PACHYDERMES
G. PALOPLOTHERIUM (Owen).
PALOPLOTHERIUM JAVALII (Filh.)?
(PI. VIIL.)
Je rapporterai avec réserves au Paloplotherium Javalii une tête presque complète qui m’a été communiquée par M. Rossignol. Les incisives et la canine manquent. Un espace libre de 0"017 sépare cette dernière dent de la première prémolaire.
Les prémolaires sont toutes très altérées, et il est absolument impossible d'étudier leur structure. La première molaire diffère de celle qui lui correspond sur le maxillaire m’ayant servi à établir les caractères de la dentition supérieure du Paloplotherium Javali, par la soudure du denticule interne du lobe antérieur au denticule moyen. Ces denticules, comme on peut les voir sur la planche VIII, sont absolument indépendants sur la dent correspondante de l'échantillon type du Paloplotherium Javalii. D'autre part, la série dentaire est beaucoup plus réduite comme étendue ; elle est pourtant supérieure à celle du Paloplotherium annectens. La première molaire de ce dernier pachyderme est semblable à celle de notre fossile. Si ce n’eût été la forme de la dernière dent en série, j'aurai de préférence rapporté la tête trouvée par M. Rossignol au Paloplotherium annertens qu'au Paloplotherium Javalii.
Malgré le doute qui doit exister relativement à ia détermination de ce Paloplotherium, l'échantillon que j'ai fait représenter n’est pas moins intéressant à signaler, vu qu’il permet de nous rendre compte des formes de la tète des Paloplotherium. Chez ces animaux comme sur les Palæotherium, les os nasaux se prolon-
geaient en avant au-dessus de l’orifice antérieur des fosses nasales. La crête sagittale paraît avoir été élevée comme sur tous les pachydermes vivant à l’époque éocène supérieure.
Les pièces reproduites sur notre planche VIII ont toutes été dessinées de grandeur naturelle.
G. MIXTOTHERIUM (Filh.).
J'ai fait connaître, par une note insérée en 1880 aux Comptesrendus de l’Institut, un genre nouveau de pachydermes, pour lequel je proposai le nom de Mittotherium.
Les Mixtotherium, dont la Série dentaire supérieure nous est seule connue, avaient leurs dents en série continue. La canine était forte et assez saillante, Les molaires avaient cinq pointes aiguës, trois à leur lobe antérieur, deux à leur lobe postérieur. Le second lobe de ces dents était très réduit par rapport au premier. Les mamelons externes etaient fortement creusés, æt ils étaient séparés l’un de l’autre par une crête épaisse et saillante. Les sillons de séparation des lobes et des pointes étaient profonds comme chez les Ancodus (Hyopotamus).
MIXTOTHERIUM CUSPIDATUM (Filh.).
(PL. IX, fig. 1-7.)
J'ai fait représenter sur la planche IX, jointe à ce mémoire, les pièces d’après lesquelles j'ai établi le genre Mixtotherium. La figure 6, qui reproduit les deux dernières molaires, est dessinée au double de la grandeur naturelle. J'ai nommé l’espèce dont provenaient ces débris Mixtotherium cuspidatum.
La première molaire était la plus petite, la seconde la plus forte. Quant à la troisième, elle était intermédiaire par son volume à ces deux dernières dents.
La première et la deuxième molaire étaient semblables comme forme. Elles se distinguent facilement de celle des Ancodus en ce que le tubercule moyen du lobe antérieur est porté beaucoup plus
de. QU
en avant que sur ces derniers animaux. D'autre part, les mamelons externes sont proportionnellement plus larges et ils sont en même temps beaucoup moins creusés en gouttière. Ces dispositions caractéristiques sont faciles à observer sur la figure 6 de notre planche IX. La dernière molaire se distingue des précédentes par la réduction considérable de son lobe postérieur.
Sur un deuxième échantillon, j'ai pu observer la canine supérieure et les prémolaires.
Les incisives manquent. Ces dents (pl. IX, fig. 2) étaient au nombre de trois. A leur niveau, le bord du maxillaire était convexe en avant. Ces dents allaient en augmentant de volume de la première à la troisième. Elles se suivaient régulièrement et la dernière d’entre elles était séparée par un intervalle de deux millimètres seulement du bord antérieur de l’alvéole de la canine.
Les dimensions des alvéoles sont les suivants :
re Inc. 2e Inc. 3e Inc.
Diamètre antéro-postérieur. . 00030 00034 00036 Diamètre transverse ........ 00025 00028 0m(0032
La canine était saillante et sa pointe était dirigée verticalement en bas. Sa face externe était régulièrement convexe. Sa face interne était convexe dans sa partie moyenne et postérieure, etelle offrait une sorte de petite gouttière à sa partie antérieure (Voy. pl. IX, fig. 2). Le bord antérieur était régulièrement convexe et épaissi. Le bord postérieur était presque vertical et il offrait à sa base une sorte de talon bien visible sur notre figure 1 de la planche IX.
Les dimensions de cette dent étaient les suivantes :
Diamètre antéro-postérieur ....... 0®007 IL LE TTANSNeLSE me areas 0005 Hauteur de la couronne .......... 0®009
La première prémolaire était immédiatement accolée au bord postérieur de l’alvéole de la canine. L’espace occupé par la série des prémolaires était de 0w032. La première molaire possède sur
RE
cet échantillon exactement les mèmes dimensions que sur celui dont j'ai parlé en premier lieu. L’on peut donc, en utilisant ce dernier, connaître l'étendue totale de la série dentaire supérieure. Les trois molaires y occupent un espace de 0"033. En réunissant ces divers chiffres, l'on trouve comme nombre correspondant à la série des prémolaires et des molaires : 0065. :
La face du Mixtotherium cuspidatum était très raccourcie et il en résulte que les prémolaires sont en quelque sorte entassées les unes sur les autres.
La première a son extrémité antérieure masquée par la portion postérieure de la canine qui la recouvre, tandis que son extrémité postérieure recouvre en dehors l'extrémité antérieure de la deuxième prémolaire.
La première prémolaire est comprimée par ses faces latérales. Son sommet est aigu, ses bords postérieurs et antérieurs tranchants. Cette dent est supportée par deux racines.
La deuxième prémolaire est plus épaisse par suite de l’existence d’une troisième racine postérieure et interne. Son sommet est conique et aigu. Ses bords antérieurs et postérieurs sont minces. L’extrémité postérieure de cette dent est engagée en dedans de l'extrémité antérieure de la troisième prémolaire.
La troisième prémolaire est plus compliquée que la précédente par suite de la présence d’un petit mamelon, d’une pointe conique et aiguë, supportée par sa racine postérieure et interne. Son extrémité postérieure est complètement recouverte en dehors par l'extrémité antérieure de la quatrième prémolaire.
Cette dernière dent comprend deux lobes munis chacun de deux pointes, l’une interne, l’autre externe. Le lobe antérieur est très développé, tandis que le lobe postérieur est considérablement réduit dans sa partie interne. La pointe située à ce niveau n’est indiquée que par un tout petit tubercule.
Comme on lé voit par la description précédente, les prémolaires et les molaires du Mixtotherium cuspidatum sont absolument différentes de celles de toutes les autres espèces de pachydermes rencontrés actuellement à l'état fossile. Les mesures qui leur sont relatives sont les suivantes :
Mesures relatives aux prémolaires :
1re Prém. 2e Prém. 3e Prém. ke Prém.
Longueur............ 0007 00080 00080 0%009 HAUTEUR: 0e core 0m004 Om0045 0m0045 02004 Epaisseur maximum... 0%003 01040 0m0060 Om(08 Mesures relatives aux molaires :
re Mol. 2 Mol. 3e Mol.
DRE eee ee eee 0m009 Om012 OwOl1 Hauteur äu lobe antérieur... 0005 02006 Om007 Hauteur du lobe postérieur. . 0m004 0m006 Om005 Epaisseur du lobe antérieur . 0m009 Om)11 (LE) 72 Epaisseur du lobe postérieur. Om006 0=008 0m007
La voûte palatine mesurait 0080 d’étendue, mesurée d'avant en arrière suivant sa portion médiane.
Sa largeur était de 0"022 au niveau du bord interne de l’alvéole de la canine ; de 0"024 au niveau de la partie interne du lobe antérieur de la première molaire ; de 0"02%4 également, au niveau de l'extrémité interne du lobe postérieur de la dernière molaire. Il résulte de ces nombres que la voûte palatine avait sensiblement la même largeur dans toute son étendue.
Les trous palatins antérieurs sont très développés. Ils mesurent un centimètre de longueur et 0004 de largeur.
La face était courte, élevée, à profil arrondi comme chez les Chats. La hauteur du maxillaire supérieur au-dessus du bord alvéolaire, mesurée au niveau de l’espace compris entre la quatrième prémolaire et la première molaire, est de 0035.
On observe trois orifices superposés correspondant au point d’émergence des vaisseaux et du nerf sous-orbitaire. Le plus important de ces orifices est situé à 0"011 du bord alvéolaire, et il est distant horizontalement de l'orifice antérieur des fosses nasales de 0w026.
L'ouverture antérieure des fosses nasales mesurait 0"026 de largeur maximum. Sa hauteur paraît avoir été de 0w020 à 0w022.
Le front (voy. pl. IX, fig. #) était très élargi au niveau des apophyses orbitaires supérieures. L'espace compris entre les sommets de ces saillies est de 0"058.