‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 54 sur 169 · LIGNE DU MIDI · texte numérisé non relu

LIGNE DU MIDI

De Malines a Bruxelles , et

Lde Soi^

i Malines a Bruxelles , et\ de Bruxelles à Tnbize , à l 4^^ Soi^ies , à Mons , à Quié- ( ' rrain. /

De nonTdlei ont été faites ponp enf dans la Tille.

i Beaucoup de traTii ont été exécutés di Tannée 1840.

igné de Gand à la frontière de France par Courtray et [ 74, 100 à Toumay.

Ligne de Namnr, par Mor-) g^

nimont, Braine le-Comte

Ligne du Umbourg, section ) . ^ ^^^.^ de Landen à Saint-Trond. *"''*"'

On a porté les éialuations des ingénieurs.

Les traTanx ne sont , ^terminés en mai 1842/

Beaucoup de dépenses] ont été eûtes depuis 1840.1

Mêmes ofaserratÎQns.

Totaux.

Prixmoyea

par kilométra.

Dépenses générales en matériel. . .

Personnel et frais d*étude

p^U moyen

par jJLilométre.

Dépenses totales au 30 septembre 1 839.

Beaucoup de nouTd!

machines ont été acherï depuis 1840.

TOM. S, SBCT. II.

Remarqua iur le tableau précédent.

Beaucoup de causes ont contribué à réduire les dépenses des chemins de fer en Belgique; ils ont été entrepris à Tissuc d'une révolution quî avait fait suspendre les travaux de beaucoup de fabriques, des grandes routes» des canaux, des places de guerre; les ouvriers, sans occupation , s'offraient à bas prix; les terrains, par ces mêmes circonstances, avaient c|iminué de valeur ; aussi , on a remarqué que les prix des traiMMix se sont de ping &k {^118 élevés pendant les dernières années.

Les évaluations ne sont d'aiHeurs que fictives, parce qu'il reste partoujt des ouvrages àcondpléter, des terres , des talus trop rapides à enlever , des sables à transporter; il faut surtout remplacer les bois blancs qui ont ^ elliployés dans les premières constructions des chemins.

I^ces diverses considérations, on peut porter la dépense par kilomètre à aoo,ooo fr. dans ces contrées en général très-favorables à ces ;voies nouvelles , à Texception de la ligne de Liège à la frontière de Prusse, où le terrain , tourmenté , a exigé des ouvrages^d' art considérables.

§ 3. Dépensée ei recettes des chemins de fer de la Belgique, et nombre des voyageurs.

Pendant rannëe 1838 les dépenses se sont élevées, savoir :

Art. 1^. Entretien et police des chemins 637,213 f.

Art. 2. Dépenses de transport 1 ,692,048

Art. 3. Frais de perception 403,907

Ensemble 2,733,168 f.

Les produits bruts ont été :

Voyageurs ' 2,935,818 \

Bagages d«s voyageurs. . 103,421 V 3,097,833 f.

Marchandises 58,594 J

Excédant des recettes sur les dépenses. | p. f 364,665 f.

Mouvement des voyageurs en 1838 2,238,304

Produit brut par voyageur, bagages compris If. 026

Produit net, par voyageur 0^ 118

Pendant les dix premiers mois de 1839 les dépenses se sont élevées, savoir : ;

Art. l*'. Entretien et police du chemin 576,369

Art. 2. Dépenses de transport 1,186,138

Art. 3. Frais de perception 341,668

Ensemble 2,104,175 f.

I^ies produits bruts ont été :

Voyagci« 3,148,300 \

Bagages des voyageurs 112,769 > 3,612,817 f.

Marchandises 351,748^7

Excédant des recettes sur les dépenses 1,508,642 f.

Mouvement des voy^eurs 1,604,019

HÊÊÊÊÊÊÊÊmmÊÊÊm^

Produit brut par voyageur, bagages compris. 2 f. 138

Produit net par voyageur. 0, 089

Récapitulations faites des produits et des recettes des chemins de fer de la Belgique, du i'' mai 1835 au 30 septembre 1839.

Les recettes brutes totales se sont élevées à. 8,759,947 f.

Les dépenses d'exploitation pendant la même période ont été de. . . 6,422,072

I^ recette nette a été, du 1*' mai 1835 au 30 septembre 1839, dé. 2,337,875 f.

OBsaBIBHaÉHBlBH t

En supposant que le capital dépensé de 82,779,870 fr. en quatre ans et demi ait^té payé par 9' tous les six mois , à raison de 9,197,781 fr., ou par an de 18,395,562 fr.;, rintérétà 1 p. f et sans tenir compte des intérêts composés serait , pour la première

année, de. 183,955 f.

Pour la seconde année, de. 367,910

Pour la troisième année , de 551 ,871

Pour la quatrième année , de 735,832

Et pour les six derniers mois, de 367,916

Ensemble, de 2,207,390 f.

Ainsi , les capitaux employés eu cliemins de fer de la Belgique nont produit qu'environ i p. loo d'intérêt pendant quatre ans et demi. Si ces sommes n'avaient pas été demandées aux contribuables , ceux-ci

en auraient retiré au moins 5 p. loo par an; ils ont donc perdu, par l'emploi des impôts en chemins de fer, Ja somme de plus de i6 millions jusqu'en 184^* ^ chaque année le noontant des pertes croîtra par le déficit des chemins de fer.

S 4. Coûte» du déficit da recettes dei chemin» de fer de la Belgique.

Le ministère, chaîné de la confection des chemins de fer , a pris pour base les prix des diligences, et a prétendu que les vojs^emrs aar les chemins de fer belges devaient être transportés , aux frais de l'Etat , plus rapidement et à meilleur mardié que par les voitures pobliquea.

Voici le tableau qu'il donne de ta comparaison des tarils et des vitesses.

Si le ministère avait pris pour bases des tarifs les diligences pour les personnes et les marchandises, la recette brute eût été augmentée de 3o p. 1 oe ; elle se serait élevée dans l'année de 1839 , savoir :

La recette brute pour dix mob étant de 3,612,817 fir.

A joutant le 5* pour les deux denùen nms 723,565

4,335,382 Augmentation de 30 p. : 1^300,614

Recette brute totale 5,635,996

Dépenses diverses pour dix mois 2,104,165 {.\ ^^

Ajoutant le 5* pour les deux derniers mois. . • 420,833 j ' '

Becette nette pendant 1839 3,110,998 fr.

La reœlte eût été double , et le produit net des chemins de fer se serait élevé à près de 4 p* loo par an.

Les voyageurs y transportés plus rapidement, plus commodément que par les diligences , gagneraient , en outre de Técouomie de temps pendant le trajet, les dépenses d^auberge qu*on peut évaluer à aSp. ^dela dépense des voitures publiques anciennes.

S 5. Ré/kxiom mr k syêtéme Sexécuiion et iur la tarifs des chemins de fer

de la Belgique.

Les nrinistres'des travaux publics, en Bdgique, appelés au pouvoir comme hommes politiques , ayant obtenu des chambres et du gouvernement la-direction et l'administration des chemins de fer , étrangers à ces spécialités y ont été incités à préférer des élèves et des employés aux savants ingénieurs belges , MM. Teckmann , Vifquain , Noël , etc. , sortis des premiers rangs de l'Ecole polytechnique de France, et connus par de grands et beaux travaux ; ces ministres ont dû penser qu'ils retireraient plus de gloire de ces entreprises, si les ingénieurs avaient moins de réputation , et que l'autorité suprême devait leur tenir lieu des connaissances théoriques et de l'expérience de Tingénieur.

Leur intervention dans les travaux a eu de très-fàcheux résultats : I* Ils ont repoussé les associations qui auraient exécuté, à leurs frais et périls y plus rapidement , à meilleur marché , et sans exiger des contribuables des accroissements d'impôts ;

2'' Le plan d'ensemble adopté par )e8 mittistres belges daos un but illusoire de s'emparer du transit des marchandises coloniales , est favorable sans doute aux étrangers qui franchissent le royaume sans s'arrêter y mais est nuisible à toutes les villes de l'intérieur qui perdront les profits des temps d'arrêt et de séjour des voyageurs ;

3"" Le point d'intersection des grandes lignes à Malines , à cinq lieues de Bruxelles , deviendra très -préjudiciable dans la suite k cette capitale , et en général à la Belgique.

4* Les tarifs étant très-bas , et les fonds employés en chemin de fer ne rendant pas deux pour cent , il en résulte que les frais de voyage des Belges , allant sur les chemins , sont payés en grande partie par tes habitants qui n'en profitent pas , et que les dépenses faites pour le transport des voyageurs étrangers retombent à la charge de la Belgique.

En définitive , les chemins de fer belges , par les tarifs trop bas , nuiront aux principales villes de la Belgique , puisqu'elles perdront les profits que leur procurait le passage plus lent , plus cher et le séjour des étrangers.

Nous devons insister sur ces observations, parce que l'opinion publique aétéabusée^en France^par les hommes prétendus politiques et de tribune, qui aspirent de même à diriger les travaux sans avoir fait aucune étude préalable spéciale , et qui ne manqueront pas de tomber dans les mêmes égarements ; ils appelleront sur le pays des pertes immenses et irréparables, parce qu'ils agissent sur une échelle décuple. Ainsi , les ministres des travaux publics en France , comme en Belgique , veulent repousser les véritables associations; ouvrir de vastes lignes sans interruptions, sans embranchements nombreux , indispensables , sans avoir la certitude de les terminer; ils veulent, par des tarifs très-bas, faire payer les frais de transport des nationaux et des étrangers par les populations délaissées qui ne jouiront pas de ces chemins, et dont quelques-unes seront ruinées par le déplacement du commerce. Il y aura donc une générale perturbation que des ministres mobiles ne pourront plus tard ni prévenir, ni af&iblir.

Les exemples de la Belgique, mal appréciés , doivent être cités comme des enseignements dignes des réflexions des hommes d*état*

Ed résumé , rintervention des ministres belges , dans la direction des travaux de chemins de fer, a été funeite à la Belgique et à la France.

A la Belgique , en repoussant les associations qui auraient exécuté plus rapidement , et d'après des projets plus utiles aux grandes villes ; en ne choisissant pas, k l'origine , les plus habiles ingénieurs ; en adoptant un tarif trop bas; eu plaçant le point de croisement à Malines au détriment de Bruxelles ; en exposant le service des chemins de fer à des perturbations à chaque changement de ministère.

A la France , en offrant comme parfaits modèles de funestes exemples servilement imités et qui auront de bien plus déplorables résultats.

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