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les différents biefs à ta hauteur des terraîus qui peuvent être arrosés et dont la surface est déterminée par le cadastre qui en a été dressé.
Pour cela, les barrages doivent être élevés aux différentes hauteurs des cotes de niveau déterminées pour ces terrains.
On a fait un canal provisoire pour donner de Feau dans le canal de TOuadée, à l'aide de Tancien canal de Zaffrannè, afin d'en fournir à Ismaîliéh et k Suez, en attendant que le vrai canal, celui qui aura sa prise d'eau à Casr-el-Nil, soit terminé ; mais ce canal, qui a pu être nécessaire lorsque Ton ne pouvait, pour une raison ou une autre, immédiatement travailler au véritable, ne sera plus utile, si celui qui doit avoir sa prise d'eau à Casr-el-Nil se termine; au contraire il peut devenir un inconvénient, une charge.
Le canal de Choubra, ayant sa prise d'eau dans le Nil, cette prise d'eau se trouve à environ 0'",60 en contre-bas de celle du Zaffrannè. Ainsi, lorsque les eaux des deux canaux se rencontreront à leur jonction, celles du canal venant de Choubra, qui arrivent presque perpendiculairement au cours du Zaffrannè, perdront leur vitesse ; il y aura dans cet endroit un remou arrêtant peut-être les eaux venant par le canal provisoire de Choubra, et certainement il s'y formera un fort atterrissement, qui nécessitera des curages continuels.
Le canal de Choubra deviendra pour ainsi dire inutile pour la fourniture des eaux pendant les crues; car celui d'ismaîlièb peut en donner plus qu'il n'ei) est nécessaire, et pendant les basses eaux, il n'augmenterait pour ainsi dire pas celles du canal principal.
On devra construire un barrage régulateur avec écluses à la prise d'eau du canal de Choubra, travail considérable et fort coûteux ; de plus, il faudra exécuter d'aurres travaux dispendieux, pour maintenir dans le fleuve la prise d'eau dans de bonnes conditions, qui n'existent pas aujourd'hui.
L'embrancheoient de Choubra, à première vue, peut être utile pour la navigation, afin d'éviter aux barques, venant d'ismaîlièh et devant se rendre vers le nord de l'Egypte, le détour jusqu'au Caire afin d'entrer dans le fleuve par la prise d'eau de
Gasr-el-Nil pour le descendre ensuite; ainsi que pour celles devant faire le même trajet en sens inverse; mais cet avantage semble bien minime comparativement aux dépenses d'établissement et d'entretien qu'il faut faire pour l'embranchement de Ghoubra. *
Avant tout on devrait décider la question de la nécessité de ce barrage, puisque l'on doit probablement le commencer bientôt, et que l'on construit le pont du chemin de fer, qui traverse cet embranchement de Ghoubra.
Il faudrait mettre de l'ensemble dans tout le système, soit que l'on conserve ou que l'on annule la prise d'eau de Ghoubra.
Par exemple, d'après tout ce qui se fait, l'écluse de prise d'eau de Ghoubra doit avoir 8", 50 d'un bajoyer à l'autre; la largeur du pont entre les deux culées 12 mètres \ si de celui-ci on veut faire un pont mobile, il faudrait dès aujourd'hui en déterminer le système.
L'écluse de prise d'eau à Gasr-el-Nil n'a que 6 mètres de largeur ; le pont Lemouii ade chaque côté de la pile-support environ 8 mètres ; pourquoi cet ensemble anormal de dimensions différentes?
Tout cela provient de t^e que tous les différents projets qui ont été faits séparément, en ne prenant qu'une connaissance imparfaite, superficielle de tous ceux qui ont précédé, ont jeté du trouble dans les idées de ceux qui ont fait les derniers, et qu'aujourd'hui le système du Ganal d'Ismaïlièh actuel est composé de pièces et de morceaux sans un ensemble général bien combiné, sans que personne prenne la responsabilité d'un projet ou d'un métré en l'étudiant sérieusement; ce qui peut occasionner beaucoup d'autres travaux pour mettre le tout en ordre et en harmonie.
Nous sommes arrivés à ce qui se fait; peut-être plus tard aurons-nous à revenir sur ce Ganal d'eau douce dont le projet a été tant de fois modifié» sans jamais être amélioré.
NOTE A CONSULTER POUR L'ACHÈVEMENT DU CANAL ISMAILlâfl. '
Le projet du Canal d'eau douce, dit IsmaïHèh, fut d*abord dressé par Linant-Bey et approuvé par M. Conrad, Tiogénieur délégué par la Commission internationale, puis arrêté et déddé par cette Commission.
Ce projet consistait à prendre les eaux à Gasr-el-Nil, où on barrage devait être construit avec écluses pour régler la recette des eaux, et un sas avec portes pour le passage des barques, comme il a été construit avec modifications.
Le Canal était tracé dans Tancien Khalig Zaffraunè jusqu'à Kafr Hamza plus au nord de Sériakos, de là allait à Menayer, puis le long du désert jusqu'à Gawarnè, d'où il traversait rOuadée Toumilat, et ensuite longeait cette vallée dans la partie nord jusqu'à Néfiché, près Abou Balah.
Afin d'éviter les curages annuels à une profondeur au-dessous de l'étiage et de pouvoir curer le Canal plus facilement, il ne devait être creusé que jusqu'à l'étiage ; et au moyen de machines hydrauliques, les eaux étaient élevées à 2 mètres, ce qui devait être la hauteur des eaux pour le Canal pendant les basses eadx.
Ce Canal devait être divisé en plusieurs biefs, pour racheter la pente et ne pas être forcé, pour qu'il fût navigable, de donner une grande quantité d'eau.
Pendant les crues, c'est-à-dire depuis le mois de juillet jusqu'en février, environ sept mois, les machines ne devaient pas font^tionner pour alimenter le Canal, et pouvaient être employées à tout autre chose ; le Canal alors était rempli dans chaque bief à la hauteur de tous les terrains qu'il pouvait arroser.
On avait un barrage régulateur des eaux, avec un sas pour le passage des barques à la prise d'eau de Casr-el-Nil, comme nous l'avons dit;
Un second à Kafr Hamza, près Sériakos ;
Un troisième à Bulbeïs ;
Et un quatrième à Gawarné.
Puis on avait un seul bief jusqu'à Abou Balah ou Néfiché, où se trouvait la dérivation du canal vers Suez, comme elle l'est aujourd'hui.
De ce dernier bief, comprenant de Gawarnè à Néfiché, il fallait pour descendre au lac Timsah à Ismaïlièh trois écluses, et pour la partie allant à Suez le même nombre.
De cette manière on diminuait les remblais dans la traversée de rOuadée ou de Gawarnè au nord d'Abascè, et dans la partie jusqu'à Néfichè.
Les avantages de ce projet et de ce tracé étaient :
!«» Que, malgré les différences des étiages du fleuve, au moyen des machines on obtenait, pour le temps des basses eaux, toujours les mêmes quantités d'eau ;
2** Que, pendant les hautes eaux, on pouvait par de simples saignées aux berges arroser, et par conséquent cultiver tous les terrains cadastrés sur les deux rives du Canal dans les différents biefs, et qui forment un total de 31.000 feddans en plus de ce qui est cultivé aujourd'hui ;
3« Que les dépenses des machines et leur entretien coûtaient bien moins que le creusement du Canal à 2 mètres au-dessous de l'étiage, et que les curages à fau-e chaque année indispensablement, puisque pour les canaux séfi il faut tous les ans en faire un considérable;
4° Qu'au moyen des différents biefs, on pouvait curera sec en fermant les écluses pendant fort peu de jours;
5» Que, par un canal avec différents biefs, les eaux pendant l'étiage pouvaient être réglées, et la navigation et les anosages séfi ne pouvaient en manquer;
6« Que les terrassements étaient beaucoup moindres, en faisant différents biefs;
T Que le Canal était indépendant de tous les terrains aujourd'hui cultivés, qui recevaient déjà des eaux par d'autres canaux;
8" Que la pente était diminuée à volonté ;
9° Et qu'enfin toutes les constructions de barrages et d'écluses, etc., etc., devaient ÔU-e pour les fondations à des profondeurs moindres que si l'on creusait le canal en contre-bas de
Fétiage ; il en résultait doDc une grande économie et beaucoup moins de difiScultés.
Ce projet, qui avait été approuvé par le Conseil des travaux de la Compagnie, fut tracé sur le terrain; mais quand la Compagnie reprit ce travail que le Gouvjernement égyptien devait d'abord exécuter, alors les ingénieurs voulurent faire quelque cbose de nouveau, comme tout le monde fût. Us ne changèrent pas le tracé du canal, ce qui ne se pouvait, puisqu'il n'y en avait pas d*autre possible, mais ils voulurent établir le canal sur un autre régime, c'est-à-dire à cours libre, en le creusant à 2 mètres en contre-bas de Tétiage.
La partie de la prise d'eau jusqu'à TOuadée ne fut jamais exécutée ; mais comme on pouvait avoir de l'eau par le canal de Zagazig à rOuadée, qui était alimenté par le Cbercawè, on creusa la dérivation vers Suez, et on y laissa couler les eaux librement selon le régime du projet de MM. les Ingénieurs de la Compagnie.
Il arriva que bientôt on fut persuadé que le régime de ce canal à cours libre n'était pas rationnel, et on le divisa en quatre biefs avec écluses, comme cela avait été indiqué dans le premier projet.
Cela prouve évidemment que la partie du Canal depuis le Caire jusqu'à l'Ouadée ne pouvait, pas plus que la partie allant à Suez, être faite avec le régime d'un canal à cours libre, mais bien avec différents biefs.
Plus tard, la Compagnie abandonna le creusement du Canal au Gouvernement égyptien, devenu propriétaire de ce canal.
Alors, on fit un autre projet participant du primitif et de celui des ingénieurs de la Compagnie. Mais on devait toujours creuser le canal à 1",50 en contre-bas de l'étiage, et en même temps y établir différents biefs, puisque avec ces écluses et ces biefs on laissait une pente régulière au fond du canal.
De ce système mixte et confns, il devait résulter plusieurs inconvénients.
Le premier était l'obligation d'enlever annuellement, d'une manière ou d'une autre, une quantité de sable et de limon, qui serait apportée dans le premier bief du canal, depuis le Nil jusqu'à Sériakos.
Le second, d'avoir à faire un barrage avec des fondations très-profondes, ce qui occasionne toujours une grande dépense.
Le troisième, c'est qu'en donnant une pente uniforme au plafond du canal, il se trouve qu'àTétiage dans le premier bief, il y aura sur le plafond en amont du barrage de Sériakos environ S^yOO d'eau, tandis qu'à la prise d'eau il y aura seulement 2 mètres, ce qui fera qu'il y aura une partie de ce bief creusée tout à fait inutilement. Dans le second bief de Sériakos à Bulbeîs, il y aura en amont du barrage de Bulbeîs une différence de profondeur d'eau avec l'aval de celui de Sériakos d'environ 1°*,75, ce qui fait qu'il y aura encore ici une plus grande partie que dans le premier bief de creusée inutilement. Dans le bief de Bulbeîs à rOuadée, si l'on ne fait pas une écluse et un barrage à Gawamë, il y aura de l'aval du barrage de Bulbeîs au bief de l'Ouadée une différence de niveau d'environ 2"*,65 ; et alors, comme de toute nécessité il faudrait un autre barrage et une autre écluse pour partager ce bief de Bulbeîs à l'Ouadée, soit qu'on le place à Âbascë, à Gassassine, à Mahsama, à Tel-el-Maskhouta ou à Saba Biars, il faudra toujours élever de beaucoup les berges du canal dans la partie en remblais traversant l'Ouadée, afin qu'elles ne soient pas débordées, ce qui sera un travail très-coûteux, étant tout en remblais, et de plus très-dangereux par la possibilité de la rupture des berges faites aussi entièrement en remblais.
Il est donc rationnel et de toute nécessité que ce soit à Ga- -wamé et non ailleurs, que l'on place une écluse.
Pendant les hautes eaux, il faut les maintenir dans les différents biefs à la hauteur des terrains qui peuvent être arrosés, et dont la surfaceest déterminée par le cadastre qui a été dressé; pour cela les barrages doivent être élevés aux différentes hauteurs des cotes de niveau déterminées pour ces terrains.
On a fait un canal provisoire pour donner de l'eau dans le canal de l'Ouadée par l'ancien ZafTrannè, afm d'en fournir à Ismaïlièh et à Suez, en attendant que le vrai Canal, celui ayant sa prise d'eau à Casr-el-Nil, soit terminé: mais ce canal, qui pouvait être nécessaire lorsqu'on ne voulait pas immédiatement travailler au véritable, ne sera plus utile, si celui qui a sa prise
d'eau à Gasr-el-Nil se termine, et il peut même devoûr un inconvénient.
Le canal de Ghoubra a sa prise d'eau dans le NU en contrebas de celle du canal ayant sa prise d'eau à Gasr-eUNil d'environ 60 centimètres; lorsque les eaux des deux canaux se rencontreront à leur jonction, celles du canal venant de Ghoubra perdront leur vitesse et il y aura dans cet endroit un remou qui formera un fort atterrissement nécessitant des curages continuels.
Le canal de Ghoubra deviendra pour ainsi dire inutile pour la fourniture des eaux, car celui d'Ismaïlièh peut en donner plos qu'il n'en est nécessaire; et à l'époque des basses eaux, ce canal n'augmenterait que bien faiblement celles du prindpal canal. On devra construire un barrs^ régulateur avec écluses à la prise d'eau du canal de Ghoubra, travaU considérable et coûteux ; de plus, il faudra exécuter d'autres travaux coûteux encore pour maintenir dans le fleuve la prise d'eau dans de bonnes conditions, qui n'existent pas aujourd'hui.
L'embranchement de Ghoubra, à première vue, peut être utile pour la navigation, aûn d'éviter aux barques, venant d'Ismaîlièb et se rendant vers le nord de l'Egypte, le détour jusqu'au Gaire pour entrer dans le Nil et descendre le fleuve, ainsi que pour celles devant faire le trajet en sens inverse ; mais cet avantage semble bien minime comparativement aux dépenses d'établissement et d'entretien qu'il faut faire pour l'embranchement de Ghoubra.
Avant tout, il faudrait décider la question de la nécessité de ce barrage, puisque l'on doit le commencer bientôt, et que Ton construit le pont du chemin de fer qui traverse cet embranchement de Ghoubra comme un pont fixe, ce qui fait que les barques ne pourraient entrer et sortir par là pour naviguer sur le canal Ismaïlièh.
De tout ce qui vient d'être dit ici, on arrive à cette concluâon : c'est que les différents projets, qui ont été faits séparément, eo ne prenant qu'une connaissance superficielle de ceux qui ont précédé, ont mis du trouble dans les idées de ceux qui ont fait les derniers ; et que le système actuel du Canal Ismaîliëli
est aujourd'hai composé de pièces et de morceaux sans un ensemble général, sans que personne prenne la responsabilité d*un projet ou d'un autre en l'étudiant sérieusement : ce qui peut occasionna beaucoup d'autres travaux pour remettre le tout en ordre et en harmonie.
Cela peut encore être évité, si dès aujourd'hui (puisqu'il en est temps encore) on reprend tout le travail, tout ce qui a été fait à propos de ce projet de canal, afin que de tolites les parties on fasse un ensemble complet et entièrement satisfaisant.