‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 65 sur 169 · SEPTIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME MÉMOIRE

SUR

SEPTIÈME HËMOIRfi

SUR

PROJETS DES CANAUX DE JONcAoN OE LA ItER ROUGE A LA MÉDITKRRANÉB

ET DES BARRAGES DD IfIC.

« Le eaiMil de oommuaiottioii entre U mer Reuge et ft Xéditerrenée méritarait la première piaee, al lea efèria de fteie 6D faveur de Petilité publique étaient a^ndèa par lea sénératlona deatinéea à en |ouir, et al lea fondementa du bien aoeial piNiTalent aoquérir la même aoUdité que lea préjugea qui tandent i le détruire.

» La peaitlen la plua beurenae aurait dicté dea loia immuablea , et le canal de la mer fiouge eût été eonatamment la baae dndreit public dea nationa. »

(M. 01 TUTT, Mémoirti mit Im Twm.)

CONSIDERATIONS GENERALES

L'Orient , ce premier berceau de la civilisation et des religions , fixe de nouveau Fattention du monde et semble destiné à yne nouvelle régénération.

Ce n'est plus, comme aux tempq^fabuleux , héroïques et chevaleresques, un sentiment pieux, ou l'espoir de la gloire qui appelle en Syrie et en

? '^ .. -^ :'.: Â I-:. . y- ■' . V' ■■> • Egypte , à la ccu^iièté 3 -tin 'Â)an)eau iàcrë et (f aàtiqties monuments , les plus grands guerriers , et Télite de la chrétienté.

Des intérêts de commerce plus ardents encore que la passion de la re-^ nommée, ont troublé la paix des saints lieux , et menacent d'étendre la servitude des Indes jusqu'aux rives de la Méditerranée. La barbarie avance cojqame un fléau, par les guerres intestines, et étabKt sa domination sur les contrées désolées et désertes.

Mais les nations civilisées veillent à la protection et à l'émancipation de l'Orient ; la France surtout, la première à remplir cette noble mission, saura défendre l'indépendance de la Syrie et de l'Égyjpte ; elle serait d'ailleurs compromise dans son commerce et son |penir , si ces contrées tombaient au pouvoir d'une puissance rivale.

L'Egypte, située entre la mer Rouge etlaMéditerranée, entre les déserts d'Afrique et d'Arabîtf, .devait étrepar sa position la grande route commerciale des Indes et de l'Europe, et aussi Tentrepôt des marchandises d'Orient et d'Occident , en raison des difficultés du passage.

Dès la plus haute antiquité, et jusqu'à la découverte du cap de Bonne- Espérance , les marchandises des Indes furent transportées par la mer Rouge et par caravane , dans la haute Egypte , sur les bords du Nil , où elles étaient embarquées pour les ports de la Méditerranée.

Cette contrée à été aussi dotée d'un puissant élément de fécondité et de richesse. Le Nil, la providence de l'Egypte, pendant ses crues annuelles déborde, et rend éminemment fertiles les terres qu'il recouvre , et ses bras navigables ouvrent des communications faciles entre les diverses contrées (le l'isthme de Suez.

Les hommes multipliant en néson de l'abondance de la nourriture, l'Egypte , sous un heureux ciel , riche sans travail en récoltes abondantes , a été le pays le premier habité par une population . sédentaire et agricole , et bientôt après très-nombreuse.

La civilisation et l'industrie croissant avec l'agglomération des habitants les Egyptien^ étendirent la sphère des inondations du Nil ; ils ouvrirent des canaux d'irrigation et conquirent, sur les déserts , de vastes domaines que les eaux du Nil dérivées ou élevées pardes machines rendaientféconds. L'agriculture, ne demandant que le travail d'un vingtième au plus des ha-

bitants qu elle pouvait nourrir, le reste de la population se livrait au commerce, aux arts, aux sciences^et dès les temps de la plus haute antiquité , FEgypte avait des fabriques diverses, des lettrés, des savants, et surtout des institutions qui ont rendu ce peuple puissant et célèbre.

Mais du sein des prospérités et des richesses naissent la corruption , la puissance absolue des souverains, leur ambition, des entreprises fastueuses et gigantesques^ des expéditions aventureuses, des conquêtes, et par réciprocité des invasions, la ruine des peuples et leur servitude.

Il semblerait que , dans Tordre providentiel , chaque nation a ' comme rhonmie ses*quatre Ages mais séculaires , la faiblesse de Fenfance, l'ardeur et la vigueur de la jeunesse , Téclat de l'âge mûr , et la décrépitude de la vieillesse, suivie d'une longue agonie et d'une résurrefetion ineertainei.

Déjà la nation égyptienne terminait sa brillante carrière; elle s'éteignait dans les misères de la servitude par le luxe de ses travaux gigantesques , lorsque la Chine, qui avait reçu de l'Egypte, avec ses premiers rois, des exemples de navigation, de civilisation ; lorsque la Grèce et d'autres États voisins; qUi lui avaient emprunté ses belles institutions, commençaient à fleurir. L'antique Egypte a fini, en léguant à l'étonnement des générations, des monuments éternels ; et, comme enseignements, l'histoire, les souvenirs des désastres que ces pyramides prodigieuses ont entraînés pendant et depuis l'époque de leur construction. Le peuple,, épuise, décimé, a subi l'invasion des conquérants d'Arabie, d'Asie et Â'Europe, et semble condamné au joug perpétuel de Tétranger ; Athènes, à l'exemple de l'Egypte, a de même provoqué des guerres civiles, et causé sa ruine et celle de la Grèce, en élevant des monuments fastueux, admirés par les artistes, déplorés par les philosophes.

Quoique le cadre que nous avons choisi soit restreint à la recherche des meilletu^ projets du canal des deux mers et des barrages du Nil, et à l'examen de l'influence de ces ouvrages sur les prospérités du cbmmerce général , nous ne pouvons nous dispenser de rappeler les conjectures sur les anciens travaux de navigation en Egypte.

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