‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 6 sur 169 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES ADMINISTRATIONS LOCALES ET LIBRES , TOUJOURS INDISPENSABLES , NE SONT PLUS SUFFISANTES DANS UN GRAND ÉTAT; IL FAUT EN OUTRE, POUR SA SÉCURITÉ ET SA PROSPÉRITÉ, LE CONCOURS DES ASSOCIATIONS PERPÉTUELLES POUR l'eXÉCUTION DE GRANDS TRAVAUX INDISPENSABLES.

De belles institutions libres, communales et provinciales, pouvaient assurer autrefois la prospérité , la stabilité d'un vaste empire purement agricole. La commune affranchie, peu imposée, administrée par ses élus, avait tous les éléments de vie ^ de couservation et de bonheur , comme partie intégrante des empires agricoles. Les souverains , riches en domaines et en troupeaux, vivaient de leurs produits et laissaient aux agriculteurs des campagnes la presque totalité de leurs revenus.

Mais depuis soixante ans , les progrès des sciences, de l'art militaire et du luxe, ont imposé aux gouvernements la nécessité d'ordonner des dé*

penses considérables nouvelles et robligation d'y satisfaire par raccix>issement des impôts.

Les ingénieurs ont enrichi le monde de découvertes admirables, dont les applications, plus ou moins générales, promptes et parfaites, sont destinées à changer l'équilibre de la puissance et les destinées respectives des empires.

Les nations qui , les premières, profitant de ces découvertes , disposeront d'un réseau complet de canaux et de chemins de fer, et qui sauront en même temps créer des flottes à vapeur nombreuses, ne manqueront pas de s'emparer du monopole du commerce , de la domination des mers. En temps de guerre , elles dévasteront les provinces frontières de leurs voisins, dépourvus de ces nouvelles machines; elles brûleront leurs villes avant que leurs troupes , comme enchaînées sur le sol par la lenteur de leurs marches, aient eu le temps d'arriver sur les points envahis et déjà ruinés.

Ainsi , sans vue de conquête , et par les seules nécessités de la conservation , chaque grand empire , la France surtout, doit posséder une quan- ■ tité de vaisseaux à vapeur et une étendue de chemins de fer, dans le rapport de la circonférence de ses frontières et de la puissance des nations rivales.

Mais les dépenses de ces constructions et de leur exploitation sont excessives; on ne peut en exiger l'acquittement immédiat par l'impôt annuel sans ruiner le propriétaire et l'agriculteur. Il devient nécessaire de demandera une autre science nouvelle , celle de l'économie politique, les moyens de créer, sans addition d'impôts, les ressources qu'exigent l'exécution et l'exploitation de ces inventions nationales.

On démontrera que le problème ne peut être résolu que par des associations affranchies, perpétuelles, protégées et encouragées par les lois.

Sans anticiper sur cette importante discussion , l'objet d'un mémoire spécial, nous nous bornerons à rappeler les conclusions des premiers mémoires.

Le gouvernement d'un grand état qui veut administrer lui-même devient, par la force des choses, absolu , et par là imprévoyant et aveugle. Il préfère des favoris solliciteurs aux hommes de génie, par caractère in-

dépetidant ; ih n'eatreprend que •de8t<ouvi»ge9} gtgaflu(esqu«&^ faâlueax ; il exécute lentement, avec luxe et chèrement; il termine raFeoient v etn'en^ tretient presque jamais c il rend'ainHi'^iropraducdîfs imêiiieles cirages les plus utiles y et les impôts enlevés «aux- «populalion8i£nfin,< il impose toutes les charges des entreprises précisément^ la giénération du moment , qui ne doit pas en jouir. II tend donc à se rendre de plu» en plus impopulaire ,'à ruiner le pays, et & le ^ livrer ans invasions xlea>natîonsTivales enrichies par une administration plu» > prévoyante.

^Les^aesociationSj chargées' des travaux) è leurs frais et périls^i choisissent, au contrairei'les administrateurs le» >plu8<»pablcs, les ingénieurs lesplus. célèbres. Les actionnaires concourent avec 2èle au* succès des travaux et de leur -exploitation;* tou»*s*instruisent par Texpériencev €t,saUaehent , par leurs œuvres, à la prospérité du pays, à la stabilité du gouvememeot , au maintien de la paix, source pour eux de richesses.

Si Fentreprisc ne s'achève pas, le public ne contribue point dans les pertes; si elle réussit, il n*cn use que parce qu'il obtient une économie ou un avantage. Les populations éloignées ne* $out point imposées pour des ouvrages dont elles' ne jouissent pas^ La génération présente n'est pas condamnée èi rembourser le capital d'un travail dont elle ne doit pas profiter; les générations futures, appelées à partager les profits des améliorations ^ixintribnent également à^rembourser leprix des travaux.

En' définitive, puisqu'un système ' complet de canauxvde'chenmis de ier; est nécessaire h la prospérité et à la défense d'un ' empire entooré d'élats puiasantS'par cesavantages;puisqu'aueungociveriiement d'un grand peuple m'est parvenu , depuis quatre mille ans^ à terminer pu du moinsà^main-r tenir en bon état une entreprise étendue et productÎTe*) putsqu enfin ^xies •associations* concessionnaire» à leurs^ frais !et pâ[rils,> sont seules capables d'exécuter avec « habiletés et à OMfntenii! len parfeiHt entretien de 'grendes'entrepriaes utiles y il estdonr iirdispensabie» et urgente d'appder le 'Concours des assoeiatîoiis, et de créer une iégialation spéciftleiquijigagDe leur confiance, provoque leur intervention, et les rende nomlN»aaes;6t 'florissantes.

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