PACHYDERMES
G. ACERATHERIUM
ACERATHERIUM MINUS (Cuv.)
(PI. VIII, fig. 1.-4).
J'ai fait représenter sur la planche VIII de ce mémoire un maxillaire inférieur d’Aceratherium trouvé dans les phosphorites du Quercy. Gervais avait le premier signalé la présence dans ces gisements d’une petite espèce de ce genre de pachydermes, mais il n'avait eu à sa disposition que des pièces trop incomplètes pour pouvoir discuter une diagnose. Plus tard je repris les premières observations de ce savant paléontologiste, en me servant de quelques nouveaux échantillons encore très incomplets, et je supposais comme lui que la forme dont ils provenaient correspondait à celle décrite par Cuvier sous le nom d’Aceratherium minus. Ces premières observations peuvent être aujourd’hui complétées par suite de la découverte que j’ai faite dernièrement d'un maxillaire inférieur portant la dentition de lait et, renfermant dans l’intérieur du corps
. du maxillaire, la dentition permanente. Il y avait longtemps que je cherchais à avoir un maxiilaire ji. férieur des Aceratherium de petite taille ayant vécu dans les phosphorites, afin de pouvoir le comparer avec celui que j'ai fait représenter comme provenant de Saint- Gérand-le-Puy (Aceratherium Croixeti). D'autre part, au point de vue du mode de constitution des molaires, il était intéressant de savoir quelles étaient les affinités de ces animaux avec les Acerutherium de Ronzon.
A ce dernier point de vue, je dirai immédiatement qu'il n'y a aucune ressemblance entre les Aceratherium rencontrés dans ces deux localités. Sur l'Aceratherium velaunum, la première molaire est constituée comme la quatrième prémolaire. Sa forme est dès lors fort différente de celle de la molaire correspondante des autres Aceratherium connus. Les dimensions seules sont supérieu-
res. La deuxième et la troisième molaire sont également formées par des éléments semblables et elles peuvent être distinguées les unes des autres par leur taille. La première est la plus réduite, la deuxième est la plus forte, et la dernière est intermédiaire. par sa taille, à la première et à la seconde.
« Il résulte, disais-je dans mon travail sur les mammifères de Ronzon, de la ressemblance que je viens de signaler entre le mode de structure de ces dents et le mode de structure des prémolaires, que le pachyderme de Ronzon était absolument différent des Aceratherium vivant durant l’époque miocène inferieure. Les molaires inférieures ne présentaient pas, comme celles de ces derniers animaux, un fort rétrécissement à leur portion moyenne, par suite de l’inflexion très grande en ce point du bord interne de la couronne. Sur le fossile du Puy, le deuxième lobe semble n'être qu’un énorme talon annexé à l’élément antérieur. Ce mode de structure et l’absence d’un troisième lobe à la dernière molaire inférieure devaient m'amener à comparer le fossile de Ronzon au Coryphodon. Il existe évidemment dans les molaires de ces animaux de très grandes ressemblances. Ils se différencient pourtant par le moindre épaississement de la crête transversale de la couronne et par la forme plus anguleuse en dehors chez le Coryphodon du deuxième lobe qui est très arrondi sur l’Aceratherium. A ces deux points de vue, le Lophiodon aurait plus d’analogie avec notre fossile, mais il possède un troisième lobe à la dernière dent.
« Si l’on résume les caractères précédents, on voit que le pachyderme découvert par M. Aymard est absolument différent par sa dentition inférieure des Aceratherium actuellement connus, et qu'il se rapproche beaucoup des forme; anciennes, telles que le Lophiodon et même le Coryphodon. Pourtant par ce que nous connaissons du squelette, c’était un véritable Aceratherium. »
Les caractères que je viens de rappeler sont, si l’on veut bien se rapporter aux figures 4, 3 et 4 de notre planche VIII, absolument différents de ceux que l’on observe sur les petits Aceratherium des phosphorites. Chez ces derniers, les molaires vont en augmentant de volume de la première à la dernière, et les lobes qui les constituent ont une beaucoup plus grande obliquité en arrière.
Relativement aux rapports pouvant exister entre les Acerathertum du Quercy et ceux de Saint-(Gérand-le-Puy, je me suis