INTRODUCTION. XXVII
un certain nombre de superfluités absolument parasites.
Si Senart, à notre avis, a pu calomnier, ce qui semblait difficile, Philippe- Égalité et même Santerre, ses dénonciations indignées contre le fameux Héron ne sont que trop confirmées par les débats du procès de Carrier. Les dépositions contre lui, notamment celle de la femme Lallier, furent d'une telle nature qu'il n'est pas possible de les reproduire ici. Mais on peut les apprécier par leur résultat, qui fut de faire passer Héron du banc des témoins sur celui des accusés. On connaît le jugement du 26 frimaire an III, par lequel le nouveau tribunal révolutionnaire, créé le 22 thermidor an II, envoyait à l'échafand Carrier, Pinard et Moreau, dit Grandmaison. Leurs trente co-accusés, au nombre desquels figurait Héron, furent, bien que convaincus d'assassinats, de noyades, d'exactions, d'actes arbitraires, acquittés par le jury, comme ayant commis ces crimes « sans intention contrerévolutionnaire. »
La Convention sentit le scandale de cette impunité contre laquelle , dans la séance du 28 frimaire, protesta énergiquement Lecointre. Sur la proposition de Bourdon de l'Oise, elle décréta même : 1° que les individus mis en liberté par suite du jugement du 26 frimaire et qui avaient été convaincus d'assassinats, etc., commis sans intention contre-révolutionnaire, seraient réincarcérés; 2° que le tribunal révolutionnaire séant à Paris serait renouvelé \
Héron paraît avoir trouvé moyen d'échapper à cette
1 Le Tribunal révolutionnaire de Paris, d'après les documents conservés anx Archives de l'Empire, par Emile Cani pardon, Ho», 18G6, ia-6°, t. il, p. 62 eb 130, 131.