‹ Mémoires sur les Comités de salut public, de sureté générale et sur les prisonsChapitre 21 sur 126 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

Sur les Comités de sûreté générale et de salut public nous réimprimons l'ouvrage de Senart, parce qu'il contient, à travers bien des erreurs et bien des exagérations inspirées par le même esprit de réaction aveugle et de vengeance personnelle qui anime celui de Villate, des particularités curieuses. Senart, comme Villate, a écrit ses Mémoires en prison. Plus heureux que Villate, il échappa à l'échafaud, mais non à la mort qui termina dès 1796 son aventureuse carrière. Senart, secrétaire du Comité de sûreté générale, a la valeur d'un témoin oculaire et auriculaire. Mais c'est un témoin passionné. Il faut faire dans ses accusations souvent absurdes, notamment en ce qui touche un prince démagogue que personne ne songe à défendre, mais dont la mémoire porte la peine de bien des fautes qui n'appartiennent qu'à ses partisans ou à ceux qui usurpaient ce titre, il faut faire la part de l'ignorance, de la haine, plus grande encore que celle de la vérité. Ces Mémoires tiennent plus du pamphlet que de l'histoire. Mais il y a souvent, pour l'histoire même, profit à tirer de ces choses que le pamphlet seul ose dire. Ces réserves faites, nous reproduisons les Mémoires de Senart, qui n'ont pas été réimprimés depuis 1824 \ parce qu'ils sont intéressants et contiennent certainement plus d'un fait vrai dans leur alliage de roman et de libelle. Nous avons cru cependant devoir en élaguer

1 Mémoires sur la Révolution. Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale ou Mémoires inédits de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire, publiésjjpar Alexis Dumesnil. Paris, 1824, in-8°.

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