SS
PROAILURUS JULIENI PROAILURUS JULIENI
5 (Type) (Phosph.) Espace occupé par la série dentaire superieure en arrière de la canine... 00230 0»0225 Largeur de la voûte palatine au niveau de la première prémolaire ......... 00100 00100
Largeur de la face au niveau du sommet des apophyses orbitaires supé- PRO 222 à are MR Varie Pod Om0175 Om0180
Largeur de la face mesurée au niveau du bord interne des trous sous-orbi- PS AR Er eu es: Om(180 Om0180
Distance comprise entre le trou sousorbitaire et le bord antérieur de l’al- - Néole dela CAMES. Sense u cuve 00140 00140
Distance comprise entre le bord inférieur du trou sous-orbitaire et le point qui lui correspond verticalement sur la ligne de profil supérieur défaites net nn Le Om0110 Om0110
Mesures relatives aux dents en série en arrière de la canine :
PROAILURUS JULIENI (Type) PROAILURUS JULIENI (Phosph.) Are Prém. 2e Prém. 3° Prém. fre Prém. ?2ePrém. 3e Prém. Longueur. 0®002 00030 00090 (1) 00020 00030 00050 Hauteur 07 Le GH00202e0 000400": 0®0017 0"0040
Epaisseur. O001 Ow0015 0m6025 0"0010 00015 00028
Comme on le voit, en examinant ces ‘différentes mesures, il y a presque identité absolue dans les mesures relatives à la face et aux dents des Proailurus Julieni de Saint-Gérand-le-Puy et des Phosphorites. Ces derniers se différencient seulement par la présence d’une toute petite tuberculeuse de plus. Je proposerai de les considérer comme nous révélant la race d’où est descendue la forme animale correspondant au Proailurus de Saint-Gérand-le- Puy. Jela désignerai par le nom de Proailurus Julieni, var. Priseus.
(1) Une erreur d'impression fait que la longueur de cette dent est portée, dans mon travail sur les mammifères de Saint-Gérand-le-Puy, comme mesurant 0m007 au lieu de 0005. Les proportions de cette dent sont parfaitement exactes sur la figure 9 de la planche Kxvir qui accompagnait la description.
2 Me
G. PSEUDELURUS (Gervais).
PSEUDELURUS INTERMEDIUS (Filh.).
(Phosph. du Quercy, fig. 108-109.)
Les Proailurus dont nous venons d'examiner les caractères sont des carnassiers possédant une tuberculeuse inférieure très réduite et une carnassière munie près du bord postérieur de son lobe principal d’un petit tubercule représentant une pointeinterne atrophiée. Ils différent des Pseudelurus par la présence de ce petit tubercule encore annexé à la carnassière en même temps que par la présence d’une tuberculeuse inférieure. L'espèce de carnassier que j'ai nommé Pseudelurus intermedius établit un passage aussi net que possible entre la forme Proailurus et la forme Pseudelurus.
Sur un premier maxiilaire inférieur de cette espèce faisant partie de mes collections, la formule dentaire est la même que sur les Proailurus, seulement le petit tubercule interne ne constitue plus qu’une légère saillie, un petit pli d’émail. Il est absolument semblable à celui qu’on observe à la face interne du maxillaire inférieur de Pseudelurus intermedius que j’ai fait représenter par la figure 108 dans mon travail sur les mammifères fossiles du Quercy. La carnassière est donc plus féline que sur les Proailurus, et pour qu’elle devienne semblable à celle de ces derniers animaux, elle n’a plus qu'à subir une modification bien légère. Seulement la formule dentaire est encore celle d’une Mustela par suite de la présence de la toute petite tuberculeuse. En réunissant un assez grand nombre de maxillaires, je suis arrivé à en posséder quelquesuns sur lesquels cette dent avait disparu. C’est un de ces échantillons qui correspond à la figure à laquelle je renvoyais plus haut. Par conséquent, le Pseudelurus intermedius était un carnassier ayant une tuberculeuse, et il a donné naissance à une race dans laquelle cette dent a disparu. Cette dernière a alors possédé la formule dentaire des Pseudelurus. Elle se distinguait seulement de ces derniers animaux par la présence de la petite saillie annexée à son bord postérieur. Les modifications si importantes que nous
SITE avons vu graduellement s’accomplir dans la forme de la carnassière permettent de comprendre comment ce dernier caractère a dû peu à peu disparaître et comment le type Pseudelurus pur est arrivé à s'établir.
Le type Pseudelurus ainsi formé a varié à son tour et les modifications qu’il a subies sont d’un ordre absolument différent de celui que nous avons eu à observer jusqu'ici. Evidemment, la carnassière ayant revêtu la forme la plus simple qu’elle pouvait posséder, la forme de celle des Chats, elle n’était plus susceptible d’adaptations nouvelles, et, si des changements avaient à se produire, c’est uniquement sur la portion antérieure du système dentaire qu’ils devaient s’accomplir. Pour que les Pseudelurus devinssent des Chats, il fallait que le nombre de leurs prémolaires, qui était de quatre, s’abaissàt au chiffre de deux. C’est ce qui a eu lieu, et j’ai pu, en réunissant pendant plusieurs années des maxillaires inférieurs de Pseudelurus, arriver à noter toutes les variations successives offertes par la partie antérieure de leur système dentaire. Je vais les indiquer dans le chapitre suivant de ce travail.
OBSERVATIONS RELATIVES AUX VARIATIONS DU PSEUDELURUS ED WARSII (Filh.).
La formule devtaire inférieure des Pseudelurus, telle que nous venons de la voir constituée, doit être représentée ainsi qu’il suit:
Inc. 3. — Can. 41. — Prém. 4. — Tub. { ou 0.
Lorsque, dans mon travail sur les Mammifères fossiles du Quercy, j'ai donné la description du carnassier que j’appelais Pseudelurus Edwarsii, j'ai rapporté que le genre Pseudelurus avait été proposé par Gervais pour désigner un animal fossile voisin äes Félins trouvés dans les gisements miocènes de Sansan. C’est en 1838 que Lartet, dans une note insérée aux Comptes-rendus de l'Institut, fit connaitre ce mammifère d'assez grande taille, auquel il donnait le nom de Felis hyænoïides. De Blainville désigna le même carnassier, dans son Ostéographie, sous le nom Felis quadridentata, à cause de la présence au maxillaire inférieur d’une pré-
si =
molaire de plus que chez les Chats actuels. En se basant sur ce caractère, Gervais établit le genre Pseudelurus. Par conséquent, à l’époque à laquelle cette coupe générique fut proposée, elle était destinée à renfermer des carnassiers, voisins des Chats, possédant la formule dentaire inférieure suivante :
Inc. 3. — Can. 1. — Prém. 3. — Carn. 1. — Tub. 0.
Comme on le voit, la série dentaire de l’animal, d’après lequel le genre Pseudelurus a été créé, était fort différente de celle que je viens de transcrire plus haut, car elle s’en distingue par l’absence d’une tuberculeuse et de deux prémolaires .
Un des premiers échantillons de Pseudelurus Edwardsü, que j'ai obtenu des gisements de phosphate de chaux du Quercy, possédait une formule dentaire absolument semblable à celle du Pseudelurus quadridentata de Sansan. Mais plus tard, ayant réuni de nouveaux échantillons, je reconnus que le genre Pseudelurus, que l’on croyait être caractérisé par la présence de trois prémoluires au maxillaire inférieur, pouvait dans certains cas en avoir quatre. La formule dentaire était alors la suivante :
Inc. 3. — Can. 1. — Prém. #4. — Carn. 1. — Tub. 0.
J'ai fait représenter plusieurs maxillaires de Pseudelurus Edwardsii possédant ce nombre de dents, et en les faisant connaître j'ai dit que peut-être les Pseudelurus de Sansan et du Nebraska, en Amérique, qui n'avaient que trois prémolaires au lieu de quatre, établissaient une transition entre la forme des carnassiers des phosphorites et lf forme présentée actuellement par les Chats.
Depuis cette époque, je me suis attaché à réunir le plus grand nombre possible de maxillaires inférieurs de Pseudelurus Edwardsii, étant convaincu qu’à la longue j’arriverais à observer chez cet animal une formule dentaire encore plus complexe que ne l'était celle dont j'avais donné la description. Mes prévisions se sont réalisées, et j'ai trouvé un maxillaire inférieur de Pseudelurus Edwardsii dont la formule dentaire était la suivante :
Inc. 3. — Prém. #4. — Carn. 1. — Tub. 1.
Ce
L'animal dont provient ce débris possédait donc le même nombre de dents inférieures que les Proailurus dont il se différenciait seulement par l’absence du petit tubercule rudimentaire annexé au bord postérieur de la carnassière. L’on ne pouvait souhaïiter de trouver un2 forme de passage plus nette entre les Proailurus et les Pseudelurus. Ces derniers ne sont évidemment qu'une race issue du type Proailurus, race dans laquelle le tout petit tubercule représentant la pointe interne et atrophiée de la carnassière des Viverra a disparu tout d’abord. Puis la formule dentaire très complexe s’est successivement modifiée. La tuberculeuse a disparu, puis la première prémolaire a cessé d'exister, enfin la seconde de ces dernières dents est devenue à la longue tellement rudimentaire, qu’elle n’est plus représentée sur un grand nombre de maxillaires que par un tout petit organite uniradiculé dont l’alvéole mesure seulement un millimètre et demi de longueur et un demi-millimètre de largeur. En l’examinant, on est obligé de reconnaitre qu’il ne devait évidemment jouer aucun rôle dans les phénomènes de la mastication et qu’il était appelé à disparaître dans un temps fort court, et qu’alors la formule dentaire des Chats se trouverait être constituée.
Les variations de la formule dentaire du Pseudelurus que je viens de faire connaître sont évidemment du même ordre que celles que j'ai signalées au sujet des Ælurogale. Elles peuvent être successivement résumées de la manière suivante :
Formules dentaires inférieures des PseuneLurus :
4o Inc. 3 — Can. 1 — Prém. 4 — Carn. À — Tub. 1 20 Inc. 3 — Can. 1 — Prém. 4 — Carn, 1 — Tub. 0 30 Inc. 3 — Can. À — Prém. 3 — Carn. 4 — Tub. 0
Les Pseudelurus Edwardsii étaient des animaux qui variaient nons eulement au point de vue de leur formule dentaire, mais encore au point de vue de leur taille, et je vais transcrire à ce sujet divers chiffres relatifs à l’étendue de la série dentaire et à la hauteur du corps du maxillaire inférieur :
ET
Etendue de la série dentaire en arrière de la canine :
Mas an (prem te Ne. EE de-er-use 0m049 Max. n° ? (4 prém. et une tub.)........... 0047 MAT. OÙ OS DEEE 22 -Mememersenesbene Om045 Max n9 (ADI) Reese 0"043 Max: noi 1(S men En NRC ion 0038 Mix, uo6!(Eprém)t-2-eLtL.ce. cn 0036 Max® n0:7)(8 parent) te 1. au 0"033
La différence qui existe entre le dernier de ces chiffres et le premier est de 0,016. Par conséquent, l'étendue de la série dentaire chez des Pseudelurus Edwardsii possédant le même nombre de dents, trois prémolaires et pas de tuberculeuse, était susceptible de se réduire d’un tiers.
La hauteur des mêmes maxillaires examinés en suivant le même ordre sous la carnassière est la suivante :
Maxi eno 10:00 ed tete Om019 Méaaenen! Je. CARRE O0 16 NAT m0 814. .260E 0Om017 Malone. sé. dt e 0015 Mn no Dean et tie 0013 Mail 64. ir 2e 0013:
MÉLIMNO DSL scpionech ce 0013
La différence existant entre le premier et le dernier de ces chiffres est de 0006, ce qui correspond également à une réduction d’un tiers dans la force du corps du maxillaire.
Toutes les pièces dont il vient d’être parlé font partie de mes collections. $
CONCLUSIONS RELATIVES AUX DESCRIPTIONS PRÉCÉDENTES Si l’on résume les observations qui viennent d’être successive-
ment présentées, l’on voit tout d’abord que, dans une même espèce de carnassiers, sous l'influence seule des lois naturelles, la formule
2 69 — dentaire a varié de la manière la plus étendue. Ainsi, sur l Ælurogale
intermedia, la formule dentaire qui était primitivement au maxillaire inférieur :
Inc. 3. — Can. 1. — Prém. #4. — Carn. 4. — Tub. 1 s’est successivement simplifiée et elle est devenue : Inc. 3. — Can. 1. — Prém. 3. — Carn. 4. — Tub. 0.
De même sur le Pseudelurus Edwardsti, la formule dentaire inférieure, qui était :
Inc. 3. — Can. 1. — Prém. 4. — Carp. 1. — Tub. 1
est arrivée à se réduire à :
Inc. 3. — Can. 1. — Prém. 3. — Carn. 1. — Tub. 0.
D’autres exemples de diminution du nombre des dents nous ont été présentés par les Cynodictis. Ainsi, les Cynodictis viverroïdes, crassirostris, leptorhynchus ont perdu leur dernière tuberculeuse inférieure, et leurs races ainsi constituées ont revêtu absolument alors les formes des Viverra, dont elles se distinguaient seulement par la présence en plus de la dent disparue. Ce dernier fait nous permet, dès lors, d'affirmer que, par suite de modifications survenant sous l'influence seule de la nature, le type Viverra s’est constitué aux dépens du type Cynodictis. En troisième lieu, nous avons vu dans ces races issues des Cynodictis la constitution des dents se modifier. Par conséquent, la forme de ces organites n'est pas invariable, elle est susceptible de se transformer chez les animaux vivant à état libre.
Ces changements sont surtout appréciables quand on considère la carnassière et la tuberculeuse. Ces dents, sous l'influence d’un régime de plus en plus animal, sont devenues moins épaisses, de plus en plus tranchantes. Le tubercule interne de la carnassière s’est porté progressivement en arrière en même temps qu'il s’est abaissé ; il a fini, enfin, par disparaître insensiblement.
Parmi les Viverridées ayant une semblable origine, il en est, comme les Plesictis, dont les formes extérieures du cràne ont subi des changements progressifs. Ces changements ont fait revêtir à la longue à cette partie du squelette un aspect absolument différent de celui qu'elle possédait tout d'abord. C’est gràce à la belle série de pièces que j'ai fait représenter dans mon travail sur les Mammifères fossiles de Saint-Gérand-le- Puy qu'il a été possible de rattacher les Plesictis possédant une crête sagittale aux Plesictis aux crêtes temporales absolument indépendantes l’une de l’autre jusqu’à leur point de terminaison au bord postérieur de l’occipital. Ainsi, chez certains carnassiers à l’état de liberté la crête sagittale a disparu par suite de modifications graduelles. De grands changements dans l'aspect extérieur du cràne peuvent donc survenir sous l’action seule de la nature.
Les transformations successives que nous avons observées dans la forme des dents inférieures nous ont insensiblement conduit du type Viverra au type Stenoplesictis. Ce dernier a également donné naissance à des races dans lesquelles les caractères viverriens ont peu à peu disparu, et avec les Palæoprionodon et les Prouilurus la forme Mustela a apparu.
Les Proailurus ont perdu peu à peu le tubercule annexé au bord postérieur de leur carnassière, et lorsque cette toute petite transformation a été effectuée, les Pseudelurus se sont trouvés être constitués. Ils ont varié à leur tour, leur formule dentaire se simplifiant de plus en plus et la forme Mustela s’est ainsi peu à peu effacée, alors que la forme Felis prenait naissance. Nous avons vu que certains maxillaires de Pseudelurus Edwarsii ne différaient de ceux des Chats actuels que par la présence d’une toute petite prémolaire de plus. Les grandes simplifications dans le nombre des dents que nous avons constaté chez ces animaux nous autorisent à supposer que ce petit organite a disparu à son tour, comme l'avait fait celui situé en avant de lui et comme l'avait fait la tuberculeuse. Par conséquent, les Cynodictis paraissent avoir donné naissance aux Viverra, les Viverra aux Mustela par l'intermédiaire des Plesictis, des Stenoplesictis, des Palæoprionodon. Les Mustela, enfin, auraient constitué, après une grande simplification de leur système dentaire, les Felis par l'intermédiaire des Proailurus et des Pseudelurus.