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RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Les États d'Europe ouvrent des réseaux, de chemins de fer qui lient entre eux les ports, les fleuves, les capitales, et assurent les moyens de prospérité pendant la paix , de défense et d'attaque pendant la guerre.

Ces entreprises s'exécutent presque ei^clusivement par des associations , promptes à les terminer , et habSes à les entretenir.

La France , qui a donné les premiers et les plus grands exeniples des monuments utiles confiés à des compagnies, semble vouloir rétrograder de plusieurs siècles en législation et en amélioration.

Le gouvernement propose de résilier des contrats solennels, d'exprc^rier les compagnies des canaux , de renoncer au concours des associations, et veut établir ses droits par des doctrines en contradiction avec tous les principes de législation.

Par son système , des contrées riches auraient le monopole des améliorations ; les

contrées panvres smient imposées pour des Iraranx éloignés destinés h leur riTir un reste de vie commerciale.

Le gonvemement donne pour motif de rannnlatio& des lois de concession des cananx , l'impossibilité da concours de l'administraticHi et des compagnies i et, par nne contradiction inexplicable, il se propose d'exécuter les chemins de fer par l'interrenti(Mi simultanée des communes , dos déparleHents, de l'Etat et des compag nies .

En raison des charges da trésor, il ne peat consacrw chaqne année qne qnolqnes mîQionB anz grandes lignes reconnues nécessaires et urgentes des chemins de Ter , cl , en même temps , il veut remboarser les actions de jonissance des canaux non exigibles et qoi n'anrontqac, dans trente ans, one Talear même alors problématique.

Far les danses rigonrenses et exorbitantes imposées h d'anciennes compagnies et aiUtrairement interprétées , il a déterminé presque lenr mtne, et il refiise de lear accorder des indemnités ou des seconrs dos, promis qui aisareraient le prompt achèvement et le uccès de leurs utiles entreprises nationales.

En définitive, nos administrateurs veulent-ils toer nos associations anciennes, r^Knisserlcs nouvelles, et soumettre, par la concentration de tous les monopoles , la direction exclusive de tous les travaux an régime de la Chine et de l'Egypte? Veolent-ils aussi élever des marailles, exagérer tes impôts , proscrire les journaux et les hommes de lettres , altérer la monnaie dn peuple , etc. t mesures audacieuses que la Convention sanglante de 1793 n'a pu accomplir parle f<'r et le f«i, dans son r^no [Hiividentiellement trés-conrt?

Venlent-ils demander anx contribuables, sans nécessité, sans justice, quarante minions pour les donner à des financiers spéculateurs concessionnaires des canaux de 1821 et 1822, qui ont déjà retiré plus que leurs avances , qui seraient remboursés une seconde fois de leurs capitaux, et avaient été déjà enrichis parles emprunts publiés en lSt6 , 1817, et livrés à des condition onéreuses pour le pays?

Venlent-ils faire rétrograder la France de plusieurs siècles , en quelques années , en présence et an profil d'une nation ennemie, prospère par nn système contraire, riche et puissante par le nombre et le génie des associalions habilement encouragées, par les canaux, les chemins de fer, les flottes i vapeur, les conquêtes des empires , etc. , dus k ces compagnies protégées , enfin stable par le respect des lois et des libertés?

Veulent-ils sacrifier les trois quarts de nos départements, la France tout entière aux appétits insatiables de monopoleurs favorisés, en face d'une nation qui donne an monde un spectacle sublime , et ce grand exemple d'un vote spontané . généreux des riches propriétaires et capitalistes au profil des classes labwieuses et pour I» gloire de la patrie ?

Espéronsque la France repoussera tout à la fois des propositions de lois désastreuses dans leurs conséquences , et les |iaradoies dangereux , et les doctrines désolantes inventés pour les appuyer. CORDIER , député dn Jora.

ParU, UmarflBM.

COUP D OEIL GENERAL SUR LES CAUSES DE L INDECISION DE LA CHAMBRE , DE LA MOBILITÉ DES MINISTÈRES, DES PERTURBATIONS DU PAYS^ ET SUR LES LOIS DES CANAUX EN DISCUSSION.

Les moayements politiqaes réguliers sont aussi nécessaires à la conservation et à raccroissement de la puissance d'une grande nation , que les flots , les courants , les tempêtes sont indispensables à la salubrité éternelle des eaux de TOcéan. Supprimez dans la pensée les causes providentielles de l'agitation régulière , perpétuelle ou périodique, et la corruption des nations et des mers devient inévitable. Prétendre réduire à l'immobilité, au repos politique complet un grand peuple» c'est vouloir en détruire les éléments de puissance et de gloire.

La plupart des hommes illustres , en si grand nombre dans toutes les carrières , dont la France s'honore , naquirent aux époques de troubles , grandirent par les luttes politiques, et élevèrent la nation au premier rang. Les berceaux de Montaigne, de Henri IV, des Coudé, des Guise , de Louis XIY, de Napoléon , furent entourés de partis ennemis , et leur éducation, au milieu des dangers , développa leur génie extraordinaire.

Mais, si l'équilibre par le balancement variable entre les partis contraires détermine la puissance d'une nation , le triomphe absolu de l'un d'eux amène , à une époque plus ou moins prochaine , des révolutions et la ruine de tous. Rome , comme la France et l'Angleterre , a acquis une grandeur et une gloire immortelles par la lutte balancée , politique ou religieuse , entre diverses classes ; l'équilibre rompu , les pays déclinent.

En France , de longues paix intérieures et extérieures ont déterminé la corruption des belles institutions de nos pères , et ont préparé des convulsions par les réactions contre une domination absolue.

Depuis 1789, les majorités imprévoyantes des chambres ont exercé ou conféré une autorité sans limites dans la rédaction des codes; elles n'ont tenu compte ni des opinions des minorités , ni des intérêts de l'immense majorité du pays ; elles ont souvent imposé à tous des lois , comme on donne des ordres en haine des vaincus. Les décrets^ pour la plupart , ont été contradictoires, funestes, et quelquefois même impitoyables.

L'administration intérieure du pays est encore à reconstituer dans l'intérêt du plus grand nombre.

Avec le temps , les embarras se^révdent, se compliquent ; les mécontentementi 9 U.

devienneQt des pertarbaliom , des daagers , parce qae l'espèraDce semble ravie par cesyslème à ceax qai soufircnt et se plaî^oent.

Par le mode de préparer les lois sans enquête parlementaire , aocnoe solation complète n'est possible , oa da moins probable , aax grandes questions- soumises maintenanl aux investigations de la chambre. Osons en exposer les causes et les dangers , parce qne c'est au dcv(Hr.

Cinquante TÎJles, représentant trois miUions d'Ames qni ont la majorité dans les chambres , se sont emparées avec le temps de presque tous les monopoles , des collèges royaux , et , par là , de la plupart des emplois publics , les plus élevés , des travaux des ports, des canaux, des roules, et«. A l'aide de dèGnitions spécienaes on est arrivé à ces régultats , contrairement aux principes d'économie politique et aux usages admis dans l'ancienne France et cbez tons les peuples Oorissanls , cotume il sera prouvé.

Les trente millions d'habitants des campagnes , où régnent l'esprit d'ordre, d'éounomic cl l'habitude du travail j qui manquent des mojens d'instruction ; ob la fdapart des chemins vicinaux sont une partie de l'année impraticables, reçoivent 3 et 4 centimes par tête punr l'instruction publique , payent, sans compensatiOQ « les travaux des villes , des roules dites royales, des poris, des canaux, etc. , dont ils ne profltent pour ainsi dire pas , el on les oblige , en outre, de fournir et de payer des scddala pour le maintien de la sécurité dans les mêmes villes les plus opulentes , souvent turbulentes, et qui devraient seules supporter de telles charges.

Une industrie due an génie de la science des Français promettait de rendre florissante , dans un court délai , l'agriculture du royaume , de rendre les antres nations tributaires de la France : on propose de la proscrire , de l'anéantir, el de frapper les campagnes d'une contribution extraordinaire , pour accomplir cette ceuvrc de destruction , le ravissement de droits sacrés , et de légitimes et générales espérances.

Espérons que les chambres reviendront au sysléme de M. le comte Duchftiel , le seul équitable, prévoyant , et le meilleur sous tous les rapports.

Les lois proposées sur les canaux , sur les chemins de Ter, doivent encore entraîner d'aussi déplorables conséquences -, te sacrifice inexorable des populations des campagnes au& populations des villes, des pays pauvres aux pays riches.

Telle est l'aberration profonde due k l'influence irrésistible des monoptrfes nombreux , que des hommes consciencieux , éclairés , en défendent les paradoxes et eo réclament les applications avec le bualisme et l'intolérance des rdigîonnaires , el que des hommes d'état très-supérieurs, se croient forcés de (aire de perpétuelles concessions aux préjugés invétérés.

Nous demanderons ^ux partisans des monopoles des réponses k quelques questions que nous leur soumettons.

Les départements frontières qui ont fourni pendant vii^t-cinq ans de guerre des

légions et des généraux itnmorteb par la gaarre acquise . doivent-ik être traités en pays conquis ?

Un canton agricole de 15,000 âmes, qui n'a ni canaux, ni ports, ni routes royales, ni école publique , etc. , qui paye pour les dépenses de cette nature 60,000 fr . par an , et ensemble 400,000, doit-il ne pas recevoir une parcelle de ces sommes pour le perfectionnement de ses routes et pour l'instruction de la jeunesse?

Peut-on plus longtemps admettre un classement de routes , un système de construction de canaux , de ports , qui ont pour résultats d'enlever aux contrées éloignées , jusqu'ici délaissées , toutes leurs ressources indispensables , les condamner à un état stationnaire, à toutes les privations pour l'unique profit des grandes villes et des départements les plus riches ?

L'exemple que nous avons cité n'est pas exceptionnel ; tous les cantons en montagnes ou éloignés , ou plus de la moitié de la France, sont dans la situation d'un tel canton , et cependant les remontrances sans cesse renouvelées n'ont amené aucune amélioration dans le système , aucun redressement des charges exceptionnelles qui pèsent sur les trente millions d'habitants des campagnes.

La situation exceptionnelle où la centralisation administrative absolue place les contrées agricoles, devient ijrrévocablement funeste à tous ; elle prépare des convulsions qui ne font qu'agiter les populations des campagnes et produisent dans les villes de sanglantes catastrophes.

Telle est aussi la source des agitations politiques dans les chambres , de la mobilité si déplorable des ministères et des malheurs publics.

Le pays , en souBrance , inquiet , impatient comme un malade , veut changer de médecin et de régime ; il n'a de confiance et d'espoir que dans les hommes nouveaux, inconnus, et se livre à eux avec abandon, pour changer bientôt encore sans plus de satisfaction.

Il fout à la France incessamment un système d'administration locale , équitable et providentiel , qui verse avec générosité , avec prédilection , les bienfaits publics sur les populations , jusqu'alors délaissées , et par là les plus malheureuses.

Des meiUeurs sji$témes f exécution des grands travaux publics.

D'après la législation de Henri lY, de Louis XIII et de Louis XIY, les grands travaux subventionnés par l'Etat et par le vote libre des localités , doivent être adjugés , avec publicité et concurrence , à des compagnies , et la concession donnée à perpétuité et en toute propriété inoommutable.

A l'aide de ce concours heureux , l'État et les contrées intéressées retirent , par l'accroissement des impôts et des prospérités , au delà des secours accordés , et les entreprises par la garantie de la perpétuité, se perfectionnent et s'étendent graduellement. — Le pays devient de néoeseité

L'Mkge parlonl idmia , soitTeiit et tfoqoflmment dâfenda à b tribue , doit «tre uns ceaM rappelé, paîsqae dans U pnliqae Desttoajoors repoussé i,

c U» tniTins pablics doïTenl être pajés par cenx qui m prêtent '

Avec UD tel omooDn spontané do public, on n'exécato qoe des oamces productifs et demandée , el les classes laborieuses , dans on rayon étcoda , retirent par les salaires beaucoup plos qn'dles ne donnent par l'impôt.

Comparez les eananx exécutés par l'État et ceux qui leaont par des eomp^nies à perpétuité ; les premiers restent, pour la plupart et longtemps, inadievés on improductirsi les antpeg rendent des revenus considérables.

De tous les cananx de 1S9I el 1839, pas on seul n'a reçu un seul embranchement, et, dés lors, CCS voies oaTigables ne remplissent pas lenn véritables destinations.

Au contraire, les compapiies concessionnaires de canaux font de continuelles améliOTationsi par exemple, la compagnie du canal de Birmingham a ouvert 47 embranchements et a fait arriver son canal à tontes les usines, carrières, mines des environs, el par là a décuplé ses produits et les services rendus à la contrée.

Dt$ advertaim du a/itême des compagmei conceuioiUHiirei à perpétmié.

Les dépulaiiong nombreuses et inOnentes des contrées riches , en possession de tous les monopoles, trouvent admirable de doter l'adnunistration des travaux publics de la direction exclusive des canaux, des chemins de fer, dans la conviction qu'elle leor réservera l^mploi de la presque totalité des fonds destinés h ces dépenses. Déjà en possession de routes royales , de cananx , on de lois qui en décrètent l'exécution , ils ne tiennent aucun compte des contrées qui n'ont ni roules royales , ai cananx, ni chemins de fer, ni espérances d'en obtenir jamais, et qui sont cepeadant frappées de contributions consacrées anx dépenses acquises aux localités privilégiées.

« Ixvsqae les députés sont satisfaits , ils prétendent que tout le monde doit être ■ content. ■

Plusieurs , et les pins heureux , ont obtenu de leurs électeurs cette iHÎère de ne plus leur donner de routes stratégiques.

Projet* de loi d'expropriation des canaux ef dn aeUotu de jouiuaHce.

Les projets proposés sont les demiëres tentatives de la centralisation administrative des travaux publics expirante, qui, dans son impatience de tout envahir, s'est enfin préparé une scdennelle défaite.

Jamais discussion ne fut plus grave, plus vigoureuse, plus lumineuse que celle de la séance du 23 mars , et n'a autant promis dans un prochain avenir.

M. Lestiboudois a parlé en député de la Flandre française ; la plus avancée du monde par le génie séculaire de ses habitants , en agriculture , dans les fabriques , et les diverses branches des industries nationales , cette contrée , enrichie par les canaux divers, par les travaux des associations des Walteringues et par les amé<liorations sans nombre dues aux associations des villes et des campagnes, ne pouvait avoir un défenseur plus éclairé de ses établissements industriels menacés , et des principes de la science d'économie politique jusqu'ici repoussés.

M. le comte d'Angeville a reproduit à la tribune , avec méthode et lucidité, les documents importants recueillis , par lui , après de longues investigations et consignés dans l'ouvrage remarquable qu'il a récemment publié.

M. Odilon Barrot , avec son éloquence entraînante , a fixé comme toujours l'attention de l'assemblée et conquis ses suffrages par des démonstrations chaleureuses , persuasives et d'une haute portée.

MM . Anissou'^Duperron et Lherbette , par une logique ferme , sans abandonner aucun des véritables [nincipes, ont obtenu et soutenu, avec un succès incontestable, les saines doctrines , partout ailleurs admises , de la science économique , le sujet de leurs recherches et de leurs méditations.

La discussion ayant été approfondie et épuisée par les orateurs , nous nous bornerons à conclure et à émettre le vœu que le gouvernement, usant de son droit :

i^" Traite avec les compagnies financières, mais seulraaent de gré à gré, pour toutes les modifications à faire aux tarifs et aux traités actuels ;

2* Décide que tous les canaux appartenant à l'État soient concédés à perpétuité , en toutepropriété incommutable, par adjudication publique^ avec concurrence, sauf * l'approbation des Chambres ;

3o Et emploie les fonds obtenus par les adjudications en subventions accordées aux compagnies chargées du perfectionnement de nos rivières et de l'établissement des chemins de fer.

Nous avons la conviction que, par Finfluence de semblables dispositions, le pays , en peu d'années, obtiendrait l'exécution des diverses voies de communication indispensables à sa prospérité et à sa sécurité.

D'une part est la France, sa grandeur et sa gloire, sa reconnaissance au souverain et aux Chambres ; de l'autre part, les partisans peu nombreux , jusqu'Ici puissant»,, de la centralisation administrative absolue.

ÇORDIER , député du Jura.

PROJET DE Ld TENDANT A 0UYR1R / AV MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS, UN CRÉDIT DE 4 MILLIONS POUR SUBVENIR A LA RlÊPA- RATION DES DOMMAGES CAUSÉS PAR LA CRUE ET LE DÉBORDEMENT DES EAUX.

Après les inondations d'octobre 1840 , le gouyernement a demandé et obtenu TautorisatiOQ, par trois lois successiTes, de consacrer six millions à réparer les rootes royales et départementales et les dignes, d«is les sept départements traversés par le Rhône , et de faire concourir dans les dépenses les propriétaires rirerains dn flenve et les départements.

Les inondations de 1841 ayant emporté des travaox entrepris et occasionné de nouveaux désastres , le gouvernement demande à faire exécuter en totalité , au compte du Trésor y les ouvrages à rétablir ou à compléter.

Les travaux projetés sont nécessaires et vivement attendus ; ils ont été prom» ; |a saison est avancée ; tout délai serait très-préjudiciable. Les subsides doivent donc être aœprdés d'urgence. Les vœux des contrées désolées étant ainsi exaucés, on peut sans inconvénients examiner avec maturité le système de l'administration, de diriger, d'exécuter elle-même les ouvrages , d'en (aire payer les dépenses par le Trésor ; d'en prendre toute la responsabilité. On doit, avant tout, rechercher les causes des inondations et les moyens d'en prévenir les désastres.

Causes des grandes inondations de la Saône et du Rhône , et moyens de les prévenir.

Notre organisation administrative est un obstacle , presque insurmontable à tout progrès , qu'il faut d'abord signaler.

L'exagération de la centralisation administrative ayant dépouillé les anciennes autorités locales de leurs attributions et accumulé à Paris le règlement des intérêts communaux, il a fallu dédoubler les ministères, transformer en directeurs généraux les chefs de bureaux. Dès lors, toutes les questions importantes ressortant de plusieurs ministères indépendants et souvent rivaux , n'ont plus de solutions prochaines.

L'exen^ple présent en fournit une nouvelle preuve.

De grands désastres ayant été occassionnés par des inondations, le ministre exclusivement chargé de la direction des travaux ne peut que proposer l'établissement de digues , et des dépenses pour les construire. Il est hors de ses attributions de remonter aux causes de ces désastres et de présenter des projets de loi pour les prévenir.

L'ezaUaUon des chefs de dWision en directeurs généraux y en ministres , devait donc, en définitive , affaiblir la puissance administrative nationale, lui ôter l'unité et Faction , et ravir au pays les principaux moyens de progrès et de prospérité.

Le déboisement des montagnes , toujours croissant , contribue sans doute beaucoup à augmenter la rapidité de récoulement dans le fond des vallées , à diminuer les infiltrations des eaux de pluies, cl à élever le niveau des inondations des fleuves.

Lorsque la durée des pluies prolongées permet aux eaux éloignées d'arriver en même temps que celles des affluents rapprochés sur un point donné d'un fleuve , le volume , alors inunense, dépasse les digues et les emporte.

Supposons une pluie continue de quatre jours , donnant un dixième de millimètre par seconde, tombant dans le bassin du Rhône et de la Saône au-dessus de Lyon , sur une surface de 200 lieues , et en admettant que les 99/100*' des eaux soient enlevés par les filtralions et Tévaporation , il passerait encore à Lyon 52,000 mètres cubes par seconde , c'est-à-dire que les ponts et la ville tout entière seraient emportés.

Les inondations étant plus fréquentes et plus intenses, on ne peut mettre en doute que cette circonstance est due moins à des phénomènes du ciel qu'à des transformations préjudiciables du sol.

Le fait que les inondations sont plus rares et plus faibles en été qu'en automne conduit à la connaissance de la yérité.

En juin , par exemple , le mois le plus pluvieux de l'année , les feuilles des arbres, les plantes qui recouvrent le sol retiennent les eaux , favorisent , avec les longs jours et la chaleur , Vévaporation et les filtrations j Técoulement est plus prolongé, et le volume dépensé par seconde est plus faible aux points de concentration des affluents.

On peut donc conclure de l'enseignement de l'expérience, qu'il faut encourager une culture parfaite , les assolements des plantes d'hiver, les prairies artificielles , et surtout les plantations d'arbres verts.

Mais aucune de ces améliorations agricoles n'est possible, aucune plantation ne peut réussir avec le maintien de la vaine pâture.

La première mesure à provoquer pour prévenir les désastres des inondations est donc la suppression de la vaine pâture, mesure exclusivement dans les attribution» du ministre du commerce et de Tagriculturc.

Nous nous autorisons du témoignage des plus célèbres agriculteurs, et partîou* lièrement de l'opinion de M. de Feltemberg, pour attester que la vaine pâture ôte à la propriété un tiers de sa valeur, et que sa suppression, par une loi, enrichirait immédiatement la France de plusieurs milliards.

Une autre amélioration également favorable contribuerait encore au H^jÉHat cherché , la diminution de Tintensité des inondations ; ce serait l'extension des irrigations qui porteraient la fécondité sur des terrains nus et stériles. M. de Gasparin , député , et M. d'Estemot, ont présenté avec beaucoup de talent des propositions justifiées^ par des considérations du plus haut intérêt.

mteifl aor les irr^atioas.

Cependant , si nous remonlons axa. époqoes où nos plus gnnds ministre dotaient le pays d'utiles créations , nous recoonaissoiis qae SoDy , sarintendani des finances , était ministre des Iravaax publics , qae Colbert avait dans ses altribntious les Todclions malbein«nsefnent divisées maintenant entre beaucoup de direcleors généran , premiers commis des mimslres.

De l'organiiotion et de la conservation des travaux d'endigvage.

Les populations de la Flandre française , celle) des Pays-Bas , réunies en associaliong , ont conquis sur la mer de vastea domaines , ont transffflnué des tables eo atAs fertiles, et se garantissent des inondations de l'Océan et des flenres par des digues parTaitement entretennes.

En cas d'accident , le tocsin est sonné , les habitants accourent par intérêt et par devoir, et préviennent ou réparent immédiatement les désastres sans que l'administration gouvernemeolale intervienne et contribue dans les dépenses.

Lorsque la direction et l'entretien de semblables ouvrages sont confiés h one administration éloignée , dont les agents, souvent déplacés, manquent d'expérience et surtout d'autorité, des mois, des années se passent avant la rédaction et i'approbali(Hi des projets, le vote des fonds et l'organisation des travaux. Les dépenses à faire deviennent incalculables.

Ainsi, on a vu des luttes déplorables s'établir, en 1 841, entre les propriétaires riverains du RhOne et l'administration, sur le tracé des dignes prcjelées et sur le mode de leur exécution , et il en est résulté que l'administration , au lieu de laisser la respoa > sabilité et la direction des dignes à ces riverains, a été conduite à faire supporter presque la totalité de la dépense aux «Hitrées éloignées, appelées à payer des travaox qui ne leur profitent pas.

Injustice et dangers de Vintervmtion de t administration dam les travaux if eiufîywoy« des rivières tt des fleuves.

Les inondations de 1840 et de 1841 ayant occasionné des désastres dans les vallées des aOluents de la Sadne et du Rhône, l'administration a refusé d'allouer des subsides pour la reconitniction des ponts emportés, des rootea vldnalea dégradées , et

des* dommages causés dans ni grand nombre de communes des départements du Jura , de l'Ain , etc. , etc.

Nous citerons particulièrement les communes d'Arlay , de Ruffay , de Parcay» de Pont-de-Yaux et autres, riveraines de la Seille, du Suran.

On a répondu aux réclamations faites, et souvent renouvdées par les habitants, que rÉtat ne pouvait contribuer à la réparation des dommages dans les communes agricoles.

Ainsi l'administration n'intervient , conmie toujours , que pour secourir les con trécs les plus riches, les grandes villes surtout; et il faudra que les communes ruinées payent leur quote-part des contributions réservées aux localités les plus favorisées du royaume.

Cependant c'est l'administration qui a imposé à ces communes l'obligation de prendre ses architectes et d'exécuter des projets de ponts qui , n'ayant pas assez de débouchés, ont produit des obstructions , des remous, des affouillements , la chute des ouvrages , et les pertes, éprouvées parles riverains.

Ces remarques ne sont dictées cpie par la conviction qu'il est nécessaire et urgent de constituer partout des syndicats, des associations , et de laisser à chaque contrée la responsabilité et les dépenses des travaux et des améliorations dont elles doivent seules jouir.

L'administration sans doute alors n'aurait plus cette séduction enivrante du pouvoir d'accorder ou de refuser selon les hoounes et les lieux ; mais aussi le pays tout entier marcherait à une prospérité plus rapide.

La France a donné les premiers et les meilleurs exemples des associations ; les travmix d'endigage de la Loire, les canaux d'irrigation de Craponne, de l'archevêque de Boisgelin, ont laissé depuis des siècles , dans la mémoire des peuples reconnaissants, le souvenir vénéré de leurs bienfaiteurs.

La perpétuelle tendance de l'administration de la capitale à s'emparer de tous les travaux est périlleuse : cet accaparement soulève les mécontentements des populations délaissées et imposées pour des ouvrages éloignés. Ce système est d'ailleurs ruineux ; le gouvernement , ayant fait exécuter lui-même les ouvrages d'endigage , devra les entretenir, les recommencer, les compléter. Ainsi, toutes les ressources du trésor seront réservées à quelques localités, au détriment de Vimmense majorité du pays.

Canclugùm.

No«s votons la loi comme une nécessité et une conséquence du passé , mais avec la conviction que les digues établies dans le lit du Rhône seront encore emportées ; que de nouvelles subventions seront demandées au trésor.

Nous considérons l'intervention de l'administration comme imprévoyante, iiqiiste 8 15.

et dangereuse. Les oommunes inoadées , dévastées sur les affluents des fleuves/ sont oubliées et même imposées ; tous les fonds de secours sont réservés aux contrées les plus riches. Les travaux étant dirigés par raAninistration occasionneront dans la suite des dépenses incalculables.

Nous souhaitons une législation qui confie les travaux d'endigage à la sollicilade des riverains, organisés et aidés par des subventions accordées partout dans les mêmes proportions.

Nous demandons une loi qui supprime incessamment la vaine pâture et ordonne la plantation en arbres verts de lous les terrains communaux en pente , afin de diminuer l'intensité des inondations, et nous souhaitons une nouvelle loi pour faciliter les travaux d'arrosage, etc. , etc.

Le génie des associations que tout révèle dans les montagnes des départements de l'Isère , des Alpes et du Jura , comme dans les Walteriogues de Dunkerqne , enfantera de nouveaux prodiges en France comme en Italie, dans les Pays-Bas et en Suisse, aussitôt que l'administration voudra le reconnaître, l'admettre, sinon le protéger.

œRDIER, député du Jura.

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