‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 109 sur 200 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

47S2. — Échange des priDcesses (9 janvier). — Usurpation des Roban. -~ Ruses, ariifices, manèges du prince de Roban, tous inutiles auprèç 'du marquis de Santa-Cruz, qui le force à céder sur ses chimères dans l'acte espagnol, dont j'ai la copie authentique et légalisée. — Présents du roi aux Espagnols , pitoyables. — Grands d'Espagne , espagnols , n'en prennent point la qualité dans leurs titres , et pourquoi. — Avances singulières que le cardinal de Rohan me fait faire de Rome; leur motif.

— Sottise énorme du cardinal de Roban partant de Rome, — Échange des princesses dans Tile des Faisans. — Présents et prostitution de rang de la reine douairière d'Espagne, à qui je procure un payement sur ce qui lui étoit dû. — Je vais faire, la révérence à Leurs Majestés Catholiques. — Matière de cette audience. — Conte singulièrement plaisant par où elle finit. — Le roi, la reine et le prince des Asturies vont, comme à la suite du ducdel Arco, voir la princesse à Gogollos. — Je vais saluer la princesse A Cogûllos, puis à Lerma, à son arrivée. — Chapelle. — J'y précède tranquillement le nonce, sans- faire semblant de rien. — Rare et plaisante ignorance du jcardinal Borgia y qui célèbre le mariage , dont la cérémonie extérieure est différente en Espagne. — Célébration du mariage, l'aprësdîner du 20 janvier. — Je suis fait grand d'Espagne de la première classe, conjointement avec un de mes fils à mon choix, pour en jouir actuellement l'un et l'autre; et la Toison donnée à l'atné, sans choix. -*t- Je donne à l'instant la grandesse au cadet. — Remerclmenl. — Compliments de toute

' la cour. — Je me propose, sans en avoir aucun ordre et contre tout exemple en Espagne, de rendre public le coucher des noces du prince et de la princesse des Asturies ; et je Fexécute , et je l'obtiens. — Bonté et distinction sans exemple du roi d'Espagne pour moi et pour mon fils atné au bal, dont je m'excuse par ménagement pour les seigneurs espagnols. — Mesures que je prends pour éviter que le coucher public ne choque les Espagnols. — Vin et huile détestablement faits en Espagne, mais admirablement chez les seigneurs. — Jambons de cochons nourris de vipères, singulièrement excellents. — Évéques debout au bal, en rochetet camail.

— Cardinal Borgia n'y parott point. — Yélation; ce que c'est. — J'y précède encore le nonce, sans faire semblant de rien. — Maulevrier n'y paroti point, parti furtivement dès le matin de son quartier pour Madrid, qui en est fort blâmé. 7- Conduite réciproque entre lui et moi pendant les jours du mariage. — Étrange conduite et prétentions de La Fare. — Ma conduite à cet égard.

L'année 1722 commença par l'échange des princesses, futures épouses du roi et du prince des Asturies , dans l'île des Faisans , de la petite rivière de Bidassoa qui sépare les deux royaumes, où on avoit construit une maison de bols à cet effet, mais toute simple en comparaison de

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