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Dlodore lui-même n'en parle pas, et ce n'est que Strabon et Pline qui vieuDent nous les fains connaître en parlant du canal de Ptolémée. Ceci prouve que depuis l'époque de Nécos et de parius jusqu'au temps de Ptolémée la mer sétait déjà reUrée, et ne laissait plus de ce côté que des marais salés ou amers, comme les nomment Strabon et Diodore.
Effectivement, on voit dans le sud-ouest de Gbek Ennédek une hauteur où il y a une berge ou digue de canal, soit en partie formée naturellement, soit par la main des hommes, et constituant le fond du golfe, au commencement du lac Timsah dans sa partie sud.
Ceci explique encore pourquoi Ptolémée II aura voulu bâtir une autre ville que celle d'Héroopolis, celle d'Arsinoé; et pourquoi aussi il aura conduit la partie du canal qui porte son nom depuis les marais, dont nous avons parlé, jusqu'au lieu où nous voyons aujourd'hui les ruines d'Arsinoé.
L'atterrissement de Chalouf s' étant élevé, les chaloupes n'arrivaient plus que difficilement jusqu'à cette place; et alors, le même Ptolémée, qui avait fondé et bfiti Arsinoé, éleva la ville de Bérénice au sud de Coseir.
Sous les Romains, lorsque Trajan et Adrien rétablirent le canal, l'atterrissement n'avait pas fait de grands progrès; mais, à l'époque d'Amrou, il s'était tellement élevé qu'il fallut y pratiquer un canal pour laisser circuler les bâtiments.
Je regarde comme probable qu'à cette dernière époque, l'atterrissement était complet, et que les eaux du bassin de l'Isthme étaient peut-être déjà évaporées.
Alors Amrou aura d'abord laissé couler les eaux du Nil dans le bassin ; c'est pour cela qu'on y voit des produits attestant la présence des eaux douces; et que les parties à l'orient, où sont les bois de Tamariscs, et à l'occident vers l'Ouadée Ackram, où il y a beaucoup de végétation, arbustes et plantes, ayant reçu des troubles de terre végétale, auront produit cette végétation.
Lorsque, plus tard, les eaux se seront évaporées, pour avoir de l'eau douce dans le canal jusqu'à Suez, il fallut bien remplir les bassins avec l'eau du Nil, ou bien creuser, comme on vient de le faire dernièrement, un canal contournant les Lacs Amers d'aujourd'hui, ou le bassin de l'Isthme.
Mais rien n'indique que ce canal ait été fait; alors il fallait au temps d'Âmrou qu'il y eût une fermeture à l'entrée des bassins, au seuil du Sérapéum d'aujourd'hui, et une autre à Suez.
Effectivement, au débouché du canal dans le bassin de risthme il y avait un grand établissement qui a dû être fait pour des magaâns, un long mur de quai; et il est probable que sous les sables accumulés en cet endroit se trouvent les restes de la fermeture du canal.
 Suez même, on en voit les restes sous le monticule des ruines de Clysma, en ce point où sont les constructions attribuées au pont de Kolzoum, restes qui semblent former une espèce de darse; et ce qui prouve qu'alors les eaux du Nil dans le canal, à leur arrivée à la mer, à Suez, étaient plus élevées que celles de cette mer, c'est que les berges du canal étaient en mâ« çonnerie et remblais pour maintenir les eaux; ce sont ces restes de murs que l'on voit encore de distance en distance se dirigeant du monticule de Tel-el-Glysmel vers le nord.
Enfin, je le répéterai encore, il y a eu trois atterrissements : le premier, qui se rapporte à une époque géologique bien antérieure à tout ce qui est historique, c'est celui qui existe entre les lagunes les plus au sud du lac Menzaléb et le lac Timsah, nommé seuil de Gisr. Le second, entre le lac Timsah et le bassin de l'Isthme, c'est celui que nous nommons le seuil du Sérapéum, formé comme je l'ai dit précédemment. Et le troisième, formé, comme^je l'ai fait voir aussi, entre les bassins de risthme et le fond du golfe actuel, nommé seuil de Chalouf-el- Terabba.
Et si le Canal maritime de Suez venait à être comblé, le port de Suez se fermerait dans la suite par l'allongement du banc de Suez jusqu'à la côte d'Asie. Alors la baie de Suez deviendrait ce qu'a été le lac Timsah, et plus tard, un seuil comme celui du Sérapéiun se formerût à la pointe de l'Adabièh, qui s'avance tous les jours vers l'est