‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 62 sur 169 · TOM. 2, «ECT · texte numérisé non relu

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les frontières et les champs de bataille, doivent être en couragées et promptcment exécutées ; mais comme ces chemins seront en même temps des voies commerciales et des moyens de prospérité pour les contrées traversées ,

l'intervention de TEtat doit se borner à accorder des subventions» des garanties d'un minimum d'intérêt et surtout un tarif élevé , d'une part pour en assurer le prompt achèvement et d'autre part pour que les dépenses ne soient pas à la charge des contrées délaissées , pauvres , dont les habitants n'en useront jamab.

Quant aux grandes lignes , allant de la Manche à la Méditerranée » de l'Océan au Rhin , appelant le transit par le bas prix des tarifs, l'épreuve de la Belgique a dissipé toutes les illusions sur les prix de constructions presque doublés, sur les produits nets réduits à a p. \jSm les transports des marchandises deux fois et demi plus chers que sur les canaux et quatre fois plus chers quesur les rivières navigables; sur les transits presque nuls.

Les grandes lignes de chemins de fer ne peuvent donc être des voies commerciales , internationales utiles , qu'à la condition de ne pas mettre les frais de transport des marchandises à la charge des contribuables , et de ne pas rendre ainsi les transits préjudiciables et souvent ruineux pour pulations.

£n Belgique, les chemins de fer proposés comme moyen de dégrèvement de l'impôt , ont occasionné une augmentation de dépenses publiques de ia5 millions, et depuis leur achèvement et leur exploitation, toutes les branches d'industrie sont en souffrance par les causes indiquées précédemment.

En France, où 37,000 communes ou hameaux, sur 4o,ooo, manquent de chemins vicinaux praticables la moitié de l'année , les grandes lignes de chemins de fer exécutées par l'Etat, avec des impôts publics, sont des entreprises prématurées et même désastreuses , parce qu'elles rendront le pays stationnaire et sur beaucoup de points rétrograde*

Dans l'ordre logique et légal, on doit laisser aux conoimunes, les ressources nécessaires à la réparation de leurs chemins vicinaux ; assurer en même temps la canalisation et l'endiguement des rivières ; encourager l'exécution des chemins de fer par des compagnies, en ne leur accordant que les subventions compensant les monopoles et les chaînes qu'elles ont

à supporter 9 et pdrles bénéfices directs que le trésor doit retirer des travaux réellement utiles.

Nous admettons surtout des réseaux pwticuliérs layonaant autour des grandes villes de oommerce, et payés en très-grande partie par des asso^

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dations composées des plus riches halntans de ces cités.

Si, d'une party les ^ndes lignes exécutées par l'Etat , avec un aociois-^ sèment d'impôts, doivent entraîner les plus fatales conséquences; des entreprises de chemins de £er concédées à des compagnies contribuent à enrichir les populations 6t à les édairer sur les questions importantes des travaux publics , et à former des administrateurs.

Tout le monde reconnaît que le voyageur, qu'on transporte sans fiaitigue à 8 et lo lieues par heure, doit payer les frais de voyage, c'estrikdîre la dépense de la voiture et l'intérêt du capital du chemin. Etendant la conséquence , on jugera de même que les grandes routes doivent être entretenues aux frais de ceux qui en profitent.

Par cette analc^ie et les déductions, on arrive enfin à . reconnaître et à décider que les campagnes et les pays pauvres ne peuvent plus être accablés d'impôts qui sont exclusivement employés aux profiits des villes et des pays riches, et à de grandes distances.

Nous voulons surtout rappeler que les prospérités de la France ne peu* vent être assurées et dévdoppées qu'en conférant aux associations exclusivement la totalité des entreprises de travaux publics , qu'en les encourageant, les honorant , les protégeant, comme en France au 17 f siècle, f et comme en Angleterre, aux États-Unis et en Allemagne.

Les ûompagnies encouragées font dix fois, vingt fois, trente fois plus de canaux et de chemins de fer que depuissants gouvernements; elles procurent donc beaucoup plus d'occupation etd'aisance aux classes laborieuses.

Elles appellent les plus capables, excitent l'émulation, récompensent lé génie ; elles élèvent les prolétaires au rang de propriétaires par la rétribution en actions des entreprises productives pour une partie des émoluments de ses agaits et chefs ouvriers.

Le jeune hoamie employé qudques années à fabriqueret k conduire des locomotives, étudiant en même temps les sciences mécaniques^ est «près quatre à cinq ans, pour ainsi dire émancipé ; il peut en France et dans tous

les pays du globe, où arrivent les vaisseaux à vapeur, trouver un emploi de 3 à 4>ooo fr. par an ; sa fortune est donc assurée.

Cent compagnies de chemins de fer en France formeraienti par an, deux mille jeunes gens et créeraient ainsi un accroissement de revenu social de 13 milions, qui s*additionnant chaque année s'élèverait en loansà 120 millions par an , réservés à une jeunesse laborieuse , maintenant inoccupée.

C'est enconGant ainsi les entreprises de chemins de fer , de canaux , de vaisseaux à vapeur à des associations que TAngleterre s'est acquis une prospérité et une puissance extraordinaires, qui ne se sont révélées qu'aux jours d'épreuve, aux nations rivales étonnées, mais que les observateurs attentifs avaient depuis longtemps prévues et annoncées.

Depuis vingt années, l'administration de la France fait d'énergiques et malencontreux efforts pour repousser le concours des compagnies; elle ne veut admettre que des simulacres d'associations , pour s'attribuer la direction des travaux, la distribution des fonds, et pour exercer une influence croissante sur les contrées privilégiées, et sur leurs délégués. Elle est parvenue à empêcher l'exécution des canaux, ouvrages les plus indispensables, et des lignes de chemins de fer soumissionnées par l'influence de son système désastreux. L'agriculture soufire,le commerce languit, les impôts croissent ; la France manque de ces voies nouvelles nécessaires à la défense, de milliers de mécaniciens habiles , de vaisseaux à vapeur; enfin son intervention, ambitieuse, arbitraire, excite les rivalités, soulève les mécontentements, affaiblit la France au dedans et au dehors.

Cest par de telles fautes , et surtout par l'exagération de pouvoir de centralisation administrative excessive , qu'on a vu en cinquante ans des gouvernements de toutes dénominations , épuiser les ressources du pays , soulever les haines , lutter contre l'opinion , se suicider et tomber avec fracas, en laissant à la génération présente des malheurs irréparables, et ^ leurs successeurs des enseignements promptement oubliés.

La régénération de la France ne saurait être obtenue que par un changement complet de système que nous appelons de nos vœux et que la France n'obtiendra que de l'association de tous les hommes indépendants, éclairés et dévoués à sa sainte cause.

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