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TRAVAUX ENTREPRIS DANS LES PATS-BAS

S 1 . Avantages réciproques des prospérités des deux royaumes.

Les grands travaux des Pays-Bas et l'accroissement des prospérités de ce royaume commandent en France un vif intérêt par les souvenirs et les espérances.

La France, au 16* siècle, a contribué puissanmient à l'émancipation des Provinces -Unies et à l'installation de Guillaume P', prince d'Orange ; et dans des circonstances probables , son concours, toujours assuré à Tindépendance de ce royaume , serait encore efficace.

On s'est étonné et plaint autrefois des limites étroites de la reconnaissance des Pays-Bas, peu d'années après l'afiîranchissement ; mais on prétendait alors exiger d'un état libre des actes qui auraient supposé et même constitué le patronage et presque la domination d'un souverain plus

rapproché , plus puissant et plus entreprenant que le roi d'Espagne , évincé par le concours du roi de France. Les malheurs politiques du passé rendaient les Pays-Bas ombrageux pour Favenir.

On a dit encore qu'un prince d'Orange, abandonnant le service en France , avait accepté contre elle un commandement en Elspagne.

Mais dans ces siècles de guerres civiles, des désordres et des fautes des cours, des princes de la famille royale, Henri IV, les Gondé, les Turenne, etc. , ont été de même poussés dans les rangs des armées ennemies , par des offenses ou d'autres moti& de mécontentement.

Les princes d'Orange, d'ailleurs, possédant des terres et d'immenses domaines en Bourgogne , et principalement en Franche-Comté, étaient surtout suzerains des rois d'Espagne.

Le dernier de la troisième race masculine , Philibert de Cbàlons , prince d'Orange , cousin de Charles-Quint , généralissime de ses armées , viceroi de Naples, tué à trente ans au siège de Florence, était entouré de guerriers franc -comtois, et particulièrement des environs de Lons>le- Saulnier,sa résidence , et où il reçut la sépulture avec une pompe royale , et des témoignages de regrets donnés par les populations franc - comtoises au jeune héros du siècle. Il y avait alors communauté d'intérêts , d'administration et de nationalité entre les peuples divers des Pays-Bas , des Flandres et de la Franche-Comté, gouvernés par la maison de Bourgogne.

A toutes les époques de troubles religieux et politiques, les Pays-Bas offrirent aux exilés de France une courageuse hospitalité et une nouvelle et généreuse patrie.

Pour l'avenir, le royaume des.Pays-Bas, croissant en prospérité à Tintérieur et dans ses riches colonies , sousHnAuence de ses belles institutions et de son gouvernement paternel , continuera à défendre avec une ferme persévérance la liberté des mers , et à éteindre avec la France ses relations commerciales, également favorables aux deux pays, et que le nouveau traité de commerce doit multiplier.

Les Pays-Bas, comme puissance, ne doivent pas être estimés en raison de la faible étendue du royaume , mais d'après la parfaite organisation

administrative 9 les forces maritiines exercées , les richesses accumulées , et le passé glorieux qui fait présager l'avenir.

Les Pajs-Bas, tenant la clef des fleuves, placés aux limites des plus grands empires , semblent appelés à s*interposer entre eux pour en prévenir les luttes f et devenir encore arbitres , connue le roi Guillaume fut choisi , par sa haute sagesse , pour r^ler .les contestations entre la Grande- Bretagne et les Etats-Unis d'Amérique.

§ 2. Application d la France des syndicats de desséekemmi, établis dans /«i

Pays-Bas.

Le sol des Pays-Bas n'a été conquis sur la mer et sur les fleuves , et n est défendu des flots, que par le génie des associations .actives , indépendantes.

Au moment du danger, les populations accourent sur les points menacés , et savent prévenir les désastres ou en diminuer l'intensité.

Supprimez cette spontanéité, cette unité d'action bien r^lée; forcez les administrateurs de dessèchement de demander et d'attendre, pendant des semaines et des mois, des autorisations d'une capitale éloignée, et toutes ces contrées fertiles rentreraient sous les eaux à la première tempête extraordinaire.

On prétendra que les beaux règlements des Pays-Bas ont moins pour origine la sagesse des législateurs que la nécessité impérieuse de la situation des Provinces-Unies.

Cependant la France, l'Italie, l'Espagne, ont aussi de vastes terrains soit à dessécher, soit à défendre de l'invasion des fleuves débordés ; mais les associations n'existant pas , ces fleuves inondent et dévastent fréquemment les campagnes riveraines, sans rencontrer d'obstacles opposés aux flots.

Dans la Flandre française , des syndicats de dessèchement ont été institués comme dans les Pays-Bas , et sont parvenus à transformer en tenains fertiles de vastes marais insalubres , à les percer de routes et de canaux , et à créer une prospérité agricole inconnue dans les contrées soumises à une centralisation administrative absolue.

Avec unesemUable organisation dans les bassins du Rhône, de la Saône, de la Loire , etc., ces fleuves seraient endigués , et leurs rives^ garanties des inondations, donneraient des récoltes mieux assurées et plus abondantes.

Les syndicats , ou associations pour les améliorations agricoles, fonnent surtout des administrateurs habiles , et contribuent , par les réunions fréquentes des habitants, à eflacer les germes des dissensions intestines et k inspirer à tous un patriotisme et un dévouement capables des plus énergiques efforts.

S 3. Direction de Venireprise du desséchemefU de la mer de Haarlem.

Le gouvernement a confié la gestion et la responsabilité de l'entreprise la plus hardie du siècle, exclusivement k i4 membres choisis parmi les plus hautes notabilités du royaume dans les sciences, et les diambres ; il a affranchi cette commission de toute entrave administrative.

Ces membres , inspirés par les devoirs de leur haute mission , ont visité les pays divers pour en étudier les travaux et les machines les plus parfaites, et pour arriver à la solution la plus complète et aussi la plus économique du grand problème à résoudre.

Les mêmes délégués qui ont arrêté les projets , en dirigent l'exécution et en conserveront l'administration jusqu'à leur achèvement.

On comprend dès lors que le souverain a ainsi évité les discussions , les retards et les pertes qu'aurait suscités une centralisation administrative éloignée, absolue, mal informée et dès lors ruineuse.

Un semblable ouvrage délaissé à un ministre politique, étranger à la spécialité qui lui est attribuée , eût été intermmable.

Ce ministre , longtemps indécis entre mille projets , aurait désigné des ingénieurs de ses préférences; après lui , de nouveaux ministres auraient changé les ingénieurs et les projets.

Les retards , les changements seraient inévitables , et les pertes incalculables.

Tel est l'historique de tous les grands canaux de France exécutés par le gouvernement; aucun d'eux n'a été ouvert à la navigation avant un

demi-siècle , et la perte des intérêts composés a plus que triplé le montant des sacrifices et des pertes supportés par les contribuables.

Nous ne citons pas les belles institutions du royaume des Pays-Bas comme des innovations et des découvertes ; depuis un temps immémorial la France ancienne en possédait d'analogues, mais elles ont sucxx>mbé dans le naufrage des révolutions provoquées par les abus, et sources elles-mêmes d'abus plus graves , et de destructions souvent sans compensation.

Par ces institutions fondamentales , les provinces de la Flandre , de la Bourgogne et du Languedoc , s'étaient élevées au plus baut d^ré de prospérité, et conservent encore une suprématie due à l'antique influence d'une excellente administration provinciale.

Nous nous autorisons de ces exemples , puisés dans les divers empires bien réglés , pour réclamer sans rel&che la réforme d'une administration absolue et ruineuse , et la restitution, par les voies l^les, d'institutions locales indépendantes , que recommandent l'expérience des siècles chez tous les peuples et les progrès éclairés des temps modernes.

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