‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbresChapitre 8 sur 83 · SUIVIES DE CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA CLASSE DES ASCIDIES · texte numérisé non relu

SUIVIES DE CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA CLASSE DES ASCIDIES

vj'est en examinant des corps dont les attributs extérieurs étaient loin de rappeler ceux des Ascidies ordinaires que nous sommes parvenus à la découverte de l'ordre des Ascidies composées ou sociales (a). L'intérêt de cette découverte exige

(a) A proprement parler, ces Ascidies sont plutôt retrouvées que découvertes. Le genre Distomus , proposé par Gserlner il y a quaranle-cinq ans , présentait la réunion déjà effectuée des Ascidies sociales aux Ascidies solitaires. Voici ce que Pallas dit à ce sujet : ce Alcyoniuni ascidioïdes » &eu Distomus variolosus Gœrtneri novam indicat et peryificit ajjinitatls seriem inter Zoopliyta et Testacea bival- » via^/jer Ascidia Basteri seu Priapos , quos Gœrtnerus in y> génère Distoraos vocare ainavlt , qiiique sunt quasi Bi- 3) valvia testis exeinta , hranv /disque lamellaceis orhata et m èasi rupiùus udnatav. (Spicil. Zool., fasc. x, pag. 55.)

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que nous abandonnions momentanément la classe des Polypes , pour nous occuper des êtres pins compliqués qui font l'objet de ce troisième Mémoire.

Les Ascidies ont l'organisation variée et l'aspect uniforme. La configuration qui leur est aliéctée ne permet pas que les différences intérieures se manifestent au-deliors par des signes fort sensibles. Aussi les distinctions nécessaires à la parfaite connaissance des espèces sont-elles difficiles à tracer. 11 ne me paraît cependant pas impossible de les diviser en plusieurs genres. Je vais essayer d'en établir quatre, et je ne doute pas que par la suite on n'en admette plusieurs autres.

Les genres que je propose sont fondés sur les

Ces observations sont de 1 774. En 1793 , M. Renier, naturaliste de Venise, a fait imprimer, dans les Opuscoli ili Milano , tom. X.T'^I , une longue lettre, dont le but principal est d'établir l'affinité des Botrylles avec les Ascidies. 11 est vrai qu'il ne leur suppose d'autres viscères qu'un tube courbé en siphon , et allant d'un orifice à l'autre; c'est même ainsi qu'il les a représentés : mais il faut se rappeler qu'à l'époque où cet auteur écrivait, l'organisation intérieure des Ascidies était à peu près inconnue , et qu'au fond tous ces rapprochemens avaient leur principe dans des analogies purement extérieures. Je suis ariùvé à la vérité en suivant inie autre voie ; et le lecteur a pu remarquer que si l'existence des Ascidies sociales n'e^t pas encore reconnue dans mon premier Mémoire , du moins y trouve-t-on tous les élémens nécessaires pour la démontrer.

considérations suivantes : Le test des Ascidies est coriace, ou il est gélatineux; il est sessile, ou il est pédicule (a).

Je range parmi les Ascidies à test coriace y celles dont l'enveloppe extérieure est d'une substance sèche, peu ou point transparente, dure à entamer, doublée intérieurement d'une peau dense, qui souvent a les reflets de la nacre et son opacité ; celles qui admettent dans l'épaisseur de leur enveloppe divers corps marins, et qui s'incrustent de graviers, de coquillages, de lithopliytes , de fucus, etc. 5 celles dont la surface, sans être ainsi incrustée, est profondément ridée, ou verru-

(a) M. Ciivier ( Mém. du Mus. cl'hist. nat. , tom. ii) divise le genre des Ascidies en quatre tribus, dont les caractères sont pris dans la forme et les dimensions du sac branchial.

i". Sac branchial plissé longitudinalement, descendant jusqu'au fond de la tunique propre sans s'y recourber. Ascidia viicrocosmus , A. papillata.

qP. Sac branchial non plissé, descendant jusqu'au fond de la tunique propre sans s'y recourber. Ascidia phusca.

"b"". Sac branchial descendant jusqu'au fond de la tunique propre, se x-ecourbant ensuite, et remontant jusqu'au milieu du corps. Ascidia mamillata, A. inonaclius.

4°, Sac branchial ne pénétrant pas jusqu'au fond de la tunique propre. Ascidia intestinalis , A. clavata.

Ces divisions sont très-simples , et disposées très-naturellement. Je ne m'en suis écarté que pour y ajouter quelques développemens , et doimer une sorte de priorité «ux caractères extérieurs.

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queuse, papilleuse, scabre, épineuse, velue. Les espèces auxquelles j'attribue un test gélatineux se distinguent par des qualités contraires. Leur enveloppe est plus molle , plus tendre et plus facile à couper ; elle a la transparence de la gelée ou du cartilage. Elle est doublée d'une membrane mince et séreuse. Sa surface est unie ou simple- 3Tient bosselée, le plus souvent glabre et polie.. Enfin , il est rare qu'elle reçoive dans sa substance quelques corps étrangers.

Ces deux divisions présentent encore les différences suivantes. Les Ascidies à test coriace ont l'orifice branchial ouvert en quatre rayons ; l'anal demême, oufendu transversalement. Les Ascidies à test gélatineux, lorsqu'elles sont pourvues de rayons, en ont communément de huit à neuf à leur orifice branchial, et pas moins de six à l'orifice anal (a).

Enfin, comme le nombre des rayons, dans les Ascidies contractées ou privées de vie, est souvent difficile à déterminer, s'il restait de l'incertitude sur la place d'un individu cpelconque, on la ferait cesser par une simple section du sac branchial j car toutes les espèces que je considère comme des Ascidies à test coriace ont leurs

(«) La tunique adlière moins foi'tement aux orifices clans ceUe seconde division; la membrane veloutée qui double ces orifices a luoins d'épaisseur et de solidité. '

im:s ASCfnriîS simples. 5-

brancliics divisées longitudinalement par des |)!is profonds, réguliers et permancns (a), et toutescelles que j'admets parmi les Ascidies à test i^élatineiix ont leurs branchies unies et sans aucun pli.

Chacune de ces divisions possède des espèces scssiles et des espèces pédiculées, avec cette dif- IVrence néanmoins que, dans la première division, le pédicule naît du sommet du corps, et dans la seconde, de sa base; de sorte que chez les espèces de cette seconde division , le corps est véritablement supporté par le pédicule , tandis que chez celles de la première il y est phitot suspendu.

Tels sont les résultats généraux des observations que j'ai pu faire sur les Ascidies de ma collection, et sur celles que M. Cuvier a bien voulu me communiquer.

Les Ascidies à test coriace et pédicule composent . le genre Boltenia.

Les Ascidies à test coriace ^ sessile le genre Cynthia.

Les Ascidies à test gélatineux, sessile le genre Phallusia.

Les Ascidies à test gélatineux y pédicule le genre Cla VELIN A.

(«) Ces plis, suivant la remarque de M. Cuvier, « sont maintenus constans, quelles que soient d'ailleurs les di-

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