LETTRE IV
Fices de VActe additiontieL
JxvANT de continuer à remplir la tâche que je me suis imposée, celle de rendre compte des faits , relatife à l'époque des Cent Jours, avec une franchise entière quant à ce qui m!est personnel, mai» en évitant tout ce qui pourrait inquiéter ou blesser des individus don^ je ne prétends point juger le^
actions, je crois devoir répondre à une objection qui n'est pas sans quelcjùeNforce apparente, mais qu'une simple explication fera , si je ne me trompe, aisément disparaître. Je me déclare aujourd'hui, dit-on, le zélé défenseur de tout ce qui existe , et en même-temps je retrace les entretiens que j'eus avec Bonaparte pour remplacer tout ce qui existait. Oui : je suis le zélé défenseur de ce qui existe , parce que ce qui existe , si ce qui existe est maintenu , assure à la France, et l'indépen* dance au dehors , et la liberté dans l'intérieur. Je suis le zélé défenseur de ce qui existe , parce qu'avant tout ou presque avant tout (car, certes, je n'étends pqs ce principe jusqu'au gouvernement d'Alger oh de Tripoli) , je déteste les révolutions. Je suis le zélé défenseur de ce qui existe, parce que la monarchie constitutionnelle , et avec elle tout ce qu*élle comprend, tout ce qu'elle consacre , la succession régulière , l'inviolabilité du Monarque , et toutes ses prérogatives légitimes , me paraissent la meiUeure forme de gouverne-^ ment. Quand j'ai eu avec Bonaparte les entretiens que je raconte , rien n'existait, tout avait été violemment détruit, et je n'avais pas (on l'a vu suffisamment ) secondé cette destruction ; je Pavais au contraire combattue. Mais il eût fallu, non pour conserver ce qui exislait^ mais pour rétablir ce qui
^'existait plus , courber la tête devant Fétrangcr, hii livrer notre territoire; il eût fallu courir la chance devoir^ non pas le Roi éclairé qui nous gouverne, mais la action qui avait causé tous nos inaux, nous imposer, sous des drapeaux russes ou anglais, des lois oppressives et un r^ime de
U n'y a donc nulle incompatibilité, nulle conr tradiction entre mes récits d'un fait passé et ma profipssion de foi actuelle. Je dirai plus, il y a identité de principes. Si, après le 20 mars, je me sub réuni à un homme dont j'avais si long-temps pris soin de m'éloigner , comme j'ai eu pour but^ en agissant ainsi, de contribuer de tout mon pou-* voir à prévenir de nouvelles secousses, nul ne peut supposer raisonnablement que j'aspire à de^ jsecousses nouvelles, aujourd'hui que nous possédons un pacte fondamental par lequel la liberté comme la stabilité se trouve garantie. Ce pacte avait , en moins de trois ans , acquis une solidité presque merveilleuse, tant la sagesse de la nation est puissante; ce pacte est de nature à suffire à tous nos besoins. Je veux donc ce. qui existe , tout ce qui existe; et les seuls ennemis que je combatte, sont ces agens incapables et présomptueux qui, ne voyant dans les institutions que des 9noyens d'intrigue,^ se croient le droit de nom
lês Ttcnv toutes les fois qu'elles^ les contrarient sur leurs rues personnelles ou les alarment tsur leur pouvoir.
J'ai répondu, maintenant je continue.
Je n'oflfrirai point à mes lecteurs un récit dé^ taillé des. discussions qui eurent lien sur la ré^ daction de l'acte additionnel* En rédigeant ces Mémoires^ en forme de lettres, j'ai eu pour but de me réser\''er la faculté de n'y insérer que ce cpii me paraîtrait sans inconvénient. Je ne rapporte aucun fait qui ne soit vrai -mais il n'entre point dans mon plan de révéler tous ceux qui sont à ma connaissance. Nuire aux personnes , sans utilité pour la chose publique, est non-seulement déplacé, mais coupable. Je n'indiquerai donc point les auteurs de quelques articles qu'on a cen* sures avec justice. Mais j'expliquerai comment certains défauts évidens se glissèrent dans cet acte, en nie rappelant toutefois qu'il faut être court , lors<^u'on parle d'une institution rentrée dans le néant et condamnée à l'oubli.
Les vices de l'acte additionnel étaient nombreux etfrappans.
Le premier, dont j'ai parlé dans là Lettre pré-^ cédente, était la liaison de cet acte additionnel av^c les constitutions de l'empire, si justement réprouvées par la nation» J'ai expliqué quelle
Ait la came dé cet.aoàalgame itupolitique, pourquoi )'y avais, cosisenti,^ et ccafimènt j'avais eu^ de: nbni propre :avtu, tqrt d'y çQosesitir, '■ Indépestdaimnent de cette imp^fection essen-* iielle, d'autres dé&iuts encore défiguraient cett^ nouvelle cpiiiâtUaitÎQii de la France^
Le sâlenoe gardé sur la confiscation remplissait les esprits de presaeutimens sinistres. Une pairie sans tradition et sans opuloace , révoltait, p^r k oréation arbitraire d'une .oligardiie &ctice, les amis de l'égalité^^Un mode d'acceptation illusoire semblait xhmi& ramener aux époques ou , con^^ulté pour la ferme, le peujde sanctionjàait, pai^un ast sentiment commandé d'avance , ce qu!on lui imposait (i) de i^us contraire à tous ses désirs.
(i) Je ne parle pas du fameux article 67 , article ridicule et impuissant, attentatoire à tous les principes professés par Bonaparte, puisqu'il limitait la soUvérain^é Datidnaïe/et qo^il la limitait sans organiser aucun moyea de faire rés«^ t>edter Finterdifetich qu'il essayait de pi^nonder. Je n*^ point à défendre cet article, il fut introduit subitemeift dsins k dernière lecture publique qui eut lieu peu de jourl avant la promulgation dé Tensemble, et je l'ai toujours attri-^ bue à Napoléon lui-même • propose^ tto pareil article devait paraître une absurdité à tout liomnoie raiidnnable; de sern^ bhrbles Aspositions- ne se décrètent point, mais le combattre était impossible. La déclaration qu'il contoaait n'était pâi
Comment de teb vices s'introdukirent-ikdajis un ouvrage rédigé'par des lumimes dont plusieurs n'étaient dépourvus ni de patriotisme, ni de lu* mières, ni de prévoyance ? C'est à résoudre cette question que je vais m'appUquer*
Quant au mode de présentation de J[^'acte addi^ tionnel, et à la mise en activité de cette consti^ tution , avant même qu'elle fiit acceptée, nul doute que, par ce mode, Ton n'encourut une objection qui devait frapper les esprits les plus vulgaires. On déclarait, en quelque sorte que la cérémonie de l'acceptation n'était qu'illusoire, puisqu'on se tenait pour assuré d'avance que cette acceptaticm aurait lieu.
Les adversaires de l'acte additionnel devaient pM^ter de cet avantage, et ils en profitèrent. On mit les déclamations démocratiques au service des
plos forte, et die était mille fois moins injurieuse que tant de harangues prononcées volontairement durant douste aUf* fiées. Cette déclaration n'impliquait rien de plus que la jserment prêté si souvent à Napoléon. Il était clair qu'en promettant de le soutenir, lui et sa famille, on promettait de s'opposer à ce que tout autre le renversât. C'est ainsi que l'ont envisagé,, sans doute, tous ceux qui assistèrent à cette lecture» car nul ne s'y opposa^ et dans le nombre des auditeurs étaient beaucoup de gens qui se proclament aa« }ourd'hui zélés partisans de la légitimité.
intentions câiilre^révolatioimsiîrefif. Les partisans du droit divin empruntèrent le langage de la ter publique pour attirer à eux les i*i^ublicains. Ils , parlèrent avec mdignation d'une constitution oc^ troyée, d'une forme de gouveniiement imposée au peu{de siois son aveu. On eût dit des tribuns &dàea3L pc^^lant sur la place p^blicpej c'étsdent 4es cotirtisans d^[uisés , intriguant dans l'ombre.
Il y avait toutefois de la justesse dans leur rai^ sonnement ; et comme il y avait de la justesse^ il y âv^it aussi de la force. Si la France se fiit trou-* rée dans des circonst|mçes paisibles, il eût incon** testablèment mieuli: valu que l'acte additionnd éùt été sotmiis à la discussion d'ime assemblée; qu'on n'eût pas été forcé de voter sur l'ensemble ; ifae chaque citoyen eût pu en rejeter une partie y en adoptât le reste.
^ Mais tout en convenant de ces vérités^ il est ^équitable au^si de se demander , si dans les con- .jOQCtuJres où; se. trouvait la France, sous le poids d'une dictature à la quelle il était pressant, de mettre un tei:ipie, pu pouvait suivre une route différente de celle qn^on a prise; si, en agissant de la sorte , loin de vouloir porter atteinte aux droits de la nation, l'on ne* donnait pas au contraire une preuve évidaite de loyauté et de bonne foi, en lui assurant u^e jouissance plus prompte et plus cer-^
taîhe des droits* ^ikèiM& qa^6tt jpiai^âisBait mé^n^ héître. ' ' - - •' • ■ '•.••' -^' ■■ "-•' • » •'
' En efifet , ce lï'éMft qu'en adoptkbt le Hiodèle pltlf rapide, dût cette rapidité le rendit toofeùs régulier, moins conforme aui'']^riticipëi, ijùe' Vbut passait enfin de Tétat de dicftata^e au i*égime ^jdustîtutidti^ hel*. Toutes les iormôHtéç néeesôait-es pour réoflit vme asî^embïée constituante , la cmivôeâtiôft di^ coHéges électoraux, ou si on l'^ût voàlù^ d^à^sémhlées primaires, pcmrélii^e des tiépùtés 'éhstr^ék d'examiner le pacte constitutionnel , Pàrrivée dé ces députés à Paris, les formes indispenSÈiMes poui* la vérification de leurs pouvoirs et la légalité de leurs travaux, leurs^discussions, leurs dii^sebtimen^, tiuraient ajourné la rédaction seule dje la constitua tion , jusqu'à une époque fort aurdelà de celle* éft la grande question de la guet*re étraAgèr^ aurait ëté décidée. Durant ce long espâcte dc'tc^nps, Bonaparte aurait conservé nécessairement la somme totale dii pouvoir, et vainqueur deFÈurèpe^ il eûî pu éblouir de nouveau la Fwâiee de sa gloire, oïl du moins la servitude, habile à parediei* l'efathôlJÉt siasme, aurait pu lui livrer endOîFe une fois nos
libertés.
Certes, si les hommes cpi Ferivironoaient n'eus^ seiit point voulu de constitution, s^its n'eussent aspiré qu'à consolider son despotisme et à l^xereèr
(47) ^ J9IWS son ^de, si leur bùf arait étéd'iAtmndre {dur ^e vaines promesses k ntonient où cekii qui. dise posait des hoixunes et des trésors serait dégagé :psœ la victoire de tous ses engagemezis ^ il leur eût ^nlfi de lui conseiller de rendre un hommage appa-* rent à la souveraineté nationale. Pkc le mode qu'ils .adoptaient, ils ao^aient cetteehanèe au conquérant qu'ils voulaient transforma en dief constitutionnel. Ils mpprociiaient autant cpjCû était &l leur puissenoe Hnsûn t où le régime légal devait ébde -mia en vigueur , des c(Mrp& iiômbreux et £>rls.btnv jner le pouvoir, la liberté de la pi^ssse reprendre son empire, la responsabilité désr ministres soutenir des agens corrompus ou trop zélés; ' Loin donc de fitire vm ctime à ceux qui coopi^ yèrenit à l'acte : additionnel du mode . d'adoption q[û'ils proposèrent, on éèt dà piutèt kur en savoir ^é. Ils prottv'aient lëoÊt" frandÛise : dis constataient jeurs intetnidns patrîotiifuei.
• Je n'en ^rai^^piis autant d» silence de Facte ^iiditioitné] rëktkëmentala don^ëcâtioâKCesilèiice 4tait une ijâ*i|ierftpction beaucou]^ plua sérieuse. ^ C'était un tort grave en mbmié, et une haute atnprudence^n politique. Mais aucun des memfarfls du Gouvernement n'eut c^te émission è se repro^cher ; nous fîmes tous des eâS>ns réit^és qour ^[ue cet article é^lk O^afte fi^t insét^ dans ac^e addi^
se hâter de lui opposer ui^e autorité qvii bornât 1^ sienne, et dans ce fcvit, éçnr^ev Coûtas les 4ifficq]i(éi qui men^ç^ient de retçi^^^er Téppqw d'^n ré^oiç, con^titutiojqpeVlie silepçe sw tpviÉi les pQii;its pontps^iés ptai^. ce <jve nous ponyiojps çil)tewr de m^M jusqu'à la qo^ypcation dçs sissemb^éçs rept^s^^-r tives. 4jputQV5 quç d^ris tous les codes l'ip^Iitjipii de la coufisca^iop ^^'eiat qu'\me va^^ç %aie^ sj[ ^ç/sipri^ Public Ti'efttoure cette d^spp^itiçm de spij^ énergie. I4 vér\U»hlç ?t sjeulç g^Jran^e çpntrç 1% c^n^isjcatiQi^, coifti3[iç cont^re l^puples aiutre^ al^S;^ est dans la représentation çtftt4PJD|alç. Si petjte f çprélei^^tipfli psti ^a^fîÇYiç <m pe^v,çr9Ç, Içs principe? écrite QC ^y Wt de ri^p. Qfl tr^Ye 4'wtre?^ iftPta ppiy Içs #flW? ÇÏ*^^§Ç? > Ç^. ^Çs, oi^çopi^^n,çe5 ppuç tQU^ç^ Ips violaticinjS. Quaç^ W fJW^r^irç ^ r^PÎÇ^ sentation nationale est impartiale, indép^n^^t^ et yçaùn/ent; ^«ue 4ç ^^ bbç?*^ > çUi?; pwsçri^ 1^ çpn- ^^tion, loçs mênae que 1^ çqu^ti^tiutipjR^, ^it suç cet pqint. Jf^ preuve çiji esf , qu'à p^ylnç J'actip fiidditipiiçel, qi^i ^yqjt paisse §ous ^flce l'alpp^itipu dç I4 fîpn%3tiau, cQwn^çixça-VUî 4%S Çjjççuç^, qu« (îe^tç 8ti)p]Li^ijpji?i. iÇt^t.(JpiftajÇ(d6^ ayçç ^^apiçep^ir \^ Chambre deî^ r^ppésentaus , ta^dî;^ qpfi ,. ççj^Si Xevfr pise. ^ la Ch^rtç, m^lgrç r^li,t#n, fi?rpii^ de la çon{is/çf^tipft, la Çli^Ji?bre <?/? tÇiS çsj^x* dfi Iji
Car y il ne &ut pas^^oublier qu9 le^iiiêmes hom^ écnraina et députée, qai avaient reprodbté ai amè^. remeat à l'acte additionnel une omission que la QittoalMredrééeparracte additionnel s'empreasa dé réparer, forent les pianier» qui voulurent intrcH' duiredenonveav^au mépris delaloi fondamentale^ le système spoliateur de la confiscation dans une mesure de douceur et de démence. Mes lecteur» ne péuventuvoîr oublie l'article 5 de lapropo^i^n d'amnistie substituée à celle du R<n par là commises' isipn de la Chambre de i8i5 ^l,h discours dfun^ membre de cettç Chaà^e à fapp^ de cAte pro^ position, ce Rendre des coupables passâtUeé d^in^ >> demnitesydiaâit'^il, c'est sàtia&irj$ au principe (piè >) cebû.qui a cauâé un domma^ dmt le réparer; i> L'article de la Charte âuriacenfiaeidaon ne peut )) être ix^voquéi Si le mot indcmmbé^ <c isi^ouitait la Commission eUe^mépie^» S^i% ciçaindre le retoqr dé $ laoanfiseatiop^jOn peut le cb wig(^ en ndui 4(i( l> peities péGonâèrest »
Les ]ai;irnalistés du même piffti développèrent Ms pnjocîpiss avec zèle et com^^aàsance; ^ Je siisyk éciÂv.aitruu,d'^tre eux j qui duranties Cent Jourà &'était distingué pax* son <^[^ositi(m contre Boha^ parte ce je saia <^'il i;i'y à rien de: iplta sacré dana D un état que le drcdt de propriété ot, par conseil quent^ rien de plus innolsÛe cpie la loi qui la
» garaotit. Je sais que notre Charte çonstitutîony> nelleabolitavecraisonlapeinedela confiscation I y> cette peine odieuse qui punissait dans un cri- }y minel toute sa postérité innocente, et tendait y> des pi^s à la justice du Monarque par le profit » qu'il avait à trouver des coupables. Mais je sais y> aussi, et l'histoire de tous lés peuples en fournit y> mille exemples, qu'il y a des circonstances où » l'exécution des meilleures lois deviendrait préy> judiciable à l'Etat. Je sais que dans les circon- ^ stances extraordinaires, il fcut s'armer' del'esprit y> de la loi contre la loi même, et ne pas mettre la » république en péril par un vain respect pour la y> constitution.... Nos inquiétudes peuvent étr« » dissipées sans confiscation de biens.... c'est en y> jurisprudence un: principe incontestable etd'une > pratique journalière , que dans tout délit qui y^ porte dommage, la satisfaction ehtraîne deux y> 9cfaoseB,la p^ine m^tée par Fauteur du délitet la )> réparation due à celui qui a souffert. Notre ruine j> est l'ouvragède quelques hommes. Leur punition^ » quelle qu'elle soit, les acquitte-t^lle envers nous? » et leurs fortunes ne doivent-elles pa3 répondre » du tort &it aux iiôtres?...On voit qu'il ne s'agit 2). point ici de confiscations, la confiscation existe » quand la perte des biens est la suite d'un défit, ^ non qiiand eUe est la réparation d'un tort...
> Autre chose est de confisquer on bien , où de » prendre sur ce bien une indemnité. Autrement, » celui qui conspire conti^ la patrie, courrait y> moins de dangers que celui qui n'attaque qu'un y> citoyen.... La Charte abolit à jamais. la confiscay> tion. La Charte est sacrée et je me prosterne y> avec respect devant l'arche sainte, gage et sym^ » bole du salut de tous. Mais toutes les lois du » Royaume admettent les amendes et confient à y» Tintante, au discernement des juge^, le soin y> d'en fixer la quotité (i). »
Et quand on objectait à ces hommes ce qu'ils avaient dit six mois auparavant, quand on leur demandait si ressq;ice des choses et les principes du^ juste et del'injuste avaient subitement changé,veuton savoir ce qu'ils répondaient? <c Non,disait-ils, les j> principes n'ont pas changéd'une saison à l'autre; » mais d'une saison à l'autre, nous avons passé de » l'empire de Bonaparte à celui de Louis XYIII , 3) et c'est ce qui produit naturellement cette difFéi> rence.... Nousétionssous un tyran, noussommes . » sous un roi...; nous étions sous im usurpateur, » nous sommes sous un roi légitima (2). »
m I II « I II I I I. — ^— pi^i.^
(i) Journal général, octobre 181 5.
(9) Même Journal. Même mois, ,
Ainsi, c^^t Mas un Roi Intima que k confiscsh: tian doit s'^crcer, c'est soiisim wurpateor qo'ell^ doit disparaître. Certes Voilà de singuliers eimania de IHisurpatioxi, et d'étraoges amis de la légitimité!
Je t^m^çrai cette Lettre/devenue trop Icmgue pom* qae je puisse traiter de quelques atitres vice^ 4e la eoufttitutîon des Cent Jours, par un fidt qui jpti'est personnel Je le rapporte, et parce qu^nn ter moin dont nuJt nf révoquera la véracité en doute ^ pourraiuFattester m besoin, et parce qu^il prouve dans queUes intentions les amis de la liberté s'é* taient ralliés à Kapoléon,^
La violence quHl avait apportée a mainlenir b| confiscation , son appel réftété a|i vieux bras de l'Ëmpareur, à ce bras qui avait si !^ng-|;emp8 pesé $ur la France, muaient prefendanent affli^. Sj voyais pour la première fois les sYBapftôvnies d'une révdte contre le )oug constitutîonne} , révpke ndi*. çule dans un prince &ible , mais terriUe dans un homme doué d-un vaste génie et d'immenses Ëiculr: tés. Cetta disposition était menraçante et para^it> ^our se dév^pp^, n'attendre que la vîctwe.
En sortant de l'Ëlpé^, )e pria k p^rk llM>mmede france dont l'amitié m'est laj>lus prëçieusç^ le, général La&yette. ce Je suis entré, » lui dis-je, » dans une route sombre et douteuse , et]e crains 3^ d'avoir conçu une entreprise au-dessus de mes
3^ fbtefiB. Je Vois l'Empereur revenir jter inoifaetiîi )) à d'andénnes habitudes qui ib'siflligent. Il n y> pôttr Ittoi dé là biéhtéiltehce et feh stiis tc-
* cctonàîssdht^péttt-êti'é iië serais- je pas tdù jours .
* impàHiâl. On hé ^t gttèré Ptàptèé Ai fjotlvôir *^ répondre dé soi-iilême. Soùvénèz-votts de ce qùè » je vous dis maintenant, surveillez-le, et i^i jamais j5^ il vous parait ttlafrcher au despotisme, ne croyez i> plus eé qile je toris dirai dans ta suite. Ne mè » confiez rien; àgissèi sans iiïoi et ôotitre raôi- 1f inêiîiè. *
Côt àvertisôérriéhf produisit stttfA. Ae La^kyétté, ttnfé ijnpré^sioii qtfîl tti'a sdùVèirt i'âppèlée; et dans ifisitcftitths 6it voie ropiuré atVéfc Napoléon n'était fis ànisi uù danger^ S^^^y I^ sdrcr^efiir dés èràiMèâ qhe }è M àvaffe confiées eut iitié itifUtèttcè pètit- « ètfe tï^ôp déèisîté sur sa condttité , et pat là rtiétnè élit nos destinées. Mai» il né fihit j^as dévà:hcër lé^ feitd.
LÉttftÉ V.
OpiMùk de Bofiapdrté sur td Pairie.
J'ai rstppot^té dstus urt aulré ouvrage, ce que Bonaparte disait de la pairie et des £ffîôultés qu'il
(56) apercevait à la Ëiire adopter par la Nation; mais coiume la pairie est la portion de Pacte additionnel qu'on a le plus amèrement attaquée, je dois reproduire ici les propres paroles de Ti^poléon , pour expliquer ensuite les raisons qui le déterminèrent à sacrifier son^ opinion personnelle aux conseils de ces alentours,
(( La pairie, disieiit-il, est en désharmonie avee )) l'état présent dqs esprits ; elle blessera l'orgueil }} de l'arniéè, elle trompera l'attente des partisans )) de l'égalité, elle soulèvera contre moi m^le pré- » tentions individuelles. Où voulez^vous que je 7) trouve les élémens d'aristocratie que la pairie 3) exige? Les anciennes fortunes sont ennemies^ )> plusieurs des nouvelles sont honteuses. Cinq ou » si^ noms iUustres ne sulfisent pas. Sans souve-* ^> nirs, sans éclat historique, sans grandes pro-* . 7> priétés, sur quoi ma pairie sera-t-^Ue fondée? y> Celle 4^ Angleterre est tout autre chose; elle est » au^essus du peuple, mais elle n'a pas été contre >y lui. Ce sont les nohles qui ont donné la Kberté y> à l'Angleterre ; la grande Charte vient d!eux, ils }D ont grandi avec la constitution , et font un avec yn elle j mai$ d'ici à trente ans , mes champignons ^ de pairs ne seront que des soldats ou des cham- 3> beUans; l'on ne verra qu'un camp ou uue auti^.
Il est difficile, je le pense, d'exprimer avec plu* de force, et en moins de mots, les obstacles qui s'opposient à ce que la pairie se nationalise dans nos. . nouvelles institutions. ^
Cependant, peut-on affermir une monarcnie constitutionnelle, sans y tolérer une magistrature héréditaire, qui oppose son élément de durée à Faction perpétuellement rénovatrice de l'élection populaire, action qui, par là même qu'elle prépare ce qui doit être, court toujours le risque d'ébranler plus ou moins la solidité de ce qui est?
J'avoue que j'ai douté long-temps que cette possibilité existât, et que, disposé par caractère à mç contenter de ce qui est tolérable, j'étais fort séduit par l'exemple de la constitution britannique qu'appuyait encforeàmesyeuxl'autoritéde Montesquieu.
Aujourd'hui mon opinion, en thèse générale, est très ébranlée. Je dis en thèse générale , de peur qu'on ne se prévale de quelques-unes de mes paroles pour m'attribuer des intentions opposées à la Charte. Assurément, je suis/loin d'attaquer , dans une de ses parties les plus importantes, cette Charte dont je voudrais conserver jusqu'aux dispositions les plus minutieuses, parce que la stabilité me semble , dans nos circonstances , préférable à tout.
M^is je ne puis liier que , spécufeitiveinent paç^
(Sô)
lant, des c6ii$idérations qui ié sont gt*âdctéllèfitènt èffi^rtés à toofa esprit, et deé réflexions qilë m^ont Suggérées beâttcôUp d'etpériences , iie liï-àîeht jetf dans une grande incertitude , môitis petit-étt6 iHf là néétissité que sur h possibilité de k Jïairie, Avec ttotife dî^oéîtiôii Jbâtiotialè, iiôltë AihbUf potït réalité ptesqile absolue, la diVisioti dé ilo* propriétés, leur mobilité péfpéttiefle , Pinffùeïieé toujours croissante du commence, de Pîndtlôtrié e< des câpitsrtil eïi porte-fedîllé, détenus déséïétoéftà au moins aussi nécessaires à l'ordté social àtitietf et siLtrement dès appuis plus indispensables àtuc gôuveHiénieîià quék propriété foncière élïè-tiiêmé, tsAé ptiisâaiicé héréditaire qtd ne t^ptésenté €(aé lé «ôl, qtii tépdse sur là coneentrartion du téfritoiï'ë dâïïé les mains d'uii petit nombre, à quelque (^hosé qui est contre tïattit^. La pairie, quàïid elle eiiste, peut subsi^er , è< OU le voit bieti, puisque nôtis ëS àvotts viïte; mais, si elle tt^existait pas, je la ôoup- Çôituerai^ d'être impossible.
Au ôômmettcémeïrt de r8i5 ïûùù. ôpitrioii étetit loitt d'être aussi arrêtée.
Lôrâ doïïc qtie Bôûàparte mé cbUi^ciïta stit fin^ tfodùctioù de la pairie dans soti acte additi'ôUnèf ^ Je ne ftis frappé, je Pavcme, que des sotcvénirii inot- Ibnsifs de notre pairie de 1814^ ^^^^ Fexistenéé â peine rémai'quée, n'avait ai eidté Péâvié, i^
( 5g ) jHroToqtté j^rritaiioti. Je via dans une magktrattirê (iéréditôire , une barrière de plu5 contre Fantorité d'un homme, et je cherobaid partotit des barrières. Mon avis fut en conséquence favorable à Finstîtur^ tionqa'ondkcntait^etcetaTi», j'easlieudelecroire, pot m» l'écrit de 7f apoléon d^atitant pins de jton^ voir^qii'aticttn motif personnel ne me déterminait* ^é n'ai jam^s conçn qtf on pftt mettre en balance les préscnns du sort et le choix du peuple, et tant qa'îl me resterait sur pette terre la chance d'être plu , je la prélët«erais à celle 4'étre nommé.
Ce que je dk?tfs à Bonapurte arec impartialité et par convietioitt , d'autres lelni répétaient par intérêt.' ïl est triste de le reconnaître, mais iM-4 possible de le nier; la passion de F^lité se conâfie, dans beamcoctp d -hommes , arec le goût des 4»tiii€tions qo^on letir ofifre j et le régime impérial avait accoutumé trop de genA tolérer les privil^es, qnasKÏ ils en j^otôssaient.
Nousnoos ressentirona !kong^temp$ de cette ha-^ bikadeqa'il£»4Milprii0e. Kousenvoyonsia trace dans ce qtû se passie chaque pw y et de là viennent le^l ^iésappamteMens fréqueskS que les amis db lac li-' berté éprouvent. Il&ut le (fire, car^ il faut tout dire^ et pour ujaè nation qui navigne encore , et qu'on rejette àaj» lài haute mer, tous les écueîls sont \qv^ à conne^fre. II jr a des oppositions desttaaA
tîoB ; il y ôn a de principes : ces dernières seule» ofirent des garanties : les autres cessent quand la* situation change, et la situation change quand l'autorité le veut. L'alli^ce du despotisme impérial et des privilèges contre-révolutionnaires est lé beau idéal auquel aspirept les hommes du pouvoir; ils ont raison : le Séide d'un conquérant peut fort bien devenir celui d'un ministre, quand ce ministre lui rendlesavantàgesdontla chute du conquérant Fa privé. Tel, sous la cuirasse, était le fléau des peuples vaincus, qui , sous la toge , se retournant contre ses concitoyens ^ sera 4e fléau de la liberté dans sa patrie. Heureusement, l'alliance est trop difiîcile pour être jamais complète. Il y a une salutaire incompatibilité entre les vues de l'ancien r^meet celles du nouveau; et nous pouvons compter parmi nos sauvegardes l'insolence de l'un et la vaniK|Me l'autre.
Mais on conçoit qu'à l'époque où il s'agissait de décider si l'on exercerait ou non»la pairie , tous les hommes avides de titres, de rubans , de man^ teaux d'hermine , appelaient de leurs vœux cette institution. Bonaparte éprouvait quelque répugnance à tromper les espérances de ses alentours. Il me disait un jour, au sujet des mots de mon-* seigneur et d'altesse : ccU y a des gens pour qui, di^mis dix ans , c'est une jouissance^ je la leur ai
C6i) donnée ; si je la leur ôtais , ils en seraient tiistes^ j'aurais Fair de les punir. »
De plus , tout en analysant avec sagacité et fi* nesse les difficultés que la pairie devait rencontrer^ Napoléon lui-même avait pour elle un secret penchant : il pensait qu'une forte aristocratie facilitait la marche d'un gouvernement tel qu'il le conce^ vait , et il se servait , à ce sujet , d'une comparaison assez ingéni€^ise , qu'il affectionnait de telle sorte, qu'il en a feit usage avec moi peut-êtie cent fois.
a Une constitution appuyée sur une aristocratie » vigoureuse ressemble , disait- il, à un vaisy> seau. Une constitution sans aristocratie n'est y> qu^un ballon perdu dans les airs. On dirige un y> va^seati, parce qu'il y a deux forces qui seba- » lancent j le gouvernail trouve un .point d'apy> pui , mais un ballon est le jouet d'une seule » force ; le point d'appui Itd manque ; le vent l'em^ » porte, et la direction est impiossible. »
11 avait donc , durant son premier règne , travaillé constamment à créer une aristocratie : ses collèges électoraux, ses six cents plus imposés , ^es possidenti çn Italie étaient d^s essais dans ce sens : il ignorait ce que le pouvoir ignore toujours^ c'est que rfen ne se crée par artifice. La force créatrice en politique , comme la force vitale dans la nature
physique, ne peut être $uppléée par aucune volonté^ par aucune loi j le temps , les habitudes , les hesmn3 ^ l'opinion , sont les sei4s éléniens d'organiiation. L'action du pouvoir n'est que mécanique^ et ses produits ne sont que fectices. U ne lui est pas plus donné d'instituar <|Uelque chose sans ces élémens, qu'il la'est doxlbé aU stdttuôte dé &ire à coups de qiseau un être vivant} on peut; écrire é^s constitutions comme ou peut sculpter des sta-^ tues; mais les cQùstitultions demeurent inappli-^ cables, comme les statues restent inanimées.
Enfin, Bonaparte, indépendamment de sa théorie sur la nécessité d'un contre-poids aristoci*atique, avait pour l'aristocratie de l'ancien rc* gîme , une inclination , çt pour ainsi dire, une faiblesse de coeur qui ne fut pas sans influence sur ces résolutions. On raconte que Mijraheau > dont la jeunesse orageuse l'avait fait exqlure , pendant quelque temps, de ce qu'on nonuxie la boftue com* pagnie, avouait à l'un de ses amis intimes ^ à l'époque où l'ascendant de la popularité et du gé* , nie lui avait rendu toutes les entrées, qu'il ne voyait jamais, sans une sensation de plaisir, une. porte cochèçe s'ouvrir dey^nt lui : de même Bonaparte éprouvait luie certaine joie., quand un de nos anciens gpands seigneurs passait à son sex^ *ice : il lui semblait qu'il en était souverain plna
(65) Intime, lorsque les colonnes de la l^itimité en^ Ipuraient soa trô|)i9,çtsa satk&etioa ne s'est point usée jusqu'au dernier moment, bien qu'assurément die eût pu se <yi^i^j| vii |a faultiplicité des Jouissances.
(la pairie lv4 ^^vîkh ^m Vm W>yea de recosH quérir i' 4»9^ W^ U^ïf^Jf^ qvii^bçooqve, (xHte udUesse qu'il r^ettait, cette noMesse dont il avait ditlui-^ «îêwe qi>- «Ite aiçufe s^v^t sçpvif av^ grnçe , fft q^i^ qprès ^p^t , ç^r U f^vt être ]i»te , ij/B l'ay^it ^nr^ dQXmé <pu? Ipr? (Je %sSi re\çr?. IJ firt wêpff ti>Rté d0 ^mpreijL^re imméçJi^tjHnw^ 4?ifts ^ P^iw ^w^ vç^ç , ijft gra94 W^n^e 4'wçiens noU^s,, ^ qt,
non sans tristesse : cf {1 $^v4ç^ poVfftftQt y r^«^ » i?^r \vfj^^ fqig 9ftiMW *#rç , j»m U» sqUYwirs )? sQUt ^rQp.rççe^a : ^jpijtoQû? Çcfo )Wq*'»»«^ ^^ » bat«Uç;}çlep»ur«ilîi^%4j!Ç**^
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