‹ Mémoires sur les modifications à apporter à la fortification en raison de la portée nouvelle des armes à feu, par... V. MordretChapitre 19 sur 20 · A ENCEINTE CONTINUE · texte numérisé non relu

A ENCEINTE CONTINUE

L’ennemi a couronné le chemin couvert en entier en deux jours et deux nuits et converti cette nouvelle enveloppe en une batterie continue avec laquelle il contrebat les batteries de l’assiégé, bat en brèche en même temps les demi-lunes, le saillant et les angles d’épaule du bastion dont il démolit les flancs (planches 15-23-31 de l’attaque des places par Vauban).

Ayant ainsi détruit toutes les batteries de l’assiégé et démoli la place , il se sert de ses batteries pour 'éclairer les fossés et en interdire l’accès à l’assiégé.

Dans cette position, maître de tout, l’ennemi fait tranquillement son passage de fossé , son établissement sur la rampe de la brèche, et au moment de l’assaut il peut, sans crainte d’être inquiété, rassembler dans les fossés ses matériaux, ses travailleurs et former ses colonnes d’attaque.

De manière à pouvoir se présenter au sommet de la brèche en colonnes serrées et compactes , qu’il est difficile à l’assiégé de repousser et refouler en arrière, n’ayant point d’artillerie et ne pouvant pas déboucher dans les fossés.

L’assaut aux bastions se donne dans les mêmes conditions, l’ennemi ne trouvant de résistance que celles préparées à l’intérieur lorsque l’assiégé prend le parti (fort rare) de soutenir cet assaut, qui entraîne après lui la reddition de la place.

Ce mode d’attaque s’applique complètement au front de Vauban -(fig. 16), d’après lequel ont été fortifiées la majeure partie des places de France.

Il s’applique également au système de fortification (fig. 17-18), qui est celui des places de Landau et de Neu-Brisack M), quoique ces tracés diffèrent essentiellement du tracé (fig. 16), en ce que les ouvrages extérieurs comprennent deux bastions et que l’enceinte intérieure voit ces ouvrages même

fl) Neu-Brisack a été fortifié vers 1700 par Vauban , mort en 1707.

après leur occupation et peut se défendre elle — même, en étant séparée par un fossé.

Mais le corps de place est ricochable , il est vulnérable par les contre-batteries de l’assiégeant, ses contre-batteries, et entièrement destructible par celles établies dans les bastions extérieurs.

Mais si vous portez le front extérieur c d (fig. 18) en C D (1), à une distance de 250 mètres environ du corps de place, de manière à pouvoir (fig. 19) couvrir le corps de place par un bon glacis et chemin couvert (2).

Les ouvrages extérieurs alors couvrent l’enceinte contre les feux de ricochet, et le glacis la préserve entièrement contre le canon de l’ennemi môme maître des ouvrages extérieurs.

Et vous ne pouvez plus alors, comme ci-dessus, . vous contenter d’attaquer deux demi-lunes et un bastion, comme on peut s’en convaincre par l’examen de cette attaque indiqué fig. 1 5 (3).

(1) l’our cela faire, il suffit (l'enceinte inférieure restant la même) d'imaginer que les saillants c d (fig- 18) des bastions eitérieurs s'avancent arec des vitesses égales sur les capitales Oc — O d et que les autres points t g i h f marchent également sur les lignes qui les joignent au centre O , avec des vitesses proporlionuellés à ces distances.

(2) En complétant les ouvrages extérieurs sur la fig. 19 au moyen de la fig. 3, on aura le front que nous avons proposé lequel n’est alors que le front de Neu-Brisack adapté aus armes nouvelles 6 grande portée, lequel peut être regardé comme la dernière pensée de Vauban (quelle qu’elle soit) écrite avec la carabine Minié.

(3) Alors (fig. ia)le» fronts 1, 2 = 3, 3, de l'enceinte intérieure ne

Il faul absolument, dans ce cas, donner à l’attaque le développement indiqué (fig. 14), comprenant trois bastions et quatre demi-lunes; ce qui est une œuvre énorme et sans exemple jusqu’à ce jour.

Enfin , il est un autre avantage qui tient à la grande saillie des demi-lunes, c’est que l’ennemi ne peut point établir de contre-batteries. Ce qui permet à l’assiégé de conserver son artillerie de position et d’être ainsi maître des fossés, et force l’ennemi à subir continuellement le feu de l’artillerie de la place. ( Position toute nouvelle dans l’attaque. )

L’assiégé trouve ainsi de nouveaux moyens de défense dont je vais essayer de faire ressortir l’importance dans ce qui suit.

sont pas désarmés et opposent, aui feus de l’ennemi, anc puissante artillerie qui, en outre, voit les glacis de la place, de plus l’assiégeant occupant les bastions extérieurs A C, construit dans ces bastions et sur le glacis des batteries inaccessibles bien soutenues qui enveloppent l'ennémi, et donnent toutes des feux plongeants et rasants sur le glacis, lesquels 6e croisent devant le bastion î d'attaque , qui se trouve ainsi placé dans un rentrant inabordable.

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