‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 105 sur 200 · VIE DES GENS EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

VIE DES GENS EMPLOYÉS

et leut rendra leurt visites , excepté leurs amis particuliers ou leurs familiers. Ces derniers les roient quelquefois chez eux, mais pad totijours, jamais les autres , iiuand ce sont des secrétaires d'Stat , parce qu'ils ne Sont cbes eux que pour le moment du dîner, et le soir pour celui du ioupet ) après leqtiel ils se retirent atec leurs femmes et leurs enfants , jiisqù'À ce qu'Us se couchent.

Leurs journées se passent chacun dans leur eavûohwla , et c'est o(l on les va trouter. t)é la cour du palais on voit des portes à rez-de«ehâusiée. Oti 7 descend plusieurs marches , au bas desquelles on entre en des lieux spàoietix , bas , voûtés ^ dont la plupart n'ont point de fenêtres. Ces Iletlx sont remplis de longues tables et d'autres petites^ autour desquelles un grand nombre de commis éorivetit et travaillent sans se dire titi seul mot. Les petites sont pour les commis pHnoipaux qui chacun travaillent seuls sur leurs tables. Ces tables ont des lumières d'espace en espace asséÉ pour éclairer dessus, mais qui laissent ces lieux fort obscurs. Au bout de ces espèces de caves est une manière de cabinet un peu orné, qui a des fehétfes sur lé Vançanarez et sur la campagne , avec un bureau pour travailler, des ariâoireSj quelqueà tables et <iuelques sièges. Q'est la oàvaohuela particulière du secrétaire d'Ëtat , où il se Ment toute là journée , et où on le trouve tôtijours.

Celle dé OrimAldo étoit gaie par lA vue de deux fenêtres , assez petite, et voûtée eomfné les autres, dont il n'étoit séparé que par la porte; en sorte qu'il fi'avoit ^U'à sonner, un commis entroit et il donnoit ses cyrdrès sans attendre 6t sans interrompre son travail ; et comme il étoit toujours dans sa cavachuela, les bdtnuiis demeuroient aussi assidûment dans les leurs , sous les yëut des premiers commis ^ et n'en sortoient, pour dîner et le soir pou^ se retirer, qu'eu même temps que le secrétaire d'Ëtat qui les toyoit, en passant, et les y retrouvoit en venant de dîner. Que Ifr roi fût au palais ou hors de Madrid , même des temps tonsldérables , ct&tdit toujours la même assiduité dâus les cavachuela. Qrimaldo , qui suivôit toujours le rôi, demeura à Madrid pendant un voyage de Balsalm de huit 6u dix jours. J'eus afihire à lui pendant cette absence ; je dirai ailleurs de ()uoi il s'ftgissoit. Je le troutai dans sa cavachuela , comthë si le roi eût été dans ië palais. Orimaldo ne laissoii pas de tenir asset soutent chez moi , même Sans àuëune affaire et d'y venir diner familièrement aussi, saUs prier ^ amenant ou amené par le duc de LiriA ou le prince dé MasseràU, ou le tnàrquis de Lede, ou quelque autre de ses amis , quelquefois lé due del Aroo y quelque dimsnche que ce seigneur erl àvolt le temps. Si on proposoit de mener cette vie à nos Secrétaires d'Ëtât, même à lèUrà commis, ils seroieiit bien étonnés, et je pense aUssi bien iiidignés.

A l'égard de ceux qui étoient des différents cofiseils qui subsistoient, ùii les voyoit chez eux lorsqu'on y àvoit affaire ; ils y travailloiënt ^ et lès Cavachuela u'étoient que pour les secrétaires d'fitat et leurs commis. Il faut dire ici que rien ii'êgalô là civilité , la politesse uoble et k prévenance attentive des Espagnols , lorsqu'on le mérite par les maniérée qu'on & 6ve6 éUl ; Comme il n'y a personne aussi nulle pftrt qui se sente davantage, et t[ui le fàsSé mieux et |JlUs dédaigneusement sentir^

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