‹ Mémoires sur les Comités de salut public, de sureté générale et sur les prisonsChapitre 40 sur 126 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Fabriques de faux assignata élevées et soutenues par Delacroix et Danton. — Dernières paroles de Danton après son jugement.

Si, lors du jugement de Danton et Delacroix, on ne dévoila pas leurj complicité dans deux fabriques de faux assignats, c'est que le comité de sûreté générale voulait préserver quelques-uns de leurs complices. Ce délit, si vil et si bas, fut dénoncé par Miazinski avant sa mort ; il écrivit à la Convention qu'il avait de grands secrets à révéler ; des commissaires furent envoyés, et Miazinski déclara ces fabriques de faux assignats et des faits de trahison contre quelques autres. On rapporta à la Convention que Miazinski était ivre de punch, qu'il n'avait pas l'usage de ses sens ; mais Miazinski, irrité de la légèreté de la visite des commissaires, écrivit, et sa lettre fait la base de ces renseignements ; il en résulte que Delacroix et Danton avaient élevé et soutenu deux fabriques de faux assignats, sous la direction du nommé La Pallière, leur confident, et l'intime de Delacroix; lequel La Pallicre a été mis en arrestation, et sortit après le 9 thermidor, par l'intrigue de Bourdon de l'Oise. L'une de ces fabriques était à Liège, dans la ville même ; l'autre au château de Mérode, près d'Aix-la-Chapelle.

11 ne faut pas oublier la confidence que fit Danton, quelqucs instants avant de partir pour son exécution : Qu'importe, dit-il, si je meurs? j'ai bien joui dans la révolution, j'ai bien dépensé, bien ribotté, bien caressé des filles; allons dormir! Telles furent les dernières paroles de cet homme que l'on dit si pur et si délicat!

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