‹ Mémoires sur les cent jours: en forme de lettresChapitre 24 sur 30 · MO · texte numérisé non relu

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narcllie, la noblesse n*eûi été moins redoutable, moins oppressive et plus désarmée. Mais on ne pnnit d'ordinaire les classes puissantes des fàntes qu'elles ont commises que lorsqu'elles n'en commettent plus. La raison en est simple ; elles commettent des fautes quand elles sont fortes , on les punit quand elles sont faibles. ^

La régénération nationale de 1789 offrait à la noblesse française un moyen d'expier les torts de ses ancêtres , et de substituer k une existence privilégiée qui touchait à son terme, une existence citoyenne où elle eût trouvé d'amples dédommagemena. Sauf des exceptions que je voudrais croire nombreuses, et auxquelles je me plais à tendre hommage, elle refusa cet honorable traité. Sourde aux avertissemens d'une néccfssité que l'aveuglement le plus complet pouvait seul méconnaître , irritée des conseils de ses membres les plus éclairés , elle se plaça en dehors d'une nation disposée à considérer comme hostile tout ce qui mettait son orgueil à lui rester étranger ; et par ses protestations inconsidérées , par ses menaces qui n'avaient de danger que pour ellemême , elle donna plus de consistance etd'amertume à des souvenirs fâcheux , et plus de vraisemblance aux soupçons que ces souvenirs autorisaient.

On ne sait que trop ce qui s'ensuivit; la noblesse expia chèrement son imprudence.

Cependant ses malheurs avaient eu pour elle le triste

avantage de rendre ses ennemis odieux et criminc^ls; et après les exécrables années de 1793 et de 1794» «Ue aurait pu trouver dans Fexcès même de ses misères, une nouvelle chance de salut.

Durant laffireuse époque que l'histoire désigne sous le nom de. règne tle la terreur j la haine contre hr noblesse avait été l'un des principes professés avec le plus de violence p^r des tyrans qui s'étaient travestis en ^iémàgogues. Une réaction naturelle jetaît de la défaveur sur tous les principe» qui rappelaient cette période de sang et de crimes. Honteuse des attentats de set chefs , la nation ne demandait qu'à recevoir dans son sein et à entourer de regrets et de pitié une classe qu'on avait trop maltraitée. L'administration faiUe et inhabile du directoire ne pouvait lutter eontre ce sentiment général. La désapprobation Unanime qui ^[itoura la loi du 3 brumaire , dirigée spécialement contre les nobles, l'horreur qui repoussa le projet de déportation de la caste entière, en four-* nissent la preuve.

L'avènement de Bonaparte au pouvoir ne changea rienkcettedisposition*; des mesuresiniques, telles que la loi des otages, bien qu'elle fàt restée sansexéoution, l'avaient plutôt fortifiée ; et si la noblesse , au iiéu de solliciter de ce génie impérieux une volonté despotique et un bras de fer, se fàt ralliée aux citoyens qui réclamaient des garanties toujours invoquées et toujours suspendues , ses membres, comme individus

et comme propriétaires , ise seraient assaré peut-être une place ém inente dans nos naissantes institutions : . mais alors de nouveau la noblesse manqua cette chance.

Elle se précipita , avec une impétuosité qu'on ne peut décrire , au'^evant de la servitude ; elle apporta en pompe aux pieds: d'un despotisme qui s'ignorait lui*m6me , toutes les traditions de la monarchie la plus absolue: on eùcdi^ qu'elle était chargée d'en* seigner l'arbitraire du régime déchu au régime qui le remplaçait.

Ce fut bien pis encore lorsque Bonaparte , enivré de flatteries et importuné des formes républicaines, eut proclamé l'empire, et modelé sa cour d'aprèscelle des rois ses Tassaux» Qui ne se rappelle et les places sollicitées avec avidité , et les missions remplies avec zèle y et les antichambres encombrées , et les alliances dont on s'honorait, bien que depùiselles soientâevenueS'des mésalliances , et tous les.appiiis actuels de la légitimité, à peu d'exceptions prés , réclamant alors, presque comme un privilège héréditaire, rhôiïneur de servir Tusurpatioa? Je glisse sur ces faits présens à bien desmémoires^ car je n'accuse pôinf, j'explique. >

. Bonaparte, deson côté, avait du pendiant pèiir la noblesse. Il contemplait avec quelque joie/. dansr ses salons de service, la' brillante. cohue^desserviteùrsidè soixante-six rois* Il trouvait, avec assez de raison ;

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qu'ils apportaient pins d'tiisance , d'haLitade et d'éle^ gance dans leurs hommages, et se' croyait plus à sa place, envoyant que tant de noms historiques se sentaient si bien à la cour, quand ils étaient à ses pieds*

La noblesse commençait donc k.se séparer de nou«- Teau du peuple vers la fin de ce règne : mais la séparation n'était pourtant qu'idéale. L'instinct exercé du conquérant modérait la prédilection vaniteuse du despote. Il accordait les. distinctions , mais il répri* mait l'insolence *, et il n'y avait pas encore de haine contre les nobles, quoiqu'il y eût déjà de rhumeuréi

Napoléon cependant, pesait sur le monde ; il fut renversé. Ici , pour la troisième fois, s'ouvrait à la noblesse un avenir favorable. Elle tarda peu à le gâ* ter. Sa joie ne parut pas motivée sur une chance de liberté rendue à la France. Ses transports ne furent pas assez tempérés par un sentiment de regret et de douleur, que Tenvahissement du sol par Tétranger devait faire éprouver à des cœurs français. L'Anglais orgueilleux ,^le grossier Cosaque , furent reçus par cette classe piresque comme des concitoyens; et l'on put soupçonner qu'afiiliés aux privilégiés de toutes les nations, elle plaçait sa patrie exclusivement dans les privilèges.

Toutefois , en adoptant avec franchise et sans restriction la. charte dictée par les circonstances et donnée par le prince , cç qui , dans les principes les

s'' Partie. 8

f lus monarchiques , en faisait un pacte <^ligaftbire ^ur^:i;t pqur ceift qui se diseiH les soutiens spéciaux dç la xaoxiarcfaye, la frotileose, rélaUie fausses tktes qi^' el^e iregrettait , possédant e^QOre ime part du ter^ ritoire , eût ciffacé des torts perdus dans des temps de tjojijibU ^ de tumulte ; et les pySbéien$ y ses supéli^urs eniiombre, l'auraiçTit reconuuie leur égale en droits.

' C'e^t d« sa conduite à cette dernière époque que j'ai vou^lu parler, ei| disant que la haine qu'elle ayaîi inspirée au peuple pr^lait , lovs du ao xuacs , ua appui redoutable à Bonapairre. En e^et, tçvtes les relation» socialea troublées par pne iripUé oiobfa^ause et inquiète y toutes les gai?ai|tje$ misfis en péçilpar des ré^ çIam{itions àpeine 4égaisée$, l'opprobre versé sur des propriétés acquises d'après le$ lois , le dédain prodigué à jan^ gloire conquise par des flots de sang et d'immortels travaux^ l'indolence dans les manières y l'impertinence dans les iosipuations ^ la prétention bizarre d'opposer la poudre des morts aux trophées des yivaus, la pensée absurde que, paçceque huit çenf mille hp|nI^es ayaien( fait reculer) sans les vaincre, quatre^yingt mille gnerriers épuisés deffortf et de fatigiici^, q|Laran(ja-çinq pille privilégiés feraient reculer cinq millions de citoj^ns, et les sièdei^ écoulés le temps présent; le' be^in, pour se donner Faix habile , /d'avertir toute une nation qu'oa çspéçait la prei|4re. pQtor dupe ; enfin ^ la nslinion de

( "5 ) leutM ]e$ Hét9 ù^$6^j de toutes le^affectationapuër files, de toutes les espér^iroes alarix^ntes, ayaient produit , comine je Tai dit plus en détail dans me# lettres, une fermentfitipn indépendante du retour de Nappléçn. Il jurait pu f,irer un avantage prpdigieux, un parti terrible de cette fe^memation. Il s'en effrayfi pour $a propre i^yt(M:ité$ .et c*e^ à sa terre^i; <[ue la Fr^niBQ 0t l'Jfiirope 4pjy/çnt pçut-etra 4VpiF échappée ^l^n^ja^cquene. .

Cette expérience a-t-elle inspiré plus de pii'co^r •peçtipii? C'fist s^nx £ait,is à répoïK^ra^ Je ^'sà^ ppi^t à zn'ocoiiper ici de (C^q^i 9'e§( p^ssé depuis i8iÇ, et j|e suîj^himreitiip d'écarter une ^estioii qu'on ne ^ré^our draî( 4|v-€^ $u>juran^ le risque ^e voir )es consçil^ ipterr prét4^ m in99AGfçs ^\ les pr:Op^«tie# prises pppr des

TROISIÈME ÎÏOTE.

P^Ç 4- -^ <^ I^2s çhaipl^res ogat, dès Vorigiiie, » hmt>^ h pwy^p: de ]^p?çarte,. »

La chambre des représe^tans a été, depuis i8i5 , l'objet des a^us^tipns les plus injustes et les plus ab-« surdes. Bien que j'aie rençpcé à écrire en détail rhistoire de sa courte mais mémorable session , je crois devoir cçjisaçrer quelques pa^^es à réfuter des impulfi^i9ns ^ue l'esprit de parti a répétéjBS lopg-

lenfps sans contradicteurs, et que rkislolre trDuy^ Tait ahisi corroborées par le silence des accusés, et ponr-ahisi dire passées en force de chose jageè.

On a d'abord reproché à celte chambre la double illégitimité du 'pooyoir qni TaTait conyoqnée et du mandât qn'elle^vait recn.

Osant* an premier point, ]fi venz dire rillégîtimité de Bonaparte en i8i5, je n'ai rien à ajouter aux explications quo j'ai données éstns une note pré^ tïédente.

Quant au second, il est impossible -d'exiger d'an peïtple de ne pas pourvoir à sa sAreté , )orsq[ue , yo-> lontairément ou forcément , son gouvernement la* bandonne. Il doit organiser des pouvoirs, forraferdea assemblées , déposer entre. les mains des hommes le^ plas dignes de sa confiance, les moyens d'ordre^tde liberté qui lui restent. Toute la question se réduit donc à ceci : dans les circonstances ^ii se trouvait la France, et dans l'intérêt qu'elle ayait évidemment à opposer la force morale d'une assemblée à la dictature d'un conquérant, les citoyens deyaient*ils repousser cette ancre de^salut, et offrir leur patrie en holocauste k une légitimité absente ?

Mais une autre objection a été faite* En accordant aux Français le droit de notnmer des fondés de pou- ' yoir, chargés de les sauver de l'aMme, sans en attendre la permission qui ne pouvait leur venir de rétrànger, ont-ils profité réellement de cette faculté?

9i te- nombre de ceux qui out refusé de s'en- préva^ koJr. na-t-il {HI8 lété tellement considérable, qu'une jeuinori té. presque imperceptible. n'a pu doui^er/à sei^ choix de la validité T'

Cette dîffienlté serait plus embarrassante que les .deux premières ^ si les faits sur lesquels elle repose,. •Ii'ayaieiit.'é4é fortexpgéréÂ.

. > Des hommes dont la véracité ne saurait être sus^ pacte, puisqu'ils se sont montrés . dardem^ enaen^is. de Bonaparte, ont prouvé par des. calculs ex«ic(s que

' Je noq|bre de^éleoieurs , dans les villes I^s pluapopulenfte&.dAFr4Uce, si Ton excepte Marseille et Eior^ dêaux, n^ft point été aussi faible qu'on 1 a prétcAdu,^ On peut consulter à ce sujet la lettre de M. Rey sut ^s élections du département de la Seine , dai^s le journal général de Jla France dii ij^, aotiit 1 8 1, 5. Çet|;Q lettre ,, qttLétail un acte* honorable de courage dans la circonstance oiv elle fut écrite, en réponse à unç not^ ministérielle insérée oiQ^ellement> dans le Mpni^ teur, dissipe tous les. doutes qu'on a élevés ^ur. le concours des citoyens de Piris à la, uomination di^ teurs;^ mandataires dans, la chambre des repcésentans; et cette lettre e^t remarquable .encore sous un autri; rapport : elle^ constate^ ^'0{)^ & pu. vouloir que la

' France^ eût une repré«ei^«^if».n.nationale sous Boxia-; parte,.S9(naô^re.^t9ché k sa personne et sansapprou- ,i(er $on gouvernement. « .

^ Qe que AI. Epy disait des électeurs de Paris s'ap-

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|)iqae à là grhncEè tàa]citïié de ceux àia. royaume?

Si TôH jugeait â^aillétifs. avec la Môbté srfvâit^ âeà éléctioki9 faites ^ d'aùtfës ëpo^uèid, il «li &st pen qui soutinssent cette épreuve. La chktùhàe des dé*piiiës dé i8i4 tirait Sa missitttt à'tfltô source bien, nioins piire , ncmtni^e qu'elle était par lé sénaty dans un temps où le sénat h^ét ait qiie Valent aVeuglA du despotisme impérial. L'élëbtion dés députés, de 18 i 5 avait été l'ouVfagè de èo4tégèS électoraux iion-seuliemént incomplets,' Wtitéjdénalâréa par fki-> trodttt;tioti arbitraire de vingt él^^ettr* k^t» ifisslon^ et chs èdllëgès avâiéiit vdt^ ^ âii n<Stà et à Kèsi sous les bàîôtittettes étraiigferëé y et ÛAM ki ntiéi SbAs I^â poi~ gnàrds.

Je véxx accorder qtie plttoieûirÀ fiidiVidUI^ tl'éwt éiêi'éténus par des 5crti|iulës qné^ jh ue bllliù^ 'point ^ j^ârce qu'ainsi que je l'ai dé}& dit, ea faii ^^ll^rMptiles. lotit est respectable : niais ik né |>ottVaiâi1>-Jtl^âlider les droits dés autres èit'ojeuSy que dés tiîotîfs'd'une^ nature-plus patriotique et plus gédét^le {^àî^leiu «n<^ iiésj/ns de ces sbrujiul^.^

Si l'on considërè conime iine iittllUë dân» uneëlectiôn l'absehce d'uué fraction d'éléotélirs^ cettehullité aura lieu tbiiteis Ibs fdiér qu'ckn |]tarti vdinctt cherchera dans ritiêrlYe lès réssoui-ces qtî€; tafbrce lui fefuse. Il faut alors ftigër là Vatidlté>âëis.choi&. d'sfprès d'autres règles, par ¥inàêpéï\4àtm!^êéé élbs^, pat l'esprit qui lëà anihle, par l'identité d^ leur^s^.

'mtêirèts atec les ititeiôr&Uàtibnaux, et pair les mè-^ sures qu'ils recommandent ou qu'ils conséùteni. j'essâièiràî d'àiisédit ifion jygémétat éàr ce's bases, et )'examî&érfti il'àrbôrt) k cdùiî^bsitîdii dé la ^bàizibré des représentans.'

ty vdis dëi iiétàhteB de PàésëmBI^é ebtii^tttûàme y parmi lèsqtièTé^lusiénirs ra|>peîaièàt, ^ar leûi's noins^ lé comifadBfëeihëiït d'uûé tëvôlùtioîi 9 ol)jéi de toufte^. Ie« èspét^ttèes, a^àtti qu'elle éât été souillée par tous les exérès; d'illttfseiëA pVôëôHt^, qtiî tf^iiiem bèavé la kibrt et lés è^^k^^r ^otit tté ^i tfCfmp^r daiis lèï fetimes de èette ré^olutîbii pétirmik ; flèk propriéiaiirès de biens likàtitïiaUjc, poérsédàût èéis biens , ](>oti(r *" la plupart, par droit d'héritage -^ beâtiiroti|fd'bbï]ltiieé kbnvéàûx^ ex^iàpii de cés ptéjtié^fif ré^bltrtibiiriaîrcs qui né sodt ^Uél(j[u'eféié ^kà iiîbiiiis itivététës et pk^ moins funestes que lesr{>)réjtig^i qjkl'ik but rèm[pla6éi. ' On YtéitoiiiAii k là mérité cfttétqtfëii hojùis sîgûàlés j^ar ihlé êëlébi^ité déplôfâlÀé. Je tié éUié àssùréûibiiV pôiili pmM ptyvttàè^Mottïinték qui bnt fait îhi làial pèutêità hréparâHe à W ïffièîté^ et 4ôht j'af pltrs, ^'dn^ fols i-ëci-tfcé les étteiïtà él bonnbattti ràri^to- ^i-atiè ; èai^ ilÀ kfàiéni 'SdvAê dutatit leur pui^sàt^èb iàttt aristdcttrtiW Àiidsi ^chï^îé, aussi o^p'reëéive, qu'aucune aut^e; mafé & dette déftiiëre éjpfbqite, benreux d'être eii queJijùé sorte réhabilïîés pat' le choix du peuple; Ils éè montraient empressée K téparcc leurs fautes. Leurs successeurs its^xnédîati».

6e sont montrés impatiems et s^yides. d'en, con)^ xneure.

Onvoi^ par cet exposé des élémens de la chambre des représentons , que tons^ les intérêts y trouvaient leurs organes. . ^

I^es acquéreurs de^ b^ens nationaux représentaient 1<B plus ii^portant de ceux que la révolutionna, créés ^^ moins encore comme défens^eurs des lo}^ rendues ejt des. ventes consommées , que spus le rapport.de la dir vision des propriétés , diyisiqn qui est Isl base de 1% XiouveUe Qrg«^ni^ation française >. et qu| $eira dans uq. a,yenir.pIus.oumoiqsprocbain, âiais que notre sièclq r verra sans doute éclore, la ]gierre angulaire^ de lor^r ganisation européenne.^

Les amis de la révolution de 17B9 représentaient ce que la natipn a vaulu à celte époque et ce qu'e.Uç veut aujo^r,d'b^i comme alors.

Les conventionnels eux-méqaes, malgré de déplo^-. râbles égaremens, étaient aussi les repiésentans d'uif intérêt national > ceint de riudépendance du territoire,et de lexpulsioïi de Té.tranger;, car. rien ne peut effacer, celte vérité hîstoriquje , que l.a conven- .tion a trouvé L'ennemi à trente lieues, de Paris, e( qu'on a dû, k. ses prodigieux efforts de conclure 1^ paix à trente lieuçs de Y.ienn^. ^

Composée de ce;^ élémens , I4 cl^ambr;^ des. repréisentans était donc éminemment une chapcihre natio7 Qale« i^Ile nç démentit point les. espérances que s%^

iBoœposition ifahaitconceVoinMiiis/poiir Yappré^iet- 4qnitab}eznent, il faut considérer qc^'une aesfettiblée^ jqui n'a eu que treize jours d'esistencecoïistittttionxielle, doit être jùgéeparses intentions plus que pat ses actes, et pair les propositions qu'elle a répanisSées ou accueiUîes plus que par le& lois qu'elle u'à pas eu le temps de ùire on de> sanctionnecé ' La nomiaation de M. Lanjùiuais à la presidenc» fut unepreuve de respect pour k/moral^, de discer^ nementet d'indépendance. Ce citoyen nespiectàbl'e et iiespecté avait, comme sénateur, manifesté une op* position constante aux volontés impériales, et il s'ér tait distingué antérieiirem^t, dans des circonatances, pins dangereuses encore, par son courage inaltérable ci son inflexible caractère. Ce choix fut l'objet d unti approbation générale. Les amis de la liberté virent,, dans la nomination du. président, une gaii^niie pour les principes;, le* amii de k dFranoejî virent ûn^noni national ; les ennemis doiBonaparte ,:uu gerôie d'^os-? tilité. ' , ' j . V.

: Lea opâràtÀOQA. aûbâéqlieobss d^, l'assemblée rép^ou^ dirent au choix qui avait marqué^ l'entré^ dû sa cam nàre. ;Dàf sa première séance , .elle\i:ef usa sein a^sen? wmmt.à jùu honuùage prémaluré'en rfaVeur de l^armée., jet prouva ainsi, par uaa .délibérntiom sor ktnnjpUe, qu'ellQ ne voulAit:pass'app^yQr;dç la^fpfic^ militaire contre la iiatioli (Itfouiteujrdu 8 juin iÇjS}^ ïfgs^ disçoacft pronpacéft dwd 6o^;Si.eiu.sw JU qM^^r

<£ie de résisur à loiîs les abas flotât la Fiwbice àTait «upparto le poids dtiran^ quatèrae années. Elle vejeta -VBanijBeBieni M iMtepdskioti de déôemér à Napoléon 3e tkre de sauveur de la palnei(;MoiTiteii]rda9Îiiin)« £lle se hâta de se dedlarér^la proteetrice de la liberté individuelle ( Moakear du lo ) rdejtx feîs eUe força da policé à rel&diueff dès dététioi ( Mbniteiup des lo. €t i3 ) ;: et^ tout enviroBdéé-^'eUe était desdân-^ gers de la guerre ci-vite^, elle i'ocoàj[>a d-adoNicir la-. sqspensidxinQâÔBE^tanéedeB gasanties Ik^|i1«8 dans les. proyui^ces ^ike éeftte guette agitaii^ • £Ue £t plus: comtneP pour pfoàter que la-gkfiredu cônkjnérant.ne Taveu^erait pas sue son despo-lîsmë, èi^ recevant ht Hoove^le de ta Tiéfidire de- Lign j^ et a^aiifi ijuW pillt redouter «ncun dlésastre y. «î'èst4i<^iré au moment ùhbt puîkaiicii dé Betialpartesemblait s'aflSomtiiir/efte iotà là fènalatioa d'ùnecomiÉiisskrn qui. jG^rtfk «baf^éê d^esamîhel' l'âcie constitutionnel. Enfin, ce fut dans un de ces. jouira de deuil ^ lorsq&e Ik peite de k feiiestê bàsiHfe qur envHt les potées delà Fra'nceaàx. phalanges. éirah4. gères ^ tMiplîdSàH uxau leSs espvhs de fûiics dé-^ fiimcitSf k^s((iye obâque Franeai^ potuvait éromsah Yiey sa Ubsn^^ ses propriétés tnearaoées piar la trahis<m, eè (m àtot^ qaé fttt pWj^Cfséë Vàhdhipti ée la. eoxiÊstotftiôla fôti^ tbttS' leS d^Ucs^ ^1x4 en t^éplter ecuiS dès. traitées é% aeix^ d«8 tratifjP%«s, Q^èCquei.

mois pkts ûrd , d'autres hommes ^ cbms nne^ auttè^ assemblëe) dëmçindèrent le rëlablissemént de la eea* fiscatKMi sous le tiom d'indemnilës ; et ces kommes^ sont ceux qui htijôurd'hut ^ourërlieitl 1» Frteee.

Telle £a.^ donc la eeodûile de la chambre des re- {irësenkans aussi loo^^ temps qm'elle eut à tira-ilet avec- >in pocrrbiv esiécutif ^ dont imè conititulion ëcrite^ :nTait détermine les prërdgatiyes. EUé ni) s'abaissa^ point devant lui ; elle £l valoir les droits du peuple :ddnt «He représentait les iittërâts. Elle né ivian^d ni* k sa dignité ni à ses devoirs; et lorst^e le malhetir ^8 ëvâieRletiè l'enc ren Ane la seole^ aiiierilié . existante , Fàmoilr dé b" |)«fH6 et le respect pour la li^ berto reitiportèreAD efictOÉedans «es déUbéràtionis? sur toute eraliiM pessouàelle ^omme sur tout ëalcùl ain^ bitiéttic.

le li'eft diet^ ijù^bit seul etempiei.

A^rfts k bataille de Wà^èrlooy un {irojet^ de loi fut ^réaeitté^par le goûfreruettusnl provisoire. Gd 'projet ntm^ uhe ii'iste ressëtablance avée cenx quepro^. . ^oseiti tbufl^Ies- gouji^ernemetis dans tes cîreonsitances ^lérlUeuses, bî^ii que lès projets 4e ce geàre liaient l^mafs ceiffiirtf Uttcun- pdéil. Celui-ci oonM(isiteiit k idbntier aii |;<Mrtel:!Beiiieni>la fatislté de mettre eu sur-^ veilianoé ou dii détenir peadbutr trois mois , èaits lesu tradliilre devant les^ tribâoniiii , lÀperflcmnespréve-^ i»ueB ^'entretenir des eôtireafpoudanoes. avec les enne-^ mis^ de proroquer ou de &vociser les tcoubli»:ciYils^

^arborer d'au très couleurs ou dWtres Biques deralw )îement que les couleurs nationales , de publier défausses nouvelles , d'engager les militaires à la dëser** tionou de les empêcher de rqoindre leurs drapeaux^ Au moment où ces propositions étaient soumises à lachambre des représenlans , lïennemi était dans le cœufi^ du royaume, l'armée n'était qu'à peine ralliée, Tétat n'avait plus de chef , et des complots s'ourdissaient ouvertement au sein même de la. capitale.

Certes, j'aurais peu d'efforts à faire pour citer plus 4'une afeselzx^lée que des dangers moins. grands ont, précipitée^dansdes esc.es plus graves. B& toutes paris ^ au contraire, s'élevèlrent âans.Ktlbt^mbre dieis repré«sentans les: réclamations les plus ëHergiquieç. Les principe&furent invoqués commue d^us un::t^mpsde sécurité complète. Les précautions les plus, sévère furent opposées à tous ïës^ enfpiétenàens'posijbles de 1-autorité ; ^t les mandataires de> la France semblèrent avoir oublié Toràge qui les menaçUt euxr mêmes., pour, veiller encore , dans leurs diemiersjmor mens> sur les propriétés . dont la^ déiense^ let|i?.étaii confiée. Rappellerai. -> je cetta séance ( Moniteur du 16 juin ) dans laquelle une seule voix invoqua contre une classe ha8iile.ct..redo«itaUe.( la. suite l'a prouvé), des m^yensqueriùen ne justifie m^n^excuse? Un sentiment général, d'indigaatiion interrompit L'o*- Kateur, eb le. généreux soulèvement de l'assemblée ^*^a ses fliccttsateUKakiitiiiieaâre hommage.

( ia5 )

« Honneur à la représentation nationale, écrivit n un journaliste qui , plus tard , Ta poursuivie de ses » invectives , honneur à la représentation nationale » qui a rejeté k monstrueuse' proposition de mettre 1» hors k loi les insurgés , leurs ascendans et leurs M descendans. Ce noble mouvement j ce mouvement » unanime et spontané , a rempli de sécurité , de » satisfaction et de reconnaissance Tâme de tous les » Français. On s'est clit : L'assemblée qui représente » la France peut être divisée comme elle par quelque fi dissentiment politique; mais.au moins elle est » réunie dans le sentiment de la justice et de Thuma- » nilé. Oui| représentans, YOire élection, faite dans 3» un temps de trouble et d'irrégularité, fùt-«lle tout » illégitime , fussiez-vous réunis par le hasard seul, x> vous striez nos vrais mandataires du jour où vous » avez repoussé de Fa tribune celui qui voulait en « écarter la loi. » (Journal général de France, du 1 8 de juin i8i5* ) Il est bizarre, sans doute, qu'après ua tel langage les mêmes écrivains aient appelé la chambre des représenians un ramas de forcenés révolutionnaires. Il est vrai qu'alors elle n'existait plus.

Si j'avais le temps ou la volonté de me livrer à une -comparaison assez naturelle, je rapprocherais cette conduite de la chambre .des.représentftns de celle de la chambre .des députés de i8i5 , lorsqu'un gouvernement fort de la soumission d'un peuple épuisé et

(186) de la présence de huit cent mille émngeta armés pour sa cause, demanda aussi la suppression de toutes les garanties , et voulut placer squs un empire discrétionnaire la liberté de ioiis les individus. Ce ne fut point alors conire Tarbitraire ou la sévérité de la loi c[ue les députés s'élevèrent , ce fiu contre sa faiblesse et son insuffisance*

Les circonstances cependant auraient dû tes dispoi- "ser à la viodéracron et à la douceur. Jai peint les dan^- 'gers qi|i entouraient la <;{iambre des représentana au mois de juin iStS. Celle àe$ dépiités jouissait, sta contraire, au mois d'octobre de la mévae année , de tonte la sécurité du iteccès : le roi ét^ît réubli sur son tréne ; tous ses ennemis étalant dispersés ; un million d'alliés inondait la Frauoe. Qui aurs^it j^évuque, taudis que r-assemblée menacée' s'était msptrée tou<-' jours scrupuleuse , équitable et calme , avait sacrifié à 4a justice ses plus pressans intérêts , avait refusé d'àacheter ^on saint par la violence et par Vavkitrairc, l'assenjiilée triomphante se livrerait ià d^s fureurs implacables, et réclamerait contre des victimes dés^armées les fers et l'éqhafaud?- Tous les ebangemens ■apportés à la loi de sàreté publique par la chambra desreprésentâkis, avaient eu poqp but d'adoucir les ijiesures propo^^ : tous les amendemens émanas de la obambre dëb députas de i8i5 , tendaient à rendre la loi plus discrétionnaire ^ plu^ rigonrouse. Ea lisant le raj^port d^ k eommissien des représenlaos, oit

( »97 ) y tronye Texpréf sion coastante de la répugnance et du regret ; on y remarque de nombreux hommages rendus aux bonnes imendons des opposans : le rap- ,port de la commission des députés de 181 5 se <}îstîngi^e par des .déncihciatioins vagues et haineuses , des accusations virulente^ et la menace expresse de faire peser. les rigueurs de la loi suc quiconque oserait la rejeter.

M. Flangergues aimait à teconaattre que si le projet présent n-eàt pas trouvé de contradicteurs , il eût fallu désespécer de la liberté publique (Moniteur du 28 juin) : M. Bellart, au contraire, âetri$sait d'avance les réclamations. « Plusieurs hommes ne man-J » queront pas, dîsait-ili de gémir hypocritement » sur ce qu-ib appuieront avec emphase une atteinte n à la lib£a:té individuelle, et de se jeter dans deai » abstracttans métaphysiques pour calomnier une » mesure dont il n'est pas un seul homme de bien » qui ne septe qu'elle est indispensable. Que ré- 9) pondre à cea décUmatlonaî Rien. Leyez les jeux » sur eux aeuleraenl. On. peut se tenir assuré à Ta-* » vance qu'on n'y trouvera jamais un atni véritable » de la chaite. » (Moniteur du ^a octobre. ) Je pourrais ajouter qqe, dans la chambre des repiiésentans, dix orateurs fiireqt entendi^s, et manifestèrent saiis ménagement leur opposition : la chambre des députéa de 18 iS n'écopta qu'avec impatience deux orateurs , dont le second , pour avoir énpncé des (àk^

(ia8) «onnus de la France entière, se vît mterrompii^ insulté, censuré.

Non , certes, ce il'est point d'avoir été rifistrument du pouvoir que latîhamlre àe$ représentans peut être aciHiséè. Si elle « mérité qnelq[ues reproches, ces repiDches sont d'un autre genre*

Entraînée par sa défiance contre Napoléon , elle ne vit de périls que dans ses triomphes. On eût dit que toute possibilité de revers avait disparu, au seul aspect <le l'homme qui avait si long-temps enchainé la fortune. Les discours prononcés à la tribune étaient pleins d'allusions contre l'engouement des conquêtes. L'^adresse présentée à Bonaparte renfermait des protestaftions anticipées contre les abus de la victoire. La manifestation de ces sentimens honorables et courageux en eux-mêmes , avait toutefois un doiible inconvénient. En effrayant la nation sur le résultat de ses propres succès, on amortissait l'enthousiasrae dont on avait besoin pour repousser l'Europe liguée ', «t ce n'était pas sans quelque raisoiv que Bonaparte , se rappelant ces conseils amers et ces leçons prématurées , prononçait ces paroles , malheureusement trop prophétiques ; « L'entraînement de » la prospérité, disait-il, n'est pas le danger qiiî » nous menace aujourd'hui; c'est sous les fourches 9 Gaudines que: les étrangers veulent nous faire » passer, » (Réponse de Napoléon h. l'adresse de la chambre dus pairs.

En même temps ces soupçons mal aiguisés > t;ette haine impatiente, qni avait besoin de marquer l'instant où la lutte entre le despotisme et la liberté commencerait , tons ces symptômes précoces d'une résistance qui n'attendait que le moment d.'éclater, inquiétaient Bonaparte sur sa position. Frappé de la pensée qu'il était environné d'ennemis, il voulut les dompter par des triomphes complets et rapides. La conviction qu'il devait sans délai reparaître comme le vainqueur du monde , le suivit à Waterloo. A un séjour trop prolongé dans Paris, parce que Paris était seul l'objet de ses alarmes , il fit succéder une précipitation qui diminua ses forces et troubla son génie. Comme la représentatiçn nationale n'avait paru voir d'adversaires que lui , il crut que son ennemi Je plus redoutable était la représentation nationale. II risqua en un jour toute sa destinée ,iet perdit ainsi la France en se perdant lui-même.

Et telle était, chose remarquable et instructive pour le& despotes h venir, telle était l'impression que douze années d'asservissement avaient laissée dans toutes les âmes, que, mêttoe après ce désastre, les repré^entans et la nation conservèrent leurs ressentiment et l^yrs défiances. La prospérité de Bonaparte Aurait effrayé les amis de la liberté , ^es revers ne les rassurèrent p^s. Saisis d'une étrange préoccupation, ils fattachèreiit à compléter la ruine d'un homme qu^nd il fallait sauver l'état menacé. Les

passions ont un meryeillenz penchant à croire ce qnt les flatte : on s'obstina, roalgré'les nombreux exem* pies inscrits dans les ^aiinales de tous les peuples , à penser que la guerre cesserait à l'instant où la France aurait abjuré son çlief; et, pour emprunter Fexpression énergique d'un écrivain célèbre, tandis que la tempête battait le vaisseau, on jeta le gouvernail à la mer, et on Toflrit en sacrifice aux flots irritéSr (Mt de Pradt, du Congrès de Vienne,) . Qnvoit qu'en justifiant la chambre des représentans contre des imputations non méritées, je reconnais son erreur la plus grave, je pourrais dire son unique erreur. On ne me reprochera pas de regretter le gouvernement que P^apoléon nous imposa durant quatorze années , ce gouvernement dont l'éclat ne me paraissait qu'une bien faible compensation de la perte de nos garanties et de la gène de nos facultés les plus précieuses; mais, comme on arait obéi à cet homme extraordinaire, quand la résistance aurait pu être louable et utile , on Tabandonna quand on ne pouvait se séparer de lui qu'en favorisant le pire des maux, l'invasion étrangère: puisqu'on l'avait reçu au 20 mars, il fallait vaincre avec lui TEurope qu'oa avait bravée, et se sentir assez de force morale pour être sûr qu'après avoir reconquis sous ses étendards l'indépendance, onfdéfendrait contre lui la liberté.

Mais cette grande erreur de la chambre des représentans n'autorise point la réprobation dont une fac-

tîon veut la frapper. Elle s'est trompée, sans dôme , nais elle s'est trompée honorablement 5 et ce n'est pas à ses calomniateurs actuels, gens qui ne nous ont donne que l'exemple de ramper devant le pouvoir quand il était sans bornes, et de le fouler aux pieds quand il était déchu , qu'il appartient de la condamner.

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