‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 82 sur 169 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

L'isthme de Suez est le seul obstacle à la navigation directe et continue entre les mers des Indes et celles d'Europe.

Dans les siècles reculés et dans les temps modernes , jusqu'à la décou-

verte des côtes d'Afrique , l'Egypte était la principale voie commerciale et le grand entrepôt de l'Asie et d'Europe.

Le canal de jonction de la mer Rouge au Nil et à la Méditerranée fut entrepris dans la plus haute antiquité , et plusieurs fois abandonné ; il a été ouvert à la navigation à deux époques , sous le règne de Ptolémée Philadelphe , et pendant la domination du calife O'mar.

Le canal , détruit aux extrémités par la main des hommes, abandonné depuis onze siècles, est en partie comblé; on en distingue encore quelques vestiges.

Les eaux du Nil n'arrivant plus par la vallée d'Ouady, dans les lacs Amers, ni à Suez, ni à Péluse , les contrées riveraines de l'ancien canal

ne présentent que les ruines de villes célèbres ; et le désert s*étend sans interruption , conune autrefois , sur une vaste zone de Suez à Péluse.

Depuis la découverte du passage d'Europe dans Tlnde par le cap de Bonne-Espérance , la navigation «uivait cette voie et longue et périlleuse. La route commerciale par FÉgypte était abandonnée , en raison des dan* gers de la mer Rouge , et des (irais de transbordement.

Les deux périodes successives de vingt-six ans de guerres générale et de vingt -six ans de paix presque universelle , ont opéré des transformations dans les Etats du globe et d'heureuses révolutions dans les sciences d'application.

La force de la vapeur employée aux vaisseaux , donne une vitesse de six lieues par heure, et permet de remonter les fleuves rapides, de na« viguer avec sécurité et célérité sur les mers dangereuses pour les navires à voiles.

Les colonies des Indes , qui s'étendent et prospèrent , appellent de plus en plus les Européens et leur commerce.

A l'Orient de l'Egypte , 3oo millions d'habitants , façonnés au travail et à la servitude , produisent à bas prix , sous un heureux ciel et sur un sol fertile, le thé, le café, le sucre , le coton, l'indigo, la soie, le riz, les épices , etc. , qui manquent en Europe , à l'occident et au nord de l'Egypte.

Les 200 millions d'habitants de l'Europe, où tous les arts fleurissent, ont à exporter, en Asie , les produits de leur industrie et à importer les matières premières qui leur sont indispensables.

L'Egypte est donc interposée comme un obstacle aux relations commerciales , progressives et bientôt prodigieuses de 5oo miUions d'habitants de l'Europe et des Indes.

Entre la mer Rouge et la Méditerranée se trouvent le désert , la fièvre jaune, la peste, et une contrée couverte de ruines célèbres; témoignages authentiques des grandeurs passées et des convulsions politiques fréquentes.

La route d'Europe en Asie, par l'Egypte, est d'un mois ; elle expose le voyageur k la peste ; par le cap de Bonne-Espérance , le voyage des Indes est de quatre à cinq mois , et le navigateur, en passant deux fois la ligne , est soumis aux dangers des maladies du climat.

A notre époque de civilisation et de progrès , on ne peut supposer que les souverains , chargés de veiller au développement des prospérités des 5oo n^illions d*habitants de leurs États , se refusent de les affranchir des pertes, des maladies, et des désastres qu'entraînent soit le long détour par le Qip , soit la traversée actuelle de TÉgypte.

Les anciens historiens ont cité , comme des titres de gloire , les travaux entfepris par Sésostris, Nécos, Plotémée, Trajan, etc., pour établir la communication entre la mer Rouge et la Méditerranée, dansées temps cependant où le commerce des Indes était peu actif.

La reconnaissance des peuples conserve la mémoire vénérée de ce prélat qui se dévoua, à Marseille, aux soins des pestiférés abandonnés même par leurs parents.

Les souverains d'Europe sont appelés à se signaler par de plus grands, bienfaits; ils peuvent, en moins de trois ans, garantir les navigateurs dans rinde des maladies pestilentielles , et leur épargner les trois quarts du temps du voyage.

Nous proposons, pour atteindre un but favorable à tous les peuples :

i"" D'ouvrir un canal maritime à grandes dimensions, d'Ârsinoé, en face de Suez , à Péluse, et de l'alimenter par les eaux 4e la mer Rouge ;

a"" D'établir un port en avant d'Arsinoé , sur la mer Rouge, et en avant de Péluse sur la Méditerranée , et de construire des bassins à flot et de retenue, des écluses de chasse, des jetées avancées en mer , afin d'obtenir par des chasses journalières une passe profonde ;

y D'élever, sur la ligne du canal et de lieue en lieue , un pçste spacieux et retranché pour le logement des troupes , des employés du canal , et des chevaux , chameaux destinés au halage des vaisseaux ;

4° De dessécher le lac Menzaleh , et tous les marais à vingt lieues de Péluse et du. canal ;

S"* D'exécuter pour le compte du vice-roi , ou d'après des arrangements passés avec ce prince , le grand canal du Caire à Suez , passant dans les lacs Amers , et constamment alimenté par le Nil ;

6^ De rétablir la branche pélusiaque du Nil , afin de rendre fertiles et habitables tous les environs de cet ancien lit du fleuve et de Péluse ;

^^ D'attribuer à la compagnie le canal , ses dépendances , et les terrains

aux abords, à vingt lieues en tous sens , en toute propriété et en toute souveraineté.

8" De faire déclarer la colonie pays neutre , indépendant et comme asile sacré offert aux proscrits politiques de tous les pays et de toute opinion et religion.

90 D*empécher toute communication sur la ligne du canal , entre les

habitants de la colonie et les populations voisines de la Syrie, de l'Egypte et de l'Arabie , et de ne lès admettre que dans les deux ports , aux extrémités , où ^rait exercée une grande surveillance dans les cas de peste et de- fièvre jaune.

I o® De réserver des bassins particuliers dans ces deux ports pour les vaisseaux européens , et pour ceux des pays suspects de maladies contagieuses.

I I « De construire des lazarets pour les populations d'Orient qui devraient être soumises à des quarantaines avant de traverser le canal.

Par ces mesures et d'autres Clément utiles, la colonie du grand cmal serait r^e par les lois des peuples d'occident , et considérée comme une dépendance de l'Europe.

La surface de 700 lieues carrées entre Suez et Féluse , concédée à la compagnie , maintenant occupée par les déserts et des marais pestilentiels, inhabitables et inhabités, deviendrait, par le dessèchement des marais, les irrigations du Nil, la contrée la plus fertile et la plus saine de la terre, et serait bientôt peuplée des émigrants de tous les pays attirés par le mouvement extraordinaire du commerce.

On pourrait supposer que cette entreprise, enlevant à l'Egypte une partie du transit qui suit cette route , le vice-roi devrait s'opposer à son exécution.

Mais les enseignements du passé et des prévisions avertissent que le commerce européen dans l'Inde reprenant la voie ^yptienne avec une activité triple et peut-être décuple, le vice-roi se trouverait à là discrétion des grandes puissances , à celle de leurs agents et des événements politiques. Les premiers conquérants seprécipiteraient encore sur cette riche proie qui passe de siècle en siècle en des mains différentes.

Le vice-roi^ afiîanchi de Fétinanger, poursuivrait avec sécurité Tceuvre

de régénération de l'Egypte qu'il a entreprise avec courage , aidé de son fils y le héros de l'Asie , et qu'il poursuit avec la persévérance du génie.

La colonie européenne , neutre et puissante , fermerait la partie ouverte de l'Egypte et garantirait ce royaume des invasions et des courses des Arabes.

Les populations de la colonie enseigneraient , par l'exemple , aux peuples d'Orient, les avantages des institutions libres, et reporteraient, au premier berceau de la civilisation , les bienfaits que l'Occident en avaient recueillis dans la plus haute antiquité. ^

Pour atteindre le but proposé^ il faudra sans doute vaincre de grands obstacles qu'opposent au succès , non le climat et le sol , mais les rivalités^ les susceptibilités, l'ambition des puissances diverses.

Le sultan voudra-t-il céder la souveraineté sur un sol quoique désert ?

Le vice-roi consentira-t-il à perdre le monopole du transit?

De grandes puissances renonceront-elles à l'espérance de réaliser le projet médité , préparé , de conquérir et d'exploiter seules le passage des Indes ?

Vingt-cinq ans de guerre ont appris que les destinées des plus grands empires dépendent souvent du hasard , et que le corps le plus vaste , en apparence le plus vigoureux , est promptement mis en dissolution par un coup du sort qui déjoue tous les calculs politiques.

Vingt-cinq ans de paix ont aussi éclairé et moralisé les nations , et les gouvernements eux-mêmes , guidés par des intérêts égoïstes , n'échappent point aux jugements sévères , et au sort réservés aux particuliers , lorsqu'ils se placent , par la force , au-dessus des lois naturelles et des droits sacrés des voisins plus faibles.

L'ambition heureuse soulève inévitablement des haines implacables , et à la longue victorieuses. L'oppression amène la révolte ; la conquête provoque l'invasion et la rend inévitable.

La gloire de constituer une colonie libre, indépendante, neutre, est plus digne d'enflammer les cœurs généreux des souverains , que le massacre d'armées ennemies , et la ruine de cités célèbres.

Les noms des souverains protecteurs de la nouvelle colonie européenne seraient conservés éternellement dans la mémoire des peuples; et chaque

navigateur et voyageur, passant avec facilité et sécurité , en un ou deux jours y de la Méditerranée à la mer Rouge , rendrait des actions de grâces aux princes qui auraient contribué à transformer des déserts en belles et riches campagnes , et les auraient afiranchis d'une navigation périlleuse de quatre mois , et des périls de la peste et de la fièvre jaune.

Marseille supprimerait alors sa quarantaine de vingt-cinq jours , et abrégerait des deux tiers le temps du voyage en Orient , et les Français partant d'Egypte ne seraient plus obligés de passer & Southampton pour arriver plus tôt à Paris. ^

Les concours promis pour réaliser ce vaste projet , font présumer que les difficultés , en apparence insurmontables , céderont à la volonté , à l'énergie qu'inspirent un but glorieux y favorable à tous les peuples du monde.

CONCLUSION

L'Egypte, plus qu'aucune autre contrée du monde, conserve la trace des guerres et des invasions fréquentes et désastreuses. Les populations furent , de siècle en siècle , en partie détruites et le reste soumis à la servitude. Les ruines de mille villes ou villages attestent encore les anciennes prospérités et les malheurs des Egyptiens , autrefois les civilisateurs des Grecs et plus tard leurs esclaves.

Rarement les puissances se sont unies dans un but favorable à une nation quelconque et à l'humanité ; tantôt elles ont combattu pour la conquête d'un pays et la domination d'un peuple, et tantôt elles se sont entendues pour le partager ; leurs querelles ou leur accord furent funestes aux nations faibles.

L'entreprise du grand canal maritime , sous la protection des sept puissances maritimes ayant des possessions en Asie, ouvrirait une ère nouvelle pleine d'espérance pour les divers nations du globe.

Les peuples verraient dans cette conmaunauté de vues bienfaisantes , conciliantes des souverains d'Europe , un long avenir de sécurité; la gloire d'avoir transformé un désert en contrée fertile , de couper l'obstacle qui sépare les mers d'Europe et d'Asie , de relever de leurs ruines et de rendre

florissantes d'antiques et célèbres cités; cette gloire serait plus digne de mémoire que la conquête d'un royaume par la destruction des populations et des monuments.

Alexandre se montra plus grand en fondant Alexandrie qu*en détruisant Tjr, et les historiens ont l^ué à ses successeurs cet exemple mémorable comme un témoignage^ de sa grande âme et de son génie presque divin.

Napoléon , ambitionnant toute» les gloires , eut aussi la pensée de rétablir ce grand canal, de rendre^ l'Egypte ses prospérités ; mais l'œuvre qu'il avait tentée , en partie accomplie par le vice-roi avec une haute intelligence et une rare persévérance , ne peut être achevée que par le concours unanime et généreux de toutes les puissances.

L'exemjple de la civilisation européenne reportée en Orient , aux confins des continents , sur le passage bientôt le plus fréquenté du globe , dans ces contrées d'où sortirent les premiers hommes , les religions et les sciences, exercerait une influence heureuse sur toutes les nations du monde.

Les Européens , associés entre eux dans une grande entreprise d'intérêt universel , établis dans le désert pour prot^er les navigateurs de tous les pays , perdraient les haibes nationales et communiqueraient aux commerçants leur généreuse sympathie.

Les peuples d'Orient viendraient dans cette colonie hospitalière apprendre ïusage et les bienfaits de la liberté, les secrets d'un travail intelligent, et les sciences et les arts pour eux jusqu'alors inconnus et mystérieux.

Sur la principale place des viUes de Péluse et de Cléopàtris , relevées

de leurs ruines , seraient transportés des obélisques d'Egypte , élevés à la gloire des souverains qui auraient contribué au succès de l'entreprise , et sur leurs faces seraient écrits les noms des principaux souscripteurs et des administrateurs de la compagnie.

Espérons que le vœu exprimé par un général français, écrivain et voyageur célèbre du dernier siècle, M. de Tott, sera accompli, à cette époque où la conquête de la navigation à la vapeur rendrait la communication de Suez à Péluse 3i florissante.

L'ouverture et la franchise du canal delà mer Rouge à la Méditerranée .doivent être désormais la base du droit public des nations.

NOTE l'^

Nous avons supposé que le chargement des navires qui traverseraient, dans les deux sens, le canal maritiine, entre la mer Rouge et la Méditerranée , pouvait être évalué à deux millions de tonneaux par an s à défaut d'informations officielles, quelques données feront apprécier cette estimation.

§ !•'. Transport de lahouilk.

Le nombre des vaisseaux à vapeur augmente progressivement dans les mers des Indes , et doit croître bientôt plus rapidement ; la navigation sur la mer Rouge surtout est, pour ainsi dire, réservée exclusivement aux vaisseaux à vapeur, qui marchent contre le vent et au milieu des écueils , avec faciUté de les éviter.

Le canal de l'isthme de Suez étant ouvert , les bâtiments à vapeur remorqueraient les vaisseaux du commerce dans la traversée de la mer Rouge.

La guerre de la Chine , s<nt qu'elle se prolonge, soit qu'elle se termine par un traité de commerce, doit ouvrir les ports du Céleste Empire aux nations d'Europe 9 et iq>peler dans ces mers un plus grand nombre de navires à vapeur.

Par toutes ces causes , on expédiera d'Occident dans les Indes une grande quantité de houille.

La France, les Pays-Bas, organiseront sans doute des «ervices réguliers de bateaux à vapeur entre les métropoles et leurs colonies d'Asie.

La Russie et l'Autriche prendront part au mouvement commercial de cette nouvelle communication qui place Trieste et Odessa à un mois de navigation de Bombay.

Les Etats-Unis choisiront aussi de préférence , pour aller dans les Indes et en Chine, la voie de la Méditerranée plus courte de mille lieues, plus sure et plus itavorisée par le voisinage des ports.

Si le nombre des vaisseaux à vapeur employés par toutes les nations en Aaîe et sur Ton. 2, sicr. II. ' S5

là mer Aoqge est de 200, avec des machines d'uDie iprce mpyeime de SOO chevaux , et ensemble de 40,000 chevaux de vapeur, la consommation de la houiUe par jour sera de 4,000 tonnes, et par an de 1,460,000 tonnes, que nous réduisons pour les tenips de séjour, d'interruption de service, par an, à. . . . 1,000,000*®"»°-

§ 2. Transport des marchandises.

Le commerce total d'exportation de la Grande-Bretagne était

En 1820, de. . . 800 millions.

En 1833, de 1,200

Le commerce d'importation était en 1820 de. . ' 720

1833 de 1^008

Le commerce de la Grande-Bretagne dans les Indes et eii>Qhine

jtx ^ooo ( importation MO millions.

a été en 1833 I , ^^^

( esportaiion 250

Ensemble 450

On peut supposer , d'après l'accroissanent progressif depuis trente ans , qu'en 1 845, le coinmerce d'i«np(H:tation et d'eixportation ài Aaieseraentemblede 700 millions.

D'après l'évaluation des marchandises importées et exporlées, leprix moyen des évaluations peut être porté à 1 fr« par kilogramme ; le poids des marchandises importées ou exporta entre les Indes et la Chine d'une part et TAngletenc de l'autre , serait donc de 700,000 tonn.

Plusieurs de^ produits de l'Inde ont , il est vrai , une très-^grande valeur en Europe ; l'Angleterre importe :

4 millions de livres de soie estimés. 32 millions.

540 millions de livres de sucre évalués 100

33 millions de livres de thé évalués 80

7 7 millions de livres d'indigo évidués. 28

8 millions de livres de poivre et piment évalués 4 ^

43 millions de livres de café évalués 62

Sur les 540 millions de sucre hnporté , celui qui èst tiré des Indes , ainsi que le riz , le ^Ipêtre et beaucoup d'autres produits considérables , ne sont pas estimés , terme moyen , au delà de 50'cent. et 75 cent, le kilogramme.

Le commerce de France dans l'Inde , qui n'est maintenant en importation et en exportation que de 60 millions r

doit dans peu d'années augmenter ; on peut déjà porter le tonnage des navires

qui Tont à ySle Bourbon et dans llnde à S0,000 tonn.

n faut ajouter les importations et les exportations des Pays-Bas à Java et Sumatra, et surtout celles des Etats-Unis d'Amérique qu'on porte ensemble à 350,000 tonn.

§ 3. P^aisseaux de guerre.

Lies vaisseaux de guerre expédiée de l'Europe dans les Indes , au revenatit de ces. mers, passeront par k caiial maritime.

Chaque vaisseau ayant un chargement de 100 à 1 ,50Qr lomâeaux.

En prenant pour moyenne 300

Et en fixant le nombre à iOO

Le tonnage serait de 30,000 tonn.

Ces estimations, quoique éventuelles, font du moins pressentir que le passage par le canal serait très -fréquenté, et que le tonnage, fixé à deux millions, se trouverait dépassé dans la suite.

Il en serait du canal de la mer Bouge. à,la Méditerranée conune des chemins de fer ; le nombre des voyageurs a doublé , quintuplé , et sur quelques points décuplé , en raison de la facilité et de la rapidité des transports.

Lorsqu'un service régulier serait établi entre l'Europe , les Indes et la Chine , lonque les passagers ne seraient plus exposés à la peste , à la fièvre jaune et aux quarantaines , il est probable que le nombre des voyageurs dans les Indes et la Chine décuplerait et qu'il s'établirait des colonies européennes sur le littoral de la mer Bouge pour exploiter ses belles carrières de porphyre , de granit.

Le succès de l'entreprise serait surtout assuré si (Sa parvenait à faire passer les navires d'une mer à l'autre, sans interruption , sans que l'équipage eût de communication avec les lieux et les habitants suspects de la peste , ce qui paraît possible et facile.

La traversée aurait lieu comme au temps reculé où les deux mers étaient unies.

Page 1