‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 76 sur 169 · AVANTAGES BU CANAL MARITIME DE 8UEZ A PÉLUSE · texte numérisé non relu

AVANTAGES BU CANAL MARITIME DE 8UEZ A PÉLUSE

^Le commerce entre FAsie et l'Europe se faisait autrefois par TEgjpte ; mais la navigation de la mer Rouge était lente et périlleuse en raison de la violence et de la constance des vents, du nombre des écueils , et delà barbarie des peuples du littoral; les vaisseaux à voiles n'effectuaient qu'on voyage par an, et sur dix expéditions, on comptait un et plusieurs nau«frages.

Les transports des marchandises se faisaient de préférence par caravanes h travers les déserts d'Egypte et d'Arabie et coûtaient des frais excessifs.

Depuis la découverte du cap de Bonne-Espérance, les vaisseaux d'Eurofie ont pris cette direction , et le passage de l'Egypte a été presque abandomre.

Mais la route du Gap oblige les navires d'Europe et d'Amérique qui se rendent dans l'Inde de passer deux fois la ligne , de subir les chances des maladies , des longs calmes , des vents contraires , et de parcourir une distance double , triple et même décuple ; de là les frais excessifs , et la surâévation du prix des marchandises.

La découverte de la navigation à la vapeur est destinée à ouvrir , de nouveau, le passage de l'Egypte auconunerce des Indes et d'Europe, étw le rendre plus actif et pilus florissant que par la ligne du Gap.

îjLa distance, par exemple, de Marseille à jiden^ de i45o lieues, pourrait être parcourue par des baiteaux à vapeur en quinze jours , en traversant le canal maritime de Péluse k Suez ; en épargnant une différence de trajet de trois mille lieues et de trois mois.

Gette économie serait plus grande encore pour les navigateurs d'Italie,

de la Grèce et des ports de la Turquie. Ainsi de Gonstantinople à Suez la

distance serait par le nouveau canal de 3ao lieues., et par le Gap et la mer

Rouge de 6aoo lieues , c'est-à-dire dans le rapport de i à 20.

L'ouverture du canal maritime ne donnerait pas seulement une navi^ Ton. % iicT. II. 21

gation plus ceprte et plus prompte, mais elle réduirait les frais de, la navigation à vapeur sur la mer Rouge et celle des Indes. Des bateaux à voile venant de la Méditerranée et passant dans la mer Rouge parle canal approvisionneraient en combustibles les ports de la mer Rouge.

Sur cette ligne de navigation entre les Etatsd*Europe et les Indes, les ^ ports de la Méditerranée, de la mer Rouge et du golFe d' Arabie, étant très-, rapprochés , les vaisseaux k vapeur n'auraient à prendre de combustible que pour quelques Jours; ils auraient donc des chargements en marchandises ' plus considérables; le fret serait moins réduit, et par là encore le commerce deviendrait bien plus actif.

Le canal maritime de Suez à Péluse, alimenté parla mer Rouge , traversant les déserts, éloignés en tous sens à plus de i5 lieues du canal, et généralement k plus de 5o lieues d'un point habité , séparerait TEgyptede la Syrie, fermerait les deux pays aux courses des Arabes et préviendrait de nouvelles guerres.

£ette navigation étant établie, les ports de Marseille et de la Méditerranée seraient plus rapprochés de Bombay et des Indes que de Nev^- York et des autres ports de l'Amérique du nord; leur commerce prendrait une extension extraordinaire.

Une population de trois cents millions d'âmes en Asie produisant à bas prix un excédant considérable de marchandises consommées en Europe, les peuples d'Europe les obtiendraient en plus grande abondance et k meilleur marché.

"Presque toutes les puissances d'Europe ne communiquent avec leurs possessions dans les Indes que difficilement , chèrement. Après l'ouverture du canal , elies.donneraient un plus grfmd développement à leiiin colonies , le voyage ne demanderait plus qu'un mois au lieu deçânq ou six, et on éviterait le double passage de l'équateur.

Par ces motifs, le canal maritime de Suez h Péluse opérerait, nous l'avons dit, une révolution commerciale aussi importante que la découverte des Amériques ou du passage du cap de Bonne-Espérance. Le tableau ci-joint fera connaître la différence des distances des deux routes par le canal maritime et parle cap de Bonne-Espérance.

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