DU PRINCE DE ROHAN
sime Seigneur dans l*âcte espagnol ; que c*étoit son dernier moi ; qu'il n'écouteroit plus aucune sorte de proposition à Cit égafd; qu'il le prioit de lui envoyer sur-le-champ sa dernière résolution , sur laquelle il prépat-eroit tout pour achever la cérémonie de l'échange , ou il feroit partir , dès le lendemain matin , l'infante pour aller attendre , en lieu plus Commode que celui où elle étoit , les ordres de Madrid , où il alloit dépêcher un courrier.
Cette réponse si précise accabla le prince de Hohan. il n'osa se commettre à l'éclat qui le mènaçoit ; il craignit la colère du roi et de la reine d'Espagûé, et qu'il hé lui en coûtât l'Àltesse dans Tacte françois. Il céda donc tout coUi*t, et se consola par ce titre escroqué pour la première fois dans un acte signé par un homme du roi. C'est de la sorte que se bâtissent les titres de princeâ de nos gentilshommes françois , pièce à pièce y suivant le tempe et leâ occasions qu'ils épient et qu'ils saisissent aux cheveiii.
L^échange se fit enÛn le 9 janvier de cette année 1722 ; et après les compliments récipro(}ues et les irrésents du roi aux Espagnols , chaque princesse et sa suite continua son voyage. Je passai une heure à Lerma tïiet Santa -Cruz, et le Liria en troisième, où ils ihé contèrent tout ce que je viens d'écrire, mais bien plus en détail, avec force gausseries de Santa-GrU2 sur la princerie. 11 se retint sur les présents. Mais il ne put s'empêcher de me montrer le sien en souriant , ni moi d'en hausser les épaules , sans nous parleir d'un autre langage. En eiîet , ces pierrei*ies en petit nombre étoient pitoyables. Sur celui du personnage principal de l'échange On peut juger de ce que furent les autres. Les Espagnols s'en moquoient tout haut, et j'en mourois de honte. Ce n'étoit pas l'occasion d'épargner cinquante mille écus qui répandus sur tous les préiients , les aUroieht fendus dignes du monarque qui les faisoit. Mais la canaille en retient toujours quelque coiii , dans quelque élévation que l'aveugle fbrtunè la pousse.
Dès que nouk fûmes de retour à Madrid , je priai ta Koche de vouloir bietî^ pour ma curiosité, m'expédier une copie dès deux âctes^ l'un françols, l'autre espagnol, dô l'échange, et de lés signer pour les certi^ér véritables. Il les expédia et signa, et me les envoya, et ils sont actuellement sous mes yeux , dans le seôond portefeuille de rnon ambassade , à Theure que j'écris, ié connois les mensonges et lés assertions hardies des gens à prétentions , et j'ai voulu avoir et (îotiservér un titre paré de l'Excellence, et non Àltessè, du prince de Hobaii, dans l'acte espagnol, et de Son égalité en tout et partout avec lé marquis, de Santà- Cruc, malgré ses prétentions, ses diverses propositions, ses artifices et ises rusés.
J'ai réservé un mot 4 dîfe sur les autres titres, ou pour mieux dire qualités, qu'ils prirent et (jui ti'avoîènt point dé difficulté. Les grands espagnols ne prennent janfais dans leurs titres la qualité de grands d'Espagne. S'il s'en trouve qUèlques-uns , ce n'est que bien peu, et depuis JPhilippe V, à l'exemple des François. La raison de ne la point prendre n'est qu'une rodomdiitàde espagnole, ils prétendent que leurs noms doivent être si connus que leur grandesse ne peut manquer de