‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 10 sur 169 · DE JPER DANS LES DIVERS EMPIRES · texte numérisé non relu

DE JPER DANS LES DIVERS EMPIRES

- Oftsait^que pour dresser et dif^er un projet de canal ou.de chemin de 1er avec habileté , défaut que Uing^nieur néunisse, à une profonde instruc-- •tioii dans les sciences exactes ^i une connaissance parfaite des matériaux et de leur emploi et une grande expérience des travaux .divers; .on sait aussi que 'Cette ^mémei «expérience esè.surtout : nécessaire pou9i apprécier les dé- >peases f les prochrits probables let les'reveiius brute et nets d'uo^ eâtceprise.

et que les plus capables peuvent se tromper dans ces appréciations difficiles, en raison de la multiplicité des éléments à combiner, la plupart variables, et par des causes instantanées que la sagacité humaine ne peut prévoir.

Les chemins de fer, plus que les canaux, exigent surtout, par leur nouveauté et leurs dépenses excessives, ce concours de Texpérienceetdes hautes lumières spéciales , soit pour les évaluations des dépenses de construction ei d*entretien et des recettes , soit pour le règlement des clauses du contrat.

Cependant, par une espèce de fatalité, les promoteurs des entreprises, législateurs, financiers, directeurs, exécutants, n*ayant pour la plupart aucune expérience, aucune connaissance des travaux et des questions législatives à résoudre pour en assurer le succès, se sont précipités dans ces entreprises, pour eux aventureuses et inconnues, avec une impatience et une confiance aveugle jusqu'alors inouïes.

Dans ces nouvelles loteries, chacun croyait à. sa fortune, espérait retirer des profits immédiats, et laisser les chances de pertes au public crédule et avide de nouveautés. L'administrateur accordait la concession d'un chemin de fer à un financier protégé , comme le don d'une riche mine; celuici répartissait le capital et concédait des actions aux premiers souscripteurs à titre de faveur, en se réservant toutefois un profit; les souscripteurs successifs en usaient de même; à la fin, les derniers détenteurs ou actionnaires définitifs se sont trouvés ciiargés d'une entreprise dont ils ignoraient les détails , et les dépenses et les chances.

La principale cause de tant de désastreux mécomptes doit être attribuée aux clauses des contrats; la législation actuelle amènera inévitablement, plus tôt ou plus tard, la ruine de la plupart des entreprises ainsi réglées.

Nous n'hésitons pas à déclarer que toute concession de chemin de fer qui n'est pas accordée à perpétuité , en toute propriété incommutable, ou qui n'est point , pour ainsi dire , incorporée dans la constitution fondamentale de la propriété de l'empire , est frappée de mort ; elle doit ruiner les premiers actionnaires et même les compagnies successives. Les secours du gouvernement se perdront, comme les fonds des actionnaires , sans rendre la vie à ces malheureuses sociétés.

Par ces désastres , le pays perd l'espoir de beaucoup d'améliorations analogues; seulement les exploitants de la centralisation administrative

disposant du droit de vie et de mort sur les compagnies, jouissent d'une progression de pouvoir, et prospèrent par Finfortune générale, comme ces usuriers impitoyables élèvent le tarif de leurs capitaux et s'enrichissent plus rapidement à mesure que la misère du peuple s'accroît.

Les inventeurs et partisans des concessions temporaires, du droit de rachat, des tarifs très -bas et de toutes les charges excessives imposées aux compagnies de canaux et de chemins de fer, sont sous tous les rapports , et à leur insu, les plus grands, sinon les seuls obstacles à ces grandes amé« liorations; et à part quelques spéculateurs financiers prot^és et épargnés , ils ruinent les actionnaires ^ anéantissent les capitaux , privent le pays des plus importantes améliorations; ils condamnent les ouvriers et artisans non propriétaires, en France de sept millions d'âmes , à ne laisser à leurs femmes et à leurs enfants d'autres espérances que la charité publique et les hospices, seules ressources des deux millions d'indigents alimentés par les classes ouvrières qu'à tous prix on devrait rendre aisées et heu-r reuses par d'immenses travaux productifs bien rétribués.

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