INTRODUCTION. VII
« Les commissaires ou agents particuliers nommés par les comités de salut public et de sûreté générale, par les représentants du peuple près les armées et dans le département par le conseil exécutif et la commission des subsistances, coupables, d'avoir excédé les bornes de leur mandat, ou d'en avoir négligé l'exécution, ou de ne s'être pas soumis aux dispositions du présent décret , en ce qui les concerne, eeront punis de cinq ans de fers... »
Le lecteur est maintenant édifié sur les fonctions attribuées, dans le mécanisme compliqué de la machine révolutionnaire, à ces deux rouages principaux, à ces deux ressorts moteurs : le Comité de sûreté générale, le Comité de salut public. 11 a pu compter les nœuds de cet immense réseau de correspondance, c'est-à-dire de dénonciation, d'intimidation, d'oppression, étendu sur la France, aboutissant aux mains des deux comités centraux. Maîtres de l'esprit public, de la force publique, ceuxci transmettent une impulsion souveraine aux agents nationaux ; sur tout point où est signalé le moindre mouvement suspect, où frémit la moindre velléité d'indépendance, le filet s'abat, les mailles s'épaississent, tirées à terre par les balles de plomb, les Comités révolutionnaires accourent et la proie est étouffée sur place ou expédiée à Paris, suivant son importance.
Des pouvoirs si nombreux et si illimités comportaient une fièvre d'ambition, une exaltation d'orgueil, exigeaient une dépense d'activité et de travail faites pour donner le vertige aux cerveaux les plus solides, pour épuiser en quelques mois les organisations les plus robustes. Il en fut plus d'une fois ainsi, comme l'attestent les actes des deux Comités et les aveux de plus d'un de ses membres.
À cette première réflexion s'en ajoute bientôt une autre qui résulte invinciblement de la lecture des pouvoirs