NOTICE
la défense des saidtes lois , rejetant les Voies qui lai sont ouvertes pour leur échapper , et embrassant avec joie ce trépas qui est im bienfait puisqu’il est leur ouvrage. Quel drame sublime! quelles augustes leçons! et de t[uels sentimens devaient se pénétrer les prisonniers de la Conciergerie , lorsque , dans le silence de la nuit et sous les ^voûtes de, leurs cachots , ils venaient , autour d’i|^ie petite table et à la lueur d’une lampe sépulq^p , prêter l’oreille à la voix de Rioulfe , qui leur cnsqjjËKt, au nom du divin Socrate, à supporter leur sîtmtiori'pPësente , à la préférer au sacrilège triomphe des médians , à la chérir comme un don de Dieu lui-m^e ; car leur aine immortelle et sans souillure , tout-ij^|[^eure affranchie de l’infortune d’un jour, allait jouir, dans le sein de Dieu, d’une éternelle félicité! CleJ^ en effet dans son cachot que Riouffe traduisit ce Ph^Son ; toute l’éloquence du malheui-, toute celle de Platon , brille dans ce morceau; et certes, si quelque chose pouvait élever le génie de Riouffe , c’était de se trouver , c^s sa prison , l’interprète des sublimités que Socrate développait dans la sienne , il y a deux mille ans. Nous n’ajoutcroiis pl^qu’un mol sur Riouffe. Quelque idée que l’on ait eue de sa capacité , on ne saurait lui refuser les talens d’un administrateur et les vtjes d’un homme d’Etat. L’un des premiers , il donna à Bonaparte le sage conseil de s’environner de corps politiques, afin de tirer de leur appui une force que ses talens, tout seuls ne lui auraient , je dois dire ne lui ont pasf donnée ; conseil que suivront désormais tous les chefs de nations en Europe ; car les temps du despotisme absolu sont passés irrévocablement- D’un aptve côté , lorsque le concordat , l églé entre le pape' cl le premier consul, fut soiunis, en France, à la
SDK LA VIE DE BIOUFFE.
ratification des fcorps politiques , Rioufie , en parlant de cette transaction au chef du gouvernement , l’en félicita dans ces termes : « Autrefois l’Etat était dans l’Eglise 5 » vous avez fait qu’aujourd’hui l’Église est dans l’État.»