme dans la première tribu. Je jn'ai point trouvé d'ovaire; les petits grains disséminés dans la masse des viscères sont évidemment des glandes. M. Cuvicr indique cependant le conduit excréteur de la génération; mais, en examinant la figure qu'il en a donnée , je crains qu'il n'ait pris pour tel , l'extrémité de la côte intestinale. Cette côte semble formée d'un paquet de petit tuyaux qui, partant du pylore, vont aboutir à l'anus, et s'y terminer par une sorte de pavillon frisé. Je passe aux Pliallusies de la troisième tribu.

TroisièîTie exemple {a).

Phai/Lusia intestinalis.

C'est maintenant que l'abdomen des Ascidies ' commence visiblement à descendre et à se séparer du thorax (b). Cette nouvelle et importante

(«) Planche xi , fig. i.

(Z>) En un certain sens, l'abdomen ne descend pas ; il ' monte , et en voici la pi^euve. Une Ascid ie , dans sa jîosition naturelle^ représente un Mollusque bivalve aussi dans sa

Io8 5* MÉMOIRE. DESCRIPTION

iiiodilîcalion semble annoncer que la nature va passer des Ascidies simples aux Ascidies composées. On ne peut toutefois la considérer encore que comme le lien organique qui unit ce genre au suivant.

L'enveloppe de la Phallusie intestinale est gélatineuse , transparente , cylindrique , et d'une forme qui indique qu'elle se prête à l'allongement des viscères. Elle n'a point de ramifications vasculaires visibles ; les vaisseaux incolores qu'elle reçoit lui viennent de la partie inférieure du corps. Son épidémie est légèrement velouté; les festons de ses orifices sont séparés par de gros points calleux, caractère dont on pourra tirer meilleur parti dans la suite , si on le trouve exclusivement propre k cette tribu. Les fibres longitudinales de la tunique descendent par

position naturelle, et ce dernier un Mollusque gastéropode, une Patelle, par exemple, la tête en bas, et dans une situation renversée. 11 résulte de là que les parties qui descendent relativement à l'Ascidie, montent relativement au Gastéropode. Ainsi une Ascidie dont les intestins et l'ovaire se sont prolonj^és au-dessons du thorax, ne peut plus être comparée qu'à un Gastéropode dont les viscères abdominaux se seraient déroulés en avant de la tête, et qui n'aurait conservé, dans la position habituelle de l'abdomen , que les branchies et l'anus.

Ceci complète , en quelque sorte , l'inversion des expressions que j'ai fait remarquer ci-devant, page 6 , note «.

Î>ES ASCIDIES SIMPLiiS. lOQ

faisceaux réguliers qui vont s'épanouir à sa base. La cavité brancliiale est très - allongée , et le pharynx presque contigu à son fond , qui est ainsi facilement dépassé par l'abdomen. L'estomac , auquel conduit un court œsophage , descend obliquement en arrière j il est pourvu de quelques feuillets en dedans, et en dehors de glandes assez saillantes : on observe de semblables glandes sur une portion de l'intestin. L'anse de celui-ci est un anneau qui remonte à peine jusqu'aux branchies , mais qui est immédiatement suivi d'un long rectum. La masse de l'ovaire est comprise dans l'anneau intestinal; son fond s'attache à l'œsophage ; son tube monte avec le rectum^ et le dépasse. Il est à remarquer que, dans cette espèce , le péritoine commence à prendre plus de consistance , et fournit une voûte membraneuse qui circonscrit et protège en dessus la cavité abdominale.

Genre Clavelina.

• Exemple (a). Cl-avelina borealis i^Ascîdia clavata Cuv. ).

Quoique le genre des Phallusies comprenne quelques espèces dont la masse des viscères se

(a) Planches i et xi , fîg. a.

IIO ù' MEMOIllE. BESCRIPTIOIM'

concentre entre le fond de la tunique et celui du sac branchial, ce dernier, très-allongé, leur sert encore de point d'appui, et l'on peut dire que toutes les Phallusies ont l'abdomen plus ou moins latéral. Il n'en est pas ainsi des Clavelines : leur sac branchial ou leur thorax est fort petit; leur abdomen est très-allongé et absolument inférieur; le pédicule qui le supporte le fait paraître encore plus long. Au reste, les proportions de ce prolongement , qui n'est rempli que par une production muqueuse delà tunique, peuventvarier ; et je pense qu'on doit considérer V^scidia lepadiformis de Miiller comme une espèce de Claveline dont le pédicule est fort court.* L'existence du pédicule établit entre les Clavélines et les Boltenies une sorte de conformilé extérieure qui tend à les faire confondre. Mais si l'on fait attention au point d'où part ce support, on trouvera bientôt que le caractère qui semblait rapprocher les deux genres est précisément celui qui les éloigne, et qui oblige de les placer aux deux bouts de la série des Ascidies simples.

Les véritables rapports des Clavelines sont avec les Phallusies. Néanmoins, aux différences que l'on connaît s'ajoutent des considérations } moins importantes peut - être , mais dont la réunion me semble justifier pleinement l'établissement du genre. L'orifice branchial paraît ' privé de rayons ; il est garni au - dedans de filets

DES ASCIDILS SIMPLES. 111

disposés sur deux rangs bien séparés. Le réseau de ]a cavité n'a point de bourses ou papilles vasculaires ; il se compose de gros vaisseaux transverses unis par des vaisseaux longitudinaux très -fins et très -égaux. L'œsophage est long et grêle; il descend tout droit, et aboutit à un estomac perpendiculaire qui a quelques feuillets au-dcdans , mais qui n'est pas glanduleux. Ou ne voit point ici celte côte cylindrique qui , dans les Pliallusies , s'étend du pylore au bout du rectum. Toute la portion de l'intestin inférieure à l'estomac est remplie de petites glandes piriformes, qui ont la couleur jaunâtre ou verdâtre des tubes hépatiques ; elles sont contenues dans l'épaisseur des parois intestinales , et ne font aucune saillie. Au sortir du pylore, l'intestin ne se relève pas pour former un anneau plus ou moins vertical ; il descend au contraire perpendiculairement jusqu'au pédicule, et ne se recourbe que pour remonter directement vers l'anus en passant sur l'estomac ; exactement comme dans la plupart des Ascidies sociales, avec lesquelles celle-ci a , par les pioportions et le groupement de ses viscères, des analogies que M. Cuvier a très-bien remarquées.

La position de l'ovaire dans le repli de l'intestin, quoique semblable à celle que présente la Phallusie intestinale, ne vient point infirmer les conséquences précédentes, parce que celle

H'2. Ù*^ MÉMOIRE. DESCRlPTIOPf

position est encore à peu près la même dans les genres Diazona et Distoma, qui sont des Ascidies sociales.

On peut prévoir des rapports de la Claveline avec ces deux derniers genres , qu'en se bornant à considérer l'organisation individuelle, il ne se présentera aucune distinction réelle entie les Ascidies simples et les Ascidies composées. Et en effet, plus on les compare entre elles, plus les difï'é renées s'évanouissent. Hormis les distinctions qui caractérisent les genres chacun dans sa division, on peut dire que toutes les autres modifications leur sont communes (a); il y en a même qui, après avoir disparu dans les unes, se montrent de nouveau dans les autres. Ainsi, les petites bourses papilliformes des branchies du genre Phallusia reparaissent dans le genre Diazona ^ les ovaires doubles et appliqués contre les branchies des Cynthies se retrouvent dans les Botrylles ; la position très-relevée de l'abdomen, si complètement étrangère h. la Claveline, revient jusqu'à un certain point dans ces mêmes Botrylles et dans les Eucélies : il y a même de très-insignifians ou très -minutieux détails d'organisation dont l'existence se soutient dans toute la série. Aussi les Botrylles, les Si-

{a) Les Abeilles solitaires ne ressemblent pas davantage aux Abeilles sociales. «r

DES Ascrnits simples. ii3

glllincs et les autres Ascidies sociales dont nous connaissons les lilets tenlaculaires, les ont toujours montré de longueur inégale, les plus petits séparant les plus grands, et alternant avec eux, La même combinaison se retrouve dans les Ascidies simples; et si elle n'y est pas toujours aussi régulière, on voit que cela tient à la mnltiplicité des filets qui en gêne et contrarie plus ou moins le développement.

Mais cette conformité dans les organes que nous avons examinés jusqu'ici, ne serait-elle qu'un masque commun sous lequel existeraient des natures réellement difierentes? Il est d'autres organes, en effet, que les zoologistes regardent comme plus essentiels, et dont l'absence, la présence ou certaines modifications décident, suivant eux , du mode d'existence accordé aux divers animaux. Le cœur a été trouvé dans les Ascidies simples : existe-t-il dans les Ascidies composées? Je puis répondre à cette question par l'affirmative; mais, pour arriver aune démonstration complète, il est nécessaire que j'examine la forme sous laquelle les Ascidies ordinaires présentent cet organe.

Dans toutes, le cœur est un renflement peu musculeux, oblong ou fusiforme, dont les deux extrémités opposées se prolongent en deux vaisseaux d'un diamètre presque égal au sien : un de ces vaisseaux reçoit, à ce qu'on croit, tout le

1 \ ![ 0*^ MÉMOIRE. DESCRIPTIO?r

sang des branchies; il prend le nom de i^eine pulmojiaire. L'autre, beaucoup plus long, est Vaorte qui distribue le sang aux diverses parties du corps (a). Cet appareil est renfermé dans un double fourreau membraneux.

Dans toutes encore , le cœur est situé fort près de l'estomac. La veine pulmonaire se porte d'abord vers le cardia, tandis que l'aojte se dirige en sens contraire. Il y a ensuite des variétés qu'il importe de connaître.

La Cyntliie 2:)apilleuse (b) a le cœur placé horizontalement entre le fond de la tunique et le foie. La veine pulmonaire suit le bord infé^ rieur et antérieur de l'estomac jusqu'au cardia, lieu où paraît toujours s'établir la communication de cette veine avec les branchies. L'aorle se recourbe d'abord brusquement, passe sous le cœur, revient sur elle-même, et monte quelque temps parallèlement aux artères branchiales avant de se diviser.

La Pliallusie cannelée (c) , première tribu ,

(«) (c L'Ascidie n'a , comme les Gastéi'opodes et les )> Acéphales , qu'un ventricule gauche ou aortique , et il r> n'y a point de ventricule sur la réunion de la veine- J) cave et des artères pulmonaires». Cuv. Mèm. préciU ■ pag. 2t. \

ib) Planche vi^ fig. 4. 7,4. .2.

(e) Planche \x . (ig. 2. /.

a le cœur silué plus en avant , mais toujours liorizontalcment et sous le bord inférieur de l'estomac , que la veine pulmonaire remonte jusqu'à l'œsopliage, tandis que l'aorte se porte immédiatement du côté opposé, en suivant les artères branchiales , qu'elle abandonne vers le milieu de leur longueur pour aller distribuer le sang à l'enveloppe. Dans tout ce trajet, elle est accompagnée d'un autre gros vaisseau qui rapporte ce sang au corps.

Dans la Phallusia monachus {a) , seconde tribu , le cœur est situé un peu obliquement derrière le pylore. Comme l'estomac est retourné sur Finlestin , et que son bord inférieur est devenu supérieur, la yeine pulmonaire se réfléchit pour suivre ce môme bord jusqu'au cardia. Quant à l'aorte, elle monte, comme dans l'espèce précédente, parallèlement aux artères branchiales , dont elle ne s'éloigne que pour arroser l'enveloppe et d'autres parties.

Le cœur de la Phallusie intestinale (è), troisième tribu , diflere des précédens par sa direction ; il est situé presque perpendiculairement un peu au-dessus de l'estomac, à gauche, du côté opposé à l'ovaire. La veine pulmonaire contourne l'estomac pour parvenir à l'œsophage. L'aorte

{à) Planche x, fig. 2. 4 , ^. 5.

(b) Plancliexij fig. 1. 2, 1 . j.

Ïl6 3*^ MÉMOII'.E. DLSCIllPTION'

s'élève (l'abord , et fonue, en revenant sur ellemême, une pelile anse verticale qui dépasse un peu celle de l'intestin; elle continue de descendre, mais dans une direction opposée à celle de la veine pulmonaire , et finit par se diviser en deux ou trois branches qui se rendent à l'enveloppe et aux autres parties.

Le cœur de la Claveline boréale («) est perpendiculaire comme le précédent , et situé de même du côté opposé à l'ovaire; mais la chute complète de l'anse intestinale l'a entraîné un peu au-dessous de l'estomac. La veine pulmonaire s'élève vers le cardia; l'aorte descend parallèlement à Fintestin, et se divise près de sa courbure. L'ensemble représente un gros vaisseau tout droit.

Voilà les diverses positions que m'a fait voir le cœur des Ascidies proprement dites. Dicquemare, qui a observé cet organe datis l'Ascidie intestinale, sans toutefois le reconnaître, dit qu'il s'allonge et se raccourcit alternativement avec beaucoup de vivacilé (Z>). On ne peut donc douter de sa nature et de ses fonctions. C'est , par conséquent , ce même organe qu'il s'agit de retrouver dans les Ascidies sociales.

Le genre Diazona en présente un tout sem-

[a) Plaiiclie xi , fig. i. /.

{h) Journal de F hy^iique , au. 1777, pag. ]38.

dt:s Asciniis simples. iin

tl.'tble («). Il est, coiiiiiie dans la Claveline, situé perpendiculairement au-dessous du pylore, du colé opposé là l'ovaire, La veine pulmonaire monte de même à la base de l'œsophage. L'aorte descend vers le fond de la tunique, puis elle se recourbe et s'élève en montant du côté du rectum : elle se divise néanmoins avant d'atteindre le pédicule de l'abdomen.

Je n'ai examiné le cœur que sur cette Ascidie composée ; la petitesse des autres m'a détourné d'une telle reclicrclie; mais il ne serait pas plus raisonnable de leur contester cet organe que de balancer à l'accorder à tant de petits Mollusques céphalopodes ou gastéropodes dans lesquels on ne l'a pas observé, et où vraisemblablement on ne le cherchera jamais.

Ainsi les Ascidies sociales ont un cœur, un centre de circulation semblable à celui des Ascidies solitaires. Elles leur ressemblent encore pur la place qu'occupe le centre principal des sensations. M. Cuvier a fait voir que le gros ganglion des Ascidies oLtlinaires était placé entre les productions de la tunique, moins près cependant de l'orifice branchial que de l'anal (b). Il est

(a) Planclie xii , fii;. i. ^ , i. 4-

(S) (c Ce ganglion, dit M. Cuvier, donne des branches » (juc l'on suit aisément, parmi lesquelles on en distingue, D dans les grandes espèces , deux qui se rendent à l'ocso-

Il8 5' MÉMOIItE. DESCP.IPTIOiy

iillongé, et donne à cliaqiie bout deux branches qui envoient des rameaux aux yiscères, mais dont les divisions principales se portent trèsvisiblement aux deux orifices.

Pour expliquer cette distribution des fîlels nerveux, il faut se représenter que l'Ascidie, emprisonnée sous une écorce à peu près insensible et souvent incrustée de corps étrangers , n'a de communications et de sensations directes à l'extérieur que par les deux orifices. Il paraît \ même que celui de l'anus, ordinairement plus rapproché du ganglion , est le siège d'une sensi- J bilité plus vive. Les mouvemens de dilatation et de contraction qu'il laisse apercevoir sont si souvent répétés, que Miiller a cru qu'il était employé à prendre la nourriture, et que le supérieur servait uniquement à rejeter l'eau.

Les Ascidies sociales offrent la même orçanisalion et les mêmes phénomènes. J'ai parlé ailleurs de leur gros ganglion , et je ne reviendrai pas sur ce sujet. Je me contenterai de lemarquer que, quoique l'agrégation des enveloppes particulières soit complète et intime, la communauté

5) phage et l'entourent cVun anneau. L'analogie ne permet 3) pas de douter que cet anneau ne soit le cerveau. Le 3) ganglion répond à celui qu'on trouve dans les Bivalves, 3) entre les lirajicliies, et vers l'origine du tube ([ui amène 3) l'eau ». Jflé/ii. précil. , pag. 24.

nrs ASCIDIES suiplls. ik)

fies seiisalious semble n^cxisler que par les orifices (le l'anus. On les voit tendre constamment à se rapprocher, à se mettre en contact; et quand ils parviennent à s'unir, on les voit se ciéer un centre nerveux , et produire par leur expansion un nouA^el organe, qui est celui de la sensibilité et de la volonté générales (a). Le Botrylle, qui réunit toutes les conditions précédentes, jouit

(a) Si l'on irrite un oscille à la circonférence d'un système de Botrylle, cet oscule se contracte seul; si on irrite le milieu de la cavité centrale du système , tous les oscules se contiactent à la fois. Conservé dans l'eau filtrée etépiiisé par un long jeûne, l'animal élève davantage le limbe délicat qui entoure la cavité centrale ; il lui donne la forme d'une trompe conique, et cherche, en l'agitant, à exciter un tourbillon plus étendu ou plus rapide. S'il a pris et digéré de la nourriture, il retire à lui le limbe tout entier ; les orifices intérieurs lancent alors lesexcrémens par petits grains avec tant de vivacité, qu'ils leur font dépasser la cavité centrale d'un seul jet. « Irntato osculo exteruo » dacfyli , illud unice contrahitur , immotis persislen- « tihits reliquis , sed in^itata parte centrali stellœ, oînnia )> oscilla sij}iiil claudufitur. In aqiia marina filtrata » detentinn , et longa inedia vexatinn animal , singiilœ )) Stella" limhum centraient in conian apiceperviiim [seu y) infundibuliun^ e tenerrima et diaphana mevihrana y) formatnm erigit , fortioris sine diibio et ampUoris vor- )) ticis excitandi gratiâ ; contra alvum deponens retrahit 5) limbiim illuin , ut vix ejus supersit vestigium, atqiie D tune ex foixnnine lu terno davtylorum granulatœ J aces

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