DE BEAUMARCHAIS
A SA FILLE (i).
Mercredi matin 8 août ( j’ai reçu une lettre , par laquelle un monsieur, qui se nommait sans nul mystère , me mandait qu’il était passa pour m’avertir d’une chose qui me touchait , aussi importante que pressée il demandait un rendez-vous. Je l’ai reçu. Là j’ai appris qu’une bande de trente brigands avait fait le projet de venir piller^ma maison la nuitdu jeudi au vendredi ; que six hommes en habits de gardes nationaux ou de fédérés devaient venir me demander, au nom de la municipalité, l’ouverture de mes portes, sous prétexte de chercher si je n’avais pas d’ar* mes cachées. La bande devait suivre , ?irmée de pi-
(i) Le picfuaat auteur du Barbier de Sét>ille et du Mariage de Figaro e racoulë lui-inêiric sou incarcëratioa dans le Mcraoiie intéressant qu'on trouvera quelques pages plus bas. Nous avons crû devoir faire précéder celte Relalion d'une lettre que Beaumarchais écrivait à sa fille quelques jours avant-son emprisonnement. Cette letue retrace des faits qui , sous plus d’ün rapport , appartiennent à l'histoirr du temps. ■ ■ ' .
(Note des édit.) la*
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ques avec des bonnets rouges, comme des citoyens acolytes ; et ils devaient fermer les grilles sur eux, en emportant les clefs , pour empêcher, auraient-ils dit, que !• foule <ne s’introduisit. Ils devaient enfermer mes gens dans une des pièces souterraines , eu menaçant d’e'gorger sans pitié quiconque dirait un seul mot. Puis ils devaient me demander , la baïonnette aux reins, le poignard à la gorge, où' étaient les huit cent mille francs qu’ils croyaient, disait ce monsieur, quej’ai reçusduTrésor national.... «•Enfin , m’ajoula le bon homme, ils m’ont nus du complot , en jurant d’égorger celui qui les décélérait. 'V oiih mon nom , mon état , ma demeure ; prenez vos précautions ; n’exposez pas .ma vie pour prix do cet avis pressant , que mou estime pour vous m’engage à vous donner. » ^
Après l’avoir bien remercié, j’ai écrit à M. Pétion , comme premier magistrat de la ville, pour lui demander une sauvegartle. J’ai remis ma lettre à son suisse , et n’en avais pas de réponse quand les troubles ont commencé , ce qui redoublait mes inquiétudes.... * •.
Samedi 1 1 , vers huit heures du matin , un homme est venu m’avertir que les femmes du port Saint-Paul allaient amener tout le'peuple , animé par un faux avis qu’il y avait des amies chez mol dans les prétendus souterrains.,.. Sur cet avis, j’ai tout ouvert^ chez mol, secrétaires, armoires, chambres et cabinets, enfin tout , résolu de livrer et ma personne et ma maison à l’inquisition sévère de
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tous les gens qu’on m’annonçait . Mais quahd la foule est arrivée , le bruit , les cris étaient si forts , que mes amis troublés ne" m’ont pas permis de descendre , ét m’ont conseillé tous de sauver au moins ma personne.
Pendant qu’on bataillait pour l’ouverture de mes grilles , ils m’ont forcé de m’éloigner par .le haut bout de mon jardin ; mais on y avait mis xin homme en sentinelle qui a crié : « Iæ voilà qui se sauve; n et cependant je marchais lentement. Il a couru par le boulevard avertir le peuple assemblé à ma grille d’entrée. J’ai seulement doublé le pas; mais les femmes , cent fois plus cruelles que les hommes dans leurs horribles abandons, se sont toutes mises à ma poui*suite.
Il est certain., mon Eugénie, que ton malheureux père eût été déchiré par elles , s’il n’avait pas eu de l’avance; car la perquisition n’étant pas encore ■faîte , rien n’aurait pu leur ôter de l’esprit que je m’étais échappé en coupable. Et voilà où m’avait conduit la faiblesse d’avoir suivi le conseil donné par la peur , au lieu de rester froidement, comme je l’avais résolu
J’étais entré chez un ami dont la porte était refermée' , dans une rue qui , faisant angle avec celle où les cruelles femmes couraient ,“ leur a fait perdre enfin ma trace , et d’où j’ai entendu leurs cris.... • ' ^ ' ■ '
Pendant que j’étais enfermé dans un .nsile' impénétrable , trente mille amès au moins étaient
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dans ma maison , où , des greniers aux caves , des serruriers ouvraient tojites vos armoires; où des maçons fouillaient les souterrains , sondaietil partout , levaient les pierres , jusque sur les fosses d’aisance, et faisaient des trous dans les murs, pendant que d’autres piochaient le jardin jusqu’à trou- •vpr la terre vierge ; repassant tous vingt fois dans les appartemens ; mais quelques-uns disant, au grand regret des brigands qui se trouvaient là par centaines:« Si l’onnetrouve rien ici quise rapporte à nos rechei'ches , le premier qui détournera le moindre (les meubles, une paille, sera pendu sans rémission, puis haché en morceaux par nous.... »
Enfin, après sept heures de la plus sévère recherche, la foule s’est écoulée, aux ordres de je ne sais quel chef. Mes gens ont balayé près d’un pouce et demi dépoussière; mais pas un binet de perdu... Une femme au jardin a cueilli une giroflée, : elle l’a payée de vingt sonfllets ; on voulait la baigner dans le bassin des peupliers.
Je suis -rentré chez moi. Us avaient porté l’attention jusqu’à dres.ser un procès-verbal guirlande de cent signatures , qui attestaient qu’ils n’avaient rien trouvé de suspect dans ma possessiot;....
Me voilà parvenu à la temble nuit dont je vous ai déjà parlé ; en voici les atfreux détails.
En nous promenant au jardin sur la brune , le soir de ce même jour déjà si eft’rayant , l’on me disait-' i< Ma foi. Monsieur, api ès ce qui est arrivé, il n’y a aucun inconvénient que vous passiez la nuit
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ici.. » Et moi je répondais : « Sans doiïté ; ttiais il n’y en a non plus à ce que j’aille la passer àüleurs ; et ce n’est pas le peuple que je crains : lé voilà bien désabusé ; mais cet avis que j’ai reçu d’une association de bri^nds pour me piller une de ces nuits, me fait craindre que, dans la foule qui s’est introduite chez moi , ils n’aient étudié les moyens d’entrer la nuit dans ma maison; car on a entendu de terribles menaces. Peut - être y en a~t-il quelques-uns de cachés icij Enfin j’ai grande envie d’aller pateer une bonne nuit chez notre bon ami de lame des Trois-Pavillons. C’est bien la mt^ la* plus tranquille qui soit au tranquille Marais. Pendant qu’il est à h campagne , va, François , va mettre une paire de draps pour moi. » v
J’ai soupe, ma fillette ; 'beureusènænt j’ai pep mangé. Puis je suis parti sans lumière , par la me des Trois-Pavillons , m’assürant bien, de temps en’ temps , que personne ne me suivait.
Mon François retourné CheZ moi, la porte de la .rue barrée et bien fermée , un domestique de mon ami enfermé tout séul avec moi , je me Suis livré au sommeil. A minuit, le valet en chemise ; effrayé , entre dans la chambre où j’étais > «' Mon-’ sieur, me dit-il, levez-vous, tout le peuple vient vous chercher; ils frappent à enfoncer.la porte. On vous a trahi de chez vous ; la maison va être pillée.» Eu effet, on frappait d’une façon terrible. A peine réveillé , la terreur de cet homme m’en donnait à moi-même, « Un moment, dis-je, mon ami; la
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frayeur auit au jugement. »' Je mets ma redingote, en oubliant la veste , et , mes pantoufles aux pieds , je lui dis : « Y a-t-il quelque issue par où l’on puisse sortir d’ici V — .Aucune , Monsieur; mais pressez-vous, car ils vont enfoncer la porte. Ah! qu’est-ce que va dire nion maître ? — Il ne dira rien, mon ami; car je vais livrer ma personne, pour qu’on respecte sa maison. Va leur ouvrir, jë descends avec toi. » " - ’ '
i Nous étions troublés tous les deux. Pendant qu’il descendait) j’ai ouvert une fenêtre qui donnait sür la. me du Parc-Royal ; il y avait sur le balcon une terrine allumée qui m’a fait voir , au travers de la jalousie, que la me était pleine de monde alors le désir insensé de sauter par la fenêtre s’est éteint à l’instant lOÙ j’allais m’y jeter. Je suis descendu, en tremblant, dans la cuisiné' au -fond de la cour; et , regardant par le vitrage , j’ai vu la porte enfin s’ouvrir. Des habits bleus, des piques, des gens en veste sont entrés : des femmes criaient dans la me. Læ domestique est revenu vers moi pour chercher beaucoupde chandelles, etm’a ditd’une voix éteinte; (( Ah ! c’est bien à vous qu’on en veut.' — Ëb bien ! ils me trouveronit ici . M i . "
• 11 y a , près de la cuisine, une espèce d’office avec une grande armoire où l’on 'fnet les porcelaines, dont les portes étaient ouvertes. Pour tout asile et' pour dernier refuge, ton pauvre père, mon enfant, s’est mis derrière un des veiitaux debout , appuyé sur sa .canne , la porte de ce bouge uniquement
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poussée , dans un état impossible à «décrire ; et la recherche a commencé.
Par les jours de souffrance qui donnaient sur la cour , j’ai vu les chandelles trotter, monter, descendre , enfiler les appartemens. On marchait , on allait au-dessus de ma tête. La cour était gaixlée , la porte de la rue ouverte ; et moi tendu sur mes orteils , retenant ma respiration, je me suis occupé d’obtenir de moi une résignation parfaite , et j’ai recouvré mon sang-froid. J’avais deux pistolets en poche } j’ai débattu long-temps si je devais ou ne devais pas m’en servir. Mon résultat a été que , si je m’en servais , je serais haché sur-le-champ , et avancerais ma mort d’une heure, en m’ôtaiit la dernière chance décrier au secours, d’en obtenir peut-être , en me nommant dans ma route à l’Hôtel - de - Ville.^ Déterminé à tout souffrir, sans pouvoir deviner d’où provenait cet .excès d’horreur J après la visite chez moi , jç' calculais les possibilités, quand la lumière faisant le tour en bas , j’ai entendu "que l’on tirait ma porte , et j’ai jugé que c’était le bon domestique qui, peutêtre en passant , avait imaginé d’éloigner pour un moment le danger qui me menaçait. 1.6 plus grand silence régnait. Je voyais , à travers les vitres du . premier étage , qu’on ouvrait toutes les armoires : alors je crus avoir trouvé le sens de toutes ces énigmes. « Les brigands, me disâis-je, se sont portés chez moi; ils ont forcé mes gens, sous peine d’être égorgés, de leur déclarer où j’étais. La terreur les a fait
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parler : ils sont arrivés jusqu’ici, et trouvant la maison aussi bonne à piller que la mienne, ils me réservent pour le dernier, sûrs que je ne puis échapper. « Puis mes douloureuses pensées se sont tournées sur ta mère et toi , et sur mes pauvres soeurs. Je disais avec un soupir : u .Mon enfant est en sûreté , mon âge est avancé ; c’est peu de chose que ma vie, et ceci n’accélère la mort de la nature que de bien peu d’années; mais ma fille, sa mère, elles sont en sûreté. » Des larmes coulaient -de mes yeux.. Consolé par cet-examen , je me suis occupé du dernier terme de la vie , le croyant aussi près de moi. Puis, sentant ma tête vidée. par tant de contention d’esprit, j’ai essayé de m’abrutir et de ne plus penser à rien. Je regardais machinalement les lumières aller et venir ; je disais : « Le moment s’approche ; »..maia je m’en occupais comme un homme épuisé , dont les idées commencent à divaguer ; car il y avait quatre heures que j ’étais debout dans cet état violent, changé depuis dans un état de mort. Alors,; sentant de la faiblesse , je me suis assis sur, un banc , et là j’ai attendu mon sort sans m’en effrayer autrement. , .
»» Dans ce sommeil d’horribles rêveries, j’ai entendu un plus grand bruit ; il s’approdiait : je me suis levé , et machinalement je me suis remis derrière le veutail de l’armoire ; une sueur froide m’a tombé du visage , et m’a tout-à-fait épuBé>.>
J’ai vu venir le domestique à moi , nu en chemise,, une chandelle à la main , qui m’a dit d’uu ton assez fenae : Venez , Monsieur, on vous île-
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mande. — Quoi! vous voulez donc n»o livrer?
j’irai sans vous. Qui me demande ? — ,M. Gudin , votre caissier. — Que dites-vous de mon caissier? — Il est là avec ces messieiirs. » Alors je crus que je rêvais , ou que ma raison altérée me trompait sur tous les objets» Mes cheveux ruisselaient , mon' visage était, comme un fleuve. Montez , m’a dit le domestique , montez j /ce n’est pas vous qu’on cherche : M. Gudin va vous expliquer tout. »
]Ve pouvant attacher nul sens à ce qui frappait mon oreille égarée , j’ai suivi au premier étage le domestique qui m’éclairait. Là, j’ai trouvé M.Gudin >en habit de garde natiopal , armé de son fusil, avec d’autres personnes. Stupéfait de cette vision :
K Par quel hasard , lui ai-je dit, .-vous rencontreavons donc ici ? — Par un hasard aussi étrange que celui qui vous y a conduit vous-même ,■ le propre jour que l’on a donné l’ordre de visiter cette maison où l’on a dénoncé des armes. » N’ayant plus besoin de mes forces, je les ai senti fuir; elles m’ont- manqué tout-à-fait| je me -suis assis sur, le ^ lit où j’ayais sq^meilld:,deux heures, avant que le bruit commençât ; et iit-m’a dit ce qui suit : ;
(f Inquiet , à onze heures du soir , de sayoir*si notre quartier était gardé par les patrouilles , j’ai pris mon habit de soldat , mon salure et mon fuâl , ^ suis jdéscendu dans les rues , malgré les conseils de' mon 61 s. renconlré une patrouille qui ,
, m’ayant reconnu , m’a dit « M. Gudin , voule®vous venir avec hOus ? vous y serez mieux que
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tout seul. — Je^l’ai doutant ‘Aiîjetix' accépte y^qîie monsieur que vous voyez, là , eu habit de garde national , est le limonadier qui reste eu face de vos fenêtres; en un mot , c’ést M. Gibe. ‘ '
D’honneur, ma pau^Te enfant, je me 'tâtais le front pour m’assurer que je ne dormais 'pas.
« Mais comment , ai-je dit à M. Gudin , si è’êst bien vous qui me parlez , ra’avez-vous, laisse là quatre heures , dans les angoisses de la mOrt sans m’être verni consoler? — Je vais bien plus vous étonner, médît Gudin , par mon récît , que’ ma présence nel’à fait. .J’ai vu doubler le pas , et i’ai dit à tous ceS messieurs : '« Ce n’est pas' ainsi qu’on patrouille. — Aussi ne patrouillons-nous pas ; nous allons à une capture. « Je les vois arriver à la rue du Parc-Royal , et mon coeur commence à balt'ré , nous sentant aussi près de vous. En détournant la rue des Trois-Pavillons à l’habitation où vous êtes , on' nous crie^ Halte ici; enveloppez la maison. Et je me dis : Grands dieux ! par quelle fatalité me ^ trou vé-je - avec ceux qui viennent pour arrêter M de Beaumarchais ? Moi aussi , je croyais rêver : je me suis contenu de mon mieux , pour voir où tout aboutirait. Le domestique ouvre la porte , et pense tomber à la renveree , me trouvant parmi ces messieurs. Il 'a cru que la trahison qu’il avait soupçonnée dans vos gens , s’était étendue jusqu'à moi': il balbutiait. Alors on a lu à haute Voix l’oidre donné par la section de 'venir visiter ici, soupçonnant qu’il y a des armes. — -Eh’ bien, alors , lui
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«lis-je , comment u’étes-vous pas accouru; commAnt n’avez-vous eu nulle pitié de moi ? — Ma terreur n’a fait qu'augmenter, reprit Gudin , à cette lecture ; j’ai eu la bouche encore plus close , et n’étais que plus effrayé, ue sachant pas , Monsieur, s’il y avait ou non des arnoes ,' mais présumant avec effroi q[ue, s’il s’en trouvait par malheur , vous alliez devenir victime de vous être enfermé ici : j’ai vu tous l«î rapports affreux de cette nuit à la visite qu’on venait de faire chez vous. Pendant le cours de la recherche, enfin , j’ai, trouvé le moment de dire tout bas au domestique : L’ami de votre maître est-il dans la maison } -r- Il y est, m’a-t-il dit. Dans un autre moment je lui ai demandé : Mais où est-il? — Je n’en sais rien, m’a-t-il. répondu. 11 ne pouvait pas s’éloigner; il éclairait les rechercheurs; on ne Ip perdait point de vue ; je me suis glissé sans lumicre'jusqu’à la chambre de votre lit ; je vous ai cherché à tâtons, dessus , dessous, vous. appelant tout bas. Mais vous étiez ailleurs, et je ne pouvais vous aller prendre. Enfin , la recherche achevée', assuré qué la ca]||panie -avait encore manqué son coup , j’ai confié à tous messieurs par quel hasard vous vous trouviez caché dans la chambre du maître ; et leur étonnement a au moins ^alé le nôtre. Dieu merci , le mal est /passé; recouchezvqj^ Monsieur, et tâe^z de dormir : vous devez en avoir besoin^, * •- , < . • -k ' •
Alors toute la .patrottille étant i entrée dâns cette chambre , j’ai dit au commissaire 'de section :
’igo i-’i»CA«caLKATion
« Monsieur, vous me voyez ici soiis la sauve-garde de l’amitié ; » je? ne puis mieux payer l’asile qu’elle me donnait, qu’en vous priant, au nom .de mon ami, qui est excellent citoyen, de rendrè votre visite aussi sévère que le peuple l’a‘ faite hier chez .moi , et d’en dresser procès-verbal, pour que sa sèrelé ne soit plus compromise par d’infâmes calomnies. — Monsieur, m’a dit le commissaire, notre procès-verbal est clos ; votre ami est en sûreté. » ' Ces messieurs sont partis, ont dit au peuple, aux femmes dams la rue, qué celte maison était pure. Les femmes, enragées que l’on n’eût rien trouvé, ■ ont prétendu qu’on avait mal cherché ; ont dit qu’en huit minutefi elles allaient trouver la cachette. Elles voulaient que l’ôn rentrât ; on s’y est opposé ; le commissaire a fait brusquement refermer la porte. Ainsi ont fini mes douleurs; mais la sueur, la lassitude et la faiblesse nie brisaient...
. J’ai appris , * le lendemain • matin , que des honimes âgés, affectionnés à ce quartier que jamais' rien n’avait troublé, entendant ce tapage affreux, saisis d’une terreur nocturne, ont sauté pardessus les murs, et que, de jardin en' jardin, ils ont été troubler des dsfmes'de la rue de la Perle , en leur demandant , en chemise , de les garantir de kl mort : l’un d’eux s’était cassé la jambe.
L’effroi s’étarl commtaiii^|né; et, de. tout' ce quartier, ton père , qui avait el|e;le plus sujet de 49raândre,âpeuli>étre été le seul qâî ait achevé dans son Ut line nuit aussi tourmentée: - i ».<?-*
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