‹ Mémoires sur quelques mammifères fossiles des phosphorites du QuercyChapitre 21 sur 43 · ART FEU · texte numérisé non relu

ART FEU

Hyracodontherium comme des Eurytherium chez lesquels la première incisive inférieure aurait pris un développement énorme. Cette observation m'a conduit à me demander quels étaient les caractères de la première incisive sur les Eurytherium. J'ai pu examiner plusieurs maxillaires inférieurs de ces derniers animaux, et j'ai toujours trouvé une première incisive très réduite par rapport à la seconde et à la troisième, qui allaient en augmentant de volume. Malgré cette observation, je n'en suis pas moins porté à penser que les Hyracodontherium sont des animaux descendus des Eurytherium, et que d’ici à peu de temps nous trouverons des formes intermédiaires au moyen desquelles nous pourrons les réunir.

Les mesures relatives à l’échantillon que je viens de décrire sont les suivantes :

Etendue de l’espace occupé par les incisives, la canine et les deux premières prémolaires : 0052,

Hauteur du corps du maxillaire au niveau du bord postérieur de l’alvéole de la canine : 0"019,

Hauteur du corps du maxillaire au niveau de la première prémolaire : 0034.

Longueur de la symphyse : 0"044.

Hauteur de la symphyse : 0®019.

Mesures relatives aux dents en place sur cet échantillon :

3e Inc. Can. {re Prém. 2e Prém.

Longueur... 0008 Om009 O011 0%0130 Hauteur...... 0005 0005 0006 00060 Epaisseur... Om004 0004 0m005 020063

A la face externe du maxillaire l’on observe deux orifices correspondant aux points d'émergence des vaisseaux et nerfs dentaires inférieurs. Le premier correspond à la troisième incisive, le second à l’espace compris entre la canine et la première prémolaire. Ils sont situés à 0"016 du bord alvéolaire.

Je désignerai par le nom d’Hyracodontherium crassum l'espèce dont provient le débris que je viens de faire connaître.

G. METRIOTHERIUM (Filh.).

J’ai fait connaître en 1880, dans les Comptes-rendus de l’Académie des sciences de Paris, un genre nouveau de pachydermes, pour lequel je proposais la dénomination de Mesotherium. J'ai reconnu depuis que cette appellation avait déjà été employée et j'ai dû la remplacer. Aussi est-ce sous le nom de Metriotherium, que je vais décrire ce genre si intéressant de mammifère dont je n'avais pu jusqu'ici donner qu’une bien brève diagnose.

Le genre Metriotherium comprend des pachydermes à dents en série continue comme les Anoplotherium. Leurs molaires comprennent un lobe antérieur semblable à celui que l’on observe sur ces derniers animaux, et un lobe postérieur présentant une sorte de croissant externe se reliant à une pointe interne par une colline transversale. Cette disposition est très apparente sur la figure #4 de la planche X. L’avant-dernière et la dernière molaire sont représentées au double de leur grandeur naturelle. La dentition supérieure m'est encore inconnue.

METRIOTHERIUM MIRABILE

(PL. X, fig. 1-4).

Mesotherium mirabile (Filh., Comp.-rend. Ac. de Paris 1830).

Le seul maxillaire inférieur de cette espèce que je possède est brisé dans sa partie antérieure. Il en résulte que les incisives et la canine manquent. La portion postérieure de l’alvéole de cette dernière dent a été préservée. Elle indique un organite peu fort et déjeté un peu en dehors. L’alvéole antérieur de la première prémolaire fait immédiatement suite à celui de la canine.

La série dentaire en arrière de la canine occupait un espace de 0”096. Ce nombre doit être décomposé ainsi qu'il suit :

Espace occupé par les prémolaires........ 0»055 Espace occupé par les molaires......... 0041

La première et la deuxième prémolaire manquent. La première de ces dents était à deux racines, et les alvéoles qui lui correspondaient indiquent une dent à couronne, comprimée dans le sens transversal et allongée dans le sens antéro-postérieur.

La seconde prémolaire possédait évidemment des caractères identiques à ceux que je viens d'indiquer. Les alvéoles qui contenaient ses deux racines sont très espacés, et certainement cette dent tait de toutes les prémolaires celle dont la couronne possédait le plus grand développement antéro-postérieur.

La troisième prémolaire, qui est en place sur mon échantillon, était comme les dents précédentes très comprimée. Sa face externe était régulièrement convexe dans toute son étendue, caractère que l’on n’observe pas sur les Anoplotherium. Chez ces derniers animaux, la troisième prémolaire porte au niveau du bord antérieur de la racine postérieure un sillon profond. Il résulte de cette disposition qu’elle paraît être formée par l'union de deux lobes l’un antérieur, l’autre postérieur. Sur le Metriotherium mirabile, il n'existe rien de semblable, La couronne de la troisième prémolaire, comme on peut le voir sur la planche X, figure 3, est régulièrement convexe, et ce n’est qu'à sa partie antérieure que l’on note un petit pli de l'émail s’accusant sous la forme d’une très légère saillie.

La face interne de la troisième prémolaire du Metriotherium m1rabile est légèrement concave dans sa partie antérieure. Au niveau de l’espace séparant ses deux racines, l’on note un fort repli d’émail (voy. pl. X, fig. 4) qui, né du sommet de la couronne, se porte très obliquement en bas et en arrière. Cette disposition est encore fort différente de celle que l’on constate à la face interne de la troisième prémolaire des Anoplotherium.

La quatrième prémolaire est forte et élargie. Elle comprend une sorte de lobe antérieur (voy. pl. X, fig. 2) ayant la forme d’un croissant ouvert en dedans, et un lobe postérieur court et massif formant talon. Cette structure si simple, comparée à celle de la quatrième prémolaire des Anoplotherium, ne permettra jamais de confusion si elle vient à être trouvée séparée.

Les mesures relatives aux alvéoles des prémolaires qui ont disparu et celles qui concernent celles de ces dents qui ont subsisté sont les suivantes :

{re Prém. 2e Prém. 3° Prém. Le Prém.

(alvéole) (alvéole) HOBPABUT 4 eee ua OmO110 02013 0m013 0m0120 Hauteur 22.0 RUE HAE MER 02006 0n0060 Epaisseur ........ Fons 020025 0m)03 02006 00085

La première molaire comprend un lobe antérieur presque identique comme forme à celui qui lui correspond sur l’Eurytherium secundarium. Les extrémités internes du croissant sont plus rapprochées, plus confondues qu’elles ne le sont sur ce dernier pachyderme.

Le lobe postérieur comprend un chevron externe ouvert en dedans et une pointe interne s'accusant sous la forme d’un petit cône à sommet un peu usé. Du milieu du bord interne du croissant externe part une crête qui rejoint le mamelon interne. Nous allons retrouver cette disposition, mais beaucoup plus accusée et par suite plus facile à saisir sur la deuxième molaire.

Le lobe antérieur de cette dernière dent, que j'ai fait représenter, ainsi que la troisième molaire, sur la planche X de ce travail, au double de sa grandeur naturelle (fig. 4), est beaucoup plus ouvert en dedans qu’il ne l’est sur la dent précédente. Ce lobe, rencontré seul, serait certainement rapporté à un Eurytherium. Le deuxième lobe comprend un chevron externe très nettement accusé, et une pointe interne conique très élevée. Ces deux éléments sont réunis l’un à l’autre par une crête transversale bien détachée.

La troisième molaire est formée de trois lobes, le dernier constituant une sorte de talon.

Le lobe antérieur est plus largement ouvert en dedans que sur la deuxième prémolaire. Le croissant interne du deuxième lobe est à peine indiqué, alors que la crête transversale, qui le réunit à la pointe interne, a pris plus d'importance que sur les dents précédentes. Le troisième lobe est concave en dedans, et il se relie par une crète antéro-postérieure à la pointe externe du lobe moyen.

Les mesures relatives à ces différentes dents sont les suivantes :

lre Mol. 2 Mol. 3e Mol.

Longueur. 2mmnren te OmN110 0m0120 0m0170 Hauteur du premier lobe... 0M0057 00070 00080 » du deuxième lobe. 00040 0"0060 0®0060

» durtroisièemedlohe. RACE EMRNRTEETS 00045 Epaisseur du premier lobe... 0%0090 Om0110 Om0110 » du deuxième lobe. 00090 0m0100 Om0O110

» du troisième lobe. ...... :...... 0m0060

Le corps de la màchoire s’effile progressivement d’arrière en avant. Les nombres suivants correspondent à sa hauteur évaluée en différents points de son étendue.

Hauteur en arrière de la dernière molaire ....... 0035 » en avant de la première molaire ........ Om023 » au niveau de l'espace compris entre la deuxième et la troisième prémolaire.......... 0019 Hauteur au niveau de l’espace compris entre la canine et la première prémolaire............. 0016

L'’épaisseur du corps du maxillaire au niveau de la portion moyenne de la troisième molaire est de : 0"012.

Si l’on recherche les affinités que pourrait avoir avec d’autres pachydermes fossiles l'animal dont je viens d'exposer les caractères, l’on est amené à reconnaître qu'il s’éloigne de toutes les formes connues jusqu’à ce jour. Ainsi il ne saurait, par suite de ses prémolaires et du lobe postérieur de ses molaires, être confondu avec les Eurytherium. Les Xiphodon ont leurs prémolaires allongées comme celles de notre fossile, mais elles sont, ainsi que les molaires, absolument différentes. Les Pachynolophus se distinguent des Metriotherium par leurs prémolaires courtes ainsi que par la forme de leurs molaires. La série dentaire des Lophiotherium ne saurait également être mise en parallèle avec celle du pachyderme du Quercy. Les prémolaires du Diplobune ne rappellent pas non plus par leurs formes celles du Metriotherium; seul, le premier lobe de leur première prémolaire est presque identique à celui de la même dent sur ces derniers animaux. Le premier lobe des dents suivantes n'offre plus d’analogie.

En résumé, l’on pourrait dire que le Metriotherium mirabile était un animal se rapprochant des Anoplotherwum et des Diplobune par la forme du premier lobe de ses molaires, alors que la disposition en crête transversale du deuxième lobe de ses dents semblerait faire supposer quelque lointaine analogie avec les Lophodon et les Pachynolophus.

G. MYXOCHŒRUS (Filh.)

MYXOCHŒRUS PRIMÆVUS (Filh.)

J'ai recu, alors que ce travail était en voie de publication, une portion de maxillaire inférieur provenant d’un genre de mammifère fort différent de celui que je viens de faire connaître. Malheureusement cet échantillon m'est parvenu trop tard pour pouvoir être figuré à côté de celui du WMtriotherium mirabile. J’en donnerai la reproduction dans un de mes prochains mémoires.

La deuxième et la troisième prémolaires, sont les seules dents qui aient subsisté. La première de ces dents a un lobe antérieur absolument semblable à celui de la deuxième molaire des Diplobune Quercyi ; le deuxième lobe est construit comme sur le Metriotherium mirabile, seulement la crête réunissant le croissant interne au mamelon externe est moins développée.

La dernière molaire présente un lobe antérieur également semblable au lobe antérieur de la dent correspondante des Diplobune.

Ainsi, l’union des extrémités du croissant antérieur de la dernière molaire était plus complète dans cette espèce que sur le Metriotherium.

Le deuxième lobe comprend deux pointes parfaitement distinctes l’une de l’autre. Elles sont élevées, de forme conique et séparées par un sillon profond. Cette structure est fort différente de celle qui caractérise le deuxième lobe de la dernière molaire du Metriotherium mirabile, et pour trouver une disposition qui la rapelle, il faut se reporter au groupe des Porcins. Sur les Palæochærus le deuxième lobe de la dernière molaire est également formé de deux pointes, seulement le rallon qui les sépare du premier lobe est beaucoup moins profond. Chez ces derniers animaux le troisiè-

me lobe forme un talon épais et plan dans sa portion moyenne, tandis que sur notre fossile il est réduit transversalement et fortement concave en dedans.

Au résumé les deux premiers lobes de la deuxièmeet de la troisième molaire du pachyderme découvert dans les dépôts de phosphorite du Quercy sont identiques à ceux des Diplobune, alors que les seconds offrent de grandes analogies avec les parties correspondantes des mêmes dents des Palæochærus. Le troisième lobe de la dernière molaire inférieure est concave en dedans et en avant comme sur les Anoplotheriun, disposition fort différente de celle existant sur le dernier genre que je viens de citer.

Ces caractères si nets, si tranchés sur l’échantillon que je décris ne se retrouvent sur aucun des animaux signalés jusqu’à ce jour, etils distinguent évidemment un genre particulier de pachydermes alliant dans leur système dentaire quelques particularités des Diplobune à queïques particularités des Porcins. Je proposerai de désigner ce genre nouveau si curieux par le nom de WMyxochærus, et d'appeler la seule espèce que nous en connaissions, Myxochœærus primævus. .

Les mesures relatives à la deuxième et à la troisième molaire du Wyxochærus primœvus sont les suivantes :

re Mol. 2e Mol.

LODGUBUHE 2 LEE == nRee sec 00130 Om0180 Hauteur du lobe antérieur..... 0m0060 00070 » du lobe postérieur... 0m0050 00060

» GENRE RECRUE ee 00050 Epaisseur du premier lobe..... 0®0110 0m0100 » du deuxième lobe... Om0100 0»0090

» TUMÉUDDS eee etre MERE + 0m0062

Toutes les mesures de hauteur ont été prises sur l’élément interne de chaque lobe.

La hauteur du maxillaire immédiatement en arrière de la dernière molaire est de 0M035.

L'épaisseur du corps du maxillaire au niveau de la portion moyenne de la dernière molaire était de 00445.

G. PALÆOCHŒRUS (Pomel)

PALÆOCHŒRUS TYPUS (Pomel!

Dans mon travail sur les mammifères fossiles du Quercy, j'avais rapporté avec réserves au Palæochærus typus une portion de maxillaire inférieur. J'avais fait représenter cet échantillon, figure 291, dans le même ouvrage. Depuis, ayant eu l’occasion d'étudier divers maxillaires inférieurs de Palæochærus typus trouvés à Saint- Gérand-le-Puy, j'ai acquis la conviction que {a pièce que je possédais ne provenait pas d’un Palæochærus.

Dernièrement j'ai eu des gisements de phosphate de chaux des environs de Caylux un fragment de mandibule avec la dernière prémolaire et les trois molaires en place. Ces dents, comparées à celles du Palæochærus typus, leur sont absolument identiques. Par conséquent, je puis affirmer à l'heure actuelle que ce dernier mammifère figure parmi ceux qui ont été ensevelis sur le plateau du Quercy. |

L'échantillon que je possède offre d'autre part un certain intérêt, car il nous permet de constater de grandes variations de taille chez le Palæochærus typus, variations qui n'avaient jamais encore été observées. e

Lorsque j'ai examiné cette pièce, le volume des dents, la hauteur du corps de la mâchoire m'ont fait supposer tout d'abord que j'avais affaire à un débris de Palæochœrus Waterhousii. Mais une étude attentive de chacune des dents m’a prouvé qu’il n’en était pas ainsi. Ces organites, examinés successivement, m'ont paru absolument identiques à ceux qui leur correspondaient sur l’échantillon type du Palæochærus typus. Pour permettre d’apprécier les grandes différences de force qui existent entre la portion de mandibule que je fais connaître et la partie correspondante du maxillaire inférieur du Palæochærus typus, je vais mettre en parallèle les diverses mesures qui leur sont relatives. Je me suis servi, pour cette étude, de l'échantillon d’après lequel cette dernière espèce a été établie.

Espace occupé par les deux dernières prémolaires et les trois molaires inférieures :

Palæochærus typus (Saint-Gérand)..... Om051 » (Phosphorites)...... Om 070

Mesures relatives à la dernière prémolaire et aux trois molaires :

PALÆOCHOERUS TYPUS (SAINT-GÉRAND) PAL ÆOCHŒRUS TYPUS (PHOSPHORITES) 4e Prém. re Mol. 2e Mol. 3e Mol. 4e Prém. fre Mol. % Mol. 3 Mol. Longr.. 0"008 Om0090 O"010 Om015 O"011 O"012 0013 O"010 Hautr.. 0907 00040 0005 0006 O0®008 0006 0007 0"007 Epaisr. 0006 0®0065 O®008 0008 0007 0008 O"010 O®011

La hauteur du corps du maxillaire sous la première molaire est de 0018 sur le pachyderme de Saint-Gérand et de 0026 sur celui des phosphorites.

G. HEMICHŒRUS (Filh.).

Le genre Hemichærus, que je propose d'établir, doitrenfermer des mammifères possédant des molaires inférieures presque identiques à celles des Palæochærus et des molaires supérieures ayant trois pointes à leur lobe antérieur et deux pointes à leur lobe postérieur. La formule dentaire de ces animaux m'est encore incomplètement connue. Les deux dernières prémolaires inférieures sont très comprimées, à face interne lisse, à bord postérieur muni dans sa portion médiane d’une petite crête. Ce genre diffère de celui des Anthracotherium par la forme des prémolaires inférieures, par le rapprochement des éléments constituant les lobes des molaires inférieures, par l'absence de vallon profond séparant les lobes antérieur et postérieur des molaires supérieures. Ce dernier caractère est dù au développement considérable pris par la pointe postérieure et interne de chaque molaire. Cet élément envoie en dehors et en avant un prolongement qui vient se mettre au contact de la pointe moyenne du premier lobe.

HEMICHŒRUS LAMANDINTI (Filh.).

Palæeocherus typus (Pomel) ir Phosphorites du Quercy, par H. Filhol, p. 392, fig. 291.

J’ai fait représenter dans mon travail sur les mammifères fossiles du Quercy, le maxillaire inférieur de cette espèce en le rapportant avec doutes au Palæochærus typus. Je m’exprimais ainsi qu’il suit, relativement à cet échantillon : « J'ai trouvé dans les dépôts de phosphorite de Lamandine basse une portion de maxillaire inférieur qui offre des caractères extrêmement difficiles à apprécier.

Ces caractères tiennent d’une part de ceux du Palæochærus typus, et d’autre part ils ne sont pas sans offrir de grandes analogies avec ceux de l’Anthracotherium minimum. C’est à la première de ces espèces que je rapporte avec réserves le fragment de màchoire que j'ai découvert. »

Depuis cette époque, j’ai obtenu des mêmes gisements de phosphate de chaux du Quercy une portion de face comprenant les trois molaires supérieures et inférieures en rapport. Cette découverte m'a permis des comparaisons que je n’avais pu faire antérieurement, et c’est d’après elles que j'ai proposé d'établir le genre Hemichærus, dont j'ai exposé plus haut les caractères.

Le maxillaire inférieur le plus complet que j’ai pu obtenir est celui dont j'ai donné la figure dans mon ouvrage sur les mammifères fossiles du Quercy. Il comprend l’alvéole de la deuxième prémolaire, les deux dernières prémolaires et les trois molaires. L'étendue de cette portion de la série dentaire mesure 0®06 de longueur. Ce nombre doit être décomposé ainsi qu'il suit :

Espace occupé par les trois dernières prémolaires.. 0028 id. panileSemelairess 2222025 Om032

L'espace occupé par les molaires est, sur deux autres maxillaires faisant partie de mes collections, de 0"032 et 0034.

La troisième prémolaire, la première des dents en place que je possède, a sa couronne très comprimée par ses faces latérales. Ainsi,

tandis que son élévation est de 0m905 et sa longueur de 0m010, son épaisseur est seulement de 0m004. Son bord antérieur est oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Son bord postérieur est fortement convexe; sur sa portion médiane, il offre une petite crête qui devient de plus en plus saillante à mesure que l’on se rapproche davantage du collet. Au point de terminaison de la crête dont il vient d’être parlé, il existe un tout petit tubercule bien détaché. La portion de la face postérieure de la troisième prémolaire qui est en dedans de la crête dont il vient d’être parlé est concave et limitée dans sa partie inférieure par un léger bourrelet d’émail. Dans la portion supérieure de cette concavité, l’on observe une petite crête prenant son origine au niveau du sommet de la dent et allant graduellement en augmentant d'épaisseur. Cette crète cesse d'exister avant d’atteindre le repli d’émail formant talon, dont je viens de signaler l'existence.

La quatrième prémolaire est plusréduite que la dent précédente au point de vue de sa longueur, et sa couronne affecte en même temps une forme plus conique, son diamètre transversal étant par rapport à sa hauteur considérablement accru. Son bord antérieur est moins oblique en arrière que ne l’est celui de la dent précédente, en même temps il est légèrement convexe dans sa partie moyenne. À sa base existe un tout petit tubercule dont on ne trouve aucune trace sur la troisième prémolaire. Le bord postérieur rappelle de la manière la plus absolue celui de la dent précédente. Seulement il est beaucoup plus élargi et constitue pour l’organite dont il fait partie une sorte de face postérieure. Les crêtes descendant du sommet sont plus épaisses et le talon qu'atteint la première d’entre elles est plus retroussé. Les mesures relatives à ces deux dents sont les suivantes :

3e Prém. 4e Prém.

EONANEUT. see Om010 0009 HAUTE ere 0%005 0"007 Epaisseur. ...... Dep Om004 0005

Les molaires vraies sont remarquables par leur mode de structure. Leurs denticules externes ont absolument la forme de croissants, comprenant dans leur concavité les denticules inter-

nes, encore à l’état de mamelons. Par conséquent l’animal que je fais connaître offre, à un plus haut degré que le Dichobune leporium, une tendance à un rapprochement des Suilliens vers les Ruminants. Le petit tubercule que l’on observe sur la dernière espèce que je viens de citer au niveau du bord postérieur de la dent, et qui constitue un cinquième mamelon, manque sur les Hemichærus.

La dernière molaire offre un talon à diamètre antéro-postérieur assez étendu, contourné en dehors, disposition que nous n’observons pas sur les Dichobune, chez lesquels ia même partie est réduite alors qu’elle possède une direction antéro-postérieure. De la pointe postérieure et externe du talon part une crête correspondant à la partie antérieure des croissants formés par les lobes externes. Cette saillie vient se mettre par son extrémité au contact de la partie terminale de la branche postérieure du croissant du lobe interne du deuxième lobe. La pointe interne du troisième lobe est rudimentaire. Elle est située immédiatement en dedans de la pointe externe, et par l'usure elle se confond avec le bord interne du talon.

Les mesures relatives à ces différentes dents sont les suivantes, évaluées sur quatre maxillaires inférieurs différents :

Première molaire :

Max. n°1 Max.n°? Max.n°3 Max. n°4 L'ASIE LASER 0®)09 O®0080 Om0090, ..:..… ÉTAT en codecs à 02005 0»0040 OLODSONRELE PPS OURS he see 0m007 Om0065 Un DGSE Deuxième molaire :

borgueur 2.7.1. 0Om010 0=0090 0m0010 0m0100 Hauteur een Enr 0®003 0m0045 020050 00050 EPASSeURE TR Cet a0e 0m008 0»0074 0m0075 Om0075 Troisième molaire :

DONS UPRr EEE. rence On014 0m0130 0m0140 O0®0140 AMIE 5 er ue 0m005 0®»0040 00060 . 00050 DDASS EL el eieie'etele sets e 02008 0®0075 0m0080 0m0080 Longeur du talon ...... 000% 0®0036 0Om0040 Om0040 Hauteur du talon....... 0m004 00030 0m0042 00040

Epaisseur du talon ..... 0®005 00050 Om0055 00050

Les mesures relatives à la hauteur ont toutes été prises sur la pointe externe du premier lobe de chaque molaire. Les mesures relatives à l'épaisseur ont été également évaluées surle premier lobe,

La hauteur du corps du maxillaire était de 0019 au niveau de la partie moyenne de la dernière prémolaire. Elle était de 0m020 en arrière de la dernière molaire. Au niveau de cette dernière dent, l'épaisseur du corps du maxillaire était de OmO4{1. Surla face externe de la portion du maxillaire inférieur, le mieux préservé que je possède, l’on remarque, sur la face interne du corps de l'os au niveau de la deuxième prémolaire, un orifice dentaire antérieur, Ce pertuis est distant de 0006 du bord alvéolaire.

Il résulte de la description précédente que l’Hemichærus Lamandini possédait des prémolaires offrant beaucoup d'analogie avec celles des Dichobune, alors que les molaires étaient plus dans la forme de celles de ces Ruminants, que ne l’étaient les mêmes dents de ces derniers animaux.

Cette dentition inférieure offrant, modifiées, le ; formes propres à celles des Dichobune, pouvait permettre de supposer que lesdents supérieures rappelleraient par leur structure celles de ces derniers animaux. Mais il n’en est point ainsi, car tandis que les molaires des Dichobune présentent un lobe antérieur à deux pointes et un lobe postérieur à trois pointes, les molaires des Hemichærus sont constituées par un lobe antérieur à trois pointes et un lobe postérieur à deux pointes seulement.

Les trois molaires sont identiques par leurs lobes antérieurs, qui sont groupés de la même manière. La pointe externe est la plus élevée. Sa muraille externe est convexe dans sa partie médiane et elle est précédée et suivie d’une concavité. D'autre part, le sommet de cette pointe est vertical et conique à son extrémité. La deuxième pointe du lobe antérieur, ou pointe moyenne, est abaissée. Sa face externe circonscrit en forme de croissant la base de la pointe externe, tandis que sa face interne se confond par sa base avec la base de la pointe interne. Cette dernière, de forme conique, s'élève moins que ne le fait la pointe externe. Sa partie interne et postérieure se confond avec l'extrémité de la branche antérieure du croissant formé par le pointe interne du deuxième lobe. II

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