QUE LE CARDINAL DE ROHAN ME FAIT FAIRE
encore moins d'engagements. d'amitié avec un homme dont les intérêts, les edgagements, la conduite, se trouvoient en opposition si entière avec les miens, ei qu'il n'étoit pas possible de ne pas répondre à tant d'empressement d'une façon convenable à la naissance, à la dignité, et au personnage que faisoit le cardinal de Rohan. Je fis donc ce que je pus pour accorder toutes ces choses ; mais comme je n'ai jamais pu trahir mes sentiments, je crois que j'en vins mal à bout , car après que cela eut duré pendant tout son séjour à Rome , tout tomba dès qu'il en fut parti , sans que jamais il en ait été mention depuis , et comme dé chose non avenue. Le fait étoit que le cardinal Dubois lui avoit donné sa parole que, devenu cardinal par son secours, il le feroit entrer dans le conseil en arrivant de Rome , et incontinent après déclarer premier ministre. Le cardinal de Rohan , également dupe du fripon et de sa propre ambition , donna en plein dans ce panneau dont un enfant se seroit gardé , parce qu'il étoit plus qu'évident que si le cardinal Dubois se tronivoit en pouvoir de faire un premier ministre , il ne préféreroit personne à luimême, et se le feroit aux dépens de quelque parole qu'il eût pu donner, dont, même sur les moindres choses, il n'étoit rien moins qu'esclave.
Cette réflexion «i naturelle n'atteignit point le cardinal de Rohan. Persuadé , par son ambition , de la bonne foi d'un homme qui n'en eut jamais aucune , il ne pensa qu'à ranger les obstacles qu'il pourroit rencontrer. Il crut aisément qu'un premier ministre ne seroit pas de mon goût , bien moins encore un premier ministre, cardinal , et qui se prétendoit prince. C'est ce qui l'engagea à toutes les avances , les flatteries, les fadeurs dont il me fit accabler pendant tout son séjour à Rome par le cardinal Gualterio , qu'il abandonna tout court quand il en fut parti , "parce qu'il en sentit apparemment l'inutilité. C'est aussi ce qui précipita son retour le plus promptement qu'il lui fut possible, après l'élection du pape^ pour me gagner de la main, tandis que j'étois encore en Es^ pagne , et avant mon retour se faire bombarder premier ministre. Il fut même assez imprudent et assez entraîné par la certitude qu'il se figura là-dessus pour en faire part au pape , .en prenant congé de lui , et le dire franchement à plusieurs cardinaux et à d'autres,' en sorte qu'il en laissa le bruit répandu et tout commun à Rome. Porté sur les ailes d'une si ferme et si douce espérance, il arriva à Paris le 28 décembre 1721.
Tout enfin étant réglé et prêt pour l'échange, l'infante partit le 9 janvier d'Oyarson^ et Mlle de Montpensier de Saint- Jean de Luz^, avec chacune to^t leur accompagnement ; et [elles] se trouvèrent en même temps vis-à-vis nie des F|jisans , où elles entrèrent en même temps. Elles n'y demeurèrent que ce qu'il falloit pour les compliments réciproques et les choses nécessaires pour l'échange , et en sortirent en môme temps : l'infante menée par le prince de Rohan , et Mlle de Montpensier par le marquis de Santa-Cruz. Elles couchèrent : l'une à Saint-Jean de Luz, l'autre à Oyarson ; et poursuivirent le lendemain leur voyage. La pauvre reine douairière d'Espagne s'épuisa pour elles en présents magnifiques de pierreries et de bijoux , à leur passage à Rayonne ; et par une prostitution de flatterie qu'elle apprenoit de ses extrêmes besoins elle voulut
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tfaiter Mlle de kdtitpéniridr eii ptinceMe des AitiitiM, edntiâë M elle tdt déjà été mariée. BUe lui dotitiâ tlii fauteuil et Ift yisita ebee elle. Peadatlt la séance du fâutetlil, lei duohemes t^aasèretlt dans un autre endroit avec la camarerâ-niâyOr de la reine. 3ë mé êërfia de tottt dé que dette pâutre reine èitoit fait tk>lir toucher lé roi et la i^eliié d'Ea^yagne |>otlr lui procurer c|uelques aecoiit'i sur ee qtil lui étdit dfi ; qiii èitfit fbrt oOfisidéràble et fort en àtHère, et J'en obtin» enflii titt payement àéftez groi, mais ce fut tout, et Je fie pus en obtenir depuii. BâybuÈie pàëéé, le prifiée deRoban, doiii 1& ibagnifleetioe aroit été èafià tftbîe et fttomètita&ée , prit la poste et gàfi^na Pari^ , ôû il rendit éottptè de ee qui s'éioit pàesé, et de ce qtt*il àVoit Tti ou toulu tM^ éé rififkntë. Le ffîarqtiis de Saiité- Cruz dépécba qiietqù'utl à Lèrina, et ne tint qu'avëe îflle dé K6'iitpe&sier, qui se trbutra settle entre les main^ dea Eèpa^olSi àftua' aucune dame , ni femitie ni dobiestique fhinçoii , dobt aucun « aâns eteeption , ne passa la Bidàssoa , comme on eh étoit sagfeitiënt bonyefhi. Pouf l'ilifante, elle fut uniquement ftui^e de donhà Mâi>ià de NiëVéë, sâ lanternante y qui , à cause de son petit ftge , dëvoit passei* quelques ânnêee ëfa France auprès d^elle, et qui ayOiHOUtë lA ëohflance de là tëine sfi mèfë. Geis gouvernantes d'infants et d'infantes , pour le dire en passant , ti'ftpprêchent ^oint dé la tolée de^ gotivémàrites dès eiifanta de Préfiôe , et sotit prisée d'ëhtfè léë senotaà de hOhdr, oti parmi des féinméi de éét étage. Poûi> tes ihfatits cadets^ Idurë gouteriietirs ne aont pas plue relerés, hors dëé èifconstaneés de nébeaiité ou de fkveur, comme il dst arrivé dans la ëuite eux fils de la t'ëihe. Hais , à l'égard du prince àtiié et successeur, leii^ gotiveméùri aoftt lotiJouFS des seigneurs fdH distingués.
Tandis que Mlle de Mohtpëfisief eontibtiait son voyage^ la qiiAriilitaifie dé ihon etil ë'avançoif aiissi , et finit jUstetoént deut Jours atànt wit arrivée à Lët'iha. Leâ boutée de Leurë Majestés Catholiques rédoUbloiént pour mdl^ et leë soins et les attentionë dbligeftntee de toute lettt 6bnt, qui geu ft péti s'étdlt rendue fort hdmbretise , et telleMeht que le roij ne pouvant tivre à Lerma , aussi retiré qu'il atbit àdcdutumé d'étfe k Madrid et dans séë hiaisonë de plaisance, dû përëbUfie hë le ëtiitoit au delA du pur nécessaire ; voulut aller & Yentoëillë , peiii ehftteaU et bOurg à quelques lieues de Lei:ma , avec la reine et le plus dOUrt indispensable, d'où ii né revlrii à Lermâ que le 15 jantlet' {ioUf l'ë^ritée de là pHUôesse. Ils atoient eu là botité de trie &tre dire plusieurs foie qu'ils Vouloient me voir dès le lendeinain de ma quarantaine fihie. Et iuoi , qui savdia la crainte que le roi ëvdit dé la petite vérole , je tésiëtai JUëqu'à un bom* inandeihetii àbSOlU , auquel il fkllUt Obéir , qudiqUëifbrt roUge, ft qiiqi le grand froid dontribuoit beauddUp^ quelques drogUeë qu'ou m'eût fait etnployer pou^ hië dérouglr. rallâi ddhd poui' là preiniêfe fbis à Lenna faire la révérence et tous mes remëreftneiits ft Leui% Majestés Catholiques, le matin du 19 Janvier;
Après leë complimëhts et les pro})d8 qui suivirent ëUrtnà petite ièfolé^ les àdlns et la capacité de M. Hyghehë , etc. , Je parlai dé la proinotion que l'èmtïereUr s'avisoit dé faire de dhévàliers de lA Tdiëoii d'df ^ ftU noiUbré de laquelle éiôif le file aîhé du diio de Lori^ine, qUi prépafOit