‹ Mémoires sur les principaux travaux d'utilité publiqué éxécutés en Egypte depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos joursChapitre 39 sur 61 · PROJBT POUR RENDRE A LA CULTURE LE LAC MARBOTIS · texte numérisé non relu

PROJBT POUR RENDRE A LA CULTURE LE LAC MARBOTIS

Parmi les projets qui furent étudiés pendant le règne de liéhémet-Ali, se trouve aussi celui de rendre à la culture tout le bassin du lac Haréoâs, avec un canal de communication de la branche de Damiette à celle de Rosette dans la partie nord du Delta. En voici les détails, quant aux tracés ils se trouvent sur la carte de la Basse-Egypte faite par M. Linant. (Voir la Pl. I).

Le lac Maréotis s'est desséché peu à peu chaque année, et plus promptement encore dans ces derniers temps que précédemment depuis la construction de la voie ferrée, parce que l'on ne laisse plus arriver sur les terres de la province de Béhéré autant d*eau que par le passé pour le lavage des terrains et leur amélioration ; car l'écoulement de ces eaux après l'inon-

Digiti

dation ne pourrait aujourd'hui se faire dans le lac Maréotis, seul lieu propre à cet écoulement, sans compromettre la sécurité de la voie ferrée. Mais alors, du temps de Méhémet-Ali, le chemin de fer n'existait pas ; nous dirons ici ce gui fut projeté, et nous indiquerons pour Tamélioration des irrigations les additions qu'il faudrait faire, afin d'atteindre le but proposé : celui de rendre à 1a culture le lac Maréotis.

On sait qu'il n'y a aujourd'hui que quelque peu d'eau provenant des écoulements après l'inondation de la province et les eaux de pluies avec quelques écoulements des rizières des environs du Hahmoudiéh dans la partie qui avoisine Alexandrie, qui viennent alimenter les restes de la cuvette du lac Maréotis, avec un peu d'eau de mer qui y pénètre par la tranchée du Mex.

L'étendue totale des terres incultes que l'on peut considérer comme appartenant au bassin du Mariout et d'une autre partie le long du désert, aux environs de Hoche-Issé, peut être évaluée à 220.000 feddans, et il est déplorable de voir près d'une grande ville comme Alexandrie autant de terrains abandonnés, dont une partie consiste en marais salants. Les eaux qui remplissent le lac proprement dit proviennent des écoulements des eaux qui ont servi à l'inondation des terres de la province et de celles des rizières qui toutes ne peuvent être que nuisibles à la salubrité d'Alexandrie.

Ce n'est pas le dessèchement des terrains du lac qu'il faut opérer, il y en a d'ailleurs fort peu, cela ne servirait à rien, le sous^ol étant formé par une couche saline, on ne pourrait cul- , tiver ; il faut simplement laver ce bas-fonds et le combler avec les eaux et le limon du Nil sans avoir recours au dessèchement

La superficie occupée par les terrains autrefois cultivés, qui ont été submergés il y a soixante-dix années par les eaux de la * mer, est avec la partie qui forme la cuvette du lac de 1A3.000 feddans faisant partie des 220.000 ; lés 76.753 restant ne font point partie de ces deux catégories.

Ces 1 A3. 000 feddans se divisent en deux parties distinctes : l'une, la plus élevée au-dessus du niveau de la cuvette, est de 95.628 feddans ou 401.637.600 mètres carrés.

La partie basse» d'une superficie de i7.619 feddiuDS,/Oa 190.999*800 mètres carrés, est celle où les eaux d'éconlemeot, les pluies et les infiltrations de la mer par la tranchée de Mex viennent chaque année former les grandes salines du lac Maréotis oudeMariout.

La première partie, la plus élevée, est facile à rendre à la culture. C'est ce que l'on a déjà tenté plusieurs fois.

Beaucoup de terrains du même genre qui ne produisaient plus rien, et surtout ceux de Simbillaoueîn dans le Gherkiéh ont été rendus à la culture et sont devenus d'excellentes terres en deux années, ou deux crues, par de grands lavages d'eau du Nil exécutés au moyen de canaux qui en apportaient sur les terres, au moment des crues, une grande quantité.

On laisse peu séjourner cette eau sur les terres, puis on la fait écouler pour la remplacer par d'autre; ces eaux chargées de limon servent non-seulement à laver les terres et à dissoudre les sels qui seraient nuiûbles à la végétation, mais enc(»e y déposent les troubles si productifs que le Nil charrie.

Pour obtenir ce résultat dans les terrains du lac Maréotis, il faut séparer la superficie du lac et des terrains incultes environnants en deux parties, par une digue qui entourera la plus haute, où les eaux ne forment plus, après les pluies et les inondations, cette couche de sel qui se renouvelle chaque année dans la partie basse.

Il faut d'abord une digue pour empêcher les terrains aujourd'hui cultivés d'être submergés, il faut ensuite surélever la voie ferrée.

Le canal, qui avait son embouchure à Thérièh et qui, en longeant le désert, passait à Ghek Issè, arrosait les terres de Hoche- Issè, allait à Racbad, et même jusqu'au Mariout, serait remis en état, et d'ailleurs il servirait encore à h province pour les arrosages.

Ce canal recevrait les eaux des inondations et ne servirait pas pour l'étiage ; et pour ne rien changer au régime du canal de Khatatbé, il traverserait ce dernier au moyen d'un syphon, comme cela se pratique dans toute l'Egypte dans de semblables circonstances et conmie il en existe déjà un sous le Khatatbé; à l'aide

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