‹ Mémoires sur les principaux travaux d'utilité publiqué éxécutés en Egypte depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos joursChapitre 49 sur 61 · DISTRIBUTION DES EADX DANS LA VILLE D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES EADX DANS LA VILLE D'ALEXANDRIE

Un des travaux de la plus grande utilité publique exécutés en Egypte dans ces derniers temps a été, sans contredit, la distribution de l'eau dans la ville d'Alexandrie.

Cette ville, malgré le grand nombre de magnifiques citernes laissées par les Ptolémées, par les Romains et aussi par les Arabes, était loin d'avoir à sa disposition la quantité d'eau nécessaire aux besoins de ses habitants, dont le nombre, depuis l'arrivée de Méhémet-Ali au pouvoir, était plus que quadruplé. Les citernes par elles-mêmes, par leur grand nombre, leur capacité, auraient suffi et au delà à tous les besoins, si toutes avaient été en bon état, si elles eussent été déblayées, vidées, nettoyées et que les canaux alimentaires de ces citernes eussent été praticables au passage des eaux ; mais un très-petit nombre seulement de ces citernes était en état de subvenir aux besoins de la population.

Quelques puisards, ou l'on trouvait des infiltrations du canal et du Nil, donnaient aussi des eaux ; et pendant les crues, lorsque les eaux du Nil arrivaient par le canal Mahmoudièh, on remplissait les citernes, qui quelquefois aussi Tétaient par les pluies. Dn plan de ces citernes et des conduits souterrains de la ville d'Alexandrie est entre nos mains, mais il serait trop dispendieux de le faire graver, et, d'ailleurs, il serait peut-être de peu d'utilité aujourd'hui ; comme il a été dressé par l'ingénieur

des fortifications Galice-Bey, il doit se trouver aux ArchÎTes de la voirie ou des fortificatious d'Alexandrie.

En 1867, au mois de juillet, S. A. Sa!d-Pacha parla pour la première fois de la distribution des eaux dans Alexandrie, importante question dont M. Sabatier, Agent et Consul de France en Egypte, l'avait souveat entretenu comme d'un travûl déplus éminemment utiles pour la ville d'Alexandrie, dont l'agrandissement rapide exigeait une distribution d'eau r^iière et assurée. Il me dit qu'il avait presque pris l'engagement de donner la concession de la distribution des eaux à M. Gordier, ami de M. Sabatier, et qu'il était fort embarrassé de cela; il disait qu'il ne pouvait pas donner de privilège, parce qu'alors les autres consuls en exigeraient aussi pour leurs administrés. Je lui répondis que si ces privilèges procuraient autant d'avantages au public que pouvait le faire la distribution d'eau, je ne voyais pas pourquoi on ne donnerait pas de semblables privilèges qui étaient des concessions comme on en faisait partout.

Said-Pacha, je ne sais pour quelle rsdson, aurait voulu retirer sa promesse, et il proposait d'accorder à M. Gordier, au lieu de la distribution d'eau, la concession du lac Haréotis, qu'il s'agissait de rendre à la culture, et qu'alors il abandonnerait au concessionnaire une bonne partie des terrains; que son intentioo était que le gouvernement montât au Mahmoudiëh une machine de trois cents chevaux pour donner de l'eau à la ville; que da Mahmoudiëh on conduirait les eaux douces sur les terres jusqu'à Mariout pour les cultiver, et qu'au canal de coaununication au Heks, on établirait une autre machine à vapeur pour prendre les eaux du lac et les déverser dans la mer, afin que les terrains restassent toujours à sec.

Je crois que ce changement, qui n'était point acceptable, ne fut pas du goût de M. Gordier, et enfin le 26 octobre 1857 fat accordée, par ordre du \^ce-Roi, et signée par le gouverneur d'Alexandrie, l'autorisation d'établir la distribution des eaux.

Gette autorisation était pour une distribution d'eau par conduites, machines et réservoirs, laissant à d'autres personnes la liberté d'employer tous les autres moyens.

Le prix de l'eau était déterminé et ne devait pas dépasser le

prix actuel de plus de la moitié, en prenant pour base le prix moyen de rentre portée par chameaux à 20 paras et celle par âne à 10, à peu près 97 cent, le mètre cube. On devait, d'après l'autorisation, établir : 1* Une prise d'eau dans le Canal Mahmoudièh; S* Des bassins d'épuration et de filtration des eaux; 3* Des pompes à feu d'une force suffisante pour fournir en vingt-quatre heures 10.000 mètres cubes d'eau;

4* Due conduite principale qui devait unir les pompes et le réservoir principal d'une contenance de 6.000 mètres;

6' Un système de conduites avec des embranchementà distribuant l'eau dans les principaux quartiers de la ville et capable de s'étendre selon les besoins; 6* Dans chaque rue une bouche disponible en cas d'incendie ; T La conduite, selon la demande du Gouvernement, devait fournir des eaux à Gabari et même au Meks ainsi qu'à tous les établissements publics. Dans les quartiers pauvres on devait établir des bornes-fontaines pour le public qui prendrait gratuitement l'eau ;

8* Enfîu le Gouvernement s'engageait à prendre pendant dix ans un minimum de 2.000 mètres cubes par jour ou.trente mille guerbés (1) qu'il payerait l'une dans l'autre à raison de 6 paras. L'autorisation donnée à H. Cordier ne constituant pas un privilège, toute autre compagnie pourrait concourir au même but.

On travailla, d'après ce programme, à la distribction des eaux, et bientôt la ville d'Alexandrie fut dotée d'un des établissements les mieux entendus dans ce genre et dont TeOet a contribué à donner aux habitants un bien-être qu'ils n'avaient jamais connu, même dans les temps les plus prospères de l'ancienne Alexandrie.

La distribution des eaux dans Alexandrie est donc le premier établissement d'une grande utilité publique qui ait été fait dans cette ville, et si des sommes considérables ont été dépen-

(4) Outres.

sées ce ne sont pas celles-là qui doivent être regrettées et qni d'ûUeurs ne sont rien comparativement à toutes celles que de simples caprices ont détournées d'un but aussi honorable.

Néanmoins il existe un vice dans cette distribution, c'est que la foumituredes eaux est assujettie à celle du canal MahmondièL Pendant Tété, ce canal est alimenté par des machines à yapeur montées à sa prise d'eau dans le Nil, lesquelles machines deviennent souvent insufiisantes, comme je l'ai dit en parlant da canal Mahmoudiëh, et si l'on ne remédie à cette insuffisance, il arrivera qde la ville d'Alexandrie, Ramlé, ou les terrains ensemencés manqueront d'eau.

DISTRIBUTION DBS BAUX DANS LÀ YILLB DU CAIRB.

Lorsqu'Abbas-Pacha parvint au pouvoir et qu'il habita son palais de Hassoua, nommé depuis l'Abbascièh, il ordonna, autant pour lui que pour le bien-être des habitants du Caire, d'étudier un projet de distribution d'eau pour la ville en l'étendant ensuite jusqu'à l'Abbascièh.

LinantBey, alors Directeur-général des Travaux-Publics, fut chargé de ce travail.

A première vue, le Vice-Roi demanda ce que pourrait coûter le projet complet ou d'ensemble, et ayant appris que la somme à débourser était plus forte qu'il ne l'avsdt d'abord pensé, il ordonna de faire deux autres projets réduits.

On commença donc les relevés des principales rues et des nivellements plusieurs fois répétés, dont les repères furent mis sur tous les points principaux des monuments ou endroits remarquables des rues relevées. Plusieurs divisions d'ingénieurs de la Direction des Travaux -Publics furent employées à cela.

Le projet d'ensemble, dont nous parlerons plus loin, ainsi qite des deux autres, portait la dépense à ;

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