INTRODUCTION. XXV
Le lendemain de cette révolution, faite par des gens qui ne voulaient pas être guillotinés contre ceux qui les avaient menacés de la guillotine, s'ouvrit l'ère des récriminations et des représailles. L'histoire de cette réaction déborderait notre cadre. Nous mentionnerons seulement la véhémente dénonciation de Laurent Lecointre intitulée : Les crimes des anciens membres des Comités de salut public et de sûreté générale. Barère, Billaud-Varenne, Camot, Robert Lindet se défendirent dans des réfutations qui font partie des pièces de ce procès que nous ne voulons pas aborder. D'autres matériaux pour son dossier sont compris dans le Rapport au nom de la Commission des vingt-et-un créée par décret du 7 nivôse an II pour V examen de la conduite des représentants du peuple Billaud- Varennes, Collot-d' Herbois et Barère, membres de l'ancien Comité de salutpublic, et Vadier, membre de l'ancien Comité de sûreté générale, fait le 12 ventôse par Saladin, représentant du peuple.
On trouvera enfin des détails sur le sujet jusque dans le rapport de Bailleul sur les événements du 18 fructidor, cherchant à justifier la proscription de Carnot. Encore une fois, nous n'aborderons pas la discussion. Nous nous bornerons à rappeler que conformément aux conclusions de l'accusation formulée par Sieyès dans les termes antithétiques qui lui étaient chers, « d'avoir opprimé le peuple français par la Convention et la Convention par le peuple français, » Billaud-Varennes, Collot-d' Herbois, Barère et Vadier furent condamnés par un décret de la Convention à la déportation que les deux premiers subirent seuls, les deux autres s'étant ■dérobés par la fuite à l'exécution de ce jugement.