LETTRE XLII
ROUCHER A SA FEMME
Ce 10 nivôse an 2.
J'ai passé la nuit entière à écrire mes moyens justificatifs; mais la rédaction ne me satisfait pas. Il me faut, à mon ordinaire, du temps pour mieux faire; d'ailleurs rien ne presse. Ne soyez pas plus impatients que moi. Je suis privé de tout, puisque je ne vous vois pas; mais pour hâter le jour désiré, il ne faut pas le reculer à un terme indéfini.
1° Demandez seulement, en vertu du dernier décret, le nom de celui qui m'a accusé d'avoir fait un voyage à Rouen, peu avant le 10 août 1792, pour me réunir au parti royaliste qui était en force dans ce pays.
2° Demandez le nom de celui ou de ceux qui m'ont dénoncé, comme ayant toujours été connu par mes principes anti-
civiques, et notamment par la rédaction contre-révolutionnaire du Jotumal de Paris, dont fêtais coopérateur.
3° Envoyez-moi ensuite le second volume de ma traduction de Smith. 11 y a une note de ma main qui doit me servir.
4° Demandez en outre qu'on ôte mes scellés, parce qu'il y a dans mes tiroirs un cahier de lettres dont je puis faire un grand usage. Pressez cette levée; c'est là l'important, l'essentiel. J'y serai présent, nous nous verrons du moins, quelques instants, pour nous embrasser tous les trois, à moins qu'on ne veuille retarder jusqu'au retour d'Emile pour me
donner le bonheur d'embrasser toute ma famille réunie
Toutes réflexions faites, ne parlez pas encore de levée de scellés; mais demandez fortement, et à voix haute, les deux premiers articles, et puis laissez-moi faire. Nous aviserons aux scellés quand tout le monde sera revenu de la campagne.
Je n'ai pas fermé l'œil, parce que je ne suis pas accoutumé au travail de la nuit, et que ce travail m'échauffe prodigieusement.
Bonjour, mes bons amis! vous devez sentir autour de votre cœur l'étreinte de mes bras.
Le pain de la prison s'est trouvé excellent pendant quelques jours, on en donne ici à tout le monde. Nous l'avons préféré au tien, ne m'en envoie plus que lorsque je t'en demanderai.
LETTRE XLUI.
EULALIE A SON PÈRE
Ce 12 nivôse au 2.
Nous dînons aujourd'hui, ci-dessus, en famille. Les enfants de la maison tiennent à l'ancien style, et n'ont point perdu de dire, le premier de janvier : Je vous souhaite une bonne aimée. une grande fête pour eux. Oh! oui, bien grande. Leurs s ne sont point à Sainte-Pélagie. Pour moi, le commen- " ment d'une année, la fin d'une autre, sont tout un. Mes jours s'écoulent dans une uniformité de malheur. Aucune
nuance plus gaie ne vient les varier; le noir ne prend poin d'autre couleur, il reste noir. C'est en vain, que dans un sa Ion rempli de monde, de musiciens., de musiciennes, je vou drais me distraire; celui, sans lequel il n'est point de plaisir ne nous manque-t-il pas! je le cherche, et je le trouve, où' au fond d'une prison, sous des grilles, des verroux. Et puis la possibilité de prendre part à quelque distration. Quand cei images et ces pensées cesseront-elles de fatiguer mon cœur e mon esprit? Le remède à cette lassitude insoutenable es pourtant si facile ! quand on a les clefs, pourquoi tarder i ouvrir les portes? Qu'on les ouvre donc à ceux qui mériten tant de respirer l'air pur de la liberté!
LETTRE XLVL
ROUCHER A SA FILLE
Ce 14 nivôse an 2, à neuf heures et demie du soir.
Hé bien! ma tendre et chère Minette, comment as-tu sup porté le bonheur de la journée? Je te plains et te félicit tout à la fois, si ton âme est mélancoliquement affaissée comm la mienne. Quel doux souvenir cette entrevue si courte m' laissé pour la vie! Je le chéris sans doute aujourd'hui, mai je le chérirai davantage un jour, lorsque rendu à la paix d noire intérieur, nous parlerons de Sainte-Pélagie, de ce long corridor au fond duquel j'habite, sur un espace de quelque pieds; passant mes journées à m'occuper de ta maman, d toi, ma fille, de ton frère, de nos amis et de tous ceux qu nous donnent des consolations ; car il faut que j'associe tous ce êtres aimants qui nous environnent des soins les plus assidu et les plus empressés, dans ma triste captivité, et dans votr liberté peut-être encore plus triste. Que le témoignage de leu conscience, le sentiment du bien qu'il nous font, même pa leurs larmes, leur servent de récompenses. Je sais bien raidi mon àme contre l'injustice des hommes, et peut-être qu'alors
OU CORBESPONDANCE DE KOUCHER. 375
! ne suis pas très-loin de cette inaltérable tranquillité que les tn'iciens demandaient à leurs sages; mais la bonté amicale, ;s touchantes sollicitudes, les soins qui tiennent quelque chose e la religion du malheur, me surmontent, et je redeviens jiible, à force d' attendrissement.
j Crois-tu, ma tant bonne Minette, que ta maman et toi vous ,'ayez pas éclairci, pour moi, la hideur de mon donjon? Ah ! iiî m'était permis de vous y voir quelquefois, il y aurait en-ire des jours sereins pour ton père. Grand merci, mille fois, tu bien que ta vue lui a fait ! J'ai passé dans l'attente douteuse • ce bien, la seule mauvaise nuit que m'ait donnée Sainteci agie. Celle où je fus arraché dé vos bras et à vos larmes, u milieu de mon sommeil interrompu, il est très-vrai que je ins ici, sur un mauvais grabat, la continuer et l'achever en aux Je m'éveillai à sept heures, au soleil naissant, et je me s mandai, avec une espèce de honte, comment j'avais pu reouer le fil de mon sommeil. La raison s'en offrit à moi dans courage que je m'étais fait, en vous quittant, pour vous en lisser un peu à vous-mêmes, et ce fut alors que je me rap- Hai, avec quelque complaisance, la vérité de ce vers de La arpe :
L'homme a plus qu'il ne croit la force de souffrir.
Mais, hier, j'éprouvai plus vivement encore que ce même tamme, si fort pour le malheur auquel sa vie est destinée, 'es! plus aussi bien armé contre le seul espoir du bonheur, e bien triomphe de nous bien plus aisément, que le mal; i unit dernière en est la preuve. Il m'a été impossible de* les yeui avant quatre heures du matin; cet intervalle e temps s'allongeait, à chaque minute, de manière à ne point nir. Saurin a dit dans un vers magnifique :
Que la nuit paraît longue à la douleur qui veille !
| Il s'est trompé, il fallait dire à l'attente; et puis, dès sept
es j'étais debout, vous appelant, maman et toi, ma chère
pie, et craignant que mon espoir ne fût encore trompé. Pau-
res infortunées! vous vous êtes levées avant le jour. Le froid
du matin et du solstice ne vous a point retenues. Vous l'ave; vu, il vous a pressé sur son cœur, celui que vous aimez ei qui vous le rend bien. Mon sommeil sera paisible sans doute: il naîtra du bonheur de la journée.
Est-ce que je ne m'attendais pas à recevoir un mot avec le panier? J'étais riche de bien-être, et comme tous les riches, j'étais insatiable. Adieu, ma chère Minette ! demain au soir, je causerai encore avec toi. C'est mon quintidi ; grand jour de fête pour mon cœur ! Bonne nuit ! embrasse maman, embrasse Emile, embrasse tout le monde ■
Je veux que tous les cœurs soient heureux de ma joie.
LETTRE XLV
ROUCHER A SA FILLE
Ce 15 nivôso an 2, à neuf heures du soir.
Tu le vois, ma chère Minette, je suis exact au rendez-vous. M'y voilà, plume en main , puisque c'est la seule manière qu'on laisse à un père de communiquer avec sa fille. Ma lettre de ce matin à ta maman t'aura prouvé que j'avais bien su hier au soir ce que je faisais, quand, pour me pror curer un bon sommeil, j'avais commencé par t'écrire. La recette m'a réussi au delà de mon espérance. Il y a longtemps que je n'avais dormi d'un sommeil aussi long et aussi restaurant. Oh ! pour aujourd'hui, je m'attendais bien à quelque mot de ta part. Mais, sans doute que tu n'as pas trouvé un seul instant à dérober aux soins et aux mille distractions de la matinée. Nous avons ici trop de vingt-quatre heures d'un soleil à l'autre, et toi, pour le train ordinaire, et extraordinaire des choses, pas assez. D'ailleurs, c'est toujours de moi que tu es occupée de façon ou d'autre. Demain, peut-être, le seras-tu de causer avec moi? Car une lettre est une causerie, et elle n'est bien, que quand elle est cela.
Je me trompe, ma chère fille ; le génie épistolaire corn-
porte tous les tons, depuis le plus simple jusqu'au plus sublime. Il s'agit de se bien pénétrer du caractère des objets dont on parle. Ainsi, je parie d'avance que, dans le jugement littéraire que je t'ai demandé, ton bon esprit t'aura indiqué la bonne voie, pour arriver à la bonne manière de présenter tes observations critiques.
Du reste, sois tranquille; si, contre mon espérance, ta lettre n'était pas digne d'être communiquée, c'est-à-dire, si elle ne montrait pas l'enfant de mes soins, quoique j'aie parié que ta critique porterait quelques traits de ressemblance avec celle que j'ai faite de la copie (je me trompe, de la paraphrase française), je me tiendrais coi. Il ne sera question de ton jugement qu'entre nous. Je ne veux pas qu'on descende de la bonne opinion que j'ai donnée, en faisant part des lettres que tu m'as écrites. 11 faut conserver l'honneur des siens. Les pères et les enfants sont solidaires.
Tu n'oses point, m'as-tu dit précédemment, lire aux autres mes lettres tout haut. Et pourquoi donc ? Ne vois-tu pas que, si dans la société habituelle, tu te montres modeste, simple, ne blessant jamais l'amour-propre d'autrui, ne cherchant pas à paraître, à faire étalage, ou à te piquer d'intelligence, d'esprit et de goût ; cédant, par une honnête déférence, lors même que tu as la conviction que la raison est pour toi ; en un mot, préférant les qualités du cœur qui nous font estimer, aux talents qui n'inspirent trop souvent que de l'envie, talents qu'il faut se faire pardonner, en les voilant d'un demi-jour; ne vois-tu pas que tu n'as rien à craindre de la comparaison qu'on pourra faire de mes paroles avec ta personne? Tu n'as pas oublié nos conversations Bur ce chapitre important de l'éducation d'une femme. Dans quelque position que le sort te place, ton amour pour moi te répétera tout bas à l'oreille ceux de tes vers qui doivent le plus te rendre intéressante ■
Puis racontant, mais avec défiance, Ce qu'avait vu sa jeune expérience, Elle en semait ncs doctes entretiens.
La modestie et le talent, quelle charmante association ! Crois-moi; elle est bien vite saisie dans le monde, et celui qui est toujours prêt à refuser ce qu'on a l'air de lui demander avec empire, accorde sans peine ce qu'on ne lui demande pas. C'est donc même un amour-propre bien entendu qui. nous enseigne à ménager dans les autres cette maladie de tous.
Je ne sais ni comment, ni pourquoi, je me suis jeté tout au travers de cette morale. Tu pourrais me dire, cemme dans Plutarque : tu tiens là, hors de propos, de fort bons propos. Hé bien, soit! j'aime assez à trouver besogne toute faite, et je serais bien fâché qu'elle fût à faire.
LETTRE XLYI.
EULALIE A SON PÈRE
Ce 22 nivôse an 2.
Maman a dîné hier en ville. Je suis donc restée pour veiller au ménage, garder notre Emile, et recevoir mon oncle qui avait promis de venir dîner. 11 vient en effet à une heure et demie ; mais le voilà qui prétend ne point dîner, en tète à tête, avec une demoiselle. Il lui faut au moins une dame. La Donna apportatriœ était là; il ne fut pas nécessaire d'aller loin. Bientôt me voici transformée en maîtresse de maison, en que sais-je encore? Je fais mes petits, mes grands honneurs, comme voudrez, le mieux qu'il m'est possible. J'y mats tout ce que j'ai, amitié, attention, soins, bonne humeur, enfin toute ma médiocre fortune de moyens; celle des désirs est bien plus considérable. De celle-là il en était, il en est, il en sera toujours de même; c'est encore un parti à prendre. Pendant le festin, le voisin du troisième, mon bon ami; car savezvous, papa, que j'ai une grande amitié pour lui? c'est un si excellent homme ! Je l'appellerais volontiers, comme madame de Sévigné appelait un de ses amis, le bien bon ; j'aime mieux dire le
tout bon. Le tout bon, dis-je, causait, les pincettes à la main, je lui avais laissé le soin du feu. N'allez pas croiie au moins, que c'est ici, comme à Sainte-Pélagie; ni liqueur, ni eau-devie ; par extraordinaire seulement du calé. A cela près, le repas de Baucis, pour les dieux, n'était pas plus frugal.
La table où l'on servit le champêtre repas Fut d'ais non façonnés à l'aide du compas ; Encore assure-t-on, si l'histoire en est crue, Qu'en un de ses supports le temps l'avait rompue.
C'est le cœur qui fait tout. Que la terre et que l'onde Apprêtent un repas pour les maîtres du monde, Ils lui préféreront les seuls plaisirs du cœur.
LETTRE XLV1I
ROUCHER A SA FILLE
Ce 23 nivôse an 2, à neuf heures du matin.
Je viens d'écrire à ton oncle, ma chère Minette, et il te dira, sans doute, que tu es l'une de mes pensées habituelles. Mais qu'est-il besoin que je te le dise? ne le sais-tu pas? Sans doute! mais, comme je juge de toi d'après moi-même, tu auras du plaisir à entendre répéter ce qu'on ne peut entendre jamais avec indifférence.
Je t'ai fait là une rude méchanceté; conviens-en, ma chère Minette? Laisser passer un décadi, sans l'accompagner d'un pauvre petit mot, pour se venger! ce silence t'a donc fait de la peine, ma chère fille; j'en suis fâché, et peut-être aussi un peu bien aise. Juge à présent si, moi qui, dans mon triste manoir, soupire après les lettres, comme les malheureux damnés, dit on, après une goutte d'eau, juge comme je trouve consolant de voir reculer ma pitance de jour en jour. Je me suis habitué à ce commerce d'amitié, je ne saurais plus me passer d'en jouir, au jour et à l'heure dite. Maintenant que tu
as eu ton tour de peine, tu tâcheras de me garder toujours, de manière ou d'autre, environ trois heures par décade, c'està-dire, une heure et demie tous les cinq jours. Tu diras comme la malheureuse Didon :
Non ignara mali, miseris suecurrere disco. J'ai connu le malheur et j'y sais compatir.
Je ne réponds pas encore à ta lettre d'hier; M. le journaliste, j'attends votre numéro prochain. En attendant, vous saurez que je suis très-satisfait de votre jugement, et ce qui met le comble à ma joie, parce qu'on me prouve que mon cœur ne fausse point ici mon esprit, c'est que d'autres surtout en sont satisfaits. Promets-moi que la vanité n'entendra pas ce que je vais te dire, et tu sauras, en confidence, que le citoyen Chabroud est presque tombé de son haut. Mais chut! ne faisons pas la sottise, moi d'insister, toi de savourer. D'ailleurs, voyons si la suite m'arrivera et ne démentira point le commencement.
Voici une diversion à cette trop douce musique. Le citoyen Robert a fait un dessin charmant de Sainte-Pélagie. On lui avait envoyé d'autre part quelques détails historiques qui représentent cette sainte aimant à se promener et à rêver sur la fragilité des choses humaines, au milieu des monuments en débris de l'antique Asie. Ces détails la disent mère d'un enfant qu'elle élevait dans ces mémorables déserts. L'artiste s'est vite emparé de ce sujet. 11 l'a consacré dans un dessin colorié qu'il avait, je crois, manqué d'abord. La sainte était assise sur un débris de colonnes, devant un tombeau; une urne, un sarcophoge renversés. Près d'elle était son fils, mais détaché de sa mère, et faisant une seconde action dans lé tableau. J'ai modestement observé à l'artiste ce que je sentais. — J'ai voulu peindre la sainte, m'a-t-il dit, et non la mère. — Mais s'il était possible d'associer l'une à l'autre, ai-je répondu? — Hé! comment?, — Je placerais l'enfant grandelet, près de sa mère qui lui montrerait les preuves de la fragilité des choses, et peut-être qu'avec un tombeau d'une jeune fille que je placerais là, je produirais uu sentiment aussi
OU COiUiESPONDANCE DK ROL'CflER. 3S1
mélancolique que celui qu'inspire le in Arcadia ego de Poussin. Robert m'a entendu, et ses crayons ont réalisé ma pensée, en l'embellissant. 11 a placé, devant les deux personnages, le tombeau d'une jeune fille, avec des vers mutilés et dont il ne reste que ces -mots entiers :
Rose, elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin.
Tu as grandement raison de vouloir frotter ta cervelle à la cervelle de Montaigne. Sa morale est usuelle ; à tous les moments de la vie, on trouve occasion de la mettre en pratique. C'est, je crois, de tous les moralistes, celui qui, sans le chercher, est descendu plus avant dans l'homme. Ce n'est que lui qu'il met en scène; et cependant, à chaque instant, on ôte son chapeau, et l'on fait la révérence, pour saluer des personnes de sa connaissance. Et puis ce style original, pittoresque, sublime et naïf! cette foule d'expressions neuves, trouvées, qui font de la langue de Montaigne une langue nouvelle, dans le Français! J. Jacques en faisait une de ses lectures chéries, et il est assez vraisemblable qu'il a ajouté, par ce commerce, à sa fortune native. Tu trouveras les Essais, petit format in-12, dans la première armoire à gauche, à côté de la porte de mon cabinet, sur le premier rang du rayon le plus élevé.
Quant aux pièces d'Ossian que ton oncle demande, chercheles dans la grande armoire , du côté du buste de Crébillon, sur l'un des rangs du milieu. Ces poésies sont en deux volumes in-8°. Tu ne connais pas ces productions supposées des siècles barbares, dans les montagnes d'Ecosse. 11 est rare le talent qui contrefait à ce point le génie brut ! Macpherson à qui on doit ces poésies, et qui trouva, dans les parties les plus reculées de l'Ecosse, quelques morceaux conservés par une tradition orale, parvint à tromper, dès l'abord, tout le monde littéraire. Il chante une nature, des temps, des mœurs, une religion, qui ont une physionomie extraordinaire. En un mot, il a réalisé Ossian, l'Homère des anciens Bardes,
à un tel point, que le vrai Ossian ne paraît pas avoir été autre chose.
Tu vois, ma chère fille, que je répare un peu le mal que t'a fait ma petite malice. J'ai causé pour deux décades. Allons! c'est bien fait ! tu me le payeras au centuple. Bonjour, ma Minette ! embrasse ta maman et ton frère. Quand viendra le temps où je n'aurai plus de semblable commission à te donner, c'est-à-dire, où je ferai moi-même mes affaires?