‹ Mémoires sur Voltaire, et sur ses ouvragesChapitre 13 sur 19 · DENIS · texte numérisé non relu

DENIS

Lettre de madame Denis à M. Wagnière.

Le 26 mai> à Paris.

Mon cher Wagnière, mon oncle va beaucoup mieux depuis hier (e) , et j'espère que nous le conserverons , mais

ordonné?, Pourquoi, an contrafire, défendre expressément que Pon m^écriyit? Pourquoi retintes-yous k lettre qu'il m'écrivait?

(c) Oh î j'en suis persuadé.

{d) Amitié inaltérable! comme vous nVn aviez pas pour votre oncle, je ne devais pas me flatter d'avoir plus ce bonheur que lui , et ce que vous avez fait depuis pour moi , en est la preuve.

(e) Voyez ci-aprés les lettres de M. d'Hornoy,

c'est à cause de cela même qu'il faut que vous reveniez le plus vite possible. Nous sommes convenus avec mon oncle qu'il ne faut pas affermer Femey. Il faut que Pommy la régisse toujours; c'est un honnête homme qui connaît bien cette terre ; il faut qu'il vende les denrées et qu'il rende compte de l'argent.

Je crois qu'il faut laisser à Saint-Louis son habit et son chapeau. Je ne peux trop vous donner de réponse sur les autres choses.

Mon cher ami , voyez les arrangemens que vous prendrez pour faire venir ma berline. Comment faites-vous pour la vaisselle d'argent ? Tâchez de la bien emballer. Je crois que vous ferez bien d'adresser les livres de mon oncle à M. Le Noir, lieutenant de police, et de nous en donner avis. Si vous avez quelqu'affaire que vous ne puissiez pas finir, chargez-en Christin, Je lui écris que mon oncle va mieux , et j'espère que nous le conserverons encore long-temps.

Notre maison avance ; elle sera prête au plus tard vers le 10 juin, mais nous ne pourrons peut-être y aller qu'à» la fin du mois.

Dites, je vous prie , à la Perrachon de m'envoyer tous les petits articles qu'elle a mis âi part et qu'elle ne m'a pas envoyés , en un mot , tout ce qui est à moi.

Madame Cramer Ballon a trois volumes à moi des chansons de M. de la Borde, Je vous supplie de vouloir bien les lui demander et de les apporter (/). J'ai une édition de la

(f) Cétait sans doute, madame, afin d^accomplir la prophélie de M. de f^oUairCi qui dit dans une épltre au maréchal de Yillars {*) :

Mâit si quelque jottr, moi cbëlif , J*ftllâis pftMer le noir esquif,

(•) Tom. XIII, p. 44t àt rëdilion de Kehl. L'^pttre est de 1711; les rers qni Im icmûnent ajoutent encore qvelqne chose k U prédiction :

« Vous Toyei donc très -clairement

Hemiade en deux volumes en maroquin , apportez-la mot aussi.

Adieu, mon cher ami; je suis aujourd'hui bien plus contente. Comptez sur mon inviolable amitié. Embrassez votre femme et votre fille pour moi. Je voudrais bien qu'elles fussent à Paris.

Page 1